‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 31 sur 488 · ARNAUD — ARNAULD · texte numérisé non relu

ARNAUD — ARNAULD

fement au vif qu’il s’en vengea par force plaisanteries sur la personne et sur les vers de Baculard. Aprés une année de séjour a Berlin, Baculard d’Arnaud allaa Dresde avec le titre de conseiller de légation; et plus tard il revint se fixer en France. I! fut incarcéré & ’époque de Ja terreur; et pendant les dernitres années de sa vie, Baculard d’Arnaud, qui avait été longtemps la providence des libraires en possession d’alimenter le public de romans, eut lutter contre la misére; car la pension que lui faisait le gouvernement impérial était impuissante & le mettre 4 Pabri des besoins les plus vulyaires. I] mourut & Paris, le 8novembre 1805. Ses meilleurs livres sont : Les Epreuves du Sentiment, Les Délassements de l'homme sensible et Les loisirs utiles. Ses ceuvres dramatiques sont sans valeur aucune: seul son Comte de Comminges obtinten 1790 un succes passager.

ARNAUD (L’abbé Francois), savant littérateur et ami évlairé des arts, né & Aubignan, prés de Carpentras, le 27 juillet 1721, devait le jour 4 un maitre de musique. Son gout pour les lettres et les arts lattira de bonne heure a Paris. Il y debuta par une Lettre au comie de Caylus, sur la musique (1754, in-8°), dans laquelle il annongait son enthousiasme pour un art qui fit le charme de sa vie. Il composa en 1764 et années suivantes, en société avec Suard, son ami, la Gazedte littéraire de l’ Europe, journal qui eut du succés, surtout pendant la fameuse guerre des gluckistes et des piccinistes. On a recneilli, sous le titre de Variétés lit/éraires, \es différents morceaux qu’Arnaud et Suard avaient donnés, tant dans cette Gazetie que dans le Journal Etranger. Arnaud devint bibliothécaire de Monsieur, frére du roi, membre de Académie Francaise et de celle des Inscriptions et Belles-lettres. Il était abbé de Grandchamp, Sorsqu’il mourut a Paris, le 2 décembre 1784.

On Pappelait le grand pontife des gluckistes , 4 cause de son admiration pour le célébre compositeur allemand; il soutint A ce sujet une vive polémique avec Marmontel, partisan de Piccini. Grétry, encore inconnu et méme rebuté pour ses premiers essais, trouva dans l’abbé Arnaud un chaleureux protecteur. I! aimait antiquité grecque. « Voila qui est grec, » disait-il, quand il voulait mettre le dernier trait a un éloge. Ses mémoires lus a |’Académie des Inscriptions témoignent de ce godt pour les anciens. Son Eloge d’Homére est un morceau court, mais plein de force: il replace le poéte grec sur le trénede la poésie. Ses Observations sur le génie d’Horace et de Pétrarque sont pleines de raison et de délicatesse. C’était un ami précieux pour les artistes. Le talent naissant n’avait qu’a paraitre ases yeux pour étre encouragé. CHAMPAGNAG.

ARNAUD ( Arnaup-Jacques LEROY DE SAINT-), créé maréchal de France par décret du 1° janvier 1853, naquit a Paris, le 20 aot 1801. Entré en 1816 dans les gardes du corps, compagnie Grammont, il passa successivement comme sous-lieutenant dans les légions départementales de

‘la Corse et des Bouches-du-Rhone et au 49° de ligne. Aprés plusieurs années d’interruption de service, il rentra, le 22 février 183i, au 64° de ligne, om il fut fait lieutenant en décembre 1831. Passé en novembre 1836 4 la légion étrangére, il fut fait capitaine Je 15 aodt 1837; c’est en cette qualité qu’il assista a la prise de Constantine, od il se fit remarquer par une bravoure et une intrépidité qui lui valurent, le 11 no- ‘vembre, 8a nomination de chevalier dela Légion d’Honneur.

A partir de cette époque, c’est par une suite d’actions glorieuses qu’il acquit chacun de ses grades, Blessé a Y'attaque du col de la Mouzaia, chef de bataillon le 25 aoit 1840, il se distingua, sous les ordres du maréchal Bugeaud, dans toutes les expéditions de la grande Kabylie; lieutenant-colonel du 53° de ligne le 25 mars 1842, commandant supérieur de Médéah, il débloque cette ville avec le seul secours de sa garnison, prend une part glorieuse a la guerre dans |’Ouarensenis, et est fait officier de la Légion d’Honneur, le 17 aot 1841. Colonel le 2 octobre 1844, com-

mandant supérieur de la subdivision d'Orléansville, il fonde cette ville, livre dans Je Dahra pendant trois années une suite non interrompue de combats, dont Jes plus célébres sont ceux de Djebel Krenenga et de Sidi-Abbed, ruine et fait prisonnier Bou-Maza. A la suite de cette glorieuse campagne, il est fait commandeur de la Légion d’H onneur, le 25 janvier 1846, et maréchal de camp le 2 novembre 1847.

Lors de la révolution de Février, il fut chargé du commandement dela préfecture de police: il tenait encore lorsque déja il n’y avait plus ni gouvernement ni troupes; il n’en ° sortit que le 24 février 4 trois heures et demie, a la téte de sa petite colonne, et faillit étre assassiné devant l'udtel de ville. 1] retourna bienlot en Afrique. Commandant de la sub division de Mostaganem, puis de celle d’Alger, il pénétra avec une colonne légére dans les montagnes des Beni-Sleman, et contribua puissamment a la soumission de la Kabylie située entre Bougie et Sétif. Choisi, le 21 janvier 1850, pour commander la division de Constantine dans la position critique ov elle se trouvait apres Vaffaire de Zaatcha, il réorganisa fortement le pays ébranlé, et chatia les Nemenchas et les révoltés de l’Aurés. Il dirigea avec liabileté et énergie les opérations militaires de Pexpéditionde Kabylie; en quatre-vingts jours il livra vingt-six combats et soumit une population qui n’avait pas encore connu de matftre.

Appelé le 26 juillet 1851 au commandement de la 2¢ division de ’arméede Paris, il fut nommé ministre de Ja guerre le 26 octobre, et par l’énergie et la précision de ses mesures necontribua pas peu au succes du coup d’Etat du2 d écembre.’ F. pe BETHUNE, officier supérieur d’état-major,

Chargé en 1854 du commandement en chef de Yarmée @Orient , le maréchal mourut 4 Constantinople, en octobre de Ja méme année, peu de temps aprés avoir heureusement effectué la descente de l’armée francaise en Crimée et gagné la mémorable bataille de "Alma. On a publié les Ledéres de maréchal de Saint-Arnaud (Paris, 1855, 2 vol. in-8°).

Son frére, Louis- Adolphe Leroy DE Salnt-ARNAUD, Dé A Paris en 1802, suivit la carriére d’avocat; aprés le coup d@’Etat, il devint maire du 12° arrondissement de Paris, conseiller d’Etat, et enfin sénateur.

ARNAULD, famille originaire de Provence, célébre par les persécutions que plusieus's de ses membres éprouvérent pour leur attachement aux doctrines de Port-Royal.

ARNAULD ( Antoine ), fils alné d’Antoine Arnauld, conseiller de la reine Catherine de Médicis, fut regu avocat au parlement, s’y distingua par son éloquence, et devint constiller d’Etat sous Henri IV. Il épousa la fille de l’avocat gé-: , « néral Marion, et prononga, en 1594, un célébre plaidoyer en faveur de université de Paris, dont il était l’eléve, contre les jésuites, plaidoyer dans lequel il mit sur leur compte tous les forfaits de la Ligue, et conclut a leur expulsion du royaume. Ce plaidoyer a élé réimprimé plusieurs fois. Any toine Arnauld était néa Paris en 1560; il mqurut en 1619, Ii avait restauré Je monastére de Port-Royal des Champs.

ARNAULD D’ANDILLY (Roserr), fils ainé du précédent, naquit a Paris en 1589, et mourut en 1674. Il remplit, jeune encore, des charges importantes, dans lesquelles il se fif remarquer par ses. talents et par son intégrité. A lage de cinquante-cing ans, il quilta le monde et la cour pour se retirer dans le monastére de Port-Royal des Champs. I]: a laissé plusieurs ouvrages, entre autres des mémoires sur sa vie, les Vies des Péres du désert et une traduction des Confessions de saint Augustin. Un journal inédit { 1614- 1620) d’Arnauld d’Andilly, a été publié et annoté parM. Ach. Halpben en 1857. Le fils ainé de Robert Arnauld suivit la carriére militaire , se retira prés de son oncle l’évéque, el mourut en 1698, laissant des Mémoires qui ont été imprimés en 1756. Un autre fils d’Arnauld d’Andilly fut Ie marquis de Pomponne. :

ARNAULD (Henri), frére d’Arnauld d’Andilly, ne

en 1597, fut successivement doyen du chapitre de Toul , ic

Page 1