BALDUNG — BALE
aussi bien que celle de Martin Schaffner, vet ingénieux imi- | tateur de la nature. Il était né & Gmund, en Souabe, Son quvre principale est un tableau d’autel qu’on voit dans la cathédrale de Fribourg et portant la date de 1516, chefdceuvre de la peinture allemande, d’une admirable conservation. Le tableau intérieur du milieu représente le couronnement de Marie par Dieu le Pére et par Jésus-Christ. Les cOtés intérieurs des ailes montrent les apdtres témoins du fait. Le coté extérieur représente une Annonciation, une Visitation, une Nativité et une Fuite en Egypte. Ona aussi de Baldung quelques gravures. Jl mourut en 1552, a Strasbourg.
BALDUR ou BALDER, l'une des divinités des anciens Scandinaves, et probablement aussi des autres peuples germaniques, sert de base a l'un des plus beaux et des plus ingénieux mythes de l’Edda, Baldur, dans Pancien systéme des dieux du Nord, second fils d’ Odin et de Frigga, et en méme temps époux de Nanna, avait d@horribles réves qui mettaient sa vie en danger. Onen fit part aux dieux, et ceux-ci tinrent conseil ; ils implorérent pardon et miséricorde pour Baldur. Frigga fit promettre au feu et a Peau, au fer et a tous les métaux, aux pierres, a la terre, aux plantes , AUX animaux, aux oiseaux, au serpent, au poison et a toutes les maladies, quils épargneraient Baldur; les dieux se livrerent avec lui a Ja joie et 4 la gaieté, car ils ’aimaient beaucoup. lls le frappaient et se le renvoyaient l'un a l'autre sans lui faire le moindre mal. Cet amusement déplut a Loki, qui se changea en vieille femme, s’enquit de la cause de l’invuinérabilité de Baldur, et apprit de Frigga que tous les étres vivants et inanimés avaient promis de l’épargner, a Vexception d’un petit arbuste. Loki alla bien vite se procurer un de ces arbrisseaux, et, revenu dans |’assemblée des dieux , engagea l’aveugle Hoedhr, le dieu de la guerre, a lancer ce bois meurtrier a Baldur. Heedhr fit ce qu’on lui demandait, et toucha le dieu, qui tout aussitét tomba percé de part en part. La douleur des puissances célestes fut inexprimable. Frigga lear demanda quid’entre elles voulait gagner ses bonnes graces et chevaucher jusqu’a Hel pour délivrer Baldur. Hermodhr, autre fils d’Odin, s’offrit pour cette mission, et Hel promit d’accéder 4 sa demande aussitét que la nature entiére pleurerait Baldur. Tous les hommes, tous les étres animés et inanimés pleurérent en effet, a l’exception du géant Theeck, fils de Loki, qui refusa de s’associer a la douleur générale. C’est ainsi que Baldur fut condamné a habiter ’empire de Hela jusqu’a la fin du monde.
Les mythes relatifs a Baldur varient entre eux. Baldur, Yauteur de tout bien, est d’une beauté virile si aimable et si gracieuse que de lui s’échappent des torrents de lumiére. La plus blanche des fleurs du Nord est appelée source de Baldur. Comme divinité germanique, Baldur est Vincarnation mythique de la paix, qui peut ¢tre détruite par la créature la plus petite et la plus faible. Loki, personnification morale de la vengeance, excite le dieu de la guerre, qui tue le dieu de la paix. A la vérité Loki, 4 son tour, est vaincu par Wali, dieu du tombean, mais Baldur est mort. La grande et sainte divinité dela paix ne peut plus revivre que dans un monde nouveau, quand avec notre monde vieux et coupable auront péri les neuf dieux aujourd’hui régnants et souillés de crimes. D’autres voient dans le mythe de Baldur la représentation de la lutte de l’hiver et de l’été.
BALE , depuis 1501 le onziéme canton de la Suisse, borné par la France et le grand-duché de Bade, par les cantons dArgovie, de Soleure et de Berne, présente une superficie Ne 458 kilométres carrés. La décision de la diéte en date du 26 aout 1833, aux termes de laquelle le canton de Bale a été divisé en deux demi-cantons souverains, Bdle-Ville et Bale-Campagne , avec ehacun une demi-voix dans ta diéte fédérale, a perdu une grande partie de son importance politique depuis l’introduction de la nouvelle constitution fédérale de 1849, Le versant septentrional du Jura fait du canton de Bale un pays de montagnes, ou l’on ue trouve
quwun petit nombre de plaines, dont le sol est dailleurs fertile et bien cultivé. Le climat est trés-doux aux environs de la ville de Bale. La culture des céréales, des fruits, de la vigne, ’élave du bétail et la péche constituent les principales
| occupations de la population, et depuis plusieurs années on
recueille aussi beaucoup de sel dans la contrée. En fait d’industrie manufacturiére particuliére au canton de Bale, il faut citer en premiére ligne la fabrication des rubans de soie, dont les produits ne s’élévent pas a moins de 10 millions de francs par an, plus celle des étoffes de coton et des cuirs. Bale est aussi le centre d’un commerce de transit fort important.
L’ancienne ville de Bale a pour origine le poste romain Basilia ou Basiliana, établiau voisinage d@ Augusta Rauracorum, dont on voit encore aujourd’hui quelques ruines dans le village@’Augst, prés de Bale. Lors du partage de empire des Franks, legau de Bale échuta Louis |’ Allemand. L’empereur Henri 1* reconstruisit (924-933) la ville, qui étail tomhée en ruines. A partir de cette époque, elle s’accrut considérablement, fit pendant quelque temps partie de la Bourgogne, mais fut comprise, a partir de l’'an 1032, dans empire d’Allemagne. Bale fut de bonne heure le siége d’un évéque, qui A partir du onziéme siécie y partagea la puissance souveraine ayec diverses familles aristocratiques et avec la bourgeoisie. A la suile de nombreux troubles, tant intérieurs qu’extérieurs, la puissance de la uoblesse fut peu a peu brisée; des bornes furent mises a Pautorité de ’évéque, et le pouvoir supréme passa de plus en plus aux mains des seuls bourgeois. En méme temps les chateaux voisins étaient détruits, aprés avoir été pris d’assaut et vendus; de sorte que jusque dans ces derniers temps l’autorité de la ville s’étendit sur la contrée voisine, tenue par elle en état de sujétion et de dépendance. Aprés avoir eu a soutenir de nombreuses guerres contre les seigneurs de la maison de Habsbourg, Bale, lors de la fondation de la Confédération Helvétique, s’y rattacha étroitement, surtout aprés la glorieuse bataille de Saint-Jacques sur la Birs, en 1444. Enfin, quand la paix eut été signée entre l’empereur Maximilien 1° et la Confédération, Bale y accéda formellement, en 1501. A partir de 1519, onimprima a Bale les ouvrages de Luther, et vingl ans aprés la religion réformée y était généralement adoptée. Le chapitre dut alors émigrer, et tous les couvents furent fermés.
Depuis la réunion de Bale a la Suisse, élément bourgeois et démocratique y prit encore plus la haute main, de sorte qu’en 1516 une partie dela noblesse s’en éloigna, tandis que ce quien resta dans la ville était complétement assimilé aux corps de métiers bourgeois. De cette concentration exclusive de Vintluence etdu pouvoir entre les mains des hommes de commerce et @industrie résulta la constitution d’un esprit bourgeois d’une nature toute particuliére, avec les vertus qui luisont propres, ’amour du travail, économie et une rigidité de meeurs tout au moins extérieure, mais aussi avec les vices politiques qui ’accompagnent le plus souvent, les préjugés de caste, Vinsensibilité compléte pour les grandes souffrances de la vie populaire et l’'absence d’opinion libre et indépendante. Toutefois, méme dans le cercle si restreint de eette commune bourgeoise, les conflits ne laissérent pas que d’étre nombreux entre la bourgeoisie et ceux de ses membres investis de la direction supérieure des affaires, et ce résultat était inévitable. La ville était a la téte de I’Etat, et la puissance supréme entre les mains d’un grand et @’un petit conseil, l'un de deux cent quatre-vingts membres, autre de soixante-quatre, sous le présidence alternative du bourgmestre et du grand-maitre des corps de métiers. Les deux conseils se recrutaient au moyen des membres désignés par le sort dans les quinze corps de métiers de la grande ville et des trois quartiers de la petite ville, située sur la rive gauche du Rhin. Le petit conseil n’exercait pas seulement le pouvoir exécutif supréme; il cumulait encore les pouvoirs législatif et judiciaire, de sorte que les corps de métiers
n’ayaient plus en réalité que des attributions fort restreintes. A l’égard de la Campagne, oti le bien-étre matériel allait toujours croissant, mais vi on ne faisait rien pour les progres des lumiéres et de l’instruction, la Ville y réservait a ses bourgeois toutes les fonctions temporelles ou spirituelles un peu importantes. ‘
Dés les siécles antériears le mécontentement de la Campagne & loccasion de l'état de dépendance et d’infériorité ou on la retenait s’était maintes fois fait jour dans d’infructueuses réyoltes, avant que la grande commotion produite en Europe par la réyolution frangaise vint aussi agiter ce petit coin du monde. Pendant que des bourgeois éclairés de Ja ville, ayant 4 leur téte le grand maitre des corps de métiers Ochs, s’occupaient d’une réforme, des troubles éclataient dans la Ville. Ce ne fut qu’aprés que les chateaux de Waldenbourg, de Farasbourg et de Homhourg eurent été livrés aux flammes, que le conseil souverain de Bale résolut, le 20 janvier 1798, d’affranchir le peuple de l’état de sujétion dans lequel il était resté jusque alors et de proclamer l’égalité civile et politique de tous les habitants du canton.
Le canton de Bale a partir de ce moment partagea les destinées du reste de la Suisse, passa sous la médiation francaise, et recut pendant cette derniére période une constitution qui reconnaissait bien en principe l’égalité de tous pour Yexercice des droits civils et politiques , mais qui assurait indirectement a la ville une prépondérance décisive. Peu satisfait d’un pareil état de choses, le grand conseil, sous Pinfluence des idées de la Restauration, prescrivit encore au canton, dés le 4 mars 1814, une nouvelle constitution, qui, au moyen de Ia division de la représentation et en déclarant viagéres les fonctions de conseiller, réduisait Pégalité des droits civils et politiques reconnue aux habitants de la Campagne a n’étre qu’un vain mot. L’arrondissement de Birseck, d’environ 165 kilométres carrés, avec 5 ou 6,000 habitants catholiques, ancienne dépendance de l’évéché de Bale, fut incorporé alors au canton.
Tandis qu’ l’extérieur le canton de Bale sayait faire respecter ses droits et sa dignité, et qu’en 1824 il repoussait noblement l’insinuation qui lui était faite d’avoir 4 expulser de son sein les nombreux réfugiés politiques qui y avaient trouvé asile, & Pintérieur la prédominance de }a Ville excitait de plus en plus le mécontentement de la Campagne. Quand, en 1829 et 1830, divers cantons de la confédération s’occupérent de la révision de leur constitution particulitre, une assemblée des habitants de plusieurs communes eut également lieu le 18 octobre dans le canton de Bale, aux bains de Bubendorf, ot l’on rédigea une pétition au grandconseil, rappelant les principes sur lesquels était basée la constitution de 1798. Le grand-conseil accueillit 4 la vérité cette proposition de réformes a opérer dans la constitution, mais prétendit en confier le projet 4 une commission choisie dans son sein. De 1a les longues luttes qui suivirent. La Campagne prit les armes, et le 6 janvier 1831 un gouvernement provisoire fut établi 4 Lies¢all. Mais les milices urbaines et les troupes mercenaires dispersérent ce ramassis de paysans mal armés, occupérent Liestall et en expulstrent le gouvernement provisoire; el alors, sous Vinfluence de la terreur, une majorité accepta le 16 janvier la nouvelle constitution. Des rigueurs intempestives exercées par les chefs de la force armée et des tiraillements réciproques continuels allumérent de nouveau la guerre civile. Des lors la Campagne résista d toutes les attaques de la Ville, et se constitua en corps politique indépendant, en vertu d’une loi fondamentale délibérée & Liestall le 27 avril 1832 par le comité de constitution. Deja précédemment, au mois de février 1832, le parti urbain avait expulsé quarante-six communes de Vassociation politique constituant le canton. Aprés avoir adhéré a la ligue de Sarnen (voyes Suisse ), ce parti atlaqua & main armée la Campagne, le 3 aodt 1832, en dépit des