‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 271 sur 488 · BALLANCHE · texte numérisé non relu

BALLANCHE

BALLAINVILLIERS (Le baron pe), fils d’un chan. celier de ordre de Saint-Louis et intendant d’Auvergne, servit d’abord dans les mousquetaires noirs; puis 11 entra dans la magistrature. Nommé avocat du roi, il devint successivement conseiller au parlement et maitre des requétes de ’kOtel. Quelques rapports dont il fut chargé par Necker et de Calonne l’ayant mis en évidence, il épousa une nidce de Calonne, et obtint ’intendance du Languedoc. Au commencement de la révolution , il fut nommé maire de Montpellier et citoyen de Nimes par le peuple de ces deux villes; mais i] revyint dés 1791 4 Paris, ot Louis XVI le nomma presque aussitt conseiller d’Etat, et le chargea a I’étranger dune mission secréte auprés des princes ses fréres. Ballain- Villiers se cacha, a son retour dans la capitale, chez un homme qui lui accorda pendant plus d’un an ’hospitalité la plus généreuse.

Lorsqu’une surveillance moins active lui permit de quitter la France, il émigra, obtint la survivance de M. de Montyon , chancelier du conseil de Monsieur, et devint intendant général de V’armée des princes. Ballainvilliers, rentré en France» la faveur de l’arrété des consuls du 28 yendémiaire an 1x, se consola de la perte de la presque totalité de sa fortune en cultivant les lettres; il publia en 1811 une traduction - peu connue des Odes d’Horace en vers francais, et vécut ignoré jusqu’au retour des Bourbons. La Restauration lui rendit ses places de chancelier du conseil de Monsieur et de conseiller d’Etat. Il fut méme désigné par Louis XVIII pour présider provisoirement le conseil des ministres pendant une absence du président titulaire, et en 1826 il fut nommé grand prévét et maitre des cérémonies des ordres du roi, en remplacement du marquis d’Aguesseau. Rentré de nouveau dans une honorable obscurité — 4 la révolution de Juillet, il reprit ses travaux littéraires, et mourut en 1834, entouré de la famille de celui qui avait sauvé sous la révolution et qu’il avait adoptée.

Il y a quelques années les promeneurs admiraient encore sur nos boulevards intérieurs, entre la rue du Faubourg-Poissonniére et celle du Faubourg-Montmartre , une royale demeure, qui s’élevait au fond d’un majestueux jardin francais : c’était ’ancien hotel de Ballainvilliers, qui fut vendu a ’époque de la révolution. Le banquier prussien Rougemont de Lowenberg s’en rendit plus tard acquéreur. A la mort de ce financier, ses héritiers résolurent de se défaire en détail d'une propriété qui avait plus que décuplé de valeur par suite de la hausse toujours croissante des terrains dans cette partie de la capitale. En conséquence, ils vendirent d’abord les matériaux a provenir de la destruction de ’hdétel de Ballainvilliers ; puis les beaux arbres, les majestueux quinconces du jardin, disparurent en quelques semaines sous la hache des démolisseurs, pour faire place a une belle mais triste rue qui porte aujourd’hui un nom inconnu de la génération actuelle, celui de l’opulent banquier. Le terrain s’y est vendu sur le pied de 2,500 fr. le métre; ce qui portait hectare a 25 millions. Or, la totalité de ’espace occupé par l’hdtel et le jardin n’était pas moindre d’un hectare.

BALLANCHE ( Pierre-Sivon), né a Lyon, le 4 aodt 1776, mort a Paris le 12 juin 1847, exerga d’abord a Lyon la profession d’imprimeur, et fut longtemps, dans cette ville, propriétaire et éditeur du Bulletin de Lyon, qui avait appartenu a son pre, imprimeur lui-méme,

Appelé de bonne heure a partager les travaux de son pore, il contracta dans ces occupations amour des livres et de l'étude, vivant comme cloitré dans la maison paternelle, déja sérieux et méditatif, ennemi du mouvement et du bruit extérieur, au point qu'il resta, dit-on, trois années entidres sans sortir, Troublé par la révoluiion dans ses études, forcé de fuir avec sa mére au fond d'une campagne et soumis aux plus dures privations, le jeune Ballanche ne fit que languir pendant ces premiéres années de nos troubles civils. Ses souffrances physiques s’aggravant des douleurs

ETC Oe

Page 1