‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 321 sur 488 · BARBIER — BARBOU · texte numérisé non relu

BARBIER — BARBOU

lieu ot l’on doit se comporter décemment, parce que, ajouta-t-il, locus est sacer ; et Barbier d’Aucour de répliquer bien vite: Si locus estsacrus, quare exponitur... Il faisait allusion 4 des tableaux énigmatiques qui y étaient exposés ce jour-la pour étre expliqués par les assistants. Ce barbarisme courut tout de suite de bouche en bouche, et l’épithéte ‘ui en resta. Ce petit malheur ne l’empécha pourtant pas d’arriver & l’Académie Frangaise; il est vrai qu’il avait été précepteur des fils de Colbert, et la protection du tout puissant ministre dut étre pour quelque chose dans sa fortune littéraire. Dans tous les cas, il n’en fut pas redevable avx jésuites, parmi les adversaires desquels il figura toujours en premiére ligne; et la plupart de ses ouvrages sont dirigés contre la célébre société ou contre les écrivains qu’elle a produits,

Son principal titre littéraire est un livre cité souvent et avec raisoncomme un modéle de critique ingénieuse et piquante. Il estintitulé: Sentiments de Cléanthe sur les entretiens d@ Ariste et d’Eugéne par le P. Bouhours (2 vol. in-12, 1672). Le jésuite Bouhours, écrivain frivole, froid et prétentieux, ne put se relever du rude coup porté a sa réputation. On a encore de Barbier d’Aucour un recueil de satires intitulé: Les Gaudinettes; LOnguent pour la brilure, contre les Jésuites, réimprimé in-32,en 1826, comme une piéce de circonstance; Apollon vendeur de mithridate, deux mauvaises satires contre Racine, oi l’on ne reconnait guére le critique ingénieux qui avait si finement raille le P. Bouhours ; etc., etc. Barbier d’Aucour n’avait jamais été heureux. D’une timidité excessive dans les rapports sociaux, il ne s’enhardissait que lorsqu’il avait une plume a la main, et n’était rien moins que brillant dans la conyers sation. Au Palais, ot le poursuivait ce ridicule sobriquet Wayocat Sacrus, il lui était mémearrivé un jour en plaidant de rester tout a fait & court.

Lorsqu’il fut pris de la maladie 4 laquelle il suecomba, Académie ’envoya visiter par plusieurs de ses membres, qui furent touchés de le trouver si pauvrement logé : « Ma consolation, dit-il 4 ses collégues, c’est que je ne laisse pas d’héritiers de ma misére. — Vous laissez un nom qui ne mourra pas, lui dit l’'abbé de Choisy, I’un des députés de l’Académie. Je ne m’en flatle pas, répondit le moribond. Je n’ai fait que des critiques, ouvrages toujours peu durables, qui tombent dans l’oubli avec les livres auxquels ils ont trait, sila critique est méritée, ou dans le mépris si elle est injuste. »

BARBISTES, nom donné aux éléves de Vinstitution deSainte-Barbe.

BARBORIENS. Voyes Bansé.iores.

BARBOU. La famille d’imprimeurs qui porte ce nom remonte au seiziéme siécle. Ses membres se sont fait un nom par la correction et l’élégance des livres sortis de leurs presses. Le premier, Jean, donna en 1539, 4 Lyon, une édition trés-correcte, petit in-8°, et en caractéres italiques, des @uvres de Clément Marot. La devise de Mort n'y mord, qu’on y lit en téte, paratt etre plutét celle de Marot que celle de Barbou; car on la trouve dans toutes les éditions du poéte. Quant aux successeurs de Barbou, ils adoptérent celle-ci : Meta laboris honor.

Hugues, fils de Jean, quitta Lyon pour Limoges, ot il publia, en 1580, une trés-belle édition, également en caractéres italiques, des Lettres de Cicéron & Alticus, avec les corrections et les notes de Siméon Dubois, lieutenant général de cette ville.

Le premier imprimeur du nom de Barbou qui vint se fixer 4 Paris fut Jean-Joseph, reou libraire en 1704 par arrét du conseil, et qui mouruten 1752. Son frére, Josephg regu libraire en 1717, et imprimeur quatre ans aprés, en 1723, mourut en 1737, et eut poursuccesseur 8a veuve, qui se démit de son imprimerie en 1750.

Joseph-Gérard, neveu des deux précédents, regu li-

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