BALE (CONCILE DE
Il arriva ce qui doit toujours arriver chez des peupleg diversement civilisés et qu’on veut soumettre aux mémes lois : ni le systeme du concile ni plus tard celui du pape ne purent exclusivement prévaloir. Eugene IV reprit a Y% gard du concile une attitude hostile. A cette époque Vem pereur grec Jean VI, pressé par les Tures, proposait de venir lui-méme en Italie hater la réunion de l’Eglise greeque a l'Eglise latine, puisqu’il ne pouvait qu’a ce prix acheter les secours d’Occident. Eugéne saisit avidement ce prétex fe pour ouvrir un nouveau concile a Ferrare, et déclarer celui de Bale schismatique (1437). L’empereur grec, dit-il, ne pouvait étre regu convenablement qu’en Italie. Les péreg de Bale, malgré la neutralité solennellement annoncée pai la diéte germanique, malgré l’improbation de la France, osérent déposer Eugéne IV (24 janvier 1438 ), et lui donne (17 novembre 1439) pour successeur Amédée, ancien duc de Savoie, qui vivait comme ermitea Ripaglia, sur les bords du Jac de Genéye, et prit le nom de Félix V. Le schisme recommenca au moment méme oti déja l’on se flattait d’avoir réuni les Eglises grecque et latine. La ditte garda sa neutralité sévére jusqu’a ’époque ob le faible successeur de Sigismond et d’Albert II fut dirigé par un habile favori, qui sut trouver & ces longs débats un dénofment favorable au pape..
/neas Sylvius Piccolomini (voyes Pre 11), d’abord secrétaire du concile de Bale et défenseur éloquent de ses droits, puis secrétaire de Félix V, enfin secrétaire de Frédéric 111, qui avait couronné comme grand poéte dans une diéte de Francfort , et dens le méme temps secrétaire du pape Eugene IV, fit comprendre a ce dernier la faiblesse de l’ernpereur. Eugéne IV s’enhardit jusqu’a déposer les archevéques de Mayence et de Tréves, partisans du concile de Bale. Irrités dune telle audace, les électeurs, réunis 4 Francfort, sommérent Eugéne IV : 1° de confirmer les décrets de Constance et de Bale sur omnipotence des conciles généraux ; 2° de convoquer un nouveau concile pour l’extinction du schisme dans une des six vitles allemandes qui lui seraient proposées ; 3° de révoquer la déposition des deux archevéques électeurs; 4 défaut de quoi ils reconnaitraient la légitimité du concile de BAle ef du pape qu’il avait élu. Tant de fermeté déplut & ’'empereur ; A2neas Sylvius irrita son dépit en méme temps qu’il conseillait au pape les plus grands ménagements pour les électeurs , et des réponses évasives a leur ambassade; enfin A2neas, aprés avoir épuisé contre la fermeté ge ique tous les traits de l’intrigue italienne, cozrompit Jean Lysura, vicaire général de l’électeur de Mayence, toutpuissant sur son maitre, et véritable clef de la confédération de Francfort. Jean Lysura, pour la modique somme de 500 florins donnée A propos, vendit les libertés de V'Eglise allemande.
Par le concordat des princes (1447), le pape réhabilitait les deux archevéques, et confirmait les décrets de Bale adoptés par l’ Allemagne, a condition qu’il serait indemnisé par elle des pertes que lui faisaient éprouver ces mémes décrets. Par le concordat de Vienne (1448), qui dut fixer ces indemnités, le successeur d’Eugéne, Nicolas V, se fit rendre les annates, les réserves et les expectatives, quelque peu modifiées. On peut dire que les Allemands furent vendus et trahis, et ce ful louvre d’un Italien, qui se rendait d leurs dépens digne de Ja tiare. Ils furent punis d’avoir congu la réforme un siécle trop tot; ils cédérent les derniers , mais ils cédérent plus que les autres.
Par ces deux concordats, le concile de Bale était sacrifié, Dés le commencement de ses négociations avec Eugéne IV, Frédéric 11 lui avait retiré sa garde; aprds le départ des évéques allemands, les pores duconcile tinrent encore un an leurs séances, sous la protection des villes qui n’avaient pas élé consullées dans ces différents traités avec Rome. Réfugiés A Lausanne, puis rassemblés & Lyon, ils se résignérent, par la médiation et sur les conseils de la France, & recon=