‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 254 sur 488 · E. MERLIEUX · texte numérisé non relu

E. MERLIEUX

BALANCE DU COMMERCE. C’est la comparaison de la valeur des marchandises exportées avec la valeur des marchandises importées , argent et l’or exceptés. On regarde les métaux précieux comme le solde au moyen duquel se complete le payement des envois. Lorsqu’on dit que nous importons de tel pays pour 15 millions de marchandises, et que nous y exportons pour 20 millions, on imagine que nous tirons de ce pays {5 millions en marchandises et 5 millions en métaux précieux , pour compléter le payement des 20 millions de marchandises que nous lui avons vendues ; présomption qui est démentie par le raisonnement et par ’expérience, Dans le systéme exclusif, on viole par différents moyens la liberté des transactions qui se font entre deux pays, dans le but de vendre le plus et d’acheter fe moins possible 4 l’étranger, préoccupé que l’on est de l’idée qu’il vaut mieux recevoir de l’étranger, pour solde, des matiéres d’or et d’argent que toute autre marchandise de inéme valeur.

Qu’on voie a Particle CarrtaL comment les capitaux d’un pays (les capitaux productifs comme les autres ) se composent de toutes sortes de marchandises et de denrées, méme

de celles dont l’existence est la plus fugitive, et comment ta consommation de ces denrées n’altére nullement la valeur du capital national, qui se reproduit par le fait méme de cette consommation ; dés Jors on sentira qu’on n’augmente pas plus ses capitaux en important des métaux précieux qu’en important d’autres marchandises.

Si lon pouvait avoir une évaluation exacte des valeurs de toutes sortes exportées et importées, on saurait A combien se montent les profits d'une nation dans son commerce avec l’étranger : ses profits sont égaux a ’excédant de ses importations sur ses exportations. J.-B. Say.

BALANCE GENERALE DES LIVRES, opération la plus difficile de la Cenwe des livres en partie double, si toutefois il peut exister quelque difficullé dans un art aussi simple. La balance générale doit se faire réguliérement & la fin de chaque année ou de chaque semestre, et de nécessité a la mort d’un associé, a l’époque de la dissolution d’une société, de la famille, de la maison, enfin toutes les fois qu’une liquidation devient nécessaire. Cette opération essentielle est pour ainsi dire la conclusion de toutes les écritures précédentes ; comme elle s’effectue en balancant généralement tous les comptes ouverts au grand-livre, de 1a lui vient le nom de balance générale. On sait que balancer

n compte, c’est rendre le montant du débit de ce compte égal au montant du crédit, en ajoutant a celui des deux montants qui est le moindre la différence qui doit l’égaler au plus grand; cette différence se nomme solde. Balancer ou solder un compte sont des expressions synonymes.

La balance a pour but : 1° de faire connaitre les bénéfices ou les pertes des opérations de l’année; 2° de déterminer exactement a1’époque ot la balance a lieu l'état de situation de la maison de commerce ou de ‘administration dont on. tient les livres, en marchandises, argent, effets , valeurs diverses , comme aussi de fixer ses dettes actives et passives ; en d’autres termes, elle a pour objet de faire le résumé des livres qu’on a tenus, d’en extraire les résultats, et d’en déduire, avec la précision et exactitude mathématiques , l’état de situation ou le bilan. Ces résultats sont obtenus en balangant tous les comptes ouverts au grand-livre, et pour les balancer on ne fait usage que de deux comptes : de balance de sortie et de profits et pertes. Le compte de profits et pertes sert 4 solder tous les comptes présentant bénéfice ou perte; et celui de balance de sortie sert a solder tous Jes autres.

Lorsqu’on veut solder 4 une époque quelconque tous les comptes établis sur les livres, il faut avant tout faire l'inventaire estimatif sur les objets matériels el en nature de tout ce qu’on posséde, tant en marchandises, argent, effets a recevoir, qu’en immeubles, etc., ayant le soin de n’estimer les marchandises et autres effets qu’au prix coitant ou au cours, enfin de maniére a se réserver un bénéfice lors de la vente. Il faut ensuite additionner le débit et le erédit de chaque compte du grand livre, comme on le fait 4 la fin de chaque mois, réunir sur une feuille détachée, d’un cdté tous ces débits , de l'autre tous ces crédits, et en faire l’addition ; le total des débits doit nécessairement étre égal au total des crédits : s’il existait la moindre différence , elle ns pourrait provenir que d’une erreur, qu’il faudrait rechercher et faire disparaitre avant tout. Cette feuille détachée , ou: sont portés les montants de tous les débits et crédits de chaque compte ouvert au grand-livre, représente en somme le grand-livre lui-méme. Elle est destinée 4 servir de brouillon; et c’est sur cette feuille qu'on opére dabord, afin d’éviter de raturer le grand-livre, sur lequel on rapporte plus tard au net la balance lorsqu’elle est faite et sans erreur. Toutes ces préparations achevées , on procéde a la balance générale, qui s’accomplit en balancant ou en soldant successivement chaque compte en particulier.

Prenons pour exemple le compte de marchandises générales : le débit de ce compte se compose des achats de mar-

chandises au prix codtant; le crédit se compose des ventes de ces mémes marchandises au prix de vente : par conséquent, si elles étaient toutes vendues, exces du crédit sur le débit déterminerait nécessairement le bénéfice, et exces au contraire du débit sur le crédit présenterait la perte. Ainsi, par exemple, sil’on suppose que le montant du débit s’éléve A 100,000 fr., et le montant du crédit 4 125,000 fr., cela signifie que les marchandises achetées 100,000 fr. ont été vendues 125,000 francs, et que par conséquent on a fait un bénéfice de 25,000 fr. Si, au contraire, le crédit des marchandises ne s’élevait qu’a 80,000 fr., il en résulterait une perte de.20,000 francs. Dans l’un ou l’autre cas, puisqu’il ya gain ou perte, il faut solder le compte de marchandises générales par profits et pertes. Mais ce qui précede n’a lieu que lorsque toutes les marchandises ont été vendues; quand il en reste encore en magasin, ce qui arrive presque toujours, il faut, avant de solder le compte de marchandises générales par profits et pertes, ajouter au crédit le montant des marchandises qui restent en magasin. En effet, supposons qu’on ait acheté 100,000 fr. de marchandises, qu’on n’en ait vendu que pour 75,000 ff., et qu'il en reste encore en magasin pour 50,000 fr., évaluées au prix codtant; pour trouver quel est le bénéfice fait sur les marchandises vendues, il faut ajouter a la partie des marchandises vendues, s’élevant 4 75,000 fr., la partie des marchandises qui restent, s’élevant a 50,000 fr. ; cette addition faite présente un total de 125,000. Ainsi, 100,000 fr. de marchandises achetées représentent aujourd’hui, tant en marchandises vendues qu’en marchandises qui restent, une somme de 125,000 fr. : il est donc évident qu’on a gagné 25,000 fr. On aurait perdu si les marchandises vendues, plusla valeur de celles qui restent, ne formaient qu’une somme inférieure au prix d’achat. En résumé, il faut donc, pour solder le compte des marchandises générales : 1° porter au crédit, par le débit de balance de sortie, le montant des marchandises qui restent en magasin , évaluées au prix codtant, et Vadditionner avec le crédit ; 2° solder, aprés le compte , par profits et pertes. Exemple :

Dorr. MARCHANDISES GENERALES. AYOIR.

Montant du débit, 100,000 fr, Montant du erédit. 75,000 fr. A profits et pertes, bé- Par balance de sortie,

néfices, 25,000 fr, marchandises en ma-

gasin, 50,000 fr, 125,000 fr, 125,000 fr,

Tous les autres comptes généraux, leurs subdivisions, les comptes des particuliers, se balancent absolument par les mémes régles. Tous les comptes ayant été ainsi soldés partiellement et successivement sur la feuille de balance représentant le grand-livre , on passe écriture de tous ces soldes au journal ; il en résulte quatre articles a inscrire sur le journal, lesquels, rapportés plus tard au grand-livre, y balanceront évidemment tous les comptes, puisqu’ils sont extraits du grand-livre , ou plutét de la feuille de balance, qui en est, la copie abrégée. ; Edmond Decrance.

BALANCE D’ENTREE. Dénomination d’un compte qui sert , dans la méthode en partie double, soit 4 commencer des livres qu’on établit, soit 4 rouvrir ou recommencer des livres nouveaux, qu’on a cloturés ou soldés par balance de sortie. On verra dans l’article suivant que pour clore les livres on suppose qu’un individu, appelé balance de sortie, prend la suite des affaires de la maison. Pour les rouvrir, il faut faire la supposition inverse, qu’un nommé balance d’entrée cede, au contraire, la suite de ses affaires, c’est-a-dire livre tout son actif, & la charge d’acquitter tout le passif. Conséquemment, d’aprés cette hypothdse et le principe fondamental de la méthode en partie double, il faut créditer balance d’entrée des marchandises en magasin, effets en portefeuille, argent en caisse, etc., en un mot de toutes les valeurs dont l’actif se compose, et il faut le débiter aussi de toutes les valeurs passives, c’est-da-dire des ef-

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