BALANCIER
le menuisier construit les plateaux en bois ; le chaudronnier, les bassins en cuivre; ils tirent des fondeurs les poids en fonte de fer ou de cuivre, qu’ils justifient en fixant dans leur intérieur une quantité convenable de plomb.
BALANCIER (Mécanique). Cette machine, dont les avantages sont fondés sur les propriétés de la vis, est aujourd’hui fort répandue et d’une grande utilité. On s’en sert pour découper, estamper, frapper des reliefs sur des plaques métalliques, les monnaies, les médailles; imprimer des timbres secs sur les papiers, les parchemins, avec exactitude et célérité.
Le balancier fut, dit-on, inventé en 1553 par un menuisier nommé Aubin Olivier, qui le proposa au roi Henri If pour la fabrication des monnaies. Il fut adopté avec empressement, A cause de la supériorité de ses produits sur le monnayage dit aw marteau. Cependant, comme il opérait avec trop de lenteur 4 cause de ses imperfections, il fut destiné exclusivement par ordre de Charles IX a la confection des médailles. C’est depuis Louis XIII qu’on l’emploie aussi pour frapper les monnaies.
Un balancier se compose d’une sorte d’arcade de fonte de fer, de cuivre, ou de fer battu, dont le poids, en fonte de fer, peut aller jusqu’’ 3,000 kilogrammes. Dans le sommet de Varcade est logé un écrou en cuivre, dans lequel joue nne forte vis en fer & deux ou trois filets carrés ; sur la téte de cette vis est fixée, au moyen d’un écrou, une barre de fer, dont les extrémités sont chargées chacune d’une boule dont le poids varie suivant les dimensions de la machine. La vis, avec sa barre , que l’on pourrait appeler proprement le balancier, présente la figure de la lettre T. Pour la mettre en mouvement, des hommes, poussant les boules oules tirant avec des cordes, font jouer les balanciers; la vis descend , et, par la pression qu’elle exerce, imprime sur le corps qui lui est soumis l’empreinte d’une matrice; aussitét le coup frappé, le mécanisme du balancier est combiné de maniére que la vis se reléve en tournant en sens contraire par Veffet de l’élasticité de la barre, et l’ouvrier peut procéder & une nouvelle opération. TEYSSEDRE.
BALANCIER (Horlogerie). Les inventeurs des premiéres horloges 4 roues dentées adoptérent pour régulateur une espéce de volant qui, par l’effet d’un mécanisme fort simple, recevait impression des rouages dans deux sens alternativement opposés, ce qui lui fit donner le nom de balancier. Le balancier se composait d’une roue de cuivre ou de fer, dont l’arbre ou essieu portait deux palettes, qui se présentaient alternativement aux dents de la derniére roue dela machine. Cet arbre était vertical, de fagon que le balancier oscillait horizontalement. Pour diminuer les frottements et lui laisser toute la liberté possible, les artistes le suspendaient par Vextrémité du pivot supérieur au moyen dun double fil, qui, se tordant alternativement en sens contraires , accélérait et régularisait ses vibrations : tel fut le régulateur de toutes les horloges 4 roues depuis leur inyention jusqu’en 1657. A cette époque Huygens publia un livre sur les propriétés et les avantages du pend ule pour régulariser la marche des horloges. Cette invention, dont Galilée avait, dit-on, fait des applications, fut adoptée dans toute PEurope pour les horloges fixes; mais il fut impossible de faire jouir les montres et autres chronométres portatifs des mémes avantages. Ces machines sont encore réglées par un balancier. Quand on ouvre une montre ordinaire, on voit cette piéce osciller sous une sorte de grille que l’on appelle cog. Comme I’ancien, ce balancier se compose d’un anneau ou roue de cuivre ; son arbre porte deux petites ailes, dont les plans forment un angle d’environ 90 degrés. Les dents de la roue dite de rencontre détournent alternativement ces ailes a droite et A gauche, et font osciller le balancier. Celui-ci, par l’effet de son inertie, ralentit la marche de la roue, de la méme maniére, par exemple, qu’une boule pesante, posée sur un plan horizon-
tal , retarderait le mouvement de la main qui la pousseraif.
Le balancier des montres recut un grand perfectionnement dans le dix-septi¢me siéele : pour !ui donner en quelque sorte les propriétés du pendule, on y adapta un petit ressort disposé de facon qu’il se bande jusqu’a un certain point & chaque oscillation que le balancier fait, soit 4 droite, soit A gauche; sit6t qu’une des palettes échappe a la dent de la roue qui la presse, le ressort se débande et fait tourner rapidement le balancier en sens contraire; l'autre palette, se présentant a la roue, est détournée par la dent qui la rencontre, et le ressort est bandé en sens opposéa la direction qu’il prend quand !'autre palette est pressée. Ce systtme a de grands avantages : le ressort opposant constamment, a trés-peu prés, des résistances égales, le balancier fait des oscillations isochrones, et i} n’est pas sujet au renversement comme autrefois ; ses mouvements sont aussi beaucoup plus rapides.
Trois hommes, Huygens, Hook et l’abbé Hautefeuille, d'Orléans , se disputérent cette heureuse invention. En 1674, Huygens présenta 4 Colbert une montre dont le balancier était modéré par un ressort contourné en spirale : dod il a retenu le nom de ressor¢ spiral, ou simplement de spiral. Le grand ministre fut si content de ce perfectionnement qu’il engagea l’auteur a solliciter un privilége, ce quil fit; mais l’abbé Hautefeuille ayant prouvé que plus d’un an auparavant il avait construif une montre dont le balancier était accompagné d’un ressort, Huygens échoua dans sa demande, quoique son invention fat bien supérieure 4 celle de son adversaire. En effet, celui-ci employait un ressort tout droit, fixé par un de ses bouts sur le coq; son autre extrémité était regue dans une fourchette que portait le balancier. Quand ce dernier tournait, n’importe dans quel sens, le ressort se courbait un peu, et, en se débandant, accélérait oscillation, laquelle ne pouyait étre que fort courte d’aprés la forme du ressort.
Le docteur Hook, célébre par plusieurs inventions trésingénieuses en horlogerie, fit, dit-on, construire 4 Londres, en 1665, une montre portant un spiral semblable a celui d’Huygens ; d’autres prétendenf que Hook n’eut pas le premier Pidée de cette invention; qu’il la prit dans une montre construite 4 Paris sous les yeux d’Huygens, et qui était passée ensuite en Angleterre. Quoi qu’il en soit, l’on convient sans difficulté que ces deux hommes justement célébres étaient bien capables d’inventer, chacun de son cdté, un tel perfecfionnement.
Le ressort spiral est fixé par un bout 4 une petite virole qui tourne a frottement sur la verge du balancier ; vers l'autre bout, il est retenu dans un piton fixé sur la platine; il passe en outre dans une petite fourchette que l’on fait mouvoir circulairement au moyen d’un pignon qui engréne dans un rateau ; c'est au moyen de ce mécanisme que I’on régle le plus communément la montre : si elle avance , on fait tourner le petit rateau de maniére que la partie du spiral comprise entre la verge du balancier et la petite fourchette augmente de longueur : le ressort étant plus long, il se débande avec plus de lenteur, et les oscillations sont moins rapides. Si la montre retarde, on fait faire un mouvement contraire au rateau : le ressort se raccourcit, et les oscillations du balancier augmentent de vitesse. § TrYSSEDRE.
BALANCIER ( Funambulisme). C’est une barre que Je danseur de corde porte dans ses deux mains pour se tenir ou se remettre promptement en équilibre; s’il se sent tomber vers la droite, il porte le balancier vers la gauche; par ce moyen, il raméne son centre de gravité directement audessus de la corde. Nous faisons quelque chose de semblable quand nous étendons le bras gauche, par exemple, dans la crainte de tomber vers la droite. Les plus adroits acrobates ne se servaient pas toujours de halancier, Aussi annongaite on leur danse avec ou sans balancier.
BALANCIER ( Entomologie). On nomme ainsi deux
petits appendices membraneux, mobiles, trés-minces, insérés de chaque coté du métathorax des diptéres, dans langle formé par la jonction de l’'abdomen avec le corselet. Les entomologistes ne sont pas d’accord sur l’usage de ces appendices. Les uns, comparant laileron 4 une sorte de tambour et le balancier A une baguette, supposent que l’action de l’un sur Vautre produit le bourdonnement que font entendre en volant la plupart des diptéres. Cette opinion n’est guére admissible, puisque les abeilles et les guépes bourdonnent , ‘quoique dépourvues de balanciers ; de plus, si ’on prive un diptare de ses balanciers, on l’entend bourdonner aussi fort qu’auparavant , et cette expérience prouve en méme temps que Jes organes qui nous occupent ne concourent pas au maintien de l’équilibre de l’insecte, comme l’avaient prétendu ceux qui leur imposérent le nom de balanciers. Jusqu’a ce que de nouvelles expériences aient jeté quelque lumiére sur cette question, il faut done croire, avec Olivier, que ces organes servent 4 faciliter le vol, ou bien se ranger a lopinion de Latreille et de M. Lacordaire, qui attribuent aux balanciers quelques rapports avec la respiration, dont ils faciliteraient les fonctions en contribuant 4 ouvrir et a fermer les stigmates postérieurs du thorax.
BALANCIER ILYDRAULIQUE. Ce nom appartient 4 toute machine composée de deux capacités suspendues aux extrémités d’un balancier, et mises alternativement en mouvement par la pesanteur de l’eau, de sorte que pendant que Pune descend remplie d’eau, l'autre remonte a vide. Un des plus simples balanciers hydrauliques est celui qu’a imaginé Perrault et qu’on appelle aussi bascule hydraulique (voyez BascuLe). Ces machines n’ont d’ailleurs aucun avantage sur lesroues hydrauliques, qu’on préftre généralement.
BALANCOIRE. Ce jeu, ou plutét cet exercice, remonte & une trés-haute antiquité, puisqu’on en recule l’invention jusqu’au temps d’Cibalus, roi de Laconie, pére d’Erigone et de Pénélope. Ce prince, ayant appris de Bacchusl’usage de la vigne, fit boire du vin a ses paysans, qui, dans leur ivresse, croyant avoir pris du poison, tuérent Icarius. « A peine ce crime eut-il é6f4 commis, dit Demoustier ( Lettres sur la Mythologie), que les épouses des meurtriers furent saisies d’un transport de fureur et de rage que rien ne put calmer. L’oracle, consulté, ordonna que pour expier le crime de leurs époux, on instituat des fétes en Yhonneur d’Icarius; ces fetes furent nommeées les jeux icariens. On les célébrait en se balancant sur une corde attachée A deux arbres : c’est ce que nous appelons aujourd’hui escarpolette, de Vitalien scarpoletta, qui signifie une petite écharpe. » Dans les fétes des vendanges, instituées en Yhonneur du fils de Sémélé, les Latins étaient également dans Vusage de se balancer sur une corde attachée a des
ins.
i BALANDRAN, ou BALANDRAS, manteau de campagne, sorte de casaque faite d’¢toffe grossiére, doublée depuis les épaules jusque sur le devant, dont on se couvre pour se garantir de Ja pluie : dérivé de balandrana, en italien palandrano, augmentatif de palla, robe, ou de pallium, manteau de cérémonie des évéques. Cette sorte d’habit est fort ancienne, puisque dés 1226, dans la régle de Saint-Benoit, il est défendu aux religieux de porter des habits de laics, comme des balandrans et des surtouts, qui sont appelés balandrana et supertoti. Ce mot, du reste, n’est plus en usage que dans le style simple et comique. La Fontaine s’en est servi dans sa fable de Borée et le Soleil.
BALANES ou GLANDS DE MER, animaux qui forment l’une des deux familles naturelles du groupe des cirripédes,. Les balanes ont un corps de forme conique, protégé par on test solide, qu’on avait considéré autrefois comme une coquille, lorsque ces animaux étaient encore rangés dans le type des mollusques. Ce test se compose de