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Le génie de Bonaparte, secondé par des hommes laborieux et probes, comme Lindet, Ramel et Gaudin , remit bientot Pordre dans ce chaos; la situation financiére de la France fut de plus en plus florissante jusqu’en 1812. Alors arrivérent les désastres des derniéres campagnes de empire; puis les Bourbons, qui ramenés par les armées ennemies, leur payérent une contribution de 700 millions, entretinrent 150,000 soldats alliés dans les principales places fortes du royaume; puis le fameux milliard adjugé aux émigrés. Sousla monarchie d’Orléans les charges du budget public ne. firent qu’augmenter, et lors de la révolution de Février une catastrophe financiére devenait chaque jour de plus en plus imminente. Les événements qui se rapportent a cette époque sont trop récents pour que nous ayons besoin de les retracer. La seconde république, par lorgane de M. Goudchaux, repoussa la banqueroute, a laquelle Vengageaient. d’officieux conseillers; et si limprévu de la crise a le gouvernement provisoire 4 régler l’épargne et les condi tions des payements, il n’en fit pas moins honneur aux dettes de ’Etat. Malheureusement la situation financiére ne changea pas pour cela, et malgré quelques tentatives deréduction dans les dépenses, chaque année se termine avec un déficit. A. FEILLeET.
BANQUET, grand repas, festin. Ce mot n’était jadis en usage, dans le sens positif, qu’au sein des loges magonniques, et dans le sens figuré, que pour’ la communion chrétienne, sacrum epulum. L’usage des banquets ou repas de grande réunion s’est beaucoup étendu depuis 1789. Le premier et le plus nombreux fut celui du pare du chdleau de la Muette, le 14 juillet 1790 Les tables occupaient toute l’enceinte du bois; tous les fédérés y prirent place; la France entiére s’y trouvait représentée par les députations des gardes nationales de tous les départements et de tous les corps de l’armée. D’autres banquets eurent lieu, dans divers quartiers de Paris et sur emplacement de la Bastille. Cet usage de banquets patriotiques se répandit bient6t dans toute la France. Plus de fétes, plus de solennités nationales sans banquets. Pendant les premiéres années de la république et a chaque féte nationale , les familles parisiennes se réunissaient a des tables dressées devant chaque maison. C’est ce qu’on appelait repas civiques et fraternels. A ces repas publics succédérent les banquets particuliers, dans un lieu déterminé et choisi par une réunion de convives, plus ou moins nombreux; chaque réunion avait ses commissaires, qui réglaient le menu et tous les détails du banquet. Prés de mourir, les Girondins, imitant les héros de Platon, se réunirent dans un repas pour deviser philosophiquement sur l’humanité.
L’usage des banquets survécut a la révolution. On vit. encore sous l’Empire d’anciens fréres d’armes se réunir et boire a la gloire de la France, et l’empereur lui-méme offrit. de grands repas asa garde. Sous la Restauration il y eut peu de ces réunions, ot les sentiments patriotiques font explosion ; on ne dinait guére que chez les ministres. Cependant un banquet fut offert dans les salons des Vendanges. de Bourgogne aux deux cent vingt et un députés qui avaient voté adresse qui porte leur nom, et la royauté y vit renouveler les menaces sous lesquelles elle devait périr. Aprés la révolution de 1830 les banquets politiques reparurent. On vit alors des banquets s’organiser a tout propos. On feétait ainsi les élus de la garde nationale, de la chambre, de la commune, les privilégi¢s de la fortune, les choisis du pouvoir, les vainqueurs de l'industrie, les proscrits illustres, etc. Ces repas se faisaient par souscription ; chaque convive payait sa part. Des toasts y étaient portés a la liberté, a la gloire du pays, asa prospérité, et, a exemple de Angleterre, a laquelle nous avions emprunté cette institution , la santé du roi y était presque toujours portée la premiére.
Vers année 1847 les banquets changérent d’allure. Celui du Chdteau- Rouge réunit sous Vinfluence du comité élec-
toral de la Seine, les principaux chefs de Popposition, et fous se coalisérent sous le drapeau dela réforme. Le ministere eut aussi ses banquets. M. Guizot nia la corruption au banquet de Lisieux, et déclara que les conservateurs étaient seuls mattres d’accorder ou de refuser tout progrés dans les institutions. Le ministére niait que la réforme fat désirée par les populations : Vopposition résolut d’agiter le pays au moyen de banquets. Pendant l’absence dela chambre, on vit s’organiser ce qu’on appela la campagne des banquets réformistes. Dans une foule de grandes villes on se réunit 4 table pour demander la réforme comme un reméde 4 la corruption. A Macon M. de Lamartine, tirant le dernier horoscope de la dynastie d’Orléans, V’avertit des soulévements démocratiques qui allaient éclater comme un volcan. Bientét des banquets oublitrent la santé du roi. Un banquet, dit du douziéme arrondissement, s’organisa 4 Paris : le gouvernement voulut enfin s’opposer & cette réunion , et ce fut le prélude de la révolution de Février.
Aprés cet évémement quelques banquets eurent lieu encore, mais ils exercérent peu d’influence. Un banquet monstre 4 vingt-cing centimes fut pourtant imaginé. Il devait se célébrer le long des fortifications de Paris, et Dieu sait ce qui serait advenu de cette immense réunion d’hommes ; mais il n’avait pu étre encore réalisé lorsque les événements de juin rendirent toute force au pouvoir, qui anéantit petit a petit le droit de réunion, dont les banquets ont partagé le sort. Nous citerons cependant celui du Chalet, aux Champs-Elysées, ou M. Ledru-Rollin fit connaitre enfin ses aspirations socialistes.
Les banquets sont devenus depuis l’apanage des agents du pouvoir. Les inaugurations de chemins de fer sont suivies de banquets. Le président de la république y a fait souvent des discours. L’Exposition de Londres donna lieu 4 plusieurs banquets célébres. La corporation municipale de Londres féta en cette occasion les membres du jury frangais; la commission municipale de Paris rendit ce diner, et les autorités municipales des deux premiéres capitales de l'univers purent porter 4 la méme table un toast @ la paix du monde!
En dehors de la politique citerons-nous les banquets qui rassemblent d’anciens condisciples, comme les Barbistes; ou des confréres d’un méme état, comme les imprimeurs; ou des compatriotes; ou des malheureux affligés d’une méme infirmité, comme les sourds-muets? Citerons-nous enfin ces repas ov l’ouvrier et le patron trinquent ensemble au succes de leurs entreprises ?
BANQUETTE. En termes de fortification, on appelle ainsi un degré, une espéce de banc massif qui forme marche-pied au-dessus du terre-plein. La banquette, qui est ordinairement en terre, borde intérieurement le pied du parapet dun ouvrage. Ses dimensions dépendent de son emploi, mais, en général, sa largeur est de 1 métre 33 centimétres, avec un talus de méme dimension, et elle s’éléve 4 66 centimétres sur le terre-plein, de maniére que le soldat puisse aisément faire feu, ou par-dessus le parapet, ou a travers les ’ eréneaux.
On pratique des banquettes dans les tranchées, les chemins couverts, les lignes de fortifications passagéres, les cavaliers, etc. Elles forment quelquefois un escalier de deux ou trois gradins dont la hauteur varie 4 proportion : s’il n’y a quwun gradin, on pratique intérieurement un talus qui permette d’y monter. Un chef de poste que l’ennemi attaque ne doit d’abord faire garnir la banquette que de quelques soldats destinés 4 y commencer la fusillade. Tl ne fait border Pouvrage par les hommes qu’il tient en réserve que quand le pied du retranchement est insulté. Les banquettes se divisent en banqtettes de forteresse, de fortification légére, de place d’armes, de poste et de tranchée.
BANQUIER. On donne ce nom aux industriels qui se chargent, moyennant rétribution , de transmettre a ceux qui