BANQUIER — BANTI
Le résultat définitif pour ta société de l’établissement de la banque fut que la masse de productions dans tous les genres recut un trés-grand accroissement, et que la classe industrielle commenga dés ce moment a posséder une force pécuniaire beaucoup plus considérable que toutes les autres classes réunies, et méme que le gouvernement. Grace a l’intervention des banquiers, le prét a intérét devint général. L’impo’ tance que prit la finance peu de temps aprés |’établissement des banques fit qu’une foule de seigneurs ne crurent pas déroger en sollicitant des emplois de fermiers généraux ou autres. Tout le monde sait Pattention particuliére que le régent et Louis XV accordérent a la nouvelle industrie. Les banquiers devinrent ainsi les intermédiaires entre les capitalistes et les travailleurs, et parvinrent a faire baisser le taux de lintérét que payent ces derniers aux premiers.
Tant que les échanges d’un pays a un autre ne se firent qu’avec la monnaie or et argent, la circulation des produits rencontra de grands obstacles; invention de la /e¢ére de change fut pour le commerce d’une haute importance, car elle lui donna une immense extension; les mouvements @argent devinrent inutiles entre les pays les plus éloignés faisant commerce entre eux. Par exemple, la Russie nous envoie des chanvres et des bois de construction; la France a son tour lui envoie des vins, des eaux-de-vie, des étoffes de soie. Eh bien, le payement peut s’effectuer de part et dautre sans aucun transport d’argent. Pour cela, les marchands francais tireront sur les marchands russes une lettre de change représentant la valeur livrée a ces derniers, la vendront aux personnes qui ont recu les marchandises russes, et ces personnes renverront la lettre de change en Russie, pour que les commergants dont ils ont acheté en recoivent le montant chez eux.
Pour qu’un pays ait les relations commerciales dont je viens de parler avec un autre, il n’est pas nécessaire qu’il lui envoie des produits en échange de ceux qu’il en aura recus; il suffit seulement qu’il ait regu des produits d’autres pays. Par exemple, |’Angleterre tire des blés de Hambourg, et je suppose qu’elle ne puisse lui offrir en échange aucun produit de son sol ni de son industrie; mais elle fournit des marchandises 4 d’autres Etats de l’Europe : alors, pour payer les négociants de Hambourg, elle leur remet des lettres de change sur les divers Etats qui sont ses débiteurs; et & leur tour les négociants de Hambourg vendent ces lettres de change & ceux de leurs confréres qui en ont besoin pour effectuer leurs payements; ou bien ils s’en servent pour faire au dehors de nouveaux achats, et ainsi de suite, jusqu’a ce qu’elles arrivent dans les mains des négociants qui en ont directement besoin.
Le réglement de toutes ces opérations ne peut se faire qu’au moyen des banquiers, car elles sont trés-nombreuses. Ainsi les banquiers de Paris sont en relation avec ceux de toutes les autres places du monde; ils en recoivent réguliérement des avis, dans lesquels on leur indique le papier qui est offert et celui dont on a besoin. Par le prix auquel on offre de céder Yun, et par celui auquel on demande l'autre, ils sayent toujours ov il leur convient d’aller prendre tei ou tel papier, et oii ils doivent l’envoyer. Les banquiers réglent de cette maniére , presque sans mouvement d’argent , les opérations de tous les peuples entre eux , quelque indirectes que puissent ¢tre leurs relations. Ces opérations, qui se compliquent eucore de la multiplicité des monnaies , s’appellent arbitrages.
Appelés d’abord comme instruments passifs par les gouvernements, les banquiers ont vu leur influence s’accroitre rapidement depuis M. de Laborde, en 1759. Ce sont eux qui dirigent maintenant les finances des nations. Leur importance a été croissant surtout depuis 1817, époque de 1’établissement du systéme de crédit en France, systéme adopté par tous les Etats de Europe, avec plus ou moins de modifications. Les chefs de la banque ont été partout a la téte
des emprunts publics : leur crédit personnel , leurs richesses, ont pris un accroissement considérable, et leurs succes ont toujours tourné au profit de Vindustrie. Ils ont crédité davantage le travail, directement par des crédits ouverts aux industriels , ou indirectement par la voie des circulations , devenues plus rapides & cause du mouvement des fonds publics, et par Pextension donnée aux opérations de banque. Mais le fait le plus heureux a constater pour l’industrie, c’est que le systéme des emprunts a donné & ses chefs, les ban quiers , une immense importance politique : ils peuvent dés lors exercer constamment une grande influence sur les projets financiers des gouvernements, et les forcer en quelque sorte a marcher vers ’amélioration du sort des travailleurs. Toute grande opération que veut exécuter un gouvernement doit étre approuvée par les banquiers pour étre exécutée, sans quoi ils peuvent refuser leur erédit. Aussi, ce sont les banquiers seuls qui pourront désormais empécher les grands conflits entre les peuples , conflits si funestes aux intéréts de Vindustrie, et par suite aux intéréts des banquiers, Auguste CHEVALIFR, ancien député.
BANQUISE. C’est un immense amas de glaces flottantes que les courants ou les brises détachent des cétes pour les réunir ensuite en chatnes de montagnes. Les banquises interceptent toute navigation. Les clairiéres, espaces ménagés parfois dans ces colossales barriéres, sont souvent bien dangereuses pour les nayigateurs qui s’y engagent dans espoir d’y trouver un passage ; l’enceinte de glace se referme, et le navire se voit encadré de tous cétés par des masses infranchissables. La mer est ordinairement belle dans ces sortes de lacs, et les marins impuissants se livrent alors a la chasse des phoques et des ours blancs qui habitent ces rives mobiles. Cependant, lorsque l’espace a franchir pour regagner le large n’offre pas une étendue trop considérable, on scie la glace pour livrer passage au navire.
Jules LecomrTe.
BANQUO, thane, ou chef royal d’une province d’Ecosse, sous le régne du roi Duncan. Il rendit d’abord de grands services a son pays et détruisit une armée de Danois qui Vavait envahi; mais plus tard il servit l’ambition de Macbeth, qui assassina Duncan et s’empara du tréne. Banquo périt lui-méme, au bout de peu d’années, victime des défiances de Macbeth.
BANS DE MARIAGE. Voyez Ban.
BANTAM, ville de la Malaisie hollandaise, dans J’ile de Java, 4 85 kilométres de Batavia, sur la baie de ce nom, dans le détroit de la Sonde, chef-lieu de résidence , dont le port est aujourd’hui encombré. Ce premier établissement des Hollandais dans Vile , fondé en 1602 , était alors. Ventrepét le plus important du commerce des épices.
On nomme poules de Bantam une espéce naine de poules originaires de Java et dont une variété a les pattes garnies de plumes.
BANTI (Bricrrte), cantatrice, était née a Crema, en Lombardie, en 1757, de parents appartenant a la derniére classe de la société. Aussi, venue de bonne heure a Paris avec une troupe d’aventuriers, chantait-elle encore en 1778, cest-a-dire 4 lage de vingt et un ans, dans les promenades publiques et dans les cafés, en s’accompagnant de la guitare obligée. Un heureux hasard voulut que le directeur de- POpéra dalors, Devismes, l’entendit dans une de ces perambulations musicales. Il fut frappé de l’éclat prodigieux et du volume de sa voix, fit venir le lendemain chez lui la pauvre chanteuse des rues, et, aprés avoir de nouveau éprouvé son talent en lui faisant chanter un des airs les plus difficiles de Sacchini, dont elle se tira cependant avec un rare bonheur a premiére vue, l’engagea aussit6t pour Popéra-buffa. Ses débuts eurent lieu dans un air italien: qu’elle chanta entre le deuxiéme et le troisidme acte d’/phigénie en Aulide, et elle enleva tous les suffrages. Apres avoir fondé en France sa réputation , qui se répandit bien-
tot dans le reste de |’Europe, elle en parcourut les villes principales, révoltant selonlusage force couronnes et force Dillets de banque. Cette cantatrice , surnommeée par l’admiration de ses contemporains la virtuose de dix-huitidme siecle, fit pendant neuf années les délices de l’Opéra de Londres. Elle mourut en 1806, 4 Bologne.
BANTRY, ville d’Irlande, sur la baie de ce nom, avec 3,000 ames, posséde un petit port que s’occupe de cabotage.
La baie de Bantry, entourée de montagnes, longue de 40 kilom, et large de 5 4 8, offre un des plus suars et des plus commodes mouillages de l'Europe pour des batiments de toutes grandeurs. Elle renferme deux iles nommées Bear et Whiddy. La péche, jadis trés-abondante, y a beaucoup diminué. L’escadre frangaise qui portait Jacques If débarqua en 1689 dans cette baie. En 1796 plusiears vaisseaux appartenant a |’expédition commandée par Je général Hoche y débarquérent des troupes.
BAOBAB (Adansonia, Linné). Genre de plantes appartenant & la monadelphie polyandrie de Linné, a la fa-: mille des malvacées de Jussieu.
Ce genre ne renferme encore qu’une espéce : c’est le baobab d’Adanson ( Adansonia digitata, Linné), qui crott dans une grande partie de |’Afrique, particuliérement au Sénégal, en Australie, et qui a été transporté d’Afrique dans le Nouveau-Monde. C’est un arbre qui vient de pré- ‘férence sur les plages arides et sablonneuses, et qui peut étre regardé comme le plus gigantesque des végétaux. Son tronc, dont la hauteur excéde rarement 4 ou 5 métres, finit par acquérir, avec Page, une circonférence de 25 4 30 métres; il est couronné par un énorme faisceau de branches , atteignant jusqu’a 20 & 22 métres de longueur, et dont chacune représente un arbre d’une proportion remarquable. Les plus extérieures de ces branches s’inclinent souvent presque jusqu’a terre , en sorte que l’arbre tout entier ne forme plus qu’un vaste déme de verdure. Les racines n’ont pas des dimensions moins considérables; le pivot, qui s’enfonce perpendiculairement dans le sol, est la continuation de la base du tronc; les ramifications latérales, d’une énorme grosseur, s’étendent quelquefois 4 plus de 30 métres de distance de la tige. Les feuilles sont éparses, pétiolées, digitées, composées de trois, cing ou sept folioles obovales, obtuses, un peu dentelées vers leur partie supérieure, et longues de 10 a 14 centimétres; le pétiole est long de 5a 10 centimétres, canaliculé et accompagné a sa base de deux petites stipules triangulaires, qui tombent presqu’en méme temps que les feuilles se développent. Les fleurs sont solitaires, portées sur des pédoncules d’environ 33 centimétres de longueur, recourbés et pendant vers la terre. Naissant a Vaisselle des feuilles inférieures, elles sont blanches, et Jorsqu’elles sont épanouies, elles ont 10 centimétres de longueur sur 16 de large. Les fruits, qui ont la grosseur d’une courge, sont connus des Frangais qui habitent le Sénégal sous le nom de pain-de-singe (parce que, dit-on, les singes s’en nourrissent ), et des naturels du pays sous celui de bocci. La pulpe de ce fruit est aigrelette et agréable, et le suc qu’on en exprime sert a préparer une boisson acidulée , analogue 4 Ja limonade. Les feuilles et surtout l’écorce des jeunes rameaux contiennent une grande quantité de mucilage, et peuvent étre employées en décoction pour faire des tisanes adoucissantes. Les négres font sécher ces feuilles & Tombre, et les réduisent en une poudre qu’ils nomment lalo, et qu’ils conservent dans des sachets de toile de co- Aton; ils en font un usage journalier, et la mélent a leurs aliments. Les négres font encore un usage bien singulier du tronc des baobabs. Ils agrandissent la cavité de ceux qui sont attaqués de carie, et y pratiquent ainsi des espéces de chambres ot ils suspendent les cadavres de certains indi-
Views ousyucis Hy celusent les honneurs de la sépulture, es cadayres s'y desséchent parfaitement, et se transfor-