‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 315 sur 488 · BARBEROUSSE · texte numérisé non relu

BARBEROUSSE

rousse une occasion favorable. Pour donner le change au roi de Tunis, Khaireddin fit voile vers I'Italie, et ravagea les cOtes de la Calabre, et de la Sicile; puis, tournant brusquement vers l’Afrique, il s*empara de Tunis sans coup férir, Il y fit reconnaitre la souveraineté du sultan , et employa vingt mille esclaves 4 ouvrir le canal de la Goulette, qui, en faisant communiquer avec la mer le lac sur les bords duquel est batie Tunis, assurait a cette ville un port excellent.

Les victoires de Barberousse alarmérent l’einpereur Charles-Quint; celui-ci, craignant pour ses royaumes de Naples et de Sicile, résolut d’attaquer Khaireddin au cour méme de ses nouvelles conquétes. Une flotte de prés de trois cents voiles, commandée par André Doria, portant deux mille chevaux, vingt-cing mille fantassins et un grand nombre de volontaires, vint mouiller en 1535 devant Tunis. Charles-Quint était a la téte de cette formidable ex pédition, a laquelle lEsp: , la Sicile, Naples, Génes et Malte avaient fourni leurs contingents. De son cété Khaireddin, au nom de l’islamisme meracé, implorait le secours de Soliman , du roi de Maroc et des Arabes du désert. Il appela d’Alger des renforts, et placa ses hommes les plus dévoués sous les ordres de Sinan, audacieux corsaire. Aprés avoir soutenu un siége en régle dans le fort de la Goulette, et livré bataille dans les plaines de Tunis, il fut contraint de se réfugier 4 Biserte, abandonnant au vainqueur la ville de Tunis, dont les captifs chrétiens s’étaient déja rendus maitres pendant qu’il combattait 4 une lieve de ses murs.

Un si grand revers ne pouvait abattre l’ame intrépide de Barberousse ; de Biserte il équipa une petite escadre, avec laquelle il se rendit 4 Alger. Puis il courut de nouveau raya ger les cotes de V’Italie; il porta la terreur dans la Pouille, et surprit la ville de Fondi, ov la belle Julie de Gonzague, qu'il venait enlever pour V’offrir 4 Soliman, ne lui échappa qu’en fuyant 4 demi nue au milieu de la nuit.

Appelé de nouveau par le sultan 4 Constantinople, Khaireddin en regut le titre de capitan pacha (grand amiral). II avait laissé en partant l’eunuque Hassan-Aga, son lieutenant, dépositaire de son pouvoir; mais il ne reparut plus dans l’Etat qu’il avait fondé. En 1538 la guerre éclata entre la Porte- Ottomane et la république de Venise; Barberousse et Doria se trouvérent de nouveau en présence. Barberousse, aprés avoir ravagé les fles vénitiennes de l’Archipel, s’engagea dans le golfe d@’Ambracie; Doria l’y suivit, et le bloqua dans le canal de Vile Sainte-Maure. Un grand combat naval semblait inévitable; cependant Barberousse parvint 4 |'éviter par ’habileté de ses manoeuvres. I] revint 4 Constantinople, aprés s’étre emparé de Scyros, Pathmos, Paros, Egine et Stampalie. Chargé l’année suivante par Soliman d’assi¢ger Castel-Nuovo par terre et par mer, il prit cette place d’assaut. Aussi heureux général que marin redoutable, il réduisit le royaume d’Yémen pour le compte du sultan, et, reparaissant l'année suivante a la téte des flottes ottomanes, il battit la flotte vénitienne, forte de trois cents voiies, devant Vile de Candie.

En 1543 il parut dans Ja riviére de Génes, et rejoignit la flotte francaise 4 Marseille. Les deux flottes combinées assiégérent la citadelle de Nice, mais sans succés. L’amiral ture put revenir sans obstacle a Constantinople, et cependant André Doria était sur la mer Méditerranée avec les forces: navales de Charles-Quint. Ces deux grands hommes de mer semblaient se respecter et se mnénager l'un lautre.

Barberousse ramenait sept mille captifs ; Soliman le requt avec les plus grands honneurs.

Ce fut la derniére campagne de Khaireddin; quoique alors 4gé de soixante-dix ans, il s’abandonna sans mesure aux délices du harem, et, comme Attila, on le trouva mort dans son lit entre les bras @une femme (1546).

Khaireddin doit étre compté parmi les plus grandes figures qu’ait produites l'islimisme, En donnant aux Etats barparesques de l'Afrique une existence politique régulitre, il

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