BALE CAMPAGNE — BALE (CONCILE DE
année une somme de 120,000 francs a V instruction publique. Une proposition tendant a supprimer Vuniversité, et a utiliser les fonds proyenant de cette économie pour élargir encore les bases de lenseignement et augmenter le nombre des écoles primaires, n’a point eu de résultat. Le budget de la guerre, qui dépasse le chiffre de 100,000 francs, est relativement plus considérable que dans les autres cantons, parce que le canton de Bale-Ville est le seul qui entretienne un corps de troupes régulier, quoique la force totale n’en soit que de deux cents hommes environ, Les lois particuliéres en vigueur a Bale sont le code criminel ou correctionnel de 1821, la procédure de 1819 avec son appendice, une procédure relative aux mariages en date de 1837, enfin des réglements réunis dans divers recueils. D’aprés le recensement de 1870, Bale-Ville comptait une population de 45,000 habitants, et envoyait par conséquent deux députés a la diéte fédérale. Consultez Ochs, Histoire de la Ville et de la Campagne de Bale (8 vol., Bale, 1796-1822); Burckhard, Tableau Statistique de Bdle- Ville (Saint-Gall, 1841).
Le canton de Bave-Campacne, chef-lieu Lies¢all, comprend, suivant ce méme recensement de 1870, 56,000 habitants , et envoie deux députés a la diéte fédérate. D’aprés la constitution de 1833, la souveraineté appartient a l’ensemble des citoyens actifs. Cette constitution consacre l’égalité devant la loi, admissibilité de tous les citoyens aux différents emplois publics en satisfaisant aux mémes conditions légales, et le renouvellement périodique des fonctionnaires publics; enfin le droit de pétition, de réunion et d’associa-
tion, lalibertéde la presse, la liberté religieuse et la libertéde ' Penseignement, sauf réglementation de lusage de ces droits,
Pobligation pour tous les citoyens de porter les armes; en-
elle déclare constamment rachetables les charges et obligations d’origine féodale. Tous les priviléges et immunités accordés soit a des localités, soit a des classes d’individus, ou encore a des particuliers, sont abolis, et il est interdit de faire publiquement usage de titres de noblesse. Le pouvoir législatif et exécutif supréme est exercé par le Landrath (conseil du pays), produit de Pélection des cercles électoraux. il se compose d’autant de membres qu’on compte de fois six cents électeurs. En cas d’urgence, le Landrath a le droit de désigner un comité composé d’un certain nombre de ses membres. Comme limite a une législation irréfléchie et précipitée, il y a i’institution du veto, qui jusqu’en 1838 consista en ce que les lois n’étaient reconnues valables et obligatoires qu’autant que dans les quinze jours de publication les deux tiers des citoyens , convoqués d eurs communes respectives , n’avaient point protesté contre leur adoption. Le conseil de gouvernement de sept membres, élu par le Landrath, constitue le pouvoir administratif et exéeutif supréme. L’administration de la justice a lieu par Vintermédiaire de juges de paix, de tribunaux d’arrondissement, et en derniére instance par un tribunal supérieur de neuf membres, qui est en méme temps tribunal criminel et exerce la surveillance sur tout l’ordre judiciaire. La justice arbitrale est confiée 4 des magistrats particuliers. Les prétres de l’Eglise catholique et les prétres de l’Eglise réformée recoivent seuls des traitements de |’Etat. Depuis 1332 les communes réformées ont le droit de nommer leurs pasteurs, et ne les élisent que pour cing ans. En 1838 arriva la premitre période fixée pour la révision de la constitution. Voici les plus importantes modifications qui y aient été introduites alors : renouvellement intégral du Landrath tous les trois ans, au lieu de son renouvellement par tiers de deux en deux ans; restriction du droit de véto, pour ’exercice duquel onnerequiert plus aujourd’hui quela majorité absolue , tandis qu’on exigeait autrefois les deux tiers des yoix; incompafibilité de toutes autres fonctions publiques avec celles de membres du Landrath ; abréviation de la durée de ces fonctions trois années, a l’expiration desquelles toutefois les
membres sont rééligibles ; participation des arrondissements &
munal de Ja ville de Bale s’éléve 4 500.000 francs,
l’élection des membres du conseil du gouvernement ; enfin, indépendamment de l’ancien comité des membres du conseil de gouvernement, création d’un comite de juges suprémes tirés du Landrath. En 1862, le canton a été appelé 4 voter sur sa constitution. Le projet élaboré par une assemblee constituante a été rejeté par 3,738 voix contre 3,581,
Successivement on a apporté plus d’ordre et de régularité dans l’administration des finances particuliéres du canton. En 1867, les recettes étaient de 550,633 fr. et les dépensses de 530,178 fr. La dette publique ne montait qu’a 824,000 fr, L’organisation militaire, 4 laquelle on ne consacre année commune qu’une somme de 37,000 frances, est assez salisfaisante. Des lois rendues en 1835 ont réorganisé Vinstruction publique, qui du temps de !a domination de la Ville était fort négligée. Le bien-étre matériel a progressé avec les lumiéres et Vinstruction, en dépit des crises par lesquelles le nouveau canton a dd passer depuis sa création. Une remarquable institution de crédit qui y a été fondée en 1849, est la banque hypothécaire de Bale-Campagne.
La VILLE DE BALe compte 42,000 habitants, mais, en raison de son étendue, ellepourrait en contenir bien davantage. Au moyen Age, avant qu’elle eit été horriblement ravagée au quatorziéme siécle par la peste ou mort noire, alors que, dit-on, l'on comptait dans son mur d’enceinte 41 tours et 1099 créneaux, elle possédait une population autrement nombreuse. Le grand Bale, situé sur la rive gauche du Rhin, a réparé et accru ses fortifications a l’époque de la lutte entre Bale-Ville et Bale-Campagne; mais il a fallu plus tard en ouvrir les ouvrages pour donner passage au chemin de fer d’Alsace, qui a son débarcadére dans la ville méme.
Quoique propre et bien batie, Bale n’a rien dans sa physionomie extérieure qui puisse donner a penser que c’est la ville la plus riche de toute la confédération helvétique. Parmi ses édifices, il faut citer, outre le pont du Rhin, long de sept cent quinze pieds et construit depuis 1226, la cathédrale, construite de l’an 1010 4 l’an 1019 parl’empereur Henri IJ, et ou se trouvent les tombeaux de la femme de Rodolphe de Habsbourg, d’Erasme de Rotterdam, d’Q2colampade, etc.; ’église Saint-Jean, I’hétel de ville et Varsenai. Bale posséde un grand nombre d’institutions charitables et d’établissemenis d’instruction publique parfaitement organisés, et depuis 1459 une université avec une bibliothéque de 60,000 volumes, contenant de précieux manuscrits , un cabinet de médailles, un jardin botanique et un muséum @histoire naturelle. A l’époque de la réformation, l’université de Bale fut un des principaux centres de la vie intellectuelle, et plus tard elle a compté dans son sein un grand nombre d’hommes distingués, quoiqu’au total leur influence ait été peu sentie au dehors; aujourd’hui encore c’est de toutes les universités de la Suisse celle qui attire le moindre nombre d’étudiants. Le musée de Bale est riche en toiles de Schongauer, de Holbein et de Manuel Deutsch. Le budget comargent de Suisse. Son séminaire pour les missions est 4 bon droit célébre. Il s’est récemment formé a Bale une société archéologique, 4 laquelle on est redevable de quelques précieuses dissertations sur les antiquités de cette ville.
BALE (Concile de ). Le concile de Constance (1414- 18), chargé de fermer le grand schisme d’Occident, d’extirper l’liérésie et de réformer l’Eglise dans son chef et dans ses membres, n’avait point dignement accompli sa mission ; Martin V avait laissé pour adieux 4 l’empereur Sigismond , aux nations divisées par leurs jalousies et par la politique , des concordats insignifiants, qui détruisaient de petits abus. Toutefois, ce concile, en 3’élevant au-dessus des papes, en condamnant les hussites, put croire un moment qu’i! avait assuré le triomphe du vieux droit ecciesiastique sur les décrétales des papes, et rétabli Punité de l’Eglise. Mais les hussites répondirent a l'excommunication par la guerre ; la Bohéme et la Silésie se soulevérent contre Sigismond, le
meurtrier de Jean Huss et de Jérdme de Prague. Les Allemands, convaincus que les armes ne pouvaient rien contre le fanatisme de la Bohéme, demandérent un concile, et les cardinaux forcérent Martin V a en convoquer un a Bale pour l’année 1431. Avant sa mort, il nomma président du concile, comme légat du saint-siége , et son suecesseur Eugene IV confirma dans cette qualité le cardinal Julien Cesarini de San-Angelo, qui songeait plus sérieusement a la réforme que les papes eux-mémes.
-A Bale on ne yota point par nation, comme a Constance ; on divisa Vassemblée en députations, en comités, ot les peuples étaient mélés, ou le bas clergé fut admis; ce qui donna tout d’abord aux Allemands une prépondérance décidée, Aussi, quand on proposa de commencer par Pextirpation de Phérésie, la majorité, qui se rappelait la conduite du parti papiste & Constance , jugea la proposition absurde et contradictoire, et déclara qu'il fallait d’abord détruire la véritable cause des hérésies, la corruption de l’Eglise et du clergé. Eugéne IV, alarmé, langa sur le concile une bulle de dissolution ; le légat Cesarini se contenta de ne plus présider le concile au nom du pape, et lui fit avec Passemblée des remontrances sévéres, ot l’on doit remarquer ces paroles : « Que si le clergé ne se réformait pas, ses vices , aprés la destruction des hussites, auraient bientdt fait naitre d’autres hérétiques. » Sigismond espérait que le concile pacifierait la Bohéme a son profit, et jura de le défendre contre le pape jusqu’a la mort; mais Sigismond, pour étre couronné dans Rome, promit ses secours au pape contre le concile. Le pape n’en fut pas moins forcé de révoquer sa bulle et de reconnaitre la snprématie du concile de Bale.
Cette assemblée ne brillait point, comme celle de Constance, par l’éclat de certains noms européens , comme ceux de Pierre d’Ailly et de Gerson, mais par la fermeté et lunion de ses membres. I] semble que les rivalités scolastiques avaient fait place 4 Vinfluence démocratique du bas clergé de Allemagne. Aprés avoir pendant deux ans défendu son existence, le concile reprit ses négociations avec les hussites , et, malgré les défenses et le dépit d’Eugéne IV, compromit sa dignité jusqu’a proposer une conférence a leurs théologiens, jusqu’a livrer des princes et des prélats en otage A ceux qui se rappelaient la mort de Jean Huss et de Jéréme de Prague. Cette conférence fut sans résultat ; mais les ambassadeurs du concile, chargés de suivre ceux des hussites & leur retour en Bohéme, profitérent habilement de la discorde survenue entre les calixtins ou modérés, et les taborites et les orphelins, pour conclure avec les premiers (6 janvier 1433) un traité particulier (compacta), qui leur accordait la communion sous les deux espéces.
Le concile avait 4 peu prés accompli sa premiére tache, Pextirpation de Vhérésie, par la division des hérétiques ; daprés le programme de ses travaux, tracé dans la premiére séance par Philibert, évéque de Coutances, il devait encore réformer V’Eglise et rétablir la paix publique. Singuliérement enhardis & la réforme par la bulle oti le pape avait été forcé de reconnaitre leur infaillibilité et lear suprématie , les péres, par leurs décrets en date des 22 janvier et 5 juin 1435, supprimérent d’abord les concubines du clergé, la féte des Fous, les foires qui se tenaient dans les églises , etc. ; puis, aftaquant le pape lui-méme dans son temporel, ils abolirent les annates, les réserves ot les expectatives; ils déclarérent que désormais I’ glise ne serait plus tributa‘re du saint-siége, que celui-ci devrait se contenter des revenus des Etats de I'Fglise; en un mot, ils youlurent ramener le pape, en puissance comme en richesses, a ce qu’il élait avant la chute des erapereurs souabes, Ces décrets du concile, adoptés avec quelques modifications par te clergé frangais, confirmés par Charles VII dans la pragmatique sanction de Bourges (1438), furent la base des libertés gallicanes; et de ces huit articles de réforme, VAllemagne adopta ceux qui ne frappaient point la personne méme d’Eugéne lV,