‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 341 sur 488 · BARROS — BARROT · texte numérisé non relu

BARROS — BARROT

dont Pimpression fut votée par acclamation... Les journaux étaient remplis de ce manifeste lorsque V’usurpateur est entré 4 Paris ; son ressentiment en aurait tOt ou tard atteint Yauteur, » M. Barrot pére est mort a Paris le 19 novembre 1845, dans sa quatre-vingt-treizitme année.

BARROT (Camit1e-Hyacinrue-OpiLon), ayocat, ancien ministre, chef de l’opposition dynastique sous Louis-Philippe, fils ainé du précédent, est né a Villepot ( Lozére), le 19 juillet 1791. Il commenga ses études au Prytanée de Saint-Cyr, et les termina au lycée Napoléon. A dix-neuf ans il avait fini son droit et était regu avocat. Il n’avait que vingt-trois ans lorsqu’a la premiére rentrée des Bourbons, en 1814, il fut nommé, par dispense d’dge, avocat aux conseils du roi et a Ja cour de cassation. On a prétendu que M. Barrot s’était engagé dans les volontaires royaux en 1815. M. Barrot s’en est défendu. « En 1814 ef en 1815, a-t-il dit 4 la Chambre des Députés le 28 novembre 1840, j'ai éprouvé les sentiments que beaucoup de jeunes hommes ont pu éprouver. A cette époque de ma vie, dévoué a la liberté constitutionnelie du pays, oui, j’ai signé contre l’Acte additionnel de "Empire; oui, je m’accuse, si c’est un crime, davoir préféré la liberté constitutionnelle de mon pays au régime de l’Empire... J’ai fait plus : j’ai résigné 4 ce moment une situation qui m’était bien chére, j’ai résigné le titre d’avocat a la cour de cassation, dont je commengais 4 exercer Jes fonctions. Je n’ai pas fait partie des volontaires royaux ; et ma dénégation ici n’est pas une justification, c’est une rectification. Je comprends trés-bien que dans des luttes intérieures on s’arme pour ses convictions, et qu’on les défende; mais quand l’étranger se méle du conflit, il ne peut y avoir qu’une seule place pour un homme d’honneur : c’est sous le drapeau de son pays. » Ce que M. O. Barrot avoue, c’est que, dans le mois de mars 1815, lorsque le gouyernement fit un appel 4 la garde nationale de Paris, il écrivit a un capitaine de la onziéme légion pour se mettre avec quelques amis a sa disposition. « Je montais la garde dans les appartements du roi dans la nuit de son départ , a-t-il écrit quelque part. S. M. vit nos larmes, et contint lélan de notre enthousiasme... Je n’eus point 4 fausser mon serment. Je n’ai repris mes titres qu’au retour de S. M. Je votai contre l'usurpation sur le registre ouvert au greffe de la chambre de police correctionnelle. Et enfin je signai dans la chambre des ayocats une pétition qui, prés d’un mois avant le retour de S. M., demandait, au milieu méme des cris des fédérés , le roi e¢ la charte ! »

Cependant, M. O. Barrot ne tarda pas a faire de lopposition. Nous le trouvons bientét engagé en plein dans le lutte que le barreau soutenait alors contre la réaction royaliste. Deux causes contribuérent surtout a populariser sor nom : celle de Wilfrid Regnault (1818), ou ses efforts, réunis & ceux de Benjamin Constant, arrachérent 4 la mort un malheureux , victime des haines politiques, et condamné par la cour d’assises de I’Eure; et celle des protestants du midi, poursuivis pour avoir refusé de tapisser leurs maisons devant la procession de la Féte-Dieu (1817-19). Pour cette dernire affaire, « M, Odilon Barrot, dit M. Laurentie, prit dans la charte l'article qui convenait 4 sa cause, celui de la liberté des cultes, et il considéra comme non ayenu Yarticle de la religion de l’Etat, Il s’ensuivait que l’autorité ne pouvait contraindre un citoyen a participer aux cérémonies d’un culte qui n’était pas le sien, que la loi restait neutre entre les croyances, et qu’une condamnation pénale serait le renversement de la charte. La cour de cassation confirma cette opinion. — La loi est donc athée en France! s'écria tout aussitét M. de La Mennais, dans le Conservateur. — Oui, elle est athée, et doit UVétre, répondit plus tard M. Odilon Barrot, lorsque la question se présenta devant toutes les chambres assemblées sous la présidence du garde des sceaux, M. de Serres. Elle doit Vétre, ajoutait-il, en ce sens qu'elle protege toutes les religions et ne s‘i-

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