BARRICADES — BARRIERES DE PARIS
percevoir les droits sur les marchandises ¢trangéres, ou suivant les cas, empécher l'introduction de ces marchandises, on établit aux frontidres des Etats des barriéres ou bureaux de douanes. Mais ce qui existe avjourd’hui de nation 4 nation, a existé longtemps en France de province A province. Les marchandises ne pouvaient passer d’une province 4 l’autre sans acquitter, sur les limites, des droits de péage. Cette coutume remontait a Ja féodalité. Une ordonnance de Louis XIV (1687) abolit en partie ce systéme, dont les restes se sont maintenus jusqu’apreés la révolution de 89. BARRIERE (Tutovone), auteur dramatique, né en 1823, a Paris, est le fils d’un graveur géographe. Apres s’étre occupé lui-méme de travaux graphiques au Dépot de la guerre, il aborda le thédtre en 1843, et fit jouer depuis . le plus souvent en collaboration, une cinquantaine de piéces. Il a eu, en 1858, la croix d'honneur. Nous citerons de lui : Un Monsieur qui suit les femmes (1850) avec Decourcelle; les Filles de marbre (1853), avec L. Thiboust : ce fut son premier grand succés; les Parisiens (1855), comédie de meurs d’une originalité puissante ; les Faux bonshommes (1856) et ’ Héritage de M. Plumes (1858) , toutes deux avec Capendu et qui sont resiées au répertoire du Vaudeville; l’ Outrage (1859), avec Plouvier; le Feu au couvent (1860), le Démon du jeu (1863); les Jocrisses de VAmour (1865), avec Thiboust; les Brebis galeuses (1867), les Bélises du cwur (1871).
BARRIERES (Traité des). C’est ainsi qu’on appela le traité particulier signé par les Hollandais le 29 janvier 1713, quelques mois avant la paix d’U trecht, et par lequel ils se réservaient, sous la garantie de l’Angleterre, le droit de tenir garnison dans Furnes, Ypres, Menin, Tournai, Mons, Charleroi, Namur, et autres places des Pays-Bas. BARRIERES DE PARIS. II existe a l’entrée de beaucoup de villes en France des barriéres, établies principalement pour la perception des droits d’octroi. Les bureaux des commis aux barriéres de Paris ne furent d’abord que de simples échoppes en bois, portées sur de petites roues pour en faciliter le transport. De la le nom de roulettes qu’on leur a longtemps donné. Louis XVI accueillit, en 1782, la demande que lui adressérent les fermiers généraux : il les chargea de faire construire les nouveaux murs de cliture de Paris, dans lesquels les faubourgs seraient renfermés, et de pratiquer des ouvertures destinées a l’introduction des denrées nécessaires 4 la consommation de la capitale. L’architecte Ledoux, non moins connu par son génie inventif et original que par l’élévation de ses mémoires, fut chargé de ces constructions. Comme leur but était de procurer beaucoup d’argent au fisc, on ne l’épargna point, et elles furent pouss¢es avec tant d’activité qu’a l’époque de la révolution, c’est-da-dire dans l’espace de six a sept ans, elles étaient entitrement terminées. Les dépenses furent énormes ; le devis les avait portées 4 12,000,000, elles montérent 4 50. Ce qui choque a la fois les yeux , la raison, le bon sens, ce qui fait saigner le coeur, c’est de voir, sous le nom de barriéres, ces édifices prétentieux , 8 colonnades , a fronton, a arcades, du plus mauyais godt il est vrai, érigés insolemment pour servir A loger les commis du fisc. Un étranger qui arrive A Paris par les barriéres de Vincennes , de Neuilly, de la Villette, etc., en voyant A l’entrée des faubourgs ces monuments d’orgueil, d’égoisme et dinhumanité, les prend pour des temples, des palais, des théatres, et s'informe quels sont les dieux qu’on y adore, les princes, les héros qui les habitent. Qu’on se figure sa surprise en apercevant qu’ils sont occupés par de pauvres commis de Yoctroi, a l'air souffreteux , A la casquette ronde, & l'habit vert sale, malheureux parias que le sort condamne a étre de garde ainsi toute l'année de deux jours un. On donne encore le nom de barriéres aux nombreuses guinguettes, aux nombreux cabarets qui les avoisinent extérieurement, et ot les ouvriers, les artisans de Paris et