ARNAULD — ARNAULT
Office du saint Sacrement; Réponse aun écrit au sujet de lasainte Epine, et de Vautorité des miracles; Traité des vraies et des fausses idées (1683); Réflexions philosophiques et théologiques (1685); Dissertation sur les miracles de Vancienne loi (1685); neuf Lettres & Malebranche ; Apologie pour les catholiques contre les faussetés du ministre Juriew (1681 et 1682); Eclaircissements sur Vautorité des conciles; La Concorde des kEvangiles ; Défense du Nouveau Testament de Mons (1666); Renversement de la morale de Jésus-Christ par les calvinistes (1672); Impiété de la doctrine des calvinistes (1675); Remarques sur une letire de M. Spon (1680) ; Le calvinisme convaincu de nouveaux dogmes impies (1681); Réponse générale a M. Claude (1671); Pratique morale des jésuites. Arnauld fournit des matériaux a Pascal pour ses Provinciales, notamment pour la 3°, la 9°, la 11°, la 13° et la 14°. En outre, il publia ou laissa en manuscrit La Grammaire générale et raisonnée, dite de Port-Royal ; le Réglement pour l'étude des belles-lettres ; La Logique, ou L’Art de penser; Nouveaux Eléments de Géométrie; Réflexions sur Veloguence des Prédicateurs. Ces cing derniers ouvrages, demeurés classiques, ont été revus et refondus depuis par des hommes habiles; mais le premier jet en est dd & Arnauld, dont le cachet subsiste impérissable au milieu des améliorations qu’on a pu y introduire.
La seur ainée d’sntoine Arnauld, Jacguweline-Marie-Angélique AKNAULD de Sainte- Madeleine, née en 1591, morte en 1661, devint religieuse a huit ans, et en violation du réglement fut nommée dés l’age de quatorze ans abbesse de Port- Royal des Champs, ow elle introduisit la réforme de Citeaux et fit revivre la discipline de saint Bernard. La réforme de Pabbaye de Maubuisson, gouvernée par lasmur Gabrielle d’Estrées, fut pour elle une cause de vives préoccupations. Par la suite elle transféra son monastére des champs a Paris, et obtint du roi que l’abbesse serait désormais élective et triennale.
{ Une autre sceur, la mére Jeanne-Catherine-Agneés de. Saint-Paul, née en 1593, morte en 1671, entra fort jeune dans le cloitre, suivit sa sceur dans ses réformes et travailla aux Constitutions de Port-Royal. On \ui doit ’ Image dune religieuse parfaileect @uneimparfaite (1660), et Le Chapelet secret du saint Sacrement (1663). M. Faugére a publié, en 1858, les Le/fres de la mére Agnés Arnauld ree yues sur les textes authentiques et précédées d’une introduetion. Au reste, elles étaient six s@urs religieuses dans Je méme monastére, toutes occupées de disputes sur la grace.
Leur niéce, la mére Angélique de Saint-Jean, fille d’Arnauld d’Andilly , née en 1624, morte en 1684, a composé les Mémoires pour servir a la vie de la mére Marie- Angélique Arnauld de Sainte-Madeleine, réformatrice de Port-Royal, publiés en 1737, in-12. Dom Clémencet a fait paraitre ses Con/érences en 1760, 3 vol. in-12. Dans la Bibliothéque Solar se trouvaient deux manuscrits de ses Lettres &@ Mademoiselle H., sur la grace. Z. |
ARNAULT ( Anroine-Vincent ) naquit & Paris, le 1% janvier 1766. Son péreetsa mére étaient employés auprés du comte et dela comtesse de Provence ; et lui-méme était fillenl de ce second frére de Louis XVI, qui fut depuis Louis XVIII. Il fit de bonnes études au collége de Juilly, dirigé par les oratoriens. Elevé, comme toute la jeunesse de son époque, dans l’admiration des hommes et des idées de la Gréce et de Rome, il s’enthousiasma, malgré sa naissance et les opinions de sa famille, pour les principes qui triomphérent en 1789. Lui aussi, au sortir des bans, avait en poche sa tragédie classique, Marius a Minturnes, sujet romain , puisé dans les movurs et les troubles de la république , sévérement charpenté d’aprés les régles des trois unités théatrales, une tragédie en trois actes , enfin, qui obtint un grand succés en 179{. « On y remarque, disait
Geoffroy, le célébre critique, de beaux vers dans le goat de
Corneille, des tirades bien frappées, mais en général une versification dure, pénible, et plus de penchant & imiter Lucain que Virgile. »
Apres la représentation , on demanda auteur; un acteur vint le nommer. Mais le public s’obstinant 4 le voir, le jeune poéte vint recueillir ses applaudissements dans une loge, et non sur le théatre, suivant l’usage. Trente-deux ans aprés, le 5 juin 1823, Arnault assistait & un semblable triomphe obtenu parson fils Lucien, C’était le soir de la premiére re~ présentation de Régulus. On demandait lauteur de toutes parts; on voulait le voir, comme on avait voulu voir son pére aprés Marius @ Minturnes. Placé dans une loge, Arnault , entouré de sa famille , heureux du triomphe de son fils , le présenta lui-méme aux spectateurs.
Lucreéce , tragédie en cing actes, jouée en 1792, n’obtint pas le méme succes , quoique puisée aux mémes sources ; elle fut peu godtée, malgré quelques situations heureuses; des murmures troublérent Jes premiers actes, et le cinquitme fut encore moins bien accueilli.
Cependant, la révolution marchait a grands pas; et comme le jeune auteur avait dédié sa tragédie de Marius au comte de Provence , le moment ne tarda pas a se présenter ot Arnault, quoique partisan des idées nouvelles, dut prudemment se résigner a grossir les flots de l’émigration : i passa 4 Londres en 1792. Rentré bientét et arrété 4 Dunkerque, il fallut un arrété du Comilé de salut public pour constater qu’il n’était point émigré. Il reprit donc le cours de ses travaux littéraires, et donna successivement, aux Fran- ¢ais, Oscar, en 1795, Blanche et Montcassin, ou les Vénitiens, en 1798, etc., sans compter deux opéras, dont Méhul avait composé la musique; Horatius Cocilés , joué en 1794, au Grand-Opéra, et Mélidore et Phrosine, représenté plus tard a l’Opéra-Comique.
1] avait été nommé en 1799 membre de l'Institut, et avait été présenté dans la famille de Bonaparte, son collégue dans ce corps savant. Une lecture des Vénitiens avait eu lieu chez ce dernier. « Dans Vorigine, dit M. Scribe ( Discours de réception al Académie Francaise), M. Arnault avait donné a cet ouvrage un dénodment heureux. Montcassin, son héros, ne mourait pas; il était sauvé du supplice par son rival. Le dénodment ne plut pas au général Bonaparte, qui avait en littérature des idées aussi arrétées qu’en politique. Il détestait Voltaire, il avait le malheur de ne pas aimer beaucoup Racine; mais il aurait fait Corneille premier ministre. I] était pour les dénodments énergiques, et youlait que méme au thédtre toutes les difficultés fussent enlevées a la baionnette. Le cinquiéme acte des Vénitiens ne lui avait pas paru attaqué franchement; il le trouvait affaibli et gaté par le bonheur des deux amants : — Si leur malheur eut été irréparable , disait-il a M. Arnault, /’émotion -passagére qwils m’ont causée m’aurait poursuivi jusqwa ce soir, jusquwau lendemain !... Il faut que le héros meure! il faut le tuer!... twes-le !... Montcassin fut donc mis a mort par ordre de Napoléon. »
Bientot aprés, Arnault accompagna le donneur de conseils, qui allait commander ’expédition d’Egypte ; mais on ignore pour quel motif il le quitta a Malte pour revenir en France. Quoi qu’il en soit, il resta longtemps éloigné du théatre, s étant engagé dans la carriére administrative sous le Consulat et Empire. Ainsi, nous le trouvons successivement chargé @organiser le gouvernement des {les Joniennes, chef de la division de Vinstruction publique et des beaux-arts au ministére de lintérieur, secrétaire général de Puniversité impériale, grace a la protection de Lucien Bonaparte, et, plus tard, de Regnault de Saint-Jean-d’Angely, dont il était devenu le beau-frére.
Ennemi déclaré et dangereux par la vivacité de son sarcasme, il était ami généreux et fiddle. Son esprit, néanmoins, naturellement frondeur et satirique, le poussail sous tous les gouvernements du cété de l’opposition , et le pou-