‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 30 sur 488 · ARNAUD · texte numérisé non relu

ARNAUD

1155, comme rebelle et hérétique; ses cendres furent jetées dans le Tibre, et son parti anéanti. Toutefois , l’esprit de ses doctrines se perpétua dans les sectes de son époque et méme du siécle suivant.

ARNAUD DE MARVELHJ, troubadour du douzidmesié- |

cle, mort vers 1189, naquit au chateau de Marvelh en Périgord, et fut d’abord scribe chez un tabellion. Plus tard ses vers lui méritérent la protection de la comtesse Adélaide , femme de Roger IJ, vicomte de Beziers. Il parait que le poéte osa plus encore que célébrer les incomparables charmes de la comtesse, qu'il l’aima et ne sut pas renfermer sa passion dans les limites d’un respect. sacro-saint. La comtesse le trouva souverainement impertinent, et le bannit de sa cour. ~Notre poéte se retira alors 4 la cour du seigneur de Montpellier, ou il semble qu’il n’ait point eu les mémes occasions de faillir. Consultez Raynonard, Choix des Poésies originales des Troubadours.

ARNAUD (Daniet), troubadour provengal, mort vers la fin du douziéme siécle, est regardé par le Dante et par Pétrarque comme le premier des poétes de la langue romane. Pétrarque lui donne la qualification de grand maitre d’amour. I! brilla pendant quelque temps a la cour de Richard Coeur de Lion, ov il composa quelques poémes, paroles et musique , et mérita lesurnom de Ménestrel. Il inventa un genre particulier de poésie, dont l’originalité consistait dans la répétition combinée de certains mots et de certaines rimes. Son passe-temps favori était de faire ce qu’on appelle aujour- @hui des bouts rimés. La Bibliotheque impériale posséde de lui un certain nombre de poémes érotiques manuscrits. Consuitez Crescimbeni, Istoria della volgar Poesia.

ARNAUD DECARCASSES, troubadour provengal, mort en 1270, n’est connu que par un petit poéme d’environ 300 vers intitulé Le Perroquet, en téte duquel l’autenr a placé cet épilogue ; « Cest Arnaud de Carcassés qui a écrit ceci, lui quia si souvent sollicité les dames. Il a voulu chatier les maris qui croient pouvoir séquestrer leurs femmes , ef montrer qu’il vaudrait mieux les laisser agir selon leur volonté, »

ARNAUD pe Mansan, troubadour provencal de la fin du treiziéme sidcle. Il ne nous reste de lui qu’une peinture fort curieuse des modes de son siécle et de la maniére de vivre des grands seigneurs. Ce poéme est écrit avec tant de naiveté qu’on se demande si c’est une affirmation sérieuse ou bien une satire.

ARNAOD be Vittenevye, dit de Bachuone, savant du treiziéme siécle, né en 1238, dans une petite localité appe- Iée Villeneuve , sur la position de laquelle on n’est pas d’accord, se distingua a la fois par de profondes connaissances en théologie, en médecine, en astrologie et en chimie. C’est de lui et de son disciple Raymond Lulle que datent les premiéres découvertes sérieuses dans cette dernidre science. C’est A tort, toutefois, qu’on lui afttribue la découverte des trois acides sulfurique, muriatique et nitrique, et qu’on prétend que le premier i] composa de l’alcoo! et reconnut qu’il pouvait contenir quelques-uns des principes odorants et sapides des végétaux qui y macérent, d’ou sont venues les diverses eaux spiritueuses en usage dans la médecine et dans la cosmétique. Tout cela était connu longtemps avant lui. Aussi bien, s’il fit faire queiques progrés a la science , c’est le hasard seul qui le servit; car il ne recherchait que le secret de la transmutation des métaux.

Tl fut un des premiers médecins de l’école de Montpellier qui se montrérent moins serviles imitateurs des Arabes, dont la doctrine dominait alors le monde savant. Possédant A fond plusieurs langues, entre autres l’hébreu, le grec et V’arabe, il parcourut la France, VItalie, Espagne pour s’instruire encore, et séjourna longtemps A Paris et 4 Montpellier; on assure méme qu’il fut régent de la faculté de cette derniére ville. Malheureusement encore il partagea la folie de son époque en s'adonnant A l’astrologie, et annonga, sur la

simple inspection des astres, la fin prochaine du monde, qui devait avoir lieu, selon lui, en 1335, ,

Cette prédiction n’ayant pas produit sur ses crédules con temporains tout l’effet qu’il s’en était promis, il se jeta dans Phérésie, précha Pabolition de la messe, soutint que le scandale constituant seul le péché, serait seul puni de Dieu, attaqua les moines comme corrupteurs de la doctrine chrétienne et les damna de son autorité privée, proscrivit comme criminelles toutes les fondations de bénéfices et de chapelles, bannit la philosophiedes écoles, prétendit prouver enfin que l’homme en Jésus-Christ est égal au Dieu, que les constitutions des papes sont purement humaines, que les ceuvres de charité et les services rendus 4 ’humanité par un bon médecin sont préférables & tout ce que les prétres appeilent priéres , sacrements et ceuvres pies. Ces doctrines, préchées au sein de Paris, réunirent bient6t de nombreux sectaires, que l’on gratifia du sobriquet d Arnaudistes. L’université s’en émuf, et Arnaud se vit forcé de fair.

Ilse réfugia en Sicile, ov il fut trés-bien accueilli par Frédéric d’Aragon ef Robert, roi de Naples; le premier Ini confia méme plusieurs missions diplomatiques. Sur ces entrefaites , le pape Clément V, malade dans sa résidence d’Avignon , ne balanca pas A réclamer les soins de ’hérétique, qui, flatté de la confiance du saint-pére, partit aussit6t pour aller mettre tous ses trésors de science a sa disposition ; mais le vaisseau qui le portait fit naufrage dans la traversée , et Arnaud périt, en 1314, 4 soixante-seize ans, en vue de Génes, ou il fut enterré, Le souverain pontife, désolé de sa mort, ordonna, sous peine d’excommunication, qu’on Jui remit fidélement un traité De Praxi Medica que lui avait promis le docteur.

Ses divers traités, tous empreints des idées et du style de Vépoque, sont plutét des mémoires, des consultations, que des livres. On cite, entre autres ,son manuel latin Sur les moyens de conserver la jeunesse e¢ deretarder la vieillesse, qu’il dédia au roi Robert. Beaucoup d’ouvrages qu’on lui attribue ne sont certainement pas de lui; il était alors d’usage , parmi les alchimistes et les astrulogues, d’attribuer aux célébrités tout ce quise publiait de remarquable dans leurs attributions. Il fut ridiculement accusé de magie; et Mariana lui reproche sérieusement d’avoir tenté de créer un homme en mélant dans une citrouille de la semence et certains ingrédients. La condamnation dont ilavait été V’objet de la part de l’université de Paris , et qu’avait fait suspendre le crédit de Clément V, fut renouvelée, apres la mort de ce pontife, par inquisition espagnole de Taragone, qui prit plaisir 4 faire brdler quelques arnaudistes. Voici les propositions qu’on avait trouvées malsonnantes dans ses écrits ; « Les bulles du pape sont Poeuvre de Phomme; les moines corrompent la doctrine de Jésus-Christ, ils sont sans charité et seront tous damnés; les ceuvres de miséricordesont plus agréables & Dieu que le sacrifice de Vautel ; celui qui ramasse un grand nombre de gueux, et qui fonde des chapelles ou des messes perpétuelles encourt la damnation. » Ses ceuyres ont été maintes fois réimprimées.

ARNAUD DE CERVOLE. Voy. Compacnies (Grandes).

ARNAUD (Frangois-Toomas-Marie BACULARD 0’), auteur dramatique, né a Paris le 18 septembre 1718, fut éléve des jésuites, et annonga de bonne heure une inclination marquée pour la culture des lettres, passion malheureuse d’ailleurs a tous égards. On ne connait guére que les titres de trois tragédies par lesquelles il débuta, et dont une seule, intitulée Coligny, ow la Saint-Barthélemy, fut imprimée (1740). Voltaire y vit un germe de talent et des promesses d’avenir ; et il aida le jeune auteur de ses conseils et de sa bourse. A sa recommandation, Frédéric It se mit en correspondance avec Baculard d’Arnaud ; et plus tard il le fit venir auprés de lui & Berlin. Le roi lappelait son Ovide, et il lui adressa entre autres un poéme sur la décadence de l’Apollon frangais, qui blessa Voltaire tel-

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