BALUE — BALUZE
pes descalier. On appelle balustres de fermeture ceux qui sont plus allongés, en maniére de colonne, et qui se font de bronze , de fer forgé ou fondu, ou enfin de bois, pour les clotures de chceurs d’église ou de chapelles, et balustres entrelacés ceux qui sont joints ensemble par quelque ornement taillé dans Je méme bloc de pierre ou de marbre.
Une BALUsrRADE est un appui formé le plus souvent dc balustres et couvert d’une tablette en pierre, en marbre, etc. , qui termine une terrasse ou un balcon, sert d’amortisseme% aun édifice ou de cloture 4 un sanctuaire, forme l’estrace dun tréne ou d’un lit de parade, ou enfin la rampe dun escalier.
BALUZE (Etienne) naquit a Tulle, le 24 décembre {630, dune famille ancienne, dont les membres occupaient dans la municipalité et le barreau de cette ville un rang distingué. Aprés avoir fait ses premiéres études au collége de Tulle, il entra, en 1646, & celui de Saint-Martial , 4 Toulouse. Il y resta huit années; puis, revenuechez son pére, il étudia le droit civil, qu'il abandonna bientét pour se livrer a la pratique des belles-lettres et de Phistoire. Agé de vingtquatre ans, il retourna vivre a Toulouse, ol ses grandes connaissances lui acquirent l’'amitié et le patronage de plusieurs savants distingués. Charles de Montchal, archevéque de Toulouse, avait pris Baluze en affection, et la mort prématurée de ce prélat l’empécha seule de faire pour lui ce qu'il avait projeté. Baluze s’attacha ensuite a Villustre Pierre de Marca, aussi archevéque de Toulouse. En 1667, Colbert lui confia le soin de sa bibliothéque. Ce savant s’appliquait a Yenrichir chaque année d’ouvrages curieux et importants, Mais, vers 1700, Baluze, sentant la vieillesse approcher , résigna Vemploi qu’il exergait; il vivait paisiblement dans la retraite, quand, le 19 avril 1707, il fut nommé par le roi inspecteur du Collége de France.
Bien qu’il fat prés d’atteindre sa quatre-vingtiéme année, Baluze travaillait sans cesse; il ne prévoyait pas que des occupations aussi calmes pussent jamais attirer sur lui la colére de Louis XIV. Il s’était chargé d’écrire Vhistoire de Ja maison d’Auvergne, et aprés avoir consacré plusieurs années a cette histoire, il la fit paraitre, en 1708, en 2 vol. in-fol. Vers 1710, le cardinal de Bouillon. qui l’avait chargé de composer cet ouvrage, quitta la France, et lamitié qu’il portait 4 Baluze fut représentée comme criminelle au roi. Louis XiV ajouta foi aux insinuations perfides de quelquesuns de ses familiers, qui lui firent croire que Baluze avait imprimé dans son histoire plusieurs actes faux favorables A la maison de Bouillon. L’ouvrage fut supprimé par un arrét du 20 juin 1710, et le vieux Baluze, dépouillé de ses biens, se vit condamné a Vexil. I fut relégué d’abord & Rouen, ensuite 4 Blois, de Blois 4 Tours, de Tours 4 Orléans. Enfin, cette persécution singuliére cessa ; vers la fin de l'année 1713, la cour permit au docte vieillard de revenir 4 Paris. Il avait perdu sa petite fortune et sa place d’inspecteur au Collége royal; rien ne lui fut rendu. Baluze ne réclama rien; il continua de travailler avec ardeur a son édition des Ciuvres de saint Cyprien, dont ilavait concu depuis longues années le dessein. Quand son travail fut assez avancé pour qu’il pat le mettre sous presse, Louis XIV était mort, et ceuX qui avaient eu le courage de persécuter cet homme de bien n’étaient plus aux affaires. Le Régent, qui aimnait ce vieillard, aussi rempli de vertus que descience, donna l’ordre que son travail fat mis sous presse 4 (Imprimerie Royale Baluze, malgré son age avancé, en corrigea lui-méme presque toutes les épreuves; et quand il eut terminé ce travail, il expira tranquillement, le 28 juillet 1718, & P’Age de quatrevingt-huit ans.
Les ouvrages que Baluze nous a laissés sont au nombre de quarante-quatre , parmi lesquels nous citerons encore son édition des Capitulaires de nos rois, son recueil des Lettres du pape Innocent III et les Vies des papes d’Avignon ; tous ces ouvrages sont écrits en latin. L’introduction
dont il a fait précéder les Capitulaires est une histoire fort curieuse de Ja législation sous nos rois des deux premiéres races. LEROUX DE Lincy,
BALZAC (Jean-Louis GUEZ, seigneur pe), né & Angouléme, en (594. Cet écrivain eut la gloire de coatribuer puissamment a la restauration de la langue frangaise, que Pascal, plus tard, était appeléa fixer. Son talentse développade bonne heure. A lage de dix-sept ans il avait publié en Hollande un Discours politiquesur U Etat des Provinces- Unies. Le succés de ce petit ouvrage décida, non de sa vocation, mais de 8a carriére; car, bien que depuis il edt servi pendant denx années d’agent 4 Rome au cardinal Lavalette, et qu’A son retour il edt été honoré d’une grande distinction par l’abbé de Richelieu, alors évéque de Lucon, il ne put réussir ni a entrer dans les affaires , ni méme A suivre la carriére de ’Eglise, ou sa qualité de gentil-homme lui permettait de prétendre 4 un évéché. « L’évéque de Lugon, dit-il, me fit une infinité de caresses, me traita d’illustre, d’homme rare, et de personne extraordinaire. M’ayant un jour prié a diner, il dit 4 force gens de qualité qui étaient a table avec lui: Voila un homme ( Balzac n’avait alors que vingt-deux ans ) a qui il faudra faire du bien quand nous le pourrons, et i] faudra commencer par une abbaye de 10,000 livres de rente... Toutefoisles choses en sont demeurées 1a. M. le cardinal de Richelieu ne s’est pas souvenu de ce qu’avait dit Pévéque de Lucon. »
Trompé dans ses espérances, Balzac eut le bon esprit de s’attacher désormais a ne devoir sa fortune qu’a lui-méme. D’ambitieux il ne devint pas philosophe, mais écrivain distingué et dévot; et a ce dernier titre Bayle prétend que si, lors du suecés du petit ouvrage de Balzac en Hollande, la république lui avait offert une belle charge, auteur de dix-sept ans Veit préférée & son pays et & son catholicisme. Quoi qu’il en soit, le pauvre gentil-homme se réfugia dans la république des lettres, oti vint le trouver bientot one pension de 2,000 fr. du cardinal de Richelieu avec un brevet de conseiller d’Etat. C’était Pépoque ot il méritait @étre surnommé le grand épistolier. Ses Lettres parurent en 1624, et leur meérite fut justifié par la multiplicité des éditions , et aussi par d’ardentes controverses. Le premier coup fut porté par un jeune feuillant nommé le pére André, lequel fut soutenu par le pére Goulu, son supérieur, avec une acreté toute monastique. Celui-ci , sous lenom de Philarque, publia deux gros voiumes contre Balzac. A la suite du moine se rangérent bientdt d’autres ennemis, tels que Heinsius, Croi, Nicolas Bourbon, de l’Académie Frangaise, Coster et autres. Le peu de succés qu’obtint 4 la méme époque un autre ouvrage de Balzac, intitulé le Prince, qui le brouilla avec la Sorbonne, et qui fut bralé a Bruxelles, le décida a se retirer & la campagne, sur les borda de la Charente. C’était cependant une apologie de Richelieu. Mais la tempéte était trop forte ; il dut céder la place a ses ennemis.
« Vous vous souvenez, dit-il dans un de ses Entretiens, de la cruelle persécution qui s’alluma contre moi il y a yvingt ans. En ce temps-ld un ange du ciel n’edt pas été écouté, s'il en fat descendu pour plaider ma cause. » Ce ful pendant cette retraite, ov il finit ses jours, que Balzac jublia ses Eniretiens, Aristippe, ses Relations a Ménandre, ses Apologies, le Barbon, le Socrate chrétien, et quril recut des plus augustes et des plus illustres personnages de la France et de I’Europe les témoignages d’une admiration passionnée, soit par leur visite dans ce qu'il appelait son désert, soit par l'immense correspondance A laquelle la renommée toujours eroissante de ses Lettres Vavait condamné, « Je suis, écrivait-il, assassiné des civilités qui me viennent des quatre parties du monde, et il y avait hier au soir sur ma table cinquante lettres qui me demandaient des réponses éloquentes, des réponses & étre montrées, a étre copides, a étre imprimées; en dois méme a des (Ales couronnées, » La reine Christine était du nombre.