‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 318 sur 488 · DU BOCAGE · texte numérisé non relu

DU BOCAGE

la noblesse de ses sentiments pour le défendre des accusalions qu'on a portées contre lui comme homme politique.

BARBESIEUX (Louis-Frangois-Marte LETELLIER, marquis de), troisiéme fils du marquis de Louvois, né en 1668 , succéda dans l’administration de la guerre, a lage de vingt-trois ans, & son pére, qui pourtant ¢tait mort disgracié. Ce ieune chevalier de Malte, vif au travail comme au plaisir, se vengea des courtisans qui affectaient de le comparer 4 son pére, en sachant entretenir ala fois plusieurs armées en Allemagne, en Flandre et dans le Piémont; en donnant 4 Louis XIV (1692), malgré l’épuisement du royaume, Varmée de 100,000 hommes qui prit Namur. A la paix de Ryswick, Barbesieux prit sa revanche, se livra sans mesure 4 sa passion pour les femmes, et négligea les affaires publiques, au point que Louis XIV se plaignit vivement de sa conduite dans une lettre 4 son oncle, l’archevéque de Reims, lettre que Voltaire nous a fait connaitre. Epuisé par les plaisirs et les excés de tout genre, Barbesieux ne vit pas les revers de Louis XIV dans la guerre que Jui suscita Guillaume III pour la succession d’Espagne. J] mourut 4 trente-trois ans, en 1701.

BARBET. C’est le nom d’une race de chiens. Le barbet est couvert de poils longs, fins et frisés , de couleur noire, tacheté de noir sur du blanc, ou tout blanc; ila la téte grosse et ronde, Jes oreilles larges et pendantes , les jambes courtes, le corps épais, la queue presque horizontale. Salongueur, du bout du museau a l’origine de la queue, est de huit décimétres. C’est de tous les chiens le plus intelligent et le plus susceptible d’attachement. Il aime l'eau, nage avec la plus grande facilité , et s'emploie pour la chasse des oiseaux aquatiques; ce qui lui a valu le nom de canichey chien-canard.

Le petit barbet, de taille plus petite, se distingue par son museau plus petit, et son poil, qui est soyeux et non frisé sur le sommet de la téte, les oreilles et l’extrémité de la queue. I] semble étre provenu du mélange du barbet avec Vépagneul.

Le griffon, au contraire , parait provenir du barbet et du chien de berger; il est de taille médiocre ou petite, ala forme du barbet, avec les oreilles un peu redressées , les poils longs , non frisés , et disposés par petites méches droites qui vont dans toutes les directions ; le museau garni de poils aussi longs que sur le reste du corps. Il chasse bien quand sa taille est un peu forte.

Barbet est encore le nom vulgaire que portent deux poissons, le rouged et le mulet. DEMEZIL.

BARBETTE. On donne ce nom a I’épaulement d’une batterie qui ne porte pas d’embrasure et par-dessus lequel la piéce peut tirer dans tous les sens. S’il y a avantage dans l’extension du champ de tir qu’on obtient par cette disposition , il en résulte aussi le grave tnconyénient de laisser 4 découvert les piéces et le corps des artilleurs. Les batteries de place sont ordinairement 4 barbette et armées de piéces montées sur des affdts de place qui permettent d’élever ’épaulement 4 1 métre 62, en conservant a la volée tout le jeu nécessaire pour passer par-dessus.

BARBETTI ( Anceto), scuipteur en bois , né & Sienne, en 1803, a fait faire des progrés immenses a son art, dont ila été le régénérateur en Italie, par une étude constante du type grec. Barbetti est parvenu a donner a ses compositions une grace et une pureté de style qu’on ne peut lui contester : on a admiré a l’exposition universelle de Londres un coffre orné de sculptures dont la belle exécution a fait décerner une médaille a leur auteur. Les plus beaux ouvrages de Barbetti, fixé aujourd’hui a Florence, sont les facades des démes de Sienne et d’Ovieto. En 1851, il a obfenu une médaille @’honneur 4 Exposition universelle de Londres.

BARBIE DU BOCAGE (Jean-Denis), né & Paris, le 28 avril 1760, géographe et philologue, se sentit de bonne heure une vocation toute particuliére pour |’étude da

la géographie, et s’y forma sous la direction de Danville. fl fonda sa réputation (1789) par la publication de J’Atlas du Voyage du jeune Anacharsts de Barthélemy. Ses p!ans et ses cartes pour le Voyage pittoresque en Greéce, de Choiseul-Gouffier, et sa carte de la retraite des Dix Mille (1796), avec une notice explicative, prouvent assez avec quel soin il se livrait A l’étude de la géographie ancienne, I] publia plus tard en collaboration avec Sainte-Croix des Mémoires historiques et géographiques sur les pays situés entre la mer Noire et la mer Caspienne ( Paris, in-4°, 1797). Il travailla aussi sur les Indiques d’Arrien et sur les voyages de ‘Chandeler. Les wuvres de Gail, Pouqueville, Fortia d’Urban, la collection des classiques latins de Lemaire et une infinité a’autres livres estimés lui durent une grande partie de leur valeur. On ne pourrait énumérer toutes les dissertations qu’il composa, soit pour le Magasin Encyclopédigque, soit pour Ja Société des Antiquaires de France. La carte de Morée, qu'il avait terminée en 1807 par ordre du ministre de la zuerre, guida notre expédition de Gréce en 1828.

En 1816 il fit paraitre son Atlas pour l’étude de Ihistoire ancienne. En 1780 il avait été nommé géographe du ministére des affaires étrangéres; en 1785 il fut attaché au cabinet des médailles, et fut nommé en 1792 conservateur de la collection des cartes géographiques de la Bibliothéque Nationale. Jeté en prison en 1793, il dut au courage de sa femme son prompt élargissement. Depuis cette époque il vyécut exclusivement livré a ses études géographiques. II allait tourner ses vues vers l’Afrique, lorsqu’une attaque @apoplexie Penleva aux sciences le 28 décembre 1825. II était membre de I’Institut. Il avait été nommé en 1809 professeur & la Sorbonne, et avait fondé en 1821 la Société de Géographie, dont il fut longtemps le président.

Ses deux fils ont suivi la carriére de leur pére. L’atné, Jean-Guillaume Bareié pu Bocace, né a Paris en 1793, mort vers 1845, était géographe au ministére des affaires étrangéres, suppléant a la Faculté des Lettres, membre de la Société de Géographie et de plusieurs autres sociétés savantes. Il avait publié divers opuscules de géographie dans les recueils des sociétés dont il était membre et un grand nombre de cartes,

Le plus jeune, Alexandre-Frédéric Barsiét vu Bocace, né en 1798, mort & Pau en 1834, était professeur de géographie a la Faculté des Lettres et membre de la Société des Antiquaires. 1] avait publié un Traité de géographie générale (1832), et un Dictionnaire géographique de la Bible (1434).

BARBIER. Le barbier est artiste qui fait la barbe ; la barberie est sa profession. Les barbiers étaient fort peu connus dans les premiers temps de la monarchie frangaise ; mais la propreté ayant été regardée a juste titre comme un auxiliaire tout-puissant de la santé, on s’accoutuma a ne plus considérer les longues barbes comme un eusbléme de liberté. Les barbiers devinrent nombreux, et profitérent de la rivalité qui existait entre les médecins et les chirurgiens pour s’emparer des fonctions de la chirurgie et Jes remplir avec les chirurgiens eux-mémes. Ce fut la faculté de médecine, tonte-puissante alors, qui fournit aux barbiers les moyens d’exercer la chirurgie.

Les barbiers portaient jadis en France le nom de mires , mot qui se retrouve encore dans quelques noms propres. Nous voyons parfois, dans Vhistoire, le mire du roi devoir une importance politique a ses rapports intimes avec le prince. Les deux exemples les plus marquants en France sont ceux de Pierre 1a Brosse, ou la Broche, barbier de saint Louis et chirurgien de Philippe le Hardi, son fils, dont il devint premier ministre, et Olivier le Diable, dit /e Daim, barbier de Louis X1, qui, honoré de la conliance de ce prince soupgonneux, devint comte de Meulan et commanda méme des expéditions militaires : tous deux abusérent de leur faveur, et finirent par étre

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