‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 345 sur 488 · BARTHELEMY · texte numérisé non relu

BARTHELEMY

république ( 1794 ) adjoint 4 la garde du cabinet des médailles de la Bibliothéque |Nationale, et envoya a la Convention quelques épreuves dela gravure @une médaille d’argent frappée & Pépoque de la Fronde et consacrée a la Liberte. Un autre, dont il sera question dans article suivant, montra de grands talents dans la diplomatie, et occupa avec distinction les premiers postes de I’Etat. Débarrassé de tout souci pécuniaire, !’'abbé Barthélemy put se livrer entiérement la composition du grand ouvrage , du monument qu’il devait laisser & sa patrie. Trente années furent employées a I’élever, et ce fut seulement en 1788 que parut le Voyage d’Anacharsis, dont Barthélemy vendit la propriété aux fréres Debure, libraires, pour la modique somme de 3,000 fr. Les préoccupations politiques n’empéchérent point de rendre justice 4 ce chef-d’ceuvre, ot |’érudition se cache sous tant de grace. Au milieu de cette foule d’événements, éclos ou pressentis, Vapparition de ce livre fut aussi un évyénement ; un cri d’admiration s’éleva de la France entitre, et fut répété par toute ’Europe ; chez nous les éditions, chez elle les traductions de cet ouvrage, se succédérent coup sur coup, et le temps, ce grand appréciateur des hommes et des écrits, n’a fait que confirmer cet immense succés. Un pareil livre nommait d’avance Barthélemy a PAcadémie Frangaise ; mais il fallait une vacance : elle eut lieu Pannée suivante, et le froid grammairien Beauzée fut remplacé par Pauteur @’ Anacharsis.

La devaient s’arréter les justes prospérités de lustre écrivain. Non-seulement les décrets et les réformes de ]’Assemblée constituante et de celles qui la suivirent lui enlevérent les places et les pensions qui formaient son aisance a lage ou la nécessité s’en fait le plus sentir, mais, devenu suspect cause de son titre d’abbé, il fut arrété dans un jour de funeste mémoire, le 2 septembre 1792, et conduit aux Madelonnettes. Heureusement l’ordre fut promptement révoqué ; Barthélemy fut rendu 4 la liberté un peu avant l’heure des assassinats, etcettemesure sauva sans doute a cette sanglante journée un crime et un opprobre de plus. Ces atteintes successives a sa fortune et a son repos firent naitre dans ’abbé Barthélemy, non la misanthropie, que son cceur bienveillant et généreux ne connut jamais , mais une profonde mélancolie , qui se révéla plus d’une fois par des mots aussi ingénieux qu’expressifs. Lorsqu’en 1795 il recut une noble réparation des injustices du gouvernement révolutionnaire, lorsque le ministre de l’intérieur Paré vint lui-méme apporter au modeste savant la lettre par laquelle il lui annoncait sa nomination ala place de conservateur principal de la Bibliothéque , assurément Barthélemy fut sensible a un procédé qui devait lui rappeler ces beaux jours de la Gréce, si bien dépeints par lui, ow le talent était une dignité et allait de pair avec le pouvoir. Il refusa néanmoins, alléguant son dge, ses infirmifés, et reprit seulement son ancienne place de garde du cabinet des médailles. Cet homme célébre mourut peu de temps aprés, le 30 avril 1795, en lisant une épitre d’Horace : digne fin d’un littérateur philosophe ! Quelques ouvrages de auteur d’Anacharsis ont été publiés aprés sa mort ; le plus remarquable est son Voyage en Italie, ou Yon retrouve dans beaucoup de passages le savant aimable , Vhabile critique et l'homme de gout.

BARTHELEMY ( Famille ). La noblesse de cette famille est de bien fraiche date, car elle ne remonte pas plus haut que lEmpire, et elle fut conférée par Napoléon a Francois Bak- THELEMY , un des trois neveux du savant auteur du Voyage d’ Anacharsis, dont nous venons de parler dans l'article précédent. Né en 1747, 4 Aubagne, il fut redevable de son éducation aux bienfaits de son oncle, qui plus tard profita de sa liaison intime avec M. de Choisevul, alors ministre dirigeant, pour faire entrer son neveu dans les bureaux des affaires étrangéres. Francois Barthélemy fut attaché comme secrétaire A diverses Iégations, et séjourna longtemps en cette qualité prés la cour de Suéde, puis en Suisse. Au

moment ou éclata la révojution, il remplissait les fonctions de secrétaire d’ambassade A Londres; et il y avait le titre de chargé daffaires, lorsquwil recut Pordre de notifier au gouvernement anglais l’acceptation de Ja constitution par Louis XVI. Nommé, au mois de décembre 1791, ministre plénipotentiaire en Suisse , il n’hésita pas, aprés la journée du 10 aodt, a préter le nouveau serment imposé a tous les fonctionnaires publics, informa le gouvernement né de Yinsurrection de la neutralité que la Suisse était Cécidée a observer, et exécuta les instructions du comité de salut public relatives aux députés déclarés hors la loi. hn 1795 ce fut lui qui négocia et signa @ Bale la paix conclue avec la Prusse, et peu de temps aprés avec I’Espagne et !’électeur d¢ Hesse-Cassel ; mais il échoua dans les négocialions ouvertey dans le méme but avec le gouvernement anglais.

Nommeé par le Conseil des Anciens membre du Directoire exécutif, en remplacement de Letourneur de la Manche, il revint & Paris en 1796. Cette élection avait été favorablement accueillie par toutes les opinions ; mais compromis par ses relations avec le parti clichien, qui Vavait porté a cette fonction supréme, il fut enveloppé dans la proscription qui frappa ce parti tout entier ala journée du 18 fructidor. Arrété le 4 septembre 1797, il fut déporté a Cayenne avec Pichegru et autres. Aprés un séjour de cing mois au milieu des déserts pestilentiels de Sinnamari , Frangois Barthélemy réussit a s’échapper en méme temps que six de ses compagnons d’infortane et a gagner les Etats-Unis, d’ou il passa en Angleterre. A la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799), il fut un des premiers que Bonaparte songea a rappeler en France. 1] lui donna place au Sénat, Ini confia plus tard la vice-présidence de cetie assemblée, et enfin le créa comte del’Empire. Quoique Barthélemy se fat trouvé, en 1802, ala téte de la députation qui vint offrir 4 Napoléon le consulat 4 vie, il n’eut sous Empire d’autre crédit que celui que lui donnail sa position officielle. Quand vint en mars 1814 la chute d’un gouvernement a |’établissement duquel il avait pris une part si active, et qui en ayait récompensé par des titres, des places lucratives et de riches dotations , le comte Barthélemy, vice-président du Sénat , se fit remarquer par son empressement a voter la déchéance de Napoléon et de sa famille : aussi le Sénat ne crut-il pas pouvoir confier 4 un plus digne la mission d’aller complimenter officiellement l’empereur Alexandre sur la magnanimité dont il faisait preuve envers le peuple frangais. Habitué a flagorner Napoléon au temps de sa gloire et de sa puissance, le comte Barthélemy s’acquitta avec bonheur d’une tache enviée par plus d’un de ses collégues, car elle le désignait naturellement aux fayeurs et a la confiance du régime nouveau.

Il fit done partie de la commission chargée d’examiner pour la forme la Charte constitutionnelle , destinée a étre l’arche d’alliance entre l’ancien et le nouveau régime , qu’on annonca alors étre le fruit des studieuses méditations de Louis XVIII pendant les vingt-quatre années de son exil , et que chacun sait aujourd’hui avoir été improvisée en une soirée par feu le comte Beugnot, de spirituelle mémoire. Une ordonnance, en date du 4 juin 1814, nomma le comte Bar-. thélemy pair de France. Son frére cadet, qui faisait & Paris le commerce d’épiceries en gros, et qui était membre du conseil général du département de la Seine , ne témoigna pas d'une moindre ardeur pour le rétablissement des Bourbons; aussi Louis XVIII reconnaissant lui octroya-t-il une savonnette a vilain, des lettres de noblesse et la croix de la Légion d’Honneur, par une ordonnance de peu de jours postérieure a celle qui avait investi l’ainé de la pairie. Tant et de si hautes faveurs , hatons-nous de le dire , ne firent cette fois pas d’ingrats; et quand, en 1815, le brusque retour de Vile d’Elbe réinstalla Napoléon aux Tuileries et forca Louis XVIII de se réfugier & Gand, les fréres Barthélemy ne figurérent point au nombre des courtisans qui, retournant

ane fois de plus leur casaque, allérent de nouveau adorer César et sa fortune. Louis XVIII récompensa cette fidélité du comte Barthélemy a ses derniéres convictions en le transformant en marquis et en le créant ministre d’Etat par une ordonnance datée des derniers jours de 1815. Pendant les quinze années de la Restauration, le nouveau marquis disparut complétement de la scéne politique, malgré une bruyante tentative faite par lui, en 1819, pour modifier dans un sens oligarchique la loi électorale. La fameuse proposition Barthélemy (cest le nom qui est resté a cette tentative prématurée de contre-révolution ) avait pour but de porter 4 un taux plus élevé le cens électoral, fixé a 300 franes par la législation alors en vigueur. Bien que rejetée lors de sa présentation, elle fut reprise plus tard en sous-cuvre par le ministére, et servit de point de départ pour arriver a la loi du double vote, 4 aide de laquelle la Restauration avail espéré enchainer & jamais lesprit de révolution.

Le marquis de Barthélemy est mort en 1830, assem & lemps pour transmettre a son neveu, Antoine-Xavier- Franc¢ois Savyate DE BartTukiemy, les fonctions de législateur privilégié que lui assurait la charte de 1814. Celui-ci n’a eu dans la Chambre des Pairs du régne de Louis-Philippe d autre importance que celle que lui donnait la position qu’tl avail su y prendre de représentant etdedéfenseur ardent du catholicisme. Né en 1800, a Marseille, il fut, aprés la révolution de Février, élu a la Constituante, puis ala Législative, par le département des Bouches-du-Rhéne. Membre de la réunion de la rue de Poitiers, il vota toujours avec la fraction légitimiste, et prit une certaine part a la loi sur l’enseignement. Aprés le coup d’Etat de décembre, contre lequel il avait protesté, il fut arrété et enfermé quelques jours a Vincennes; dés lors il cessa de siéger au conseil général de son département.

Placé a Ja téte @un comité royaliste a Paris, il avait été chargé par le comte de Chambord de faire connaitre 4 son parti que le prince exilé répudiait les partisans de ce qu’on appelait le droit national. Aux élections générales de 1869, M. Sauvaire de Barthélemy se porta comme candidat dans Ja ite circonscription de Marseille en concurrence avec MM. Thiers et Gambetta, et ne réunit que 3,076 voix sur 20,000 votants. Il échoua également aux élections de 1871.

BARTHELEMY ( Aucuste-MARSEILLE). 6:2... .

OVE SCS PS oS Se Et pourtant il y avait en lui une 4me généreuse, un coeur de poéte ! Verve intarissable , soudaineté , inspiration, grandes et patriotiques images, il possédait tout; et quand il étendait ses larges ailes , Vespace était envahi. Qui de nous ne s’en souvient encore? Lorsque partaient ses fébriles Némésis, lorsqu’au fond de chaque province impatiente les sentiments s’embrasaient en parcourant ces hymnes chauds de toutes les gloires, qui nous edt dit qu’un jour.....

@ COR Ge 6 0 4 EE Te HASSE OS BUSI

oo s We 8 OF s C ee 6 Pe. sso oS 6

Plaignons V’insensé, ne le maudissons pas : le repentir ason sacerdoce, il absout la faute et le crime.

Barthélemy naquit 4 Marseille en 1799; jeune encore, presque enfant, il entra au collége de Soréze , une des meil- Jeures institutions de nos départements méridionaux. A lage de dix-huit ans il débuta a Marseille par des essais poé- ‘iques auxquels seuls applaudirent ses amis ; mais son premier titre & la brillante réputation qu’il s’est acquise, c’est une satire contre M. le comte de Chalabre, fermier des jeux. Le fils de ce comte provoqua Barthélemy ; un duel eut lien; Méry fut le témoin de notre poéte, et c’est sur ce champ clos que naquit cette fervente amitié qui les a si étroitement unis, U itre de Méry & Sidi-Mahmoud fit connaitre a la France littéraire la plume incisive de celui qui devait porter si loin sa gioire poétique, Barthélemy répondit & Méry; et voild formée une association fraternelle.

Tronte-deux éditions de la Villéliade, vingt-cing de Na-

Page 1