‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 306 sur 488 · BAR-SUR-SEINE — BARAGUAY-D'HILLIERS · texte numérisé non relu

BAR-SUR-SEINE — BARAGUAY-D'HILLIERS

ennemi & quelques lieues, quoiqu’il lui fat de beaucoup inférieur en forces. Le 5, le prince Scliwartzenberg opéra un mouvement général pour forcer Napoleon a abandonner Troyes, et menaca ses deriiéres en le faisont tourner par la route de Bar-sur Seine; mais Napoleon sut déjouer cette manceuvre, et Colloredo fut repoussé par le général Gerard, qui lui tua 400 hommes. Dans la guerre de 1870, Bar eut beaucoup a soultrir de occupation prussienne.

BARABALLA DE GAETE (L’abbé), poete ridicule du seiziéme sidcle, qui rimait invifa Minerva, et qui, suivant usage de ses malheureux confréres de tous les temps et de tous les pays, s'imaginait de la meilleure foi du monde n’entanter que des chefs-d'weuvre ; aussi acceptait-il comme expression de la vérité les compliments les pius exagérés, les louanges les plus emphatiques, I] en vint a se croire un autre Pétrarque, illusion qui prétait trop a rire pour qu’a la cour de Leon X, dont ce malheureux abbé était le contemporain, on ne s'amusat pas a ses dépens. On fit mieux : de mauvais plaisants résolurent un jour de lui décerner les honneurs du triomphe, et de le couronner au Capitole, comme Payait été autrefois le chantre immortel de Laure. Les représentations de sa famille ne purent jamais convaincre Baraballa qu’il était victime @une mystification ; il n’y vit que le résultat d'une basse jalousie, et laissa faire ses prétendus admirateurs, qui le juchérent sur le dos @un éléphant récemment offert en présent au pape par le roi de Portugal, et le conduisirent ainsi en grande pompe au Capitole, au milieu des huées et des éclats de rire de la foule. Paul Jove, qui rapporte le fait, ajoute que c’était un triste spectacle a voir que celui de ce vieillard devenu le jouet d'une multitude railleuse et Pobjet de ses inhumaines risées. Le noble animal auquel on faisait jouer un rdle dans cette farce indécente sembla méme honteux de s’y préter davantage : quand le cortége arriva au pont du chateau Saint-Ange, il refusa d’aller plus loin, et entra dans une si violente fureur, que l’abbé Barakalla dut s’estimer heureux de pouvoir descendre de son dos sain et sauf, et fut réduit a aller a pied, revétu de la toga palmata et du lato clavo des anciens Romains , receyoir la couronne dérisoirement décernée a une vanité sans bornes comme saus excuse,

BARADLO. Voyes AcTELEE.

BARAGUA Y-D°HILLIERS (Louis), né a Paris le {3 aot 1764, entra, en 1785, dans la carriére des arrnes. Bien qu’issu dune famille noble, 11 embrassa avec ardeur, en 1789, la cause de la révolution, et obtint en 1792 le grade de capitaine. Il fut employé a I’état-major, et remplit les fonctions d’aide de camp aupreés des généraux Crillon et Labourdonnaye. Chargé delorganisation du bataillon des Alpes, ilservit sous Custine, dont il gagna l’affection. Devenu son sous-chef d’état-major a?armée du Rhin, il fit avec lui la guerre du Palatinat, et s’y signala par ses qualités guerriéres et par ses talents administratifs. Telle était méme a cet égard sa réputation que, nommé bientét général de brigade, il fut proposé pour le ministére de la guerre. Mais esprit soupgonneux de la démocratie avait pénctré dans les ¢amps. Le général Custine fut mandé a Paris pour rendre compte de sa conduite, Baraguay-d’Hilliers l'y accompzgna, et l’y défendit avec courage; ce qui le fit traduire lui-méme devant le tribunal révolutionnaire. Custine avait été condamné et exécuté; son ami, plus heureux, échappa a l’échafaud; mais il ne fut rendu , néanmoins, a la liberté qu’aprés le 9 thermidor.

Attaché a Parmée de V'intérieur, Baraguay-d’Hilliers combattit pour la Convention dans les journées de prairial, et se fit soupcgonner de connivence avec les sections patisiennes au 13 vendémiaire. La mollesse de son général en chef, Menou, donna lieu a ce bruit, qui était Jeuué de fondement. Raraguay-d’Hilliers obtnt ensuite le commandement d’une division dans !’Ouest, mais ce fut pour passer

bardie. 11 se distingua a la seconde bataille de Rivoli, & ta prise de Bergame, et prit part au plus grand nombre des journées glorieuses qui signalérent les immortelles campagnes de 1796 et 1797. Ce fut lui qui planta le drapeau tri. colore sur la place Saint-Marc, a Venise , lorsque larmée francaise entra dans cette ville pour y tirer vengeance des Vépres vénitiennes. Le commandement de cette place importante lui fut confié, et il Pexercait encore lorsque la nouvelle des événements du 18 /ructidor lui parvint. Baraguay- @Hilliers imita son général en chef, et se prononga pour le Directoire.

Destiné a faire partie de l’expédition d’Egypte, il s’embarqua 4 Génes, contribua a la prise de Malte, et recut une mission pour la France. Surpris en mer par les Anglais, il tomba en leur pouvoir, et obtint d’étre mis en liberté sur parole. Cependant le Directoire avait ordonné qu’il aurait a rendre compte de sa conduite devant un conseil de gu rre. Baraguay-d’Hilliers Weut pas de peine a se justifier. Aprés son acquittement, il servit 4 Varmée du Rhin, of il commanda Vaile gauche de la division Lecourbe. A Vissue de Ja campagne, il fut chargé de la défense de Landau, qu'il préserva de l’incendie lors de explosion du magasin 4 poudre. En lan VIII, il suivit Moreau en Allemagne, et n’y montra pas moins de bravoure et d intelligence qu’en Italie. Envoyé dans le pays des Grisons, il fut nommé, au retour, inspecteur général d’infanterie. Napoléon l’appela, en Pan X1, a Ja présidence du collége électoral-de Eure, qui le choisit pour candidat au Sénat conservateur. II regut, peu de temps apres, la croix de grand-oflicier de la Légion d’Houneur et le titre de colonel général des dragons. A la campagne d’Austerlitz, en 1805, il commanda la réserve de la cavalerie. En 1808 il reprit le commandement de Venise, et assista un an aprés a la bataille de Raab, sous les ordres du prince Eugéne. Il passa de la en Espagne, fit partie de |’armée de Catalogne, et y soutint son ancienne réputation. Puis |’Empereur lappela auprés de lui a l’armée du Nord. Il eut sa part de la gloire et des miséres de la campagne de Russie. Accablé par les malhheurs de la France, et succombant a ses fatigues ef a ses souffrances personnelles, il ne put revoir sa patrie, et me rut a Berlin au milieu des désastres de cette grande armée dont il avait été Pun des chefs les plus capables et les plus intréptdes.

Outre un fils dont nous allons parler, il laissait deux filles : Pune épousa le général Foy, lautre le général Damrémont. Laurent (de l’Ardéche ),

BARAGUAY-D’HILLIERS (Acnitie), général de division, vice-président du Sénat, grand cordon de la Légion d’Honneur, fils du précédent, est né a Paris, le 6 septembre 1795. A lage de onze ans il était incorporé dans le 9" régiment de dragons, d’ou il passait, en 1807, éléve au Prytanée militaire, pour en sortir, sur la fin de 1812, sous-lieutenant de chasseurs 4 cheval. Lieutenant aide de camp du duc de Raguse, en 1813, il avait le poignet gauche emporté par un boulet de canon a la bataille de Leipzig. Cette glorieuse blessure lui valut plus tard, de la part des Arabes , le surnom de Bou-Dra ( pére du Bras).

Capitaine en 1814, il passa dans les grenadiers a cheval dela garde royale l’année suivante, et, rallié ala cause des Bourbons, fit la campagne d’Espagne en 1823; lieutenant-oolonel du 2° de ligne en 1877, il sortit de ce régunent pour prendre part a l’expedition d’Alger, et passa en 1830, avec son grade, dans le 1°" léger, dont il fut nommeé colonel cinq mois aprés. Appelé, en 1833, & un commmandement a l’école deSaint-Cyr, il euc a y réprimer un mouvement républicain; il prit le commandement en chef de cette ecole quand il fut promu maréchal de camp en 1836. Mis a la disposition du gouverneur général de VAlgérie en 1841, commandant de la province de Constantine en 1843, il y resta jusqu’en juin 1844, aprés avoir été promu au grade de lieute~

Lientot en Italie, ot il fut nommé gouverneur de la Lom- | nant général. Il prit une part active aux expéditions de cette

époque. Le duc d’A u male fit une campagne sous ses ordres, et dans son rapport sur la prise de Thaza le général disait du jeune prince, avec une courtoisie vraiment chevaleresque : « Un tel chef vaudra plus tard des armées au roi, car avec lui affection plus que le devoir commandera le dévouement et l’obéissance. »

Inspecteur général d’infanterie en 1847, il se mit tout de suite au service du gouvernement provisoire, aprés la révolution de Février. Appelé aussitét au commandement de la 6° divison militaire & Besancon ,le mois suivant il recevait celui de la 2° division d’infanterie de l’armée des Alpes. Flu représentant du peuple a l’Assemblée constituante par le département du Doubs, il défendit chaudement la république au 15 mai; mais dans les fatales journées de juin il crut devoir refuser, malgré l’insistance du général Cavaignac, le commandement que la mort du brave général Négrier laissait vacant dans l’armée de Paris, voulant, disait-il , se renfermer dans ses fonctions de représentant.

Président de Ja réunion de la rue de Poitiers, le général Baraguay-d’Hilliers fut renvoyé par le département du Doubs a l’Assemblée législative. La il ne cacha pas ses tendances réactionnaires, et on l’entendit, au mois de juin 1849, déclarer qu il préférait la terreur blanche a la terreur rouge. Aprés la prise de Rome, il s’empressa de féliciter le général Oudinot; et lorsque le ministére dut donner un successeur au vainqueur de Rome, il choisit le général Baraguay-d’Hilliers. Dans ce poste important le général ne se fit remarquer que par son extréme condescendance pour les autorités spirituelles.

Au mois de mai 1850 M. Baraguay-d’Hilliers revint en France. Le 9 janvier 1851 il prit le commandement de l’armée de Paris, en remplacement du général Changarnier, et conserva ce poste jusqu’au mois de juillet.

Un des premiers membres de la commission consultative nommeée par Louis-Napoléon, 4 qui il s’était empressé d’aller offrir son épée en décembre 1851, Baraguey d’Hilliers recut aussitét le plus haut grade de la Légion d’Honneur. 1] fut appelé au Sénat dés sa fondation, et nommé en méme temps l’un des vice-présidents de ce corps délibérant. Aprés avoir occupé en 1853 l’ambassade de Constantinople , il fut mis & la téte de la division expéditionnaire de la Baltique, division qui s’empara de Bomarsund, ce qui valut 4 son chef la dignité de maréchal de France (28 aodt 1854). Dans la guerre d’Italie, il commanda le 1 corps d’armée, et délogea les Autrichiens de Melegnano; le premier il engagea le combat A Solferino et le soutint avec énergie toute la journée, Il reprit ensuite & Tours le commandement de lOuest, dont il avait été chargé en 1858 ; il le conserva jusqu’ai mois d’aodt 1870, ot il fut appelé a Paris; mais les dispositions militaires qu’il prit dans la journée du 4 septembre furent impuissantes pour empécher le peuple d’envahir la salle du Corps législatif.

La République proclamée, M, Baraguey d’Hilliers se retira en province et resta complétement étranger aux événements qui suivirent. Le 6 octobre 1871, il a été nommé président du conseil de guerre chargé de poursuivre les commandants de place qui avaient capitulé. On ne lui a point donné de commandement; mais en juillet 1872 il est entré au Conseil supérieur de l’armée.

BARALIPTON,, terme de logique, désignant le premier mode indirect de la premiére forme du syllogisme. Un syllogisme en baralipton consiste en ce que les deux premiéres propositions sont générales et la troisitme particuliére , le terme moyen étant le sujet de la premidre proposition, et Pattribut ou prédicat de la seconde. Ainsi ;

BA Tout mal doit étre craint; KA Toute violente passion est un mal; LIP Done ee qu’i! faut craindre, c'est une passion yiolente,

La aerniére syllabe du mot baralinéon n’a pas la moindre

BARAGUAY-D'RILLIERS — BARANTE

importance scientifique. Elle n’est placée 14 qu’euphoniquement.

BARANTE ( Amasce-Gurctaume-Prosper BRUGIERE, baron ne), ancien pair de France, membre de l’Académie Frangaise , président de la Société de Histoire de France, est né & Riom, en 1782. Son pére fut nommé par l’empereur préfet de |’Aude, puis du Léman. Ses trois fréres entrérent successivement dans l’armée; l'un périt en 1809, a Ia bafaille de la Piave, un autre mourut a V’école de Saint-Cyr, le troisitme dut quitter l’état militaire, aprés avoir été criblé de blessures 4 Eylau.

Le jeune Prosper de Barante, |’ainé de sa famille, fut destiné a la carritre administrative. Il acheva son éducation a Vécole Polytechnique , et entra comme surnuméraire au ministére de l’intérieur. Tous les ans il allait passer quelque temps & Genéve, chez son pére. Ce fut 14 qu’il connut M™* de Staél, et cette femme célébre exerga sur son esprit une trés-grande influence.

Nommé auditeur au conseil d’Etat en 1806, M. de Barante fut chargé de missions délicates en Allemagne, en Pologne, en Espagne, et en 1807 il obtint la sous-préfecture de Bressuire, ou il sut se concilier et maintenir les royalistes, ce qui Jui valut un an plus tard la préfecture de la Vendée. La M. de Barante publia un Tableau de la Littérature francaise pendant le dix-huitiéme siécle. Ce livre, vanté outre mesure par M™* de Staél, eut un certain retentissement. L’auteur prétendait ne voir dans les écrivains de l’époque qu’il jugeait que le reflet de la société de ce temps, et il expliquait les variations de notre littérature par celles de nos mceurs.

En novembre {811 M. de Barante épousa M"'* Césarine d’Houdetot. En 1813 il fut appelé a la préfecture de la Loire- Inférieure. Mais l’aigle avait été blessé dans les neiges de la Russie. M. de Barante prévit la chute du régime impérial. « Lui quiavait pu étudier a loisirl’autorité absolue, cessait d’en étre le partisan , dit un biographe, et il salua le retour des Bourbons comme une ére nouvelle de paix et de prospérité, »

La Restauration confirma M. de Barante dans la préfecture de la Loire-Inférieure. Aussit6t M. de Barante fit paraitre les Mémoires de madame de La Rochejaquelein, histoire vendéenne au récit dramatique, au style pittoresque et aux principes monarchiques. Pendant les Cent Jours M. de Barante ne fut rien; mais au nouveau retour des Bourbons, il fut nommé secrétaire général du ministére de l’intérieur, avec Vintérim de ce ministére jusqu’a l’arrivée de M. de Vaublanc. Comme il avait montré une certaine modération en s’opposant aux rigueurs de Ja réaction, il se vit bientdt reléguer dans la direction générale des contributions indirectes. Envoyé deux fois 4 la Chambre des Députés, par les départements du Puy-de-Déme et de la Loire-Inférieure, il professa & la tribune des sentiments patriotiques remptis de prudence et d’élévation ; mais la loi de 1816 ayant élevé Page des éligibles, M. de Barante, qui ne pouvait plus faire partie de la chambre élective, alla siéger au conseil d’Etat.

A lavénement de M. de Villéle au ministére, M. de Barante tint 4 honneur de ne pas se séparer de ses amis politiques, MM. Camille Jordan, Guizot et Royer-Collard, qui étaient mis a I’écart, soit du conseil d’Etat, soit de administration, et il refusa le poste de ministre plénipotentiaire en Danemark, que lui offrit le duc de Richelieu.

Le 5 mars 1819, M. de Barante avait été élevé a la dignité de pair de France, Dans les principales discussions de cette époque sur la liberté de la presse, la guerre d’Espagne, Vindemnité des émigrés, le droit d’ainesse , le sacrilége, etc., il prit parti pour opposition, et prononga des discours qui furent remarqués,

A la méme époque il publiait un livre intitulé ; Des Communes et de l’Aristocratie, 11 y réclamait des institutions communales et départementales qui transportassent dans les localités la discussion de leurs intéréts matériels , afin

BARANTE — BARATHRE

de donner aux habitants de la province le moyen de se faire connaitre dans leur pays avant de venir jouer un réle dans la capitale.

En méme temps M, de Barante publia une traduction des @uovres dramatiques de Schiller, dans laquelle, bien entendu, les Allemands ont absolument refusé de reconnaitre leur poete favori, Quoi qu’il en soit, I’ Histoire des ducs de Bourgogne, publiée en 13 volumes in-8°, en 1824, et plusieurs fois réimprimée depuis, rendit le nom de M. de Barante tout a fait populaire. C’est l’ouvrage le plus considérable de auteur. On |’a beaucoup critiqué : on lui a reproché de n’étre qu’une reproduction des chroniques et des mémoires du temps, recouverte d’un vernis d’élégance moderne. Ce travail, quoi qu’on en ait pu dire, a été fait avec beaucoup d’esprit et de talent. Malgré son épigraphe , M. de Barante s’y montre plus historien qu’il n’a prétendu [étre. Son ouvrage se fera toujours lire avec beaucoup de plaisir et dVintérét. Partant du principe que la tache de Vhistorien est de raconter et non de démontrer, que la représentation fidéle de la vérité est préférable a la discussion des faits, qu'il vaut mieux enfin peindre les caractéres et les mceurs que d’en faire Péloge ou la critique, et reproduire les événements que d’en rechercher les causes, M. de Barante a voulu faire de Phistoire uu théatre, tandis que ses prédécesseurs en avaient fait un tribunal.

Ce livre ouvrit 4 M. de Barante les portes de PAcadémie Frangaise. Il prit possession, le 20 novembre i828, du fauteuil du comte Deséze.

Découragé par la politique de la Restauration, il se retira pendant quelque temps en Auvergne. Mais 4 lissue des journées de juillet , il accourut & Paris donner sa sanction aux éyénements accomplis, et, honoré depuis longtemps dé !’amitié du duc d’Orléans , il s’empleya chaudement a lui assurer un tréne od il croyait voir & jamais se consommer Palliance de la monarchie avec la liberié., Son dévouement fut récompensé par les ambassades de Turin, puis de Pétersbourg, et jusqu’a la révolution de Février il resta attaché & la politique conservatrice.

Les événements de 1848 firent renirer M. de Barante dans la retraite. Il y composa les ouvrages suivants: Questions constitutionnelles (1849), Histoire de la Convention nationale (1851-53, 6 vol. in-8), Histoire du Directoire (1855, 3 vol. in-8), Etudes historiques et biographiques (1857, 2 vol.), Etudes littéraires et historiques (1858, 2 vol.), Vie politigue de Royer-Collard, ses discours et ses écrits (1861, 2 vol.), et De la Décentralisation (1865, in-18), ouvrages écrits en haine des idées nouvelles et tout 4 la louange du passé. Barante est mort le 25 novembre 1866, auchateau de Barante, prés de Thiers.

BARAQUE, BARAQUEMENT (de Vespagno! baraca, outte de pécheur au bord de la mer). Une haraque était quelquefois une simple ramée , quelquefois une cahute plus solide. Les premiers camps romains furent en baraques zrossiérement construites. Jusqu’a la fin du dix-septi¢me siécle, le mot baraque est donné aux logements des hommes de cavalerie , ceux de Vinfanterie s’appellent huttes. Il devint alors d’usage d’appeler également baraques les cabanes de l’'infanterie et de la cavalerie.

Guillet décrit la maniére dont on construisait une baraque dans le dix-septiéme siecle. On plantait quatre fourches aux coins d’un parallélogramme tracé sur un terrain de 2 métres 25 2 metres 60 de longsur 1 métre 95 a 2 métres 25 de large. Les fourches supportaient des traverses ; le tout s’aoritait par une toiture de branchages ou de chaume; ces baraques, confermes aux anciennes huttes, étaient encore en 1769 les seules qu’on connit. Avant les guerres de la Révolution on ne faisait usage de baraques que quand une campagne oi un siége se prolongeait dans l’arriére-saison ; quelquefois méme une baraque n’était qu’une double envejoppe de tente.

DICT, DE LA CONVERS, — T. ll.

Depuis 1794 le nom et usage des baraques sont devenus communs, parce qu’un nouveau systéme de campement a prévalu. En général , une baraque est un réduit construit des mains des soldats pour loger une chambrée ; extraordinairement , elles sont baties par les soins des ofticiers du génie pour loger une compagnie ou une demicompagnie. Le premier camp de baraques réguliérement édifié le fut en 1794 dans les dunes sous Dunkerque. Le camp de Boulogne, sa durée de deux ans, ses cent cinquante mille hommes, rappellent des souvenirs trop historiques pour n’étre pas connus de tous les lecteurs. Chacune de ses baraques contenait quarante hommes, et avait 10 métres de long, 5 de large et 3 de haut. La grande armée bivouaqua plusieurs mois a Tilsitt ; ses corps d’artuaée y semblaient autant de bourgades. L’armée frangaise construisit aussi en octobre 1809 des baraques en Silésie. Apres les événements de juin 1848, les troupes de Paris furent logées dans d’ignobles baraques construites en pans de bois et en platras sur plusieurs points stratégiques, au grand détriment de belles promenades publiques et de la santé du soldat, tandis que tant de casernes restaient en ruines.

Le peu d’ancienneté du systéme du baraquement explique pourquoi les principes relatifs 4 son application sont encore a créer. Le réglement de 1792 (5 avyil) ne parle de baraques que dans un passage de quelques lignes , ou il défend de braler celles du vieux camp. Le réglement de l’an XII (16 brumaire) est le premier qui s’en occupe ; mais il s’en explique vaguement, et ne jette aucune clarté sur la matitre. L’instruction de 1809 (11 octobre) ne parle que tréssuperficiellement de baraques qui contiendraient seize hommes, ou de baraques qui en contiendraient huit. Ce nest pas ainsi que se tracent des régles. Un ouvrage plein de recherches sur le baraquement a été composé par le général Lomet , mais il est resté inédit : M. Savart, reconnaissant le besoin des régles, en a posé quelques-unes en 1812. Le général Gassendi a effleuré cette castramétation. M. Canteloube |’a approfondie davantage. Le baraquement de l’armée anglaise est dans ce pays une branche spéciale, administrativement dirigée par l’assistant quartiermaitre général ( barrak-master general). Le baraquement francais n’a encore eu ni directeur ni direction. Un autre genre de baraquement est usité, c’est celui de certains postes de Vinfanterie frangaise en des lieux dépourvus de corpsde-garde : en ce cas, il est accordé a ces postes le chauffage de campagne et les matériaux propres 4 la construction d’abris-vent. On a fait un grand usage des baraques pour le logement des troupes dans le siége de Paris.

BARATHRE ( déa4pov ), gouffre d’une grande profondeur dans l’Attique , déme Hippothoontide ; on y précipitait les condamnés a mort, surtout les brigands et les scélérals, Ce gouffre n’avait pas la forme d’un entonnoir comme certaine géhenne ou prison athénienne. Le barathre ressemblait A un puits par son revétement intérieur en pierres, entre les joints desquelles on avait scellé des lames et pointes de fer perpendiculaires et horizontales qui, s’entrecroisant, mettaient dans sa chute le patient en lambeaux, supplice que le moyen 4ge et la féodalité ont reproduit dans les oubliettes. Le nom de barathron était aussi donné par extension aux cavités souterraines , aux gouffres béants, et, par figure, on appliqua aux gourmands, aux débauchés , aux prodigues, aux courtisans, aux avares méme, gouffres qui, plus avisés que Charybde, ne rendent jamais leur proie. Le mot barathron passa par ia suite dans la langue du Latium. Horace l’emploie pour désigner un vafer, dans notre idiome un goinfre. Martial, plus hardi, Vapplique a Pestomac.

Le mot barathrum s’étendit chez les Lats jusques au Tullianum , fameuse prison de Rome, et particuli¢rement au lieu abrupt et surplombé du haut duquel on précipitait les criminels. On edt da écrire sur la porte de cette terrible

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gedle Pimpitoyable ve vwtis! des maities du monde. Le brave et infortuné Jugurtha justifia ce mot affreux : aprés Je triomphe de Marius, il fut jeté dans le barathrum, et sy laissa mourir de faim.

Dans quelques auteurs ecclésiastiques barathre est employé comme synonyme d’enfer. Denne-Baron,

BARATTE. On appelleainsi un vaisseau faitde douves, généralement plus étroit par le haut que par le bas, qui sert a battre le beurre, et que l’on nomme aussi batéebeurre.

Il y a plusieurs espéces de barattes - celle qui est la plus connue consiste en un tonneau de forme conique, sur lequel s’adapte un couvercle en bois percé, dans son centre, @un trou assez grand pour permettre le libre mouvement d'un baton terminé a son extrémité inférieure par une planchette ronde percée de trous, C’est cette planchette qui, dans ie mouvement ascendant et descendant du baton, est destinée a battre la créme. Cet instruinent a depuis été perfectionné et a donné naissance a la baratte flemande, qui est une large barrique assujettie solidement sur un chevalet, et traversée d’une extrémité a l'autre par un axe armé de quatre ailes, et que l’on met en mouvement au moyen @une manivelle qu’un homme fait tourner, Elle présente, & sa partie supérieure, une ouverture par laquelle on verse la créme, et qui se referme au moyen d’un couvercle.

La baratte des Suisses, employée aussi par les habitants dela Franche-Comté et des Vosges , est, & proprement parler, une section de tonneau faite parallélement a Pun des fonds, que l’on assujettit entre les montants d’une petite échelle, et dans laquelle on fait tourner un moulin garni dun nombre d’ailes considérable.

En Ecosse, on empioie dans les grandes exploitations une baratte qui est en place sur un plateau un peu ¢leve et dont le moulinet est mis en mouvement par le vent au moyen d’un appareil armé de quatre ailes légéres garmes de toile, que l’on déploie en totalité ou en partie, suivant la force du vent. Si le temps est trop calme, ce qui arrive rarement, une manivelle a la main remptace l'appareil a volonté, et un seul homme met la machine en action. — On voit dans le commerce, a Paris, un petit meuble d'une forme aussi gracieuse qu’élégante qui sert au méme usage, et qui consiste en un bocal de cristal recouvert a sa partie supérieure par un couvercle en bois qui ferme herméti quement. Au milieu de ce couvercle est une ouverture calculée de maniére A permettre le mouvement libre d’un petit axe vertical dont Ja partie inferieure repose dans une cavité pratiquée au fond du bocal, et dont le haunt fait saillie au dehors. La partie de cet axe qui entre dans le bocal est garnie de quatre ailes, irréguliérement échancrées, qui sont destinées 4 battre la créme , et ce moulinet est mis en mouvement A aide d’un archet dont on tourne deux fois la corde autour de la partie extérieure de l’axe, et que l’on fait agir sans la moindre fatigue. Cette petite machine peut faire le beurre a la minute par un temps chaud ; mais elle ne peut guére en donner plus de cing cents grammes 4 la fois.

BARATTERIE. La baratterie de patron comprend non-seulement les faits de dol <u capitaine et de 'équipage placé sous ses ordres, mais encore ceux de simple imprudence, de défaut de soins et dimpéritie. On peut faire assurer la baratterie (Code de Commerce, art. 353); mais le capitaine ne peut jamais faire assurer sa propre baratterie, et les assureurs ne répondent pas envers lui de ses fautes. Dans tous les cas of les assureurs sont responsables des fautes et prévarications du capitaine, ils sont subroués de plein droit aux actions de Vassuré contre lui. La loi du 11 avril 1825 contient une énumération assez complite en cas de baratterie ; quant aux lacunes qu’on y a pu trouver, il ne faut pas perdre de vue, fait observer M. Pardessus, que dans les cas ot le Code Pénal peut tre appliqué une loi nouvelle ferait double emploi. La peine de mort est pro-

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