BARON
pire étaient proprictaires de biens immédiats ou dynastes. lls figuraient également aux cours pléniéres et aux diétes impériales , et appartenaient en général A la haute noblesse. De bonne heure ils devinrent comtes et princes, et n’eurent plus dés lors rien de commun avec les barons d’une époque postérieure, lesquels ne formérent plus qu’un degré de la petite noblesse venant aprés les comtes.
En Angleterre, le mot baron est dans son sens le plus général le synonyme de pair. Dans un sens plus restreint, il désigne encore aujourd’huile degré inférieur de la pairie. Selon Cambden, ce furent bes Normands qui l’introduisirent dans la législation politique du pays.
On appelle encore barons, en Angleterre, Jes juges de la cour de P Echiquier (parce qu’a lorigine e’étaient toujours des pairs), quatre juges d’Angleterre avec un chiefbaron, ainsi que cing juges en Ecosse, créés par patentes royales ( letters-patent ), et chargés de décider les contestations relatives a l’assiette et au recouvrement des impdéts qui surviennent entre le roi et ses sujets.
Dans les anciens documents anglais on trouve également désignés sous la qualification de barons les notables de la bourgeoisie, et en général les bourgeois de Londres, d’York et de quelques autres grandes villes du royaume investies de priviléges particuliers. Ce titre était encore porté par les membres du parlement qui, avant les modifications opérées dans les circonscriptions électorales par l’acte de 1832, étaient envoyés 4 la chambre des communes par les Cinqueports. Quand la qualification de baron n’est plus un titre de noblesse, comme dans ce dernier cas, elle est précédée uniquement du mot master ( monsieur ), tandis que les barons pairs recoivent le titre de seigneurie.
En France, Napolkéon ayant créé en 1808 par un sénatusconsulte une nouvelle noblesse, les barons prirent rang aprés les comtes. Dans les années suivantes ce titre put ¢tre facilement obtenu moyennant constitution d’un majorat, tandis que les autres continuérent 4 étre accordés par le prince comme réeompense de services rendus au pays.
BARON (Micuet BOYRON, dit), le premier, par ordre chronologique, des trois grands acteurs frangais universellement connus, naquit a Paris en 1653. Son pére, marchand d’Issoudun, s’était épris, 4 une représentation de comédiens ambulants , d’un godt si vif pour la scéne, qu’il quitta brusquement ses affaires commerciales pour prendre un engagement dans leur troupe. Michel Baron pére apportait une extrAme passion dans l’exercice de son état. Il s’identifiait, comme plus tard devait le faire son fils & un degré supérieur, avec les personnages qu’il était chargé de représenter. Sa mort fut méme une suite de ce génie naturel qui le faisait vivre et agir & la scéne comme l’eussent fait les personnages mémes dont il remplissait les rdles. Un soir qu'il jouait don Diégue du Cid, dans cette belle scéne ot la faiblesse défaillante du vieillard fait si cruellement défaut a son ressentiment , son épée lui échappa des mains sous le choc de celle de don Gormas, ainsi que la situation l'exige, et il se fit au petit orteil, en la repoussant du pied avec colére, une blessure qui parut d’abord peu grave, mais dont les suites amenérent la gangréne. L’amputation de la jambe devint nécessaire ; mais le vieil et ardent comédien ne put se résoudre a souffrir cette opération. Non , non, disait-il , un roi de thédtre se ferait huer avec une jambe de bois. Et il mourut de son obstination.
On pense bien que le jeune Baron, élevé a cette école, et d’ailleurs heureusement doué des qualités qui font le grand acteur, ne dut chercher un aliment pour ses jeunes passions qu’au théatre, oi il était né, et oi il avait grandi avec Vexemple d’un tel pere. Aprés ses débuts dans la troupe de la Raisin, il eut l'inappréciable bonheur d'etre appelé dans celle de Molidre, qui le prit en affection, et devint son guide et son ami, Molitre , comme Shakspeare, acteur médiocre dans ’exécution, mais profondément versé