‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 334 sur 488 · BARRE D’'UN FLEVVE. BARRE D'EAU — BARREAU · texte numérisé non relu

BARRE D’'UN FLEVVE. BARRE D'EAU — BARREAU

nier de ce joyeux triumvirat, Barré mourut a Paris, enlevé par le choléra, le 3 mai 1832. Etienne Araco.

BARREAU. On appelle ainsi, au palais, le lieu oi se placent les avyocats a !’audience pour plaider ou pour écouter, et l’on a étendu cette dénomination a la profession méme et al’ordre des avocats. Nous placerons iciun tableau de Vexercice de cette profession chez les peuples parmi lesquels l’éloquence et le droit furent le plus en honneur.

La profession d’avocat remonte a la plus haute antiquité. Chez les Hébreux, les sages étaient chargés d’expliquer les points de droit dont Vobscurité donnait lieu A des contestations et de défendre les accusés. Ils recevaient pour tout salaire une portion des dimes. Les Babyloniens, les Chaldéens, les Egyptiens avaient aussi leurs sages. Lorsque les Egyptiens possédérent l’art d’écrire , ils décidérent qu’a l’avenir on ne défendrait plus aucune cause de vive voix : le motif de cette prohibition était que les orateurs pouvaient séduire les juges par leur accent pathétique, par leur éloquence entrainante , par des larmes vraies ou feintes. Mais comme l’usage de l'écriture n’était pas général, non plus que la connaissance des lois, les personnes qui ne pouvaient se défendre ellesmémes purent avoir recours aux sages, quiles assistaient par écrit, et faisaient ainsi office de ceux de nos avocats dont la fonction se borne 4 présenter en mémoire écrit la défense de leurs clients.

Du barreau chez les Grecs. Depuis que Périclés avait introduit |’éloquence dans |’exercice du barreau, il fut d’usage dans|’aréopaged’Athénes et dans les autres tribunaux de la Gréce de se faire assister par des orateurs ; on pouvait, en outre, s’adjoindre quelques amis comme conseils. Les premiers de ces orateurs, Aristide, Périclés et Thémistocle, avaient coutume de prononcer eux-mémes les discours composés pour leurs clients. Depuis Antiphon, qui le premier écrivit des oraisons que le plaideur débitait a Paudience, Démosthéne, Lysias et Isocrate rédigérent aussi par écrit leurs plaidoyers. Cependant dans certaines causes l’orateur prenait lui-méme la parole, et se chargeait seul de la défense ou de l’accusation.

Les orateurs devaient avoir pour principe de ne chercher a prcuver que la vérité, de ne pas employer des moyens répréhensibles pour gagner la confiance des juges ; l’enceinte de l'aréopage et du barreau était un lieu saint, que ne devait souiller aucun mensonge, aucune impureté : aussi l’arrosaiton dune eau lustrale avant audience, pour avertir les magistrats et les plaideurs que Vexercice de la justice était incompatible avec touteiniquité, avec toute souillure humaine. Cependant la sainteté du tribunal fut quelquefois profanée par des orateurs : on sait par quel moyen Hypéride défendit la courtisane Phryné, et comment il la fit acquitter.

Les Athéniens et les Spartiates, effrayés des abus qu’entraineraient de semblables licences, firent une loi par laquelle il fut désormais défendu aux orateurs de chercher par aucun préambule, par aucun discours trop adroit, & émouvoir la pitié des juges ; on défendit aussi 4 ces derniers de regarder Paccusé toutes les fois que le défenseur tenterait de les disposer en sa faveur, Il fut également décidé que chaque orateur ne pourrait parler plus de trois heures , et l’on plaga dans l’auditoire des horloges @eau ou clepsydres destinées A mesurer le temps. En outre, il fut spécialement enjoint aux orateurs de ne pas sortir des bornes de la décence et de la modestie, de s’abstenir des invectives et autres propos malséants, de ne pas frapper des pieds en signe d’impatience ou de colére; de ne faire aucune démarche en particulier auprés des juges pour les intéresser A leurs clients; de ne point discuter deux fois en public la méme question; enfin de sortir tranquillement de Vaudience, sans attrouper personne autour d’eux. Une amende de cinquante drachmes et au dela était infligée & ceux qui contrevenaient & ces dispositions.

Tout le monde ne pouvait pas étre choisi pour défenseur ;

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