‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 290 sur 488 · BANKNOTE— BANNIERE · texte numérisé non relu

BANKNOTE— BANNIERE

BANKNOTE. Ce mot, qui signifle billet de banque, est l'appellation dont on se sert, méme chez nous, pour Aésigner ces sortes d’effets des banques d’Allemagne et surtout d’Angleterre. Les nofes de la banque d’Angleterre ont cours dans presque tout le monde civilisé, parce que le gouvernement britannique les a assimilées aux moyens légaux de payement et les a ainsi érigées en papier-monnaie de Etat.

BANKOK, c’est-d-dire la ville des Jardins, depuis 1766 vapitale du royaume de Siam. Située par 13° 40’ de latitude nord et 101° 10’ de longitude orientale , elle s’étend le long des rives du Menam, fleuve dont la largeur en cet endroit n’est pas moindre d'un kilométre, et ne se compose que de maisons en bois, a la seule exception du palais du roi et des temples, qui sont batis en briques. I] existe aussi beaucoup d’habitations construites le long du fleuve sur des radeaux en bambous. La population, évaluée 4 500,000 Ames, est trés-mélangée; elle se compose de Siamois, de Birmans, de Malais, et de Chinois, dont le nombre, dit-on, n’est pas moindre de 200,000. On y voit de magnifiques temples de Bouddha avec une foule de grandes et de petites idoles, dont quelques-unes en or massif. Il existe aussi a Bankok un certain nombre de Siamois et de Cambogiens convertis au catholicisme. Un grand nombre de missionnaires envoyés par les diverses confessions chrétiennes se sont établis dans cette ville. La France y a signé, le 15 aott 1856, un traité de commerce avec le roi de Siam.

BANKS (Sir Josern), naturaliste célébre, né en 1743, a Revesby-Abbey, dans le Lincolnshire, mort le 19 juin 1820, descendait d’une famille d’origine suédoise. Elevé a Oxford, il entreprit en 1765 un voyage 4 Terre-Neuve et au Labrador, et de 1768 4 1771 accompagna Cook dans son voyage autour du monde. Ce fut lui qui introduisit Parbre 4 pain aux Antilles, et qui rédigea la partie botanique du premier voyage de Cook. Il fut élu en 1777 président de la Société royale de Londres, et année suivante Je roi le eréa baronet. Banks rendit des services importants a la science en fondant l’African Association, dont il fut longtemps le président; et un grand nombre de naturalistes, tels que Blumenthal, Hornemann, Burckhardt, lui furent redevables de l’assistance la plus dévouée et la plus désintéressée donnée a leurs recherches. Il laissa en mourant une précieuse hibliothéque et une remarquable collection d’histoire naturelle; le British Museum hérita de Vune et de Yautre.

BANKS (Nartsanret), général américain, né le 30 janvier 1816, 4 Waltham (Massachusetts), est fils d’un ouvrier fileur. Il s’instruisit seul, se fit mécanicien, puis journaliste, et entra en 1849 dans la chambre des députés du Massachusetts. Républicain ardent, il fut élu trois fois gouverneur de son Etat natal, et siégea au Congrés. Lorsque la guerre éclata le président Lincoln lui conféra le grade de majorgénéral (1861). Banks se rendit 4 ’armée du Potomac et a ala téte du 5° corps battit les confédérés 4 Winchester. Chargé ensuite de contenir Baltimore, il mit la ville en état de siége et la maintint dans Vobéissance. Au printemps Ge 1862 il recut le commandement militaire de la Shenandoah; mais n’ayant pas assez de troupes 4 opposer a l’ennemi, il essuya deux échecs et ne réussit qu’a conserver ses positions. Dans la méme campagne il assista aux sanglantes batailles du Rappahannock , de Manassas et d’Antietam. Son caractére doux et modéré le fit choisir pour remplacer 4 la Nouvelle-Orléans le général Butler (16 décembre 1862). Jl s’*empara de Port-Hudson aprés deux tentatives infructueuses, et soumit tout le Texas. En mai 1864 il rentrait dans la vie privée.

BANLIEUE. On appelait ainsi autrefois ]’étendue d’une lieve autour d’une ville, ou se pouvait faire le ban, c’est-a-dire les proclamations de Pautorité, et dans le rayon de laquelle s’exercait la juridiction de la ville, Cette ex-

pression désigne de nos jours les bourgs, villages, hameaux, lieux isolés attenant aux faubourgs d’une ville, soumis d’ailleurs 4 une juridiction particuliére.

La banlieue de Paris, comprise entre le mur d’octroi et les fortifications, a été annexée le 16 juin 1859 a la capitale; elle renfermait alors 16 communes et 400,000 ames.

BANNE ou bdche, grosse toile servant 4 couvrir les marchandises qui sont dans un bateau ou dans une voiture.

BANNERET. Voyez Banniére.

BANNIERE. Ce mot, qui était autrefois d’un usage trés-étendu, ne se prend plus guére aujourd’hui que pour signifier une sorte de drapeau sous lequel se rangent en procession les membres d’une paroisse, d’une confrérie ou corporation, Ce drapeau est ordinairement de forme a peu prés carrée, et pend & un baton rattaché en croix a une hampe. La banniére des églises est de diverses couleurs, avec de riches broderies, représentant quelque image sainte, des franges tout autour; et une foule de rubans s’y rattachent. La banniére est objet d’une bénédiction particuliére ; suivant le plus grand nombre, elle rappelle le miraculeux labarum de Constantin; cependant Jun de nos plus anciens auteurs liturgiques, Durand de Mende, prétend que la banniére précéde les processions pour représenter la victoire de la Résurrection et l’Ascension de Notre-Seigneur, qui s’éleva dans les cieux accompagné d’un grand nombre de captifs délivrés. La premiére banniére qui ait été bénie par un pape est celle que Grégoire III envoya vers 752 ou 753 au roi de France. Les clefs de saint Pierre y étaient représentées. Autrefois, en certaines églises, la banniére était portée par un diacre en dalmatique. Aujourd’hui ce soin est confié presque partout 4 des laiques, hommes ou femmes. Les Grecs et les Russes n’ont point de banniéres proprement dites; mais ils portent dans quelques-unes de leurs processions des images de la Vierge ou d’autres saints.

A la guerre, pendant le moyen age, la banniére était de forme carrée, mais attachée ala hampe comme nos drapeaux actuels. Elle différait du pennon en ce que celui-ci se terminait en pointe. La banniére jouait alors un rdle trésimportant dans la disposition des armées et par suite dans la hiérarchie féodale. Elle ne pouvait étre portée que par un banneret, chevalier plus puissant, plus illustre et plus riche que le simple homme d’armes porteur du pennon. Un banneret devait avoir un nombre variable de 25 4 50 lances, suivant les circonstances et les époques. Le roi pouvait faire un banneret par ses lettres, en ayant égard aux terres et aux biens qu’il possédait ; mais ce rang était le plus souvent conféré par le connétable a la veille d’un combat a tout homme d’armes qui avait pu réunir le nombre de lances exigé. Le connétable se contentait de couper la queue du pennon et d’en faire ainsi une banniére.

Dans Vorigine on distinguait encore le simple bannereé du chevalier banneret, qui avait déja porté banniére dans un combat antérieur, et du baron banneret, qui s’était il- Justré dans une longue suite d’exploits comme chevalier banneret. Ces dénominations se confondirent plus tard.

Le nombre des banniéres et des pennons a souvent servi a exprimer l’effectif d’une armée. Lorsqu’on sait que chaque lance entretenait trois archers et trois chevaux sous son pennon , on se rend facilement compte des termes de nos vieilles chroniques : on voit, par exemple, qu’une armée de quinze cents lances est une armée de sept a huit mille hommes dont quatre a cing mille cavaliers.

Quant aux banniéres des milices des paroisses, elles ne portaient d’abord qu’une simple croix, a laquelle fut jointe par la suite image revérée du saint patron de la paroisse.

Les abbayes avaient aussi leur banniére, et elles la faisaient porter ala guerre par leurs avoués. La banniere de

gates de Saint-Denis est connue sous le nom d’ort+

amme.

Quant 4 la banniére de France, suivant Legere <1. se

composait en 1100 d’une voile trés-ample, au haut d’un ynat assujetti sur un échafaud a roues, tiré par des beeufs couverts de tapis en soie et or. Cet échafaud était si vaste qu'il soutenait un petit autel pour dire la messe au crépuswule, avec dix chevaliers nuit et jour de garde, et dix trompettes, dont les fanfares continuelles animaient les troupes au moment de action. Cette banniére, si incommode par son volume , était au milieu du principal corps de bataille. L’enlever, la défendre, fut pendant plus de vingt ans le but des actions héroiques de l’un et de autre parti.

Les principaux témoignages prouvent que, depuis l’invention des armoiries, la banniére de France se composait @une draperie de velours azur frangée , parsemée de fleurs

de lys d’or sans nombre et attachée le long d’une trabe. Au |

reste , établir des distinctions précises et claires entre la banniére royale, la cornette blanche, la cornette royale, Venseigne royale, Vétendard de France, le pennon royal, car toutes ces locutions ont été usitées, serait une tache d’une médiocre utilité et peut-¢tre dun accomplissement impossible.

BANNISSEMENT, peine qualifiée infamante par la loi et qui a pour effet d’obliger celui qui l’a encourue a sorfir du territoire du pays pour un temps déterminé. D’aprés notre Code Pénal, la durée du bannissement est de cing ans au moins et de dix ans au plus. La condamnation au bannissement n’emporte pas la mort civile, mais elle prive le banni de certains droits attachés au titre de membre de la cité; l’article 28 du Code Pénal déclare qu’il ne pourra jamais étre juré, ni expert, ni servir de témoin dans les actes , ni déposer en justice que pour y donner de simples renseignements. Il est également incapable de tutelle, si ce n’est de ses enfants et sur avis seulement de sa famille. 1] est déchu du droit de port d’armes et du droit de servir dans les armées frangaises. Si le banni avant l’expiration de sa peine rentre sur le territoire frangais, il doit étre, sur la seule preuve de son identité, condamné a la déportation pour un temps au moins égal a celui qui resfait 4 courir jusqu’é expiration du bannissement, et qui ne pourra dépasser le double de ce temps.

La peine du bannissement ne recoit guére d’application que dans le cas de crimes ou de délits politiques. Ainsi celui qui aura exposé par des actes hostiles le gouvernement a une déclaration de guerre ou des Francais 4 éprouver des représailles, sera puni du bannissement. Ainsi, le plan concerté pour ¢tre exécuté, soit dans tout l’empire, soil dans un ou plusieurs départements, soit dans un seul arrondissement communal, et qui aurait eu pour effet d’empécher un ou plusieurs citoyens d’exercer leurs droits civiques , donne lieu contre ses auteurs 4 application du bannissement. Ainsi, le ministre qui a fait ou ordonné un acte arbitraire et attentatoire, soit a la liberté individuelle , soit aux droits civiques d’un ou de plusieurs citoyens , soit aux constitutions de Etat , est passible de la méme peine. De méme, les fonctionnaires de ordre civil qui concertent des mesures pour entraver l’exécution des lois ou les ordres du gouvernement, doivent étre punis du bannissement. Les ministres des cultes qui dans des instructions pastorales ou sous quelque forine que ce soit provoqueraient & la désobéissance envers les lois ou meme envers les actes de Pautorité, seraient passibles de la méme peine. ( Code Pénal, art. 202, 204, 208.) L’officier public qui, instruit dune supposition de nom, aurait expédié un passeport sous le nom supposé, encourrait une peine semblable. Le bannissement est également infligé a toute personne pour fabrication de fausses feuilles de route, et spécialement lofficier public qui les aurait redigées, (Code Pénal, articles 156, 158.) Bien plus, de simples certificats donnés par un médecin ou un chirurgien pour dispenser quelqu’un un service public , entraluent contre ce médecin, s’il s'est laissé séduire par dons et promesses, la peine temporaire du ban-

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