BARING FRERES ET
Francis BarinG, né en 1800, membre de la chambre basse et gérant de la maison Baring fréres et comp. Celui-ci est mort en 1868.
Les quatre autres associes de la maison, ayant ¢galement la signature sociale , sont aujourd’hui: Josué Bares, de Boston, directeur des opérations commerciales; Thomas BanING , fils cadet de sir Thomas Baring; Charles Barine J°, cousin des autres Baring, et Russel Sturgis de Boston.
La maison Baring fréres et comp., qui dispose @immenses capitaux, s’intéresse dans toutes les grandes affaires commerciales, s’occupe de négociations d’effets publics , de négociations d’emprunts pour le compte des différents gouvernements, de vente de traites, de matiéres précieuses , et de produits spéciaux de certaines colonies, par exemple de ceux de Vile de Ceylan , d’importations et @exportations, tant pour son compte propre que par commission, etc.
BARIUM. Voyez Baryum.
BARKAH, ou BARCA. On appelle ainsi le plateau du nord de Afrique situé entre la grande Syrte ( aujourd’hui golfe de Sydra) et PEgypte. Ce nom, qui date d’une haute antiquité, et qui était celui de ’antique capitale de cette contrée, désigna ensuite le pays lui-méme. Ce plateau est borné au nord par la Méditerranée, a Vest, vers Egypte, par une foule de populations nomades et indépendantes, au sud par la Nubie et le désert du Sahara, et 4 louest par le territoire de Tripoli et le Biledudjérid. Son étendue de Vest 4 Pouest est d’environ 250 lieues, et seulement de 30 4 40 du nord au sud. Sa superficie est de 8,000 lieues carrées , et sa population d’environ 500,000 dmes. Les limites de ce quon nomme le royaume de Barkah ne sont pas celles du désert du méme nom, qui s’étend beaucoup plus avant vers le midi. Cette contrée correspond aux trois pays que les anciens appelaient la Libye extérieure, limitrophe 4 l’Egypte, la Marmorique et la Cyrénaique. Le sol en est calcaire, pierreux et sablonneux dans la partie orientale, a l’exception de quelques oasis au milieu du désert, comme celle de Siouah.
Siouah, dont les habitants, au nombre de 5 a 6,000, y compris ceux de oasis, font un gros commerce de dattes ; Sant-Rieh, que d’Anville regardait comme Vancien Ammonium, et Al-Baretoun, autrefois Paretonium, sont les seuls lieux remarquables dans la partie orientale du pays de Barkah. La partie occidentale renferme un bien plus grand nombre de villes. On y retrouve les cing principales qui avaient fait nommer la Cyrénaique Pentapolis, savoir : Darnis, Cyrene, Apollonis, Ptolémais et Arsinoé, appelées aujour- Whui Derna, capitale du pays, Courein ou Grenneh, Marza- Sosousch, Tolmeta et Towkrat. On trouve encore, prés de la céte, Bengazi, autrefois Bérénice , nommée aussi Hesperis, ot les anciens placaient Je jardin des Hespérides ; et dans Vintérieur des terres, au milieu @une oasis, Awdjila, petite république commercante qui a conservé son nom antique.
Dans la partie sud-ouest de cette contrée est le mont Haroutsch, dont Porigine est probablement volcanique.
Les habitants de Barkah dépendent du pacha de Tripoli, auquel leurs différents beys. payent tribut; ils sont tous Arabes ou Berbéres , et en général maigres, laids et voleurs audacieux. Quo‘que pour la plupart fort misérables, ils le sont encore moins que leurs yoisins, auxquels ils fournissent diverses denrées en échange des chameaux et des moutons qu’ils ne peuvent élever, faute de paturages. Ils professent la religion musulmane; mais ceux de l’intérieur n’ont pas plus de religion que de temples.
En raison de la grande élévation du sol de la province de Barkah au-dessus du niveau de la mer, le climat en est sain et tempéré; et les différentes terrasses qu’il forme, encore bien que les cours d’eau y soient rares, sont extrémement fertiles, La fécondité actuelle de cette contrée rappelle tout
COMPir — BARKAH 519
A fait celle qui jadis avait rendu la Cyrénaique si célébre. Le riz, les dattes, les olives, le safran, etc., y viennent avec une extréme abondance, et la vigne réussit admirablement aux environs de Libida. De riches prairies y favorisent !’éléve du bétail, etles chevaux du pays de Barkah jouissent encore aujourd’hui de la méme célébrité que dans l’antiquité.
Toutefois, il n’y aguére qu'un quart du pays de Barkab qui se trouve placé dans ces heureuses conditions; la limite en est formée par le versant méridional du Djebel el Achdar, vers le désert de Libye. I) s’en faut d’ailleurs que cette contrée méme soit aujourd’hui aussi cultivée qu’elle létait au temps de l’antiquité.
L’histoire du pays de Barkah est restée fort obscure dans ses détails, et on en connait a peine les principales révolutions. Soumis en grande partie aux anciens rois d’Egypte, puis aux rois de Cyréne, qui fondérent la ville de Barcé, nommée depuis Barkah, il fut incorporé dans la république de Cyréne, et tributaire des rois de Perse, jusqu’a la mort d’Alexandre le Grand. Asservi par des tyrans, il passa ensuite sous la domination des derniers Ptolémées, rois d’Fgypte, puis, 'an 76 avant J.-C., sous celle des Romains. A cette époque les populations de Barkah étaient célébres par leur race de chevaux et par leurs brigandages. Sous le khalifat d’Omar I’, Amrou, gouverneur de l’Egypte, qu’il avait enlevée aux empereurs d’Orient, chargea Okbah de la conquéte de l’Afrique, l’an 643. Okbah épargna les habitants de Barkah , qu’il assujettit 4 payer tribut ; mais ceux de Tripoli ayant résisté , il assiégea et prit leur ville. Cette invasion des musulmans les rendit maitres de la Libye. Abdallah-Ibn-Saad, frére utérin du khalife Othman, et gouverneur de I’Egypte, entreprit une seconde expédition en Afrique. L’an 648 il pénétra jusqu’a Tripoli, dont il leva le siége a l’arrivée d’une flotte grecque. Mais ayant vaincu et tué le patrice Grégoire , qui gouvernait Afrique au nom de ’empereur d@’Orient, il s*empara de Cabes et de Soubaithala , résidence du gouverneur.
Les guerres civiles qui éclaterent dans l’empire musulman apres la mort d’Othman suspendirent pour un temps la conquéte de Afrique. Okbah s’était maintenu a Barkah, oi il avait converti 4 ’islamisme un grand nombre de Berbers. Ayant recu de puissants renforts du khalife Moawiah, et obtenu le gouvernement de l’Afrique , qui jusque alors avait fait partie de celui d’Egypte , il poussa ses conquétes jusque dans les environs de Tunis, et fonda, l’an 669 ou 675, la ville de Cairowan, qui fut longtemps la résidence des gouverneurs ef souverains de |’Afrique musulmane, et qu’on a souvent confondue 4 fort avec Cyréne, qui est beaucoup plus 4 Pest et dans le pays de Barkah. Okbah pénétra jusqu’en Mauritanie , jusqu’aux bords de I’Océan.
L’Afrique étant devenue indépendante de V’empire des khalifes d’Orient, le pays de Barkah , d’abord soumis aux Thouloumides , souverains de l’Egypte, fit partie des Etats des Aglabides, qui régnérent sur la Barbarie orientale de Pan 800 a 908, tandis que trois autres dynasties se partageaient le Maghreb ou Afrique occidentale. Ces quatre puissances furent anéanties par celle des Obéidides ou Fathimides , qui possédérent tout le nord de l'Afrique. Lorsque ces rivaux des khalifes abbassides de Bagdad eurent conquis ’Egypte, oii ils transférérent le siége de leur empire en 972, Barkah et le reste de l'Afrique septentrionale obéirent aux Zéirides, qui de gouverneurs et tributaires sous les Fathimides en devinrent souverains jusqu’au milieu du douziéme siécle. Abd-el-Moumen , second prince de la puissante dynastie des Almohades , se rendit maitre de tout le nord de Afrique; mais an 1172 Barkah et tout le pays jusqu’a Tripoli furent conquis par Taki-Eddin, neveu du célebre Saladin, sultan d’Egypte et de Syrie, ou plutét par un général ture qui portait le méme nom. Au commencement du siécle suivant, cette contrée obéissait aux Hafsides, roisde Tunis. Vers le déclin de cette dynastie, celle des Ammarides,
s’étant établie 4 Tripoli en 1324, posséda le pays de Barkah jusque vers lan 1400.
La soumission de Barkah a ses souverains éloignés fut toujours équivoque et fragile, et se borna le plus souvent a un faible tribut assez irréguliérement payé par les tribus berbéres, maures et arabes qui l'habitent, surtout lorsque Tripoli eut été pris par Roger, roi de Sicile, en 1147, puis par les Espagnols , en 1518. Sinan-Pacha ayant enlevé cette place, en 1551, aux chevaliers de Malte, A qui Charles- Quint lavait cédée en 1530, Barkah devint alors tributaire des deys de Tripoli, et l’est toujours demeurée depuis. Consultez Pacho, Relation d’un voyage dans la Marmorique , la Cyrénaique, etc. ( Paris, 1827). H. Avupireret.
BARKER (Epmonp-Henat), lun des philologues les plus distingués qu’ait produits l’Angleterre, naquit le 22 décembre 1788, 4 Hollyin, dans le Yorkshire, et regut sa premiére éducalion dans des pensions 4 Londres et a Louth dans Lincolnshire. I] entra ensuite au collége de la Trinité , a Cambridge.
Indépendamment de diverses éditions d’auteurs latins, par exemple du traité de Cicéron de Amicitia et dela Vie d’ Agricola de Tacite, ainsi que de nombreuses dissertations insérées dans des recueils littéraires, notamment dans le Classical Journal, il selaissa déterminer par le célébre philologue Parr , chez qui il était venu séjourner quelque temps, a Halton prés de Warwick, & entreprendre une nouvelle édition du Thesaurus Linguxe Grece de Henri Etienne. Bien que ce travail gigantesque edt élé attayué dans le Quarterly Review par Blomfield, contre qui Barker publia son Aristarchus Blomfieldanus (Londres, 1818), il ne len mena pas moins courageusement a bonne fin, tout en modifiant un peu son plan primitif, en compagnie avec son éditeur, Valpy de Londres, qui de 1816 & 1828 en publia les 13 volumes. Les applaudissements des étrangers vengérent Barker des injustes attaques de ses compatriotes.
Dans ses Classical Recreations (1 vol., Londres, 1812), qu'il avait fait paraitre précédemment, il avait été l'un des premiers qui en Angleterre eussent encore osé traiter en langue vulgaire, et non pas en latin, des matiéres relatives a Yarchéologie , et ne pas s’en tenir non plus a la simple critique des mots. Il entra en relations avec un grand nombre de philologues allemands, et fournit des notes précieuses, entre autres, a Sturz pour son Etymologicum Gudianum. ll s’efforga , en owtre, de rendre accessibles a ses concitoyens, au moyen des traductions anglaises, les travaux de plusieurs érudits allemands, notamment le Catalogue des anciens Artistes de Sillig et la Grammaire Grecque élémentaire de Buttmann. Indépendamment d’éditions des auteurs classiques grecs et latins a lusage des colléges, il dirigea une édition nouvelle du traité d’Arcadius De Accentibus (Leipzig, 1820), en la faisant précéder d’une epistola critica 4M. Boissonade. Un sentiment qu’il est facile de s’expliquer le porta aussi 4 vouloir se méler de critique relative a la littérature moderne; c’est ainsi qu’on le vit prendre une part des plus vives a la discussion qui s’éleva au sujet du véritable auteur des Lettres de Junius. Dans son ouvrage intitulé Parriana (Londres , 2vol., 1828-1829), livre a peine lisible, a cause de immense quantité de matiéres qu’il y a entassées avec fort peu d’ordre et de méthode, il a essayé d’élever un monument a la mémoire de son ami Parr.
Des procts qu’il entreprit dans Vespoir d’un héritage important compromirent sa fortune personnelle , a tel point quwil fut forcé de vendre sa bibliothéque, et qu’il subit méme une incarcération pour dettes. Il etait en proie a la plus profonde mistre, quand il mourut 4 Londres, le 21 mars 1839.
BARKER (Maruew-Henet), romancier anglais, qui a exploité avec succes le genre maritime sous le pseudonyme de the Old Sailor, était fils dun ecclesiastique dis-