‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 276 sur 488 · BALLY — BALSAM‘ER · texte numérisé non relu

BALLY — BALSAM‘ER

lant collégue le soin de retracer les jours de péril et de dévouement. Vint bient6t Pheure des légitimes récompenyes : comme ses deux amis, Bally recut de la France et de YEspagne des pensions, des médailles, des décorations , Jes titres : le cordon sanitaire des Pyrénées finit par orner 3a boutonniére de rubans de toutes les couleurs. Tout modeste qu’il est resté, excellent docteur Bally dut se résigner & entendre résonner son nom au théatre et dans les chants populaires, a le lire dans les poétes et les historiens de 1’époque. L’Académie Frangaise mit au concours la mission de Barcelone, et ce fut madame Emile de Girardin, alors mademoiseile Delphine Gay , dont le poéme en Phonneur des quatre docteurs fut couronné. La plupart des beauxarts , la sculpture, la peinture, la gravure, la musique, se montrérent aussi reconnaissants que la poésie. Rendu a ses occupations accoutumées, Bally fut successivement médécin de la Pitié, de hdpital Cochin et enfin de |’Hotel- Dieu. En 1821 il fut admis dans Académie de médecine,

Homme de mceurs douces et patriarcales, Bally a da A son régime pythagoricien une vieillesse sans infirmités; retiré de bonne heure , i] est mort vers 1865 dans son manoir, prés de Sens.

Outre ses travaux sur la fiévre jaune il a publié des Etudes sur la choladrée ow choléra indien (1833-35) , un Voyage @’ Horace a travers les marais Pontins (1850), au point de vue médical ; et Francais (de Nantes) , vie politique et littéraire (1859, in-8°).

BALME (grotte Notre-Dame de la). Voyez DAUPHINE.

BALMORAL (chateau de), résidence d’automne de lareine Victoria, domine un charmant vallon du comté d’Aberdeen, en Ecosse; de tous les cotés on y jouit d’une vue admirable. En 1852, le prince Albert acquit de la succession de sir Robert Gordon le domaine de Balmoral pour la somme de 710,000 fr. L’antique manoir des comtes de Fife n’offrant pas assez de commodité pour ses nouveaux hotes, le prince en fit batir un autre a ses frais, qui reproduit fidélement le style sévére des résidences seigneuriales de I’Kcosse. Le chateau, tout en granit, se compose de deux corps de logis paralléles réunis par des ailes et par une grosse tour, dont la hauteur, avec la tourelle qui la surmonte, est de 30 métres. Le domaine entier, d’une contenance d’environ 40,000 acres, contient des fermes-modeéles, un parc paysage, plusieurs lacs, des ruines historiques, et une forét des plus giboyeuses.

BALNEOGRAPHIE ( du latin balneum, bain, et du grec ypd&pw, j’écris). On appelle ainsi la partie de la médecine quia trait & la description et 4 examen des eaux minérales sous le rapport de leur composition chimique de méme que sous celui de leurs effets sur l’organisme des individus malades ou en bonne santé. La littérature médicale abonde en livres sur ce sujet. Nous citerons surtout dans le nombre Guide aux Laux minérales, par \e docteur Isidore Bourdon, de l’Académie de Médecine ( Paris , 1837), et Description des Sources Médicinales les plus célébres del’ Europe, par Osann (en allemand, 2 vol., Berlin, 1832- 1839).

La balnéologie comprend les préceptes fournis par la science sur les bains en général et sur leurs emplois thérapeutiques.

BALNEUM, chez les Romains, signifiait ou un bain particulier ou une piéce de bains. Voyez THERMES. |

BALOGH (Janos), néen 1800, dans le comitat de Barsh, depuis 1825 député de Barsh et de Komorn 4 toutes les diétes de Hongrie, et constamment membre énergique de Vopposition , défendit avec chaleur les intéréts des classes

populaires contre |’oppression de la noblesse, ce qui lui atfira un duel avec le député de Pesth, Zichy. 11 acquit une grande popularité en revendiquant la solidarité de certaines expressions dont s’était servi en pleine diéte le baron Wesselenyi, qui, déclaré coupable de haute trahison , les avait DICT, DE LA CONVERS. —T U.

payées de sa liberté. Par suite de cette courageuse déclaration, le gouvernement autrichien lui intenta un procés, demanda qu'il fat exclu de l’assemblée et qu’on procédat a l’élection dun noayeau député. Mais les commettants de Balogh refusérent de servir les coléres du pouvoir, et il resta en conséqu.nce membre de la diéte. Plus tard, il fit mine de se rapprocher du gouvernement, et sollicita méme un emploi administratif. Ses démarches étant demeurées infructueuses , il relitra dans l’opposition, et, aprés les événements de mars 1848, il appartint & ’extréme gauche. On l’a généralement accusé d’avoir poussé le peuple & assassiner le comte Lamberg ; mais il a toujours protesté du contraire. Pendant la révolution il défendit énergiquement la cause de la nationalité hongroise, soit comme major dans les rangs de l’armée, soit comme commissaire civil; puis, quand il ne resta plus d’espoir aux patriotes, il réussit 4 gagner le sol furc en compagnie de Kossuth.

BALSAMIER (en latin amyris ), genre de plantes dont les caractéres sont : calice petit, persistant, & demi divisé en quatre dents pointues ; fleur 4 quatre pétales oblongs et ouverts; huif étamines, un ovaire supérieur, surmonté dun style court; fruit en drupe ovale arrondi, renfermant un noyau globuleux. Les espéces de ce genre sont assez nombreuses : voici les principales.

Balsamier élémiféere, du Brésil. C’est un grand arbre, dont lécoree est lisse et cendrée , les feuilles ailées et imparipennées , les fleurs trés-petites, réunies en grappes aux aisselles des feuilles. Le fruit est une baie de la grosseur d’une olive, et dont la pulpea la méme odeur que la résine tirée de l’arbre par incision. Cette résine élémi d’Amérique est recommandée principalement pour les plaies ef les contusions de la téte et des tendons. Le balsamier qui les produit croit dans toutes les parties de Amérique méridionale qui ne sont pas exposcées a des froids de longue durée.

Balsamier de Gilead. Arbre médiocre , 4 rameaux trésdivergents. Les feuilles sont alternes, composées de trois folioles. Le pédoncule est uniflore ; le fruit est une baie contenant une substance visqueuse. On retire de cet arbre par incision un suc qui a !’odeur et les qualités du baurme de la Mecque. Cet arbre croit dans l’Arabie Heureuse, ainsi que |’espéce suivante.

Balsamier de la Mecque. Arbrisseau toujours vert, dont les feuilles sont ailées et composées de trois, cing ou sept folioles. Tout est résineux et odorant dans cet arbrisseau, excepté le bois lorsqu’il est desséché. Les fleurs sont surtout d’une odeur trés-suave, quoique pénétrante. Les fruits sont petites coques remplies d’une matiére qui a la consistance et la couleur du miel, et qui répand une odeur analogue 4 celle du baume. Ce baume est un suc résineux, qui découle soit naturellement, soit par incision, lorsque l’arbrisseau est exposé aux plus grandes chaleurs de son pays natal. C’est le baume de la Mecque, de Judée, d’Egypte, de Syrie. Voyez Baume.

Balsamier vénéneux. Petit arbre toujours vert, qui crott dans Ja Caroline , la Floride et !es tles Bahama. Sa fructification a beaucoup de rapports avec celle du balsamier élémifere, dont quelques botanistes ont rapproché comme sous-espéce ; mais son suc est noir, et passe pour vénéneux ; on ne cite cependant aucun fait qui justifie cette opinion.

Balsamier kataf. Cette espéce appartient a l’Arabie, qui parait étre la commune patrie des baumes et des parfums les plus exquis. Le kataf n’a pas encore été suffisamment observé, et mérite pourtant l’attention des botanisfes, s'il est vrai que dans la saison pluvieuse i} se gonfle comme disent les Arabes , et que cette intumescence se résolve en une poudre rouge, d’une odeur trés-agréable. Les dames du pays se plaisent 4 répandre ce partum sur leurs cheveux. Les fleurs du kataf sont unisexuelles, encore imparfaitement connues, car la fleur femelle n’a pas été observée.

Balsemier kafal. Voici une autre espéce arabe, qu’on ne

peut confondre avec la précédente, puisque les habitants du pays ou elles croissent !'une et l'autre leur ont imposé des noms différents. Le kafal est plus élevé que la kataf; ses rameaux sont terminés par une épine, au lieu que autre n’a rien d’épineux; et ce qui distingue essentiellement les deux espéces , c’est que le bois du kafal est d’un grand débit en Arabie et en Egypte, pour parfumer les vases et donner aux boissons une saveur qui plalt dans ce pays, mais dont les Européens ne s’accommodent pas aussi bien. D’ailleurs, la somme des analogies déduites dela comparaison des feuilles, des fleurs, des fruits et des sucs de ces deux arbres les rapproche assez pour faire soupgonner que la myrrhe découle de l'un des deux, et peut-étre de lun et de lautre.

En général, les balsamiers sont des arbres des pays chauds, et ils s’6tendent peu dans les zones tempérées. Ferry.

BALSAMINE (Balsamina , Tournefort, Jussieu ; impatiens , Linné). Genre de plantes appartenant 4 la syngénésie monogamie de Linné, placé par Jussieu a la suite de la famille des géraniées, et considéré maintenant, d’aprés A. Richard et Decandolle , comme formant le type d’une famille particulitre, celle des balsaminées. Les caractéres de ce genre remarquable sont les suivants: calice formé de deux folioles colorées et caduques; corolle 4 quatre pétales irréguliers , dont l’inférieur se prolonge en éperon a sa base ; cing étamines, dont les anthéres sont réuries en un tube; un ovaire libre , dépourvu de style et surmonté d’un stigmate aigu; fruit consistant en une capsule ovoide, oblongue, a cing valves et 4 cing loges, dont chacune renferme plusieurs graines attachées a Paxe central du fruit; les cloisons qui forment ces loges se détruisent 4 mesure que le fruit prend de Vaccroissement, en sorte qu’a la maturité il ne reste plus que l’axe central chargé de graines ; alors, les cing valves se séparent brusquement |’une de l’autre, en se roulant sur elles-mémes en spirale, et chassent au loin les graines ; lorsque le moment approche oti cette rupture doit avoir lieu, il suffit d’une pression légére pour la déterminer a instant.

Les espéces de ce genre sont portées dans le Prodromus de Decandolle au nombre de trente et une; toutes sont des plantes herbacées , annuelles ou vivaces, dont les unes viennent dans |’Inde, les autres 4 la Chine, au cap de Bonne-Espérance , dans l’Amérique septentrionale; une seule est propre 4 Europe : c’est la balsamine des bois (impatiens noli tangere, Linné), plante vivace, qui croit dans les bois ombragés et humides de l’Europe et de Amérique septentrionale, ot: elle fleurit en juillet et aodt; sa tige est cameuse, haute d’un a deux pieds ; ses feuilles alternes, pétiolées, ovales , molles et dentées ; les pédoncules sont solitaires et portent chacun quatre a cing fleurs pendantes , de couleur jaune; les capsules, pour peu qu’on les touche, s’ouvrent avec une élasticité trés-remarquable. Les anciens médecins regardaient cette plante comme un puissant diurétique , et comme propre a former des topiques résolutifs et détersifs; mais les praticiens de nos jours en ont généralement abandonné l’emploi. Les feuilles froissées entre les doigts exhalent une odeur nauséabonde, et passent pour vénéneuses ; on dit cependant que dans le nord de l’Europe et en Amérique on les mange préparées a la maniére des épinards ; elles peuvent aussi servir, ainsi que les fleurs , a teindre la laine en jaune.

Parmi les espéces exotiques, ilen est une, originaire de Inde, qui se cultive aujourd’hui dans tous nos jardins, et qui en fait en automne, ov elle fleurit, un des plus jolis ornements : c’est la balsamine des jardins (impatiens balsamina, Linné ), plante annuelle, dont la tige , haute d’un pied et demi environ, épaisse, succulente, verte ou rougeAtre , se divise en plusieurs rameaux garnis de feuilles aiternes , lancéolées , glabres et dentelées : les fleurs sont gz andes et deviennent facilement doubles; elles naissent deux ou trois ensemble dans les aisselles des feuilles, por.

BALSAMIER — BALTES

tées chacune sur un court pédoncule; elles varient pour —

les couleurs, et sont tantét rouge vif, roses, incarnates, carmin, ponceau, violettes , blanches ou panachées, Parmi les nombreuses variétés de cette espéce, on remarque surtout la balsamine camellia, offrant des fleurs en rosaces réguliéres , 4 pétales larges et imbriquées.

Le mot balsamine vient de baume, balsamum, par allusion sans doute aux vertus supposées des plantes de ce genre, et non pas a leur odeur, qui est A peu prés nulle, Les dénominations @impatiens et de noli tangere (n’y touchez pas) ont été suggérées aux botanistes par la promptitude avec laquelle les fruits mars des balsamines, et surtout de celles des bois, s’ouvrent et lancent leurs graines par l’effet d’un attouchement léger. DEMEZIL.

BALTA-LIMAN, village de la Turquie d'Europe, sur le canal de Constantinople; plusieurs traités y ont été signés entre les Ottomans et les chrétiens, entre autres celui du i¢* mai 1849 qui devait régler la situation poli tique des provinces Danubiennes,

BALTADJI. Ce nom, qui signifie en ture fendeur de bois , était donné, dans l’ancienne organisation de empire ottoman, aux hommes qui formaient le second corps de la garde intérieure du sérail de Constantinople. Ils étaient aw nombre de quatre cents, et avaient pour chef le baltadjikeyassi, Yun des principaux officiers du sérail, qui, tous tefois, était subordonné au Aiz/ar-agassi, chef des eunuques noirs. C’étaient les bos¢andjis ou jardiniers qui composaient le premier corps de la garde, le plus nombreux de tous ; le troisiéme et le quatriéme étaient formés d’eunuques blancs et noirs. Les baltadjis étaient armés d’une hache. Quoique inférieurs par leur rang aux bostandijis, ils avaient 4 peu pres le méme costume qu’eux, sauf un collet bleu de ciel, et portaient comme eux un turban écarlate d’une hauteur prodigieuse.

BALTARD (Lovis-Pierre) , architecte, né le 9 juillet 1765, a Paris, ov il est mort le 22 janvier 1846, fut éléve de Peyre. Nommé en 1818 professeur de théorie & l’école des Beaux-Arts, puis architecte du gouvernement et membre du conseil des batiments civils, il construisit 4 Paris la chapelle des prisons de Saint-Lazare et de Sainte-Pélagie, et a Lyon, le palais de justice. Il avait étudié la peinture et la gravure, et dans ces deux genres il se distingua par la pureté des dessins, Ses principales publications sont: Paris et ses monuments (1803 , in-fol.), texte d’Amaury Duval ; Voyage pittoresque dans les Alpes (1806, in-4°), la Colonne de la grande armée (1810), Architectonographie des prisons (1830, in-fol.), et les Grands prix d architecture (1834 et suiv., in-fol.), avec Vaudoyer.

Victor Baurarp , son fils, né en 1805 A Paris, remporta en 1833 le grand prix d’architecture de la ville de Paris. Ll a exécuté avec une rare intelligence les restaurations ou la décoration des églises Saint-Germain-des-Prés, Saint- Séverin, Saint-Eustache et Saint-Etienne-du-Mont; il a achevé la construction de I’hétel du Timbre, et élevé en 1867, d’aprés ses dessins, l’église Saint-Augustin. Ayant été chargé, en 1849, des Halles centrales, il commenga par un lourd batiment en pierre, qui fut démoli pour faire place & un systéme de construction en briques et en fer. Bien que Phonneur de l’avoir proposé en revint 4 M. Callet et a M. Horeau, ce fut M. Baltard qui en a dirigé jusqu’a présent l'exécution, Le 7 février 1863, il a remplacé Caristie dans l’Académie des Beaux-Arts (section d'architecture), Il est officier de la Légion @honneur. On lui doit une Monographie de la villa Médicis (1847-1848, in-fol.), et la suite des Grands pria d’architecture , commencés pat son pére.

BALTES ou BALTHES, maison puissante des Goths, la plus considérable aprés celle des Amales. Elle tirait son origine d’un chef appelé Baltha, nom qui signifiait audace dans la langue de ce peuple. Il est assez difficile de savoir

BALTES — BALTIQUE

& laquelle des deux maisons appartinrent ses premiers rois, car leur nomenclature méme change au gré des annalistes. Aprés la séparation de la nation gothique, les Balthes s'attachérent aux Visigoths, tandis que les Amales restérent ala téle des Ostrogoths. Le Balthe Athanaric soutint la révolte de Procope contre l’empereur Valens, en 366. Alaric let était aussi de la maison des Balthes, ainsi qu A taulf, qui lui succéda. Les six enfants d’Ataulf ayant été massacrés par Sigeric, il est probable que la race des Balthes s’éteignit avec eux. La maison de Baux, prés d’Arles, avait cep ndant la prétention den descendre.

BALTHAZAR, dernier roi de Babylone, nommé par Bérose Nabonnedes, par Hérodote Labyneéle, et par Joséphe Naboandel, était fils d’Evilmérodach et petit-fils de Nabuchodonosor. Cyaxare, roi des Médes, el Cyrus son neveu, roi des Perses, lui déclarérent la guerre, prirent plusieurs de ses villes, et vinrent mettre le siége devant Babylone. II y avait deux ans que ce siége durait lorsque Balthazar, ayant ordonné qu’on lui apportat au milieu d’un grand testin les vases d'or el @’argent que Nabuchodonosor avait enlevés du temple de Jérusalem, les fit servir 4 orgie ou assistaient ses courtisans et ses concubines. Au méme instant une main mystérieuse traca aux yeux de tous sur les murs du palais ces trois mots hébreu-samaritains : Mané, Thecel, Phares, que nul des convives ni des devins et astrologues qu’il fit successivement appeler ne put expliquer. Daniel fut alors mandé par le roi, qui promit, s'il réussissait A satisfaire sa curiosité, de le décorer des attributs de la royauté et de l’associer 4 lui et 4 sa mére Nitocris dans le gouvernement de l’empire. Daniel, dédaignant ces oftfres, représenta avec beaucoup de liberté 4 Balthazar les désordres de sa vie, blama avec sévérité le sacrilége et la profanation des vases sacrés auxquels il venait dese livrer , et lui annon¢a, d’aprés Vinscription, la fin de son régne et de sa vie, ainsi que le partage de son royaume entre les Médes et les Perses. Cette prédiction s’accomplit la nuit méme; Cyrus entra dans Babylone, et mit 4 mort Balthazar, l’an 538 avant J.-C.

BALTIMORE. Ville et port de mer du comté de ce nom, dans l’Etat de Maryland, aux Etats-Unis, avec une population de 230,000 habitants, dont 52,000 Allemands, sur la rive septentrionale du Patapsco, qui se jette a 22 kilométres de 1a dans la baie de Chesapeak. Elle fut fondée en 1729 par lord Baltimore, mais ne se composail encore en 1765 que d’une cinquantaine de maisons. Erigée en ville en 1797, elle s’accrut rapidement, grace aux développements toujours croissants de son commerce. On la divise en quatre quarfiers ; la vieille ville, la nouvelle ville, Frenchtown, et Fell’s Point, et elle est partagée en deux parties par la petite riviére John’s Fall, qu’on y passe sur trois ponts en pierre et quatre ponts en bois. Elle renferme un grand nombre d’édifices considérables , entre autres la banque du Maryland, Vhétel de ville, la maison de refuge, ’hopital, la grande bourse, le musée, les halles de vente, et plus de soixamnte églises et chapeiles de toutes les confessions chrétiennes , notamment la cathédrale catholique, placée sous linvocation de saint Paul. Parmi les nombreux monuments qui ont fait surnommer Baltimore Monumental City, il faut citer eelui qui y a été élevé A la mémoire de Washington , ainsi que celui qui a pour but d’éterniser le souvenir de la victoire par laquelle , en 1814, fut repoussée une attaque tentée par les Anglais commandés par le général Ross.

Les voies de communication y sont réguliéres. La rue de Baltimore, entre autres, n’a pas moins d’un kilométre de long sur 26 métres de large. Le collége catholique de Marie existe depuis 1806, et posséde une bibliothéque considérable, indépendamment de laquelle on en compte encore trois dans la ville. L’école de médecine fondée en 1807 & Baltimore a &té érigée en université en 1812.

Baltimore est le grand centre du commerce des tahacs

aux Etats-Unis, Les farines provenant des moulins a vapeur construits aux environs de cette ville s’exportent aussh avec avantage, acause de leur excellente qualité. On compte dans la ville et dans ses alentours un grand nombre de manufactures de toiles et de cotonnades. Il y a plus de trente ans que la fiévre jaune, autrefois si fréquente a Baltimore , en a complétement disparu. Un chemin de fer met cette ville en communication avec Washington (42 kilométres), et un autre avec Philadelphie (96 kilometres). L’entrée du port est étroite et protégée par le fort Mac-Henry. Les batiments de 5 & 600 tonneaux s’arrétent au bas de la ville.

En 1831 se réunit a Baltimore le premier concile catholique tenu dans le Nouveau Monde. Pendant la guerre de sécession, la ville fut mise en état de siége; mais elle ne se joignit pas aux rebelles.

BALTIQUE (Mer), grand golfe communiquant avec la mer du Nord et le Kattegat par les détroits duSund, du grand et du petit Belt, borné par les cétes de Danemark , d’Allemagne, de Prusse, de Russie et de Suéde. Ii a environ 2,000 kilométres de long sur 65 4 240 de large. Sa superficie, en y comprenant les golfes de Bothnie et de Fin lande, est de 452,000 kilométres carrés. La navigation d la mer Baltique est beaucoup plus dangereuse que celle de la mer du Nord, quoique les vagues de celle-ci soient plus effrayantes et sa profondeur plus considérable. Celle de la Baltique, dont la moyenne est de 30 a 40 métres, varie quelquefois jusqu’a moitié moins. Les cétes de cette mer, extrémement basses en Suéde, sont généralement hérissées de rochers et de rescifs du cété de la Prusse, et les changements de vents y sont d’une fréquence qu’on ne rencontre nulle part ailleurs.

Une chaine diles sépare la partie méridionale de cette mer, ou mer Baltique proprement dite, de la partie septentrionale, appelée golfe de Bothnie. Le golfe de Finlande pénetre vers le nord-est fort avant dans le continent russe, et sépare la Finlande de !’Esthonie. Il y a encore un troisiéme golfe faisant partie de la mer Baltique; c’est celui de Riga ou de Livonie. Le Frisch-Haff et le Kourisch-Haff sont des anses de la céte de Prusse.

L’eau de la mer Baltique est plus froide et plus claire que celle de l’Océan ; elle contient aussi moins de matiéres salines, et les glaces y rendent la navigation impraticable pendant trois ou quatre mois de l'année. Les marées y sont peu sensibles, comme dans toutes les mers profondément encaissées dans l’intérieur des terres. Néanmoins, dans certaines saisons son niveau s’éléve ou s’abaisse assez visiblement : résultat qu’on peut attribuer, entre autres causes, a la différence du volume d’eau qu’y déversent suivant les saisons les fleuves qui y ont leur embouchure. A la suite des tempétes, on y recueille, sur les cétes de la Prusse et de la Courlande, beaucoup d’ambre, que les vagues y rejettent.

Une foule de fleuves se déchargent dans la Baltique. Les principaux sont ; en Allemagne , la Trave, la Warnow, I’ Oder, la Rega, la Persante; en Prusse,la Vistule, le Pregel et le Niémen; en Russie, la Windau, la Duna, la Narwa, la Newa et l’Ulea; en Suéde, la Tornea, la Lulea, la Pitea, l’Urnea, l’Angermanna et le Dalelf, ainsi que l’émissaire du lac Moelar.

Outre les tles de Seelande et de Fionie, on remarque les iles de Samsce, Men, Bornholm, Langeland, Laaland, et Alsen, qui aypartiennent au Danemark ; celles de Gothland, Gland, H ween, dans le Sund, appartenant a la Suéde: dans cette derniére sont les ruines de l’observatoire d’Uranienbourg, bati par Tycho-Brahe; de plus, Pile de Rtigen, qui appartient 4 la Prusse; enfin, les iles d Aland, a lentrée du golfe de Bothnie, celles de Da gee et d’ sel, le long de la céte de Livonie, qui appartiennent a Ja Russie.

Le nombre des nayires qui sortent chaque année de la

ne

mer Baltique pour gagner la mer du Nord, ou bien qui y entrent, monfe 4 12 ou 13,000. Le canal de Eider ou de Schleswig-Holstein, qui a son entrée dans la mer Baltique & Friedrichsort et son embouchure dans la mer du Nord, établit une communication prompte et facile entre ces deux mers, et contribue singuliérement a faciliter dans les hivers peu rigoureux lexportation des grains pour la Hollande et la France. Les ports commerciaux les plus importants de la Baltique sont : en Danemark, Copenhague, F!ensbourg; en Allemagne, Schleswig, Kiel, Travemunde (Lubeck), Wismar, Rostock, Stralsund, Stettin, Swinemunde et quelques ports de la Poméranie; en Prusse, Dantzig, avec l’embouchure de la Vistule, Elbing, Koenigsberg, Pillau et Memel; en Russie, Riga, Revel, Narva, Cronstadt (Saint-Pétersbourg) et Sweaborg; en Suéde, Stockholm, Karlskrona et Ystadf.

Un phénoméne extrémement remarquable que présente fa Baltique, c’est le soulévement lent mais continu de ses cétes; et vers le milieu du dernier siécle i) donna lieu a de nombreuses dissertations de la part des physiciens. II en est résulté une série d’observations faites avec le soin le plus rigoureux par le capitaine russe Reinecke, commis a cet effet par l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, lequel employa dans ce but des marques gravées sur les rochers de la Finlande, et des observations du pendule 4 Memel, Pillau et autres lieux; comme aussi par Forchhammer, en Danemark. On s’est ainsi convaincu qu’a Sweaborg I’élévation des cdétes augmente de 10 pouces tous les quarante ans; 4 Memel, l’accroissement est méme en vingt-cing ans de i pied 2 pouces 82 centidmes. Il est done désor- Mais acquis a la science qu’a la différence de la céte de la mer du Nord, qui, au contraire, va toujours s’abaissant davantage, il y a soulévement manifeste et incessant du sol sur le littoral de la Baltique. Les cotes de cette mer nous offrent par conséquent , avec la cdte occidentale de I'Italie, avec la cote de Koutsch dans l’Asie méridionale et celle d’Arakan dans l’Asie septentrionale, le quatriéme exemple aujourd’hui connu d’un lent mais incessant soulévement du soi dans |’Ancien-Monde.

BALTIQUE ( Provinces de la). On désigne ainsi, dans la plus large acception, les cing gouvernements de l’empire de Russie riverains de la Baltique, 4 savoir: la Courlande, laLivonie,lEsthonie, l Ingrie (Ingermannland) ou gouvernement de Saint-Pétersbourg , et la Finlande, et, dans unsens plus restreint, les trois premiéres seulement de ces provinces. A l'exception de la Courlande, qui avait ses ducs particuliers, quoique tributaires de la Pologne, les provinces de la Baltique appartenaient jadis a la Suéde. Elles furent réunies a la Russie, en partie dés les premiéres années du dix-huitidme siécle, a la suite des victoires de Pierre le Grand, et en partie seulement en 1809, sous le régne de l’empereur Alexandre. Aujourd’hui encore leurs institutions different essentiellement de celles du reste de empire. La Finlande est celle qui jouit des droits et des priviléges les plus ¢tendus, et elle a une administration complétement a part. La Courlande, la Livonie et I’Esthonie conservent aussi quelques débris de leur ancienne organisation politique et certains priviléges , bien que l’organisation administrative propre aux gouvernements russes y ait été introduite ; aussi bien la politique du cabinet de Saint-Pétersbourg a toujours été de parvenir peu a peu a les russifier complétement. Les provinces de la Baltique occupent une superficie totale d’environ 5,057 myriamétres carrés; les derniéres operations trigonometriques en altribuent sur ce chiffre 267 a la Courlande, 446 a la Livonie, 193 a I’Esthonie , 439 a l’Ingrie et 3,709 a la Finlande, Mais. quoiqu’elles renierment la capitale de empire, dont la population est aujourd'hui de plus de 550,000 Ames, on n’y compte en tout que 4,732,321 habitants, & savoir: 573,856

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