‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 310 sur 488 · BARBAULD — BARBE · texte numérisé non relu

BARBAULD — BARBE

duc de Bourgogne, ils eurent soin de cacher leur dessein & Barbazan, qui, en ayant connu le résultat, blama rudement cette action, et dit que « mieux vaudroit avoir esté mort que d’avoir esté a cette journée ». Aprés Vissue malheureuse du siége de Melun, Barbazan, ayant été fait prisonnier de guerre, fut conduit au chateau Gaillard , oii il resta enfermé jusqu’en 1429, époque ou les Francais s’emparérent de cette forteresse. Il rejoignit alors Charles VII, qui Vaccueillit avec joie, et lui donna des troupes. 11 remporta, en 1430, une victoire signalée au combat de la Croisette, prés de Chalons-sur-Marne, ou avec 3,000 hommes il tailla en piéces 8,000 Anglais et Bourguignons. Il fut tué au combat de Bulgnéville, prés Nancy, qui eut lieu le 2 juillet 1431, et fut enterré a Saint-Denis, comme Duguesclin , dont il avait partagé les périls et Ja gloire. Barbazan fut Je dernier male de sa famille; ses biens retournérent 4 la maison de Faudoas, avec laquelle les Barbazan avaient fait alliance au mois de janvier 1396. Le Roux ve Lincy.

BARBE, assemblage des poils qui garnissent en plus ou moins grande quantité les joues et le menton de homme, Voyez Pireux (Systéme).

On a dans le cours des siécles compendieusement disserté sur Vutilité de la barbeet sur le but qu’a dd se proposer la nature en faisant& Vhomme un semblable présent. La barbe a-t-elle pour mission de garantir la bouche ? sentinelle vigilante, est-elle placée autour de cette ouverture, comme les cils autour des yeux? Mais alors pourquoi ce privilége réservé al’homme et non a la femme? pourquoi l’homme méme n’est-il appelé 4 en jouir qu’a une certaine epoque de la vie? La nature a-t-elle voulu plut6t donner & ’homme un signe visible de sa force, et consacrer ainsi ce vers célébre :

Du cété de la barbe est la toute-puissance?

Le lion ne jouit-il pas de l’avantage d’une criniére dont sa compagne est privée? En tout cas, les détracteurs de la barbe la dénoncent comme incommode dans beaucoup de cas, les gastronomes surtout, comme génant l’ingestion des aliments. « Les Orientaux, a dit ’'empereur Napoléon, se rasent le crane et portent la barbe : les ophthalmies sont chez eux plus fréquentes que la perte des dents. Les Européens se rasent le menton et gardent leurs cheveux : la perte des dents est chez eux plus fréquente que l’ophthalmie. » Voila qui mettra les gastronomes dans une horrible perplexité : que faire? Se raser le menton pour dégager les abords de la bouche, ou bien conserver aux machoires leur édredon pour le salut de leurs trente-deux fonctionnaires?

Les poils de la barbe prennent naissance dans le tissu cellulaire ou plongent leurs bulbes ; leurs racines y sont fixées par une espéce de crochet, ce qui rend leur avulsion trésdouloureuse et presque impossible, au muins en entier. L’extrémité de la racine reste presque toujours et reproduit bientét un nouveau poil : on voit chez certains individus la barbe descendre jusqu’au dela des muscles pectoraux, mais pour lordinaire c’est la limite qu’elle semble ne pouvoir franchir. Quelques auteurs allemands parlent avec admiration de la barbe d’un peintre, Jean Mayo, tellement longue que son orgueilleux possesseur se faisait un jeu de marcher dessus.

Un médecin allemand de la fin du dix-septiéme siécle, Paullini, fait mention de barbes bleues et vertes, qu'il a vues & des ouvrie#s des mines, couleurs attribuées par lui 4 des émanations métalliques. Les poils de la barbe offrent d’eux-mémes des variétés de couleur, de densité, de nombre, qu’il est important d’étudier, puisqu’elles se rapportent au tempérament desindividus, au climat qu’ils habitent, & leur fige, 4 l'état de leurs forces, & la nature des aliments. Ces poils sont noirs, secs, durs, souvent rares chez les hommes de tempérament bilieux et d'un Age mar, chez ceux qui habitent les pays chauds et secs, comme les Arabes, les Ethiopiens, les Indiens, les Italiens, les Espagnols. Les hommes

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