‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 257 sur 488 · BALANCIER — BALATE · texte numérisé non relu

BALANCIER — BALATE

plusieurs pans articulés entre eux ; ouverture de ce test est fermée par deux ou quatre valyes mobiles entre lesquelles est une fente qui donne passage aux cirres ou appendices articulés, lorsque l’animal se montre a l’extérieur, Les balanes respirent au moyen de branchies membraneuses, foliacées et frangées, adhérentes a la face externe du manteau protégé par le test. Ces animaux, étant mieux connus maintenant, ont dd ¢tre rangés parmi les articulés, dans la classe des crustacés. L. Laurent.

BALARUG. Les eaux de Balaruc sont rangées parmi les eaux salines thermales. La source de Balaruc, située a — 25 kilométres de Montpellier, est voisine de l’étang de Thau, grande piéce d’eau salée qui n’a pas moins de 28 a 32 kilométres de tour, et qui communique avec le canal du Midi et le canal latéral dit d’Etangs, et par ces canaux avec la mer, avec la Garonne et le Rhéne. Balaruc a donc de faciles communications avec Cette , Bordeaux et Lyon, avec tout le midi de la France et méme avec l’Algérie. C’est la ce qui porta le conseil général de l’Hérault, il y a quelques années, a former le voeu que l’Etat se rendit propriétaire de la source de Balaruc pour l’appliquer au traitement des affections auxquelles les militaires sont plus spécialement exposés.

La fréquence des paralysies, plus grande que jamais dans ce siécle-ci, a renouvelé la fortune thermale de Balaruc, établissement qui avant 1834 était presque abandonné depuis soixante ans.

Les eaux de Balaruc sont ordinairement purgatives, a raison des sels de soude et de magnésie qui y prédominent. Elles purgent sans affaiblir, mais rarement sans exciter. Trés- thermales , leur température s’éléve 4 48 et quelquefois 4 50° centigrades, selon l’abondance des eaux de I’étang de Thau et la direction des vents.

Elles contiennent par litre d’eau de onze & douze eentilitres de gaz acide carbonique et environ douze grammes de sels. C’est plus d’un centiéme en principes fixes, proportion qwil est rare de rencontrer dans les eaux minérales nafurelles. Un bain ordinaire, étant composé d’environ quatre cents litres @eau, renferme donc avec l’eau de Balaruc quatre a cing kilogrammes de sels, ce qui est énorme. Il est vrai de dire que l'eau de mer renferme prés de quatre fois plus de sels: d’ou Von a déja inféré que les bains de Cette feront un jour 4 Balaruc une concurrence redoutable, péril auquel pourrait parer l’achat de Balaruc par l’Etat.

Les eaux de Balaruc excitent concurremment la peau et la membrane intestinale, double révulsion qui a des effets salutaires & peu prés une fois sur cing, quant aux affections auxquelles ces eaux sont le plus appropriées.... Elles n’ont de ces bons effets ni dans les maladies de la peau, ni dans les affections de ’estomac, des reins ou de la vessie. Elles sont nuisibles dans les maiadies du cceur, dans les affections méme chroniques des poumons, et toutes les fois qu'il y a de Voppression ou de la toux. C’est un fait avéré, sans suggestions théoriques,

Elles ont de bons effets dans quelques rhumatismes, dans quelques névralgies, et particuligrement dans la sciatique, dans certaines paralysies légéres provenant d’une lésion peu grave du cerveau ou de ses annexes, On les déclare sans rivales dans les hémiplégies méme cérébrales, dans les tremblements nerveux et dans ce qu’on nomme a Montpellier Vinstabilité nerveuse, et, qui plus est, dans les paraplégies, a moins que ces paraplégies n’aient pour cause une altération profonde de la moelle épiniére ou un désordre irrémédiable dans Ja colonne vertébrale, Isid, Bournon,

BALASSOUR,, ville de l’Inde, sur le golfe de Bengale, avec 10,000 habitants, a été successivement le siége de comptoirs portugais, hollandais et danois, Son commerce est tout a fait déchu, Elle appartient depuis 1803 aux Anglais,

BALATE, ou BICHON DE MER, espéce de zoophytes qu’on péche aux Philippines et qu’on transporte en trés-

BALATE — BALBES

grande quantité en Chine, oi elle est recherchée comme un mets des plus délicats. La balate cuite ressemble 4 un pied

de cochon désossé. Les Chinois en font une trés-grande

consommation pour leur table. Lamouroux, auquel nous empruntons ces documents, fait remarquer que ce zoophiyte , objet d’un commerce considérable, n’est cependant pas connu dune manitre exacte , et qu’on croit seulement qu’il appartient au groupe des holothuries ; il dit aussi que la balate est peut-dtre la méme chose que lefripan. L. Lauren. BALAYAGE. Une ordonnance de police, promulguée en 1799, soigneusement renouvelée depuis lors chaque année, oblige tous les propriétaires ou locataires a faire balayer réguligrement tous Jes jours au devant de leurs maisons, boutiques, cours, jardins et autres emplacements. Le balayage doit se faire 4 partir de ruisseau dans les rues a deux payés, et les boues et immondices doivent étre mis en tas auprés des murs Dans les rues a chaussée, od le balayage doit étre fait depuis le milieu de la chaussée, les boues el immondices seront mis en tas prés des ruisseaux. Nul ne doit pousser les boues et immondices devant les propriétés de ses voisins. Aussitot aprés le passage des voitures de nettoiement, les propri¢taires ou locataires sont teuus de jeter la quantité d’eau suffisante pour dissiper la trace des tas de boue. Le balayage doit étre terminé a sept heures du matin depuis le 1** avril jusqu’au 1° octobre, et ahuit heures dans les mois Whiver. Il est expressément défendu de déposer dans les rues toutes ordures et immondices provenant de Vintérieur des maisons aprés le passage des tombereaux de nettoiement, comme aussi de rien jeter dans les rues par les fenétres et croisées. Dans les temps de neige et de gelée, les propriétaires ou locataires sont tenus de balayer la neige et de casser la glace au-devant de leurs maisons, boutiques, etc. Les maires et commissaires de police doivent faire effectuer par les citoyens le balayage auquel ceux-ci sont tenus devant leurs maisons, et le faire aux frais de la commune dans les places et autour des jardins et édifices publics. Les citoyens qui, dans les communes pavées, négligent de balayer les rues au-devant de leurs maisons aussi

souvent qu’il est prescrit parla municipalité sont, aux termes |

de \’art. 605 du Code des Délits et des Peines , punissables dune amende de trois journées de travail.

A Paris, quatre compagnies se partagent l’entreprise de la partie du balayage qui regarde non les particuliers, mais la ville, celui des places, Cu voisinage des éguuts et au-deyant des batiments publics. Ces compagnies traitent aussi avec les particuliers, et se chargent, d’aprés un tarif établi, de leur épargner cette corvée; car le balayage, tel qu’il est encore réglé, est un reste de l’ancienne corvée, un impot en nature sur le labeur des citoyens. Il a l’inconvénient de nécessiter des surveillants nombreux, d’engendrer une foule de petites vexations , d’amener naturellement le boutiquier a se croire propriétaire de cette partie de la voie publique dont la propreté est confiée a ses soins, de lui inspirer une sorte de passion jalouse pour le payé arrosé de ses sueurs quotidiennes. De la des envahissements sans nombre au détriment du public. Voyes Voruie.

BALBEH ou BAALBEK, ville de Baal ou du Dieu du Soleil , c’lébre chez les Grecs etles Latins sous le nom d’ Hélios Polis, dont la signification est la méme, est située au pied de ’Anti-Liban , a la derniére ondulation de sa chaine, Elle se révéle de loin au voyageur par un cordon blanchatre de démes et de minarets qui s’élancent au-dessus d'un rideau de verdure. Cette cité, si florissante jadis, et station importante sur la route de Palmyre, n’est plus qu’une bourgade assez inesquine, avec 5 ou 600 habitants, gouvernés par un émir, tous pauvres et sans autre culture que quelques cotons, du mais et des pastéques. Ainsi déehue, il serait peu question de Balbek dans nos temps modernes, si elle ne renfermait les débris d’un des plus beaux édifices que nous ait légués l’antiquité.

DICT, bi LA CONVERS. — T. IL

Le temple de Balbek, que l'on nomme aussi le ternple du Soleil, était jadis assis sur une suite de bases formant un carré long de 87 métres sur 47 métres 40 de large. I] présenfait A Porient une face de dix colonnes sur dix-neuf de flanc, cinquante-quatre en tout. Tel était l'état primitif del’edifice ; mais par la suite on en construisit un p!us petit, dont la cage et le péristyle subsistent encore. Ce dernier p:ésente un flane de douze colonnes sur huit de front, en tout trente, dont vingt debout. Mais une différence notoire existe entre la colonnade du premier temple et celle du second. Les fats de Pun ont 7 métres 15 de circonférence sur 18 métres 85 de longueur; de telle sorte que leur grandeur totale, y compris ’entablement, est de 23 métres 40, tandis que les fats de autre, quoique également d’ordre corinthien , n’offrent que 5 métres 10 de circonférence sur 14 métres 30 de hauteur. Six colonnes qui subsistent du premier monument suffisent seules & donner une idée de ses proportions grandioses. Les murs, jadis couyerts de toutes les richesses de ordre corinthien, offrent encore des frontons de niches entre lesquels régnent des pilastres cannelés avec une riche frise de guirlandes. La vote, a en juger par les débris qui gisent surle sol, devait étre merveilleusement décorée, et sa portéa avait 18 métres 50 de large sur 35 métres 75 de longueur, D reste, les détails exacts de ce magnifique monument ont éf. consignés dans un otivrage publié a Londres en 1757 par Robert Wood, sous le titre de Ruines de Balbek. Cet auteur attribue la construction de cet édifice a Antonin le Pieux, bien que la tradition locale en fasse honneur au roi Salomon. On ignore le rang qu’a tenu dans l’antiquité la ville de Balbek, mais sa position sur la route de Palmyre devait lui donner une grande importance. Au temps d’Auguste elle avait garnison romaine.

Quand, sous le régne de Constantin, le christianisme devint religion dominante, le temple fut transformé en éylise. C’est de Ja prise de Balbek par les Arabes que date la ruine de cet édifice, Dans les guerres quisuivirent, on en fit, ainsi que du petit temple, une forteresse dont on distingue encore les créneaux. Aussi donne-t-on le nom de chateau a emplacement quils occupent l’un et l'autre. Quant a la ville, sa décadence est le résultat du sort déplorable de la Syrie pendant tout le moyen dge et jusqu’a nos jours. Enfin, en 1759, un affreux tremblement de terre a detruit a peu prés entiérement ce que le glaive des Arabes, des Tatares et des Turcs avait épargné. Louis Reysaup, de |’Institat.

BALBES ou Bats, ancienne famille sarde, qui fait remonter son origine jusqu’au Romain Balbus, lequel, vers la fin du sixiéme siécle, aurait fondé la répubiique de Quiers en Piémont. Ce qu'il y a @historiquement aveéré, c’est que cette république était extrémement florissante aux onziéme et donziéme siécles , et que les Balbes en étaient la premiére famille ou tribu. C’est elle qui commandait ses armées dans les longues guerres qu’elle eut 4 soutenir contre les marquis de Montferrat. Lors de Vinvasion de !’Italie par Pempereur Frédéric Barbe-Rousse, Quiers, a l’instigation des Ba!bes, eme brassa le parti guelfe; et une ceinture de petites forteresses, dont ils avaient entouré tout le territoire de la république, est encore appelée de nos jours Towrs des Balbes.

La famille des Balbes, qui au treiziéme siécle ne formait pas moins de ftrente-nuit branches, fournit plus tard plasieurs podestats a la république de Testone, voisine et alliée de celle de Quiers. La rivalité des Balbes et des six maisons d’Alberga produisit des luttes longues et sanglantes, dont les Balbes sortirent vainqueurs. Mais leur suprématie ne tarda point a rencontrer de nouveaux contradicteurs et & provoquer de nouvelles résistances. Aussi, moins de cent aus aprés, au milieu du quatorziéme siécle, se virent-ils réduits a solliciter, comme une faveur, intervention du comte de Savoie dans Jes affaires intérieures de la petite république, qui prétendait se soustraire A leur joug. Le comte Amédée de Savoie, surnommeé le Comée vert, fut, d'un com-

mun accord, choisi pour arbitre par les nobles et le peuple de Quiers et par les Balbes. Un traité, conclu sous les auspices du médiateur, confirma a la république la plupart des droits qu’elle revendiquait, tout en garantissant d’ailleurs aux Balbes la jouissance de nombreux priviléges ( (347). Ce traité, qui semblait devoir consolider la puissance des Balbes, ne fut point exécuté dans Vesprit qu’ils avaient entendu lui donner; et dés lors leur puissance déclina rapidement A Quiers. Environ un siécle plus tard, ils se virent assimilés par un décret de Louis I de Savoie aux nobles maisons dites d’Alberga; assimilation qui était la négation absolue de leur suprématie, et contre laquelle ils protestérent inulilement. C’est alors, en 1455, que lun des Balhes, Gilles de Berton, déserta une patrie ot l’on refusait a sa famille les honneurs qu’il lui croyait dds, et vint s’établir a Avignon, ov il fonda la maison de Crillon. On trouve encore aujourd’hui des Balbes a Quiers et & Turin. Les Balbi de Génes, famille d’ailleurs fort ancienne, ne sortent pas des Balbes de Piémont, dont on croit qu’une branche allas’établir a Venise.

BALBI, nom qui a été commun a un grand nombre de littérateurs, de savants et d’artistes italiens. Nous mentionnerons plus particuliérement :

BALBI (Jean de), dit de Janua on Januensis, parce qu’il était Génois , religieux de Vordre des Fréres Précheurs que l’on a souvent confondu avec un autre Génois, son contemporain, comme lui de l’ordre de Saint-Dominique, Jacques de Voragine, l’auteur de la Légende dorée, vivait vers la fin du treiziéme siécle. Il est l’auteur dune espece d’encyclopédie intitulée Catholicon, et traitant des matiéres les plus diverses, théologie, histoire naturelle, orthographe , prosodie , étymologie, jurisprudence, etc. C’est un des premiers ouvrages auxquels on ait essayé d’appliquer |’art de la typographie, récemment inventé. En 1460 Scheffer et Jean Faust publi¢rent 4 Mayence le Catholicon sous ce titre : Summa grammaticalis valde notabilis, que Catholicon nominatur. L’ouvrage fut encore réimprimé a Augsbourg en 1469 et 1472, 4 Nuremberg en 1483, a Venise en 1487, etc.

BALBI ou BALBO (Jérnome), Vénitien, mort en 1535, a un dge fort avancé, occupa pendant quelque temps une chaire de droit 4 l’université de Paris. Les discussions qu’il y eut avec quelques-uns de ses confréres le déterminérent a passer en Angleterre. De 1a il se rendit 4 Vienne , ot l’empereur Maximilien [** lui confia la chaire de droit germanique ; mais il ne tarda point 4 abandonner cette position pour celle @’insfituteur des enfants du roi Ladislas de Hongrie. Il embrassa alors l'état ecclésiastique, et en 1522 il obtint l’évéché de Goritz, en Carinthie. C’est 4 ce fitre qu’il assista au couronnement de Charles-Quint, circonstance qui Ini fousnit le sujet d’un livre assez curieux, intitulé De Coronatione Principum (Bologne, 1530), plusieurs fois réimprimé depuis, Entre aulres ouvrages, on a encore de lui: Ad Clementem VII, De civili et bellica Fortitudine Liber (Rome, 1526), ot il traite de l’origine et de l’empire des Turcs.

BALBI (Gasparp), joaillier vénitien, qui voyagea aux grandes Indes, comme plus tard notre Tavernier, a donné une relation exacte des pays qu’il avait parcourus de 1579 4 1588, sous ce titre : Viaggio nelle Indie orientali ( Venise, 1590).

BALBI (Anpnea dt LAnno), peintre et sculpteur de I’école de Sienne, florissait vers 1572. On ade lui une statue de saint Ausano, qui orne la porte principale du palais de Sienne.

BALBI (Lunovico), compositeur vénitien, du siécle dernier, est auteur de messes, de vépres, de motets, de madrigaux, entre autres : Cantiones ecclesiasticx (Venise, 1776) ; Ecclesiasticarum Cantionum IV vocum (Ibid. ),

BALBI (Comtesse pe), demeurée célébre dans les fastes galants des derniéres années du dix-huitiéme siéele, par le zeandale de sa liaison publique avec le comte de Provence ,

BALBES — BALBL

qui fut depuis Louis XVII, ef qu’on appelait alors Monsieur, était fille d’un marquis de Caumont de la Force. Née en 1753 , elleavait épousé , en 1770, le comtede Balbi, noble Génois, dont la fortune était considérable. Nommée dame d’atours de la comtesse de Provence, madame de Balbi ne tarda pas 4 jouer dans cette petite cour un réle important. En effet, douée de tous les charmes du corps et de l’esprit, elle exerca sur le prince, qui s’éprit aussit6t pour elle d’une passion violente, l’empire le plus absolu, et put se livrer sans contrainte & une vie de dissipation et de plaisirs qui en peu de temps compromit gravement sa fortune. Les libéralités de son royal amant ne suffisant plus a la tirer des embarras d’argent qu’elle éprouvait, peu scrupuleuse sur les moyens de satisfaire son luxe insolent , elle fit interdire son mari comme aliéné, grace aux toutes-puissantes influences que lui assurait une position tant enviée dans Jes cours, malgré linfamie qu’y a toujours attachée opinion publique. Elle put dés lors achever de dissiper tout a son aise Je patrimoine du malheureux comte de Balbi, a qui elle laissait & peine de quoi satisfaire aux besoins les plus matériels de la vie. Quand cetle fortune tout enliére eut été engloutie, la comtesse demanda des ressources aux chances du jeu, et ce fut bien pis encore. Il fallut alors prélever sur la caisse de Monsieur des contributions tellement fortes et multipliées qu’a son tour ce prince se trouva engagé dans de sérieux embarras d’argent. ‘

Quoique la petite vérole edt privé madame de Balbi d’une grande partie de ses avantages physiques , l’empire qu’elle exercait sur le comte de Provence, quitoujours se montra sensible aux charmes de l’esprit , était encore aussi puissant que jamais, aprés une liaison qui datait déja pourtant de quinze ans. Mais alors éclata la réyolution de 1789, laquelle donna une autre direction aux intrigues dont la petite cour de Monsieur était le théatre. Madame de Balbi, mise dans la confidence des projets d’émigration du comte de Provence, prépara le départ de la princesse, dont elle était restée dame d’atours et qu’elle accompagna jusqu’’ Mons, ou le prince les rejoignit presqu’en méme temps, aprés avoir suivi une route” différente. Cependant, soit par lassitude, soit par inconstance, la passion de Monsieur se refroidit tout & coup, et madame de Balbi, quil’avait suivi 4 Coblentz, comprit que le moment d’une rupture était arrivé. Ellese retira en Hollande, ou elle vécut publiquement avec le comte Archambaut de Périgord; puis en Angleterre, ou ’inconstance scandaleuse de ses liaisons acheva de lui fermer l’accés de la petite cour du prétendant. Aussi profita-t-elle avec empressement de — arrété des consuls qui ouvrit les portes de la France a ceux des émigrés qui youlurent y rentrer, et vint-elle se fixer dans un chateau prés de Brie-Comte-Robert.

Quelques intrigues auxquelles elle fut a tort ou a raison soupgonnée d’avoir pris part la firent exiler 4 Montauban, ou elle établit un tripot. Elle se trouvait encore dans cette ville lorsque arriva la restauration de 1814. Toutes ses instances pour ¢tre admise a une audience de son ancien amant furent inutiles, En 1816 elle fut cependant plus heureuse, grace, dit-on, & une intrigue de boudoir montée pour porter un coup & la toute-puissance qu’exergait alors sur lesprit de Louis XVIM un jeune ministre dont la sur jouait auprés du roi le réle que madame de Balbi avait rempli vingtcing ans auparavant Ala cour du comte de Provence. On avait espéré, sinon réveiller de tendres souvenirs, du moins affaiblir Pinfluence d'une mattresse dont le nom bourgeois sonnait mal aux oreilles des courtisans, et dont le crédit servait admirablement le manége d’un ministre détesté et méprisé, Le roi se borna A assurer une existence convenable & la femme dont les charmes l’avaient si longtemps captive, et qui mourut un an ou deux seulement apres la révolution de Juillet, oubli¢ée méme de ceux dont elle avait jadis faitla — fortune. Un fils qu'elle avait eu de son mari se conduisit assez inal pour avoir des démélés avec la justice, passa en

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