‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 307 sur 488 · BARBADE · texte numérisé non relu

BARBADE

noncée contre le crime de baratterie , mais seulement dans le cas oi) le capitaine, maitre, patron ou pilote chargé de la conduite d'un navire ou autre batiment de commerce, Va fait périr par des moyens quelconques, volontairement et dans une intention frauduleuse. Dans tous autres cas la peine est plus ou moins grave suivant les circonstances d fait incriminé. 1 fa BARATYNSKHI (Jercenu-Apram), l'un des poétes les plus distingués qu’ait eus la Russie, contemporain et ami de Pouschkine, passa sa jeunesse a l’école des Pages, a Saint- Pétersbourg ; ce qui revient a dire qu’il fit folie sur folie. De. venu plus tard officier , il expia ses extrayagances par huif années du service le plus rude en Finlande. La solitude et la nature de la contrée au milieu de laquelle il se trouvait

excilérent en lui le génie de la noésie. C'est intimement pé-

nétré de la nature et de esprit finnois qu'il écrivit son premier poéme de quelque importance, intitulé : Eda. Quand lempereur Nicolas fut parvenu sur le tréne, Zukowsky, & qui le poéte avait confié ses souffrances et ses chagrins, lui fit enfin obtenir d’étre déchargé de ce vervice si rigoureux ; et il put dés lors se livrer librement au culte des muses, passant son temps dans unehenreuse retraite, tantot 4 Moscou, tantot dans un domaine peu éloigné de cette capitale. C’est a cette époque qu’il composa le meilleur et le plus beau de ses poemes , la Bohémienne, tableau de murs et d’amour emprunté a la haute société russe, empreint de la plus merveilleuse magnificence et du charme le plus poétique. Il ne le céde en rien, sous le rapport de la délicatesse des sentiments et de la finesse des observations , aux meilleures productions de Pouschkine; et il est méme des juges qui le trouvent supérieur. Un recueil de ses poésies en 2 volumes avait paru en 1833. Baratynski est mort en Italie au mois de septembre 1844. 2

BARBACANE. On appelle ainsi, en architecture, des ouvertures longues et ¢troiles qu’on pratique dans les murs de revétement qui soutiennent des terres, afin de faciliter Pécoulement des eaux qui s’imbibent dans ces terres et qui pourraient dégrader ces murs. On appelle encore ces ouvertures ventouses ou canonniéres.

On a aussi donné le nom de éarbacane a un petit ouvrage de fortification servant & masquer un pont ou une porte de ville : ce n’était qu’un simple mur percé de créneaux. Ces barbacanes ou fausses-braies (voyes Brate) avaient de graves inconvénients : aussi les a-t-on supprimées et remplacées par une piéce de fortification détachée du corps de place, el que l'on nomme fenaille.

BARBACOLE,, jeu de hasard, aussi nommé hocca ou pharaon. Le jeu de hocca ayant été défendu, lisons-nous dans le Dictionnaire de Trévoux , pour éluder la défense on lappela barbacole. C’est pourquoi le roi le prohiba sous tous ces noms par un arrét du 15 janvier 1691.

La Fontaine a fait ce mot synonyme de maitre d’école :

Humains, il vous faudrait encore 4 soixante ans Renvoyer chez les Barbacoles,

Ch. Nodier estime ¢pirituellement que c’est un néologisme emprunté des Italiens, qui appellent ainsi ces faux savants dont le mérite est presque tout entier dans une barbe touffue (barbam colit).

BARBADE, ile la plus orientale de l’archipel des petites Antilles, avec une superficie de prés de 8 myriamétres carrés, at la plus grande des tles sous le Vent, par 13° de latitud> nord, au 62° de longitude occidentale, complait, en 1861, 152,727 habilants, Elle est par conséquent la plas peuplée du gronpe et, aprés la Jamaique, la plus importantede toutes les colonies britanniques dans les Indes occidentales. Le climat y e-t au total beaucoup plus modéré et plus sain que celui des autres colonies situées dans ces mémes parages, et les maladies endémiques y sort presque inconnues, Avec une élévation moyenne de 130 160 métres,

BARBADE — BARBANEGRE

la partie la plus méridionale de cette ile est généralement plate ; et dans le nord méme la plus haute montagne, le Mound Willoughty, ne dépasse pas 358 métres @élévation. Quoique lon n’y rencontre presque point de traces d'origine volcanique, la Barbade n’en posséde pas moins un grand nombre de sources bitumineuses, dont les produits sont consommeés sur place en guise de poix et @huile a braler. Prés de Turnershall on trouve une source @’eau aussi chaude que celle de Pietramala dans les Apernins. On y rencontre aussi des sources minérales el quelques sources salines. '

La Barhade paralt moins exposée que les autres Antilles aux tremblemeuts de terre; en revanche, elle est périodiquement sujette a des ouragans qui y exercent souvant d’effrayants ravages. La canne a sucre, introduite depuis 1641 de Pernambuco, est dans cing cents plantations le principal objet d'une culture extrémement soignée et devant laquelle toutes les foréts ont fini par disparaitre. Indépendamment du sucre et du rhum, on exporte d’ailleurs de la Barbade beaucoup d’arrow-root, de coton, de gingembre et Waloes.

Son chef-lieu, Bridgetown, ville batie sur la baie de Carlisle, & Vextrémité sud-ouest de Vile, mal et irréguliérement construile, compte 20,000 habitants et est le siége @un gouvernear général, dun éyéque anglican, d’un conseil composé de aouze membres nommeés par la couronne, et dela General Assembly lue par les propriétaires fonciers. Le gouverneur général des iles sous le Vent réside a la Barbade.

Mentionnée pour la premiére fois en 1518 , visifée et nommée par les Portugais pendant le cours du dix-septiéme siécle, ce ne fut cependant qu’en 1625 qu’eut lieu le premier essai de colonisation réguliére tenté a la Barbade par des aventuriers anglais en vertu de lettres patentes accoraées par Jacques I°" au duc de Marlborough. Aprés la mort de Jacques 1**, Carlisle, & qui Marlborough l’avait vendue en 1627, obtint de Charles I** des lettres patentes comprenant toutes les Antilles. Le 17 janvier 1652 il fut pris possession de toutes ces différentes iles au nom de la couronne d’Angleterre, en vertu d'une capitulation qui confirmait les priviléges et les franchises des habitants. Depuis ’'avénement au tréne de Charles IJ, qui accordabien une charte aux Antilles, mais qui frappa en méme temps leurs exportations d’une lourde redevance, abolie seulement en 1838, une suite non interrompue de luttes intérieures s’établit entre les gouverneurs et Assembiy. A ces causes de malaise se joignirent les ravages exercés par @horribles ouragans , par exemple en 1665 et 1694, ainsi que par la fiévre jaune, et qui mirent souvent a de rudes épreuves t= prospérité de la colonie. Mais ces dangers et ces calamités contribuérent beaucoup d’un autre cdété a développer l’énergie de caractére particuliére a la population de cette colonie, oi dés lors le gouvernement central a toujours eu é& lutter contre une opposition plus vigoureuse et plus déterminée que parteut ailleurs. Pendant le dix-septiéme et le dix-huitidme siéczes, la prospérité de la Barbade ne fit qu’aller toujours croissant, bien que cette ile ait été souvent ravagée par des ouragans, notamment le 10 octobre 1780, et par des tremblements de terre. Une révolte de négres qui éclata dans la colonie au mois d’avril 1816 eut pour résultat la dévastation d’un grand nombre de plantations. Aprés avoir subi une sorte de décadence, la Barbade a depassé la Jamaique en prospérité: en 1868, ses exportations étaient de 31,741,825 fr., et ses importations de 28.356.275 fr.

BARBANCON (Famille pe). Les seigneurs de Barbangon étaient jadis de puissants barons du Hainaut, qui portaient d'argent a trois lions de gueules, couronnes et armés d’or. Isaac, seigneur de Barbancon et pair de Hainaut, vivait en 1110; il épousa Mahaut de Rzmigny, en Tierache. Son fils, Nicolas de Barbancon, s’unit & Yolands de Saint-

Aubert, fille de Gilles de Saint-Aubert, sénéchal de Hainaut, et de Berthe de Bouchain, dont le pare, Godefroi , était chatelain de Valenciennes et seigneur d’Ostrevant. Par la suite des temps, un mariage porta la terre de Barbangon dans lillustre maison de Ligne. Eustache , dame heritiére de Barbangon et d’autres biens considérables, seconde fille de Jean, mort en 1375, et d’Yolande de Gair, dite de Lens, décédée en 1388, épousa Jean If, baron de Ligne, de Belceil (autrefois Bai leul), d’Ollignices et de Fauquemberghe, qui fut fait prisonnier a la bataille d’Azincourt, en 1415, et paya pour sa rangon la somme énorme pour le temps de 14,400 livres. Un de ses descendants, d’une branche cadette , Jean de Ligne, baron de Barbangon, créé comte dempire par Charles-Quint, en 1549, épousa Marguerite de la Marck, comtesse d’Arenberg ; il fonda la maison d’ A renberg actuelle, qui a jeté tant d’éclat , et qui est alliée a la plupart des maisons souveraines de }Europe.

Cependant un oncle d’Eustache de Barbangon, par qui cette seigneurie passa dans la maison de Ligne, avait continué celie de Barbangon : c’était Guillaume, seigneur de Jeumont et de Doustiennes. Il fut trisaieul de Jean de Barbancon , seigneur de Werchin, par sa grand’mére , et prit le nom et les armes de Werchin pour condescendre au désir exprimé par le duc Philippe Je Bon, ala féte de la Toison-d’Or, en 1444. Cette nouvelle maison de Werchin n’eut pas une longue durée. Yolande de Barbangon, dane de Werchin , Walaincourt, Cisoing, Boubaix et Richebourg, ayant épousé Hugues de Melun, Werchin et le titre héréditaire de sénéchal de Hainaut demeurérent dans la maison d’Espinoy. Enfin, ces titres revinrent a la maison de Ligne par le mariage d’Anne-Marie de Melun avec Lamoral , premier prince de Ligne , mort 4 Bruxeiles en 1614.

s De REIFFENBERG,

BARBANEGRE (Josern, baron), naquit en 1772, dans la petite ville de Pontacq ( Basses-Pyrénées ). {1 entra dans Ja marine peu avant la révolution, et passa, 4 vingtdeux ans, avec le gradede capitaine, dams le 5° bataillon des volontaires de son département. Sa grande bravoure le {it distinguer pendant les guerres de la république, et il ful nommé en !’an X chef de bataillun dans la garde des consuls. Colonel du 48° régiment de ligne, il gagna sur le chatnp de bataille d’Austerlitz le titre de commandant dela Légion d’Honneur en chassant des hauteurs de Sokolnitz et en mettant en pleine déroute dix-huit cents grenadiers russes , auxquels il enleva trois drapeaux et quatre piéces de canon. Un an apres, il renouvelait a Iéna ce qu’il avait fait a Austerlitz, culbutait la réserve de l’armée prussienne, et attachait une seconde fois son nom a V’histoire des grandes journées de lére impériale. Mais ce fut surtout 4 Eylau qu’il eut Poccasion de montrer que Pintrépide soldat pouvait en lui devenir un chef habile. Le général qui commandait la division ayant été blessé au milieu de cette sanglante bataille, le colonel Barbanégre le remplaca aussitét, et mérita, par lintelligence qu’il déptoya dans ce commandement improvisé, d’étre bientot promu au grade de général de brigade, Lors de la campagne de 1809 contre !’Autriche, il justifia cette promotion par de nouvelles actions d’éclat, & Eckmuh], 4 Ratisbonne et 4 Wagrain. En 1810 il chassa les Anglais des bouches de l'Elbe, et s’y fortifia dans Vile de Neuwerck. En 112i] accompagra Napoléonen Russie; et fit partie de V’arriére-garde de la grande armée dans sa désastreuse retraite. Barbanégre fut du nombre des braves qui conservérent toute leur intrépiaité et tout leur sang-froid dans ces jours néfastes. Il se distingua a Krasnoé et au passage du Borysthéne, oi il fut grigvement blessé. Obligé de se jeter dans Stetlin avec les débris du premier corps d’armée, il défendit cette place avec antant de constance que Whabileté, et ne consentit & lévacuer qu’aprés avoir été instruit o:ficiellement de Pabdication de Napoléon et du

retour des Bourbons. 62

Pendant les Cent-Jours, Napoléon lui confia la défense d’Huningue. Cette place, la clef dela France du cété de l’Allemagene et de la Suisse, était presque démantelée, et elle n’avait pour garnison qu’une poignée de canonniers soutenus de quelques gardes nationaux, gendarmes et douaniers. Barbanégre, attristéde se trouver réduit 4 de pareils moyens de défense, n’eut garde toutefois de désespérer. Il répara en toute hate les ouvrages détruits, et s’efforca de communiquer a sa petite troupe Vesprit patriotique dont il était animé. Le succés répondit a son attente. Il parvint a arréter pendant deux mois , avec cinquante hommes , un corps d’armée qui en compftait au moins vingt-cing mille sous les ordres de Yarchidue Jean d’Autriche. Lorsqu’il vit qu’il ne pouvait plus tenir, il voulut sauver V’honneur de ses armes en ne rendant la place qu’au nouveau gouvernement de la France et en stipulant une capitulation qui lui permit de se retirer avec la garnison, armes et bagages, et d’aller rejoindre l'armée francaise derriére la Loire.

En 1819, il fut employé en qualité d’inspecteur général. Mais remis en disponibilité le 1°° janvier 1820, il résolut d@achever sa vie dans le repos. Vieux avant l’age, il sentait son moral lui-méme s’affaiblir de jour en jour. Fixé a Paris, il y passa ses dernié¢res années dans l’isolement. Trois mois aprés avoir salué en 1839 le retour du drapeau tricolore, il s’éteignait oublié de tous, sans qu’une main amie pressat la sienne.

BARBARA , premier mode de la premiére figure du syllogisme. Les trois propositions d’un syJjogisme en barbara sont universelles affirmatives : tel est cet exemple, emprunté 4 l’argument de saint Jean Chrysostome contre les riches (non pavisti, occidisti) :

BAR Tous ceux qui laissent mourir de faim ceux qu’ils doi-

vent nourrir sont homicides.

BA Or , tous les riches qui ne donnent pas Vaumoéne laissent mourir de faim ceux qu’ils doivent nourrir.

RA Donc, tous les riches qui ne donnent pas |’aumdne sont homicides.

BARBARELLI. Voyez Grorcidne.

BARBARES. Ce nom, que les Grecs, puis les Romains, donnaient aux nations qui leur étaient ¢étrangéres, sert particuliérement a désigner ces peuples du Nord qui menacérent, envahirent et renverstrent empire Romain quelques siécles aprés la naissance de Jésus-Christ. Ces hommes rudes, énergiques , sans civilisation pour ainsi dire, détruisirent le vieux monde, amolli et dégradé; mais du milieu des nuages qui s’élevérent sous les pas des barbares, le christianisme , jusque 1a faible et dissolvant , sortit puissant et fécond. Une société nouvelle, pleine de séve, grandit sur les débris de la société antique, anéantie sous les pieds de ces peuples sans culture.

Lorsque Vheure de la décadence romaine vint @ sonner, il y avait presque dix siécles que deux villes rivales, baties chacune sur une des collines des bords du Tibre, Roma et Quirium, s’étaient réunies pour ne faire qu’une seule et méme ville. Cette ville s’était étendue successivement aux collines voisines, puis elle était devenue la capitale d’un empire immense. L’empire romain, c’était alors le monde connu. Il avait pour limites a l’orient Euphrate , au midi l’Ethiopie et les déserts de Afrique, a l’occident l’océan Atlantique, au nord le Rhin et le Danube, Au dela du Rhin, du Danube et de la mer Caspienne, s’étendaient d’immenses eontrées que les anciens connaissaient a peine , et qu’ils appelaient vaguement Germanie, Sarmatie et Scythie . eétait le monde barbare.

« Quand on jette les yeux, dit M. Amédée Thierry, sur une carte topographique de \’Europe, on voit que la moitié septentrionale de ce continent est occupée par ne plaine qui se déroule de |’Océan et de la mer Baltique A la mer Noire , et de JA aux solitudes polaires. La chaine des monts Ourals du o6té de Pest, celle des monts Carpathes et Hercyniens

BARBANEGRE — BARBARES

terminent cette immense plaine, ouverte toutes les invasions, et que la charrette l’été, le traineau Phiver, parcourent sans obstacle : c’est le grand chemin des nations entre l’Asie et l'Europe. Le Rhin et le Danube, voisins a leur source, opposés a leur embouchure, baignent le pied des deux derniéres chatnes et ferment le midi de l'Europe par une ligne de défense naturelle que des ouvrages faits de main d’homme peuvent aisément compléter. Reliés ensemble au moyen @un rempart et garnis dans tout leur cours de camps retranchés ét de chéteaux, ces deux fleuves formaient au quatriéme siécle, avant la grande migration des peuples, la limite séparative de deux mondes en lutte opiniatre ’un contre autre. En dega se trouvait la masse des nations romaines, c’est-a-dire civilisées, puisque Rome avait cu! ’insigne honneur de confondre son nom avec celui de la civilisation ; au dela, dans ces plaines sans fin, vivait la masse des nations nonromaines; en d’autres termes, et suivant la formule du temps, le midi était Romanie, le nord Barbarie.

« Les innombrables tribus composant le monde barbare pourraient se grouper en trois grandes races ou familles de peuples, qui habitent encore généralement les mémes contrées. C’était d’abord, en pattant du midi, la famille des peuples germains ou teutons; ensuite celle des peuples slaves ; et enfin a Vextréme nord, surtout au nord-est, ou on la voyait pour ainsi dire 4 cheval entre l'Europe et l’Asie, la famille des peuples appelés par les Germains Fenn ou Finn, Finnois, mais qui ne se reconnaissent pas eux-mémes dautre nom générique que Suomi, les hommes du pays. Une taille élancée et souple, un teint blanc, des cheyeux blonds ou chatains, des traits droits, dénotaient dansle Slave et dans le Germain une parenté originelle avec les races du midi de l’Europe, et leurs idiomes, quoique formant des langues bien séparées, se rattachaient pourtant 4 la souche commune des idiomes indo-européens. Au contraire, le Finnois trapu, an teint basané, au nez plat, aux pommettes saillantes, aux yeux obliques, portait le type des races de l’Asie septentrionale, dont il paraissait étre un dernier rameau, et auxquelles il se rattachait par son langage. Quant a état social, le Germain, mélé depuis quatre siécles aux éyénements de la Romanie, entrait dans une période de demicivilisation, et semblait destiné 4 jouer plus tard le rdle de civilisateur vis-a-vis des deux autres races barbares. Le Slave, sans lien national et toujours courbé sous des maitres étrangers, vivait d’une vie abjecte et misérable, et le jour ou il devait se montrer 4 l’Europe était encore loin de se lever ; tandis que le Finnois, en contact avec les nomades féroces de l’Asie, engagé dans leurs guerres, soumis & leur action, se retrempait iacessamment aux sources d’une barbarie devant laquelle toute barbarie européenne s’effagait. »

Ce tableau, tracé de main de maitre , explique parfaitement les réles que joua dans I’histoire chacune des races barbares qui se ruérent sur empire Romain. Les peuples slaves et finnois semblent n’avoir que la mission de détruire; les peuples germaniques seuls reconstruisent une société nouvelle.

Rome avait conquis le monde antique bien plus encore par sa puissance d’assimilation que par la force de ses armes. De méme que 3a farrilis rerrine se recrutait par l’adoption, s’étendait et se divisait par I’émancipation, de méme, selon la belle expression de M. Michelet, la cité adoptait des citoyens, puis des villes entiéres sous le nom de municipes, tandis qu’elle se reproduisait & l’infini dans ses colonies : sur chaque conquéte elle déposait une jeune Rome qui représentait sa métropole. « La barbarie occidentale , Espagne, Bretagne et Gaule; la civilisation orientale, Grace, te, Asie, Syrie, tout y passa & son tour, ajoute le méme historien. Le monde sémitique résistait : Carthage fut anéantie, la Judée dispersée. Tout le reste fut élevé malgré lui A Yuniformité de langue, de droit, de religion; tous devinrent , bon gré, mal gré, Italiens, Romains, sénateurs,

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