BALTIQUE — BALUE
en Courlande, 925,275 en Livonie, 313,119 en Esthonie, 1,174,174 en Ingrie et 1,745,897 en Fivlande,
BALTISYVAN, appele aussi Petit Thibet, ou encore Iscardo, A cause de sa capitale, est un petit Etat situé sur Indus supérieur : il est borné au nord par le Tourkestén chinois, 4 lest par le Ladakh, au sud par le Cachemire, & Pouest par Ghilgit et d’autres petites principautés ; il se compose en grande partie d’une vallée située a environ 2,200 métres au-dessus du niveau de la mer, et formée par I’Indus et ses nombreux affluents. Sa population, forte au plus de 500,000 dames, appartient ala race mongole et professe Vislamisme chiite. Jusqu’au moment ot les Sikhs s’en emparérent, le Baltistan avait été gouverné par un prince ou rgilfo ; aujourd’ hui il est incorporé a l’Inde britannique.
BALUE ou BALLUE (Jean), plus connu sous le nom de cardinal de la Balue, naquit en 1421, au bourg d’Angle, en Poitou, d’un tailleur ou d’un meunier. Aprés avoir dans son enfance servi un moine des ordres mendiants, dont il portait la besace, il entra comme prétre dans la maison de l’éyéque de Poitiers, Juvénal des Ursins, qui le fit son exécuteur testamentaire, et il réussit 4 détourner a son profit les meilleurs effets de la succession de son patron. Il accompagna ensuite 4 Rome Jean de Beauvau, évéque d’Angers, ambassadeur de Charles VI, et il y augmenta fort ses richesses par une simonie sans pudeur. A son retour, Charles de Melun Je fit connaitre 4 Louis XI; son esprit souple, intrigant, habile 4 semer la division, plut au roi. Successivement conseiller au parlement, administrateur du collége de Navarre, des hdépitaux et des aumdneries , chargé des promotions ecclésiastiques, trésorier de l’épargne, secrétaire d’Etat, titulaire de riches abbayes , il fut fait évéque d’Evreux en 1464.
Balue démentait par ses mceurs ses voeux religieux : quelque temps aprés son sacre, il fut attaqué et blessé la nuit en sortant de chez sa maitresse. I] soupconna de ce guet-apens Charles de Melun, qu’il savait son rival, et chercha dés lors 4 le perdre, oubliant les services qu’il avait recus de lui : ses menées furent en partie cause de sa mort, Poussant Vingratitude jusqu’a mettre au méme rang un bienfaiteur et un ennemi, il noircit par des calomnies la réputation de Jean de Beauvau, dont il avait été le commensal, et le forga de renoncer a son évéché d’Angers, qu’il se fit ensuite adjuger. Le roi savait toutes ces intrigues et ces fourberies ; elles le réjouissaient beaucoup : « C'est, disait-il, un bon diable d’évéque pour cette heure; je ne sais ce qu'il sera 4 l’avenir. » Enfin il lui fit donner le 16 septembre 1467 le chapeau de cardinal, que Balue mérita aux yeux de la cour de Rome en faisant confirmer |’abolition de la Pragmatique sanction et en obtenant du tribunal du Chatelet l’enregistrement de cet édit.
Le cardinal Balue avait la prétention de servir Louis XI dans les camps aussi bien que dans les conseils, ef on I’ayait vu un jour, monté sur une mule, en rochet et en camail, passer la revue des milices de Paris; c’est & cette occasion que le comte de Dammartin, s’approchant du roi, lui demanda A haute voix la permission d@aller 4 Evreux faire examen des clercs tandis que I'évéque d’Evreux inspectait ses soldats. Toutefois Balue sentait bien que c’était seulement par les négociations et les intrigues qu'il pourrait s’élever plus haut encore. Aussi conseillait-il & Louis XI de se fler plus aux pourparlers qu’aux combats,
Instigateur mal inspiré de Pentrevue de Péronne, son crédit commenga des lors a baisser ; la défiance que le roi avait concue contre Ini fut, & ce qu'il semble, un des mofif§ qui le poussérent a trahir son maitre. D’ailleurs, fait remarquer Sismondi, cet homme, qui ne s’était élevé que par Vintrigue et qui n’avait plu a Louis que par son adresse a suivre les voies les plus tortueuses, était entrainé par ses habitudes, méme en dépit de ses intéréts, & tromper ceux qui se con fiaient A lui. De copeert avec l’évéque de Verdun, Guil-
ume d’Haraucourt, il entra en correspondance avec le duc e Bourgogne, l’avertissant des efforts que faisait Louis XI ur déterminer son frére & accepter en apanage la Guienne la place de la Champagne, et lui suggérant ce qu’il avait faire pour porter obstacle a ces projets.
Sur ces entrefaites, vers le milieu d’avril, un prétre nommé Simon Bélée fut arrété porteur d’une lettre du cardinal Jue au duc de Bourgogne. Conduit 4 Amboise, il avoua tout au roi. Aussitét Louis manda le cardinal, quis’empressa de se rendre & cet ordre, sans se douter de rien. Pendant plus de deux heures, dit encore Sismondi, on les vit s’entretenir en se promenant ensemble sur le chemin qui méne d’Amboise A Notre-Dame de Cléry, o0 le roi allait en pélerinage. On ne sut point si Balue s’efforga de fléchir par des aveux et des supplications le monarque qui lavait appelé son ami, ou s'il protesta de son innoeence. La justice du roi était toujours enveloppée d’un impénétrable mystére. Laffaire fut déférée A une commission de huit seigneurs ou magistrats, d la téte de laquelle était le redoutable Tristan PErmite. Cependant la dignité ecclésiastique dont Balue était revétu s’opposait au cours ordinaire des lois; le pape, consulté, répondit qu'un cardinal devait étre jugé en plein consistoire. Louis prit alors un terme moyen ; ilarréta le procés, et garda Balueen prison. Le cardinal fut enfermé dans une de ces cages de fer de huit pieds carrés qu’il avait imaginées hui-méme pour servir les vengeances de son maitre. On voyait naguére encore cette cage au chateau de Loches. Il y resta douze ans, jusqu’a ce que le cardinal de la Rovére, légat du pape en France, eut obtenu sa liberté de Louis XI, ala condition qu’il serait jugé par la cour de Rome. Mais les poursuites furent bientét abandonnées, et le cardinal Balue ne tarda méme pas a devenir tout-puissant dans le sacré collége. En 1484 il retourna en France en qualité de légat a latere; mais il dut se retirer devant un arrét du parlement qui lui défendait entrée de Paris. Il mourut & Ancdne, au mois octobre 1491, évéque de Préneste aprés Vavoir été d’Albano. W.-A. Duckett.
BALUSTRADE, BALUSTRE. Ces deux mots sont dérivés du grec Badatottov, enlatin balaustum, et en italien balaustra, qui est le nom dune espéce de grenadier sauvage, appelé balaustier ; un balustre ressemble en effet au calice de la fleur de ce grenadier.
Les balustres sont de petits piliers faconnés, de pierre , de fer ou de bois, qui sont a hauteur d’appui, et qu’on met ordinairement au haut des batiments ou sur des terrasses pour opérer une cloture ou une séparation. Le balustre se compose ordinairement de trois parties principales : le chapiteau, la tige et le piédouche. L’usage du balustre, dit Quatremére de Quincy, ni rien qui en approche, ne se retrouve dans l’antiquité. On ne peut voir son origine ailleurs que dans les ouvrages en bois imaginés par la menuiserie pour faire des appuis ou des barriéres dans les lieux qui ne comportaient pas l'emploi d’une matiére plus dispendieuse. Larchitecture moderne en a adopté et consacré la forme dans les imitations de pierre ou de marbre qu’elle en a faites ; elle a méme depuis associé cette invention a celle des ordres , en faisant participer le balustre aux diverses proportions de ceux-ci. Les plus anciens balustres qu’on voit a Florence et dans quelques autres villes de I'Italie, et qui datent des premiers siécles de la renaissance des arts, ne sont que de trés-petites colonnes dans la forme des grandes. Les balustres modernes n’offrent d’autre raison de leur forme que le caprice et la fantaisie du tourneur.
Les balustres de bois sont tournés ou faits a la main, droits ou rampants, et employés d’ordinaire, soit pour les galeries de dehors, soit pour les escaliers; les balustres de bronze sont on de feuilles de bronze ciselées et a jour, ou fondus , séparés ou massifs, comme ceux du grand escalier de Versailles; les balustres de fer sont couronnés de fer earré ou de fer plat, et servent pour les balcons et les ram-