BARTHEZ — BARTOLI
de ja médecine (1801). Ce buste, tiré de la Grice, avait Gté donné a cette faculté par Chaptal, alors ministre de Yintérieur , qui conserva toujours précieusement son titre de professeur honoraire de Montpellier.
Devenu vieux, trés-vieux, & cause de tant de veilles et de travaux, Barthez fit paraitre, en 2 volumes, Son Trait¢ des Maladies goutteuses, puis ses excellents Mémoires sur les Fluxions, seuls livres de pratique qu il ait lui-méme publiés. Barthez montre ici ses qualités habituelles ; toujours bon logicien et métaphysicien profond, toujours praticien méthodiste plutét qu’observateur. Barthez possédait néanmoins une grande sagacité, un esprit d’une haute portée, un discernement exquis; mais telle était sa prédilection pour les idées spéculatives et les théories abstraites, qu'il avait fini par ne plus considérer les faits particuliers qu’avec une indifférence qui ressemble au dédain.
Rien ne prouve mieux la tournure singuliére de son esprit que la deuxidme édition de son principal ouvrage, édition publiée en 1806, année de sa mort. N’allez pas croire qu'il tienne compte des nombreuses critiques que ce livre a justement encourues; il idolatre trop son premier texte pour lui faire subir de grands changements, et en cela sincérement je Papprouve; car refaire, tout prés du cercueil , Poeuvre capitale de la jeunesse et du génie, c’est s’exposer a en ternir les vives couleurs, et peut-étre 4 faire disparaitre, par de vaines corrections, cette spontanéité juvénile , cette touche vigoureuse, qui est son cachet doriginalité. Mais les détails dont on lui avait reproché lomission , il les entasse hors du texte et sous forme de notes détachées ef numérotées dans un second volume, comme on cache des meubles inutiles loin du salon, dans un arriére-cabinet. Nimporte, il vous prouve qu'il connaissait les faits, ef vous voyez combien il les estime.
Des jours paisibles étant revenus, Napoléon n’oublia pas d’attirer le vieux Barthez parmi tous ces hommes illustres dont le grand homme composait son cortége. Il le nomma médecin du gouvernement sous le consulat, puis médecin consultant del’empereur, et il le décora de ce cordon rouge dont la magie était si puissante.
Atteint de la pierre, et trop vieux pour étre opéré, Barthez mourut en 1806, 4gé de soixante-douze ans. Il avait composé un Traité du Beau, a Vexemple de l’abbé Huet et du pére Y.-M. André. Ce livre, trouvé dans ses manuscrits , a été publié aprés sa mort; il en a été de méme de ses Consultations de Médecine, qui ont eu pour éditeur éclairé M. Lordat, le disciple chéri et l’éloquent et enthousiaste continuateur de Barthez. Isid. Bourbon.
BARTHOLE, né en 1312, 4 Sasso-Ferrato, dans la marche d@’Ancéne, fut un des plus célébres jurisconsultes du quatorziéme siécle. Il s’était livré 4 étude du droit dés lage de quatorze ans et fut regu docteur a vingt et un. Juge a Todi et a Pise, il enseigna successivement «tans cette ville, a Pérouse, & Bologne, dans les plus fameuses universités @Italie. Sa réputation devint européenne. Il fut consulté par ’empereur Charles IV, qui l’anoblit ef lui donna 1’écusson de Bohéme. Son nom s’éteignit avec lui. Il n’eut point de fils de la femme qu’il avait épousée a Pérouse, et mourut dans cette ville, en 1355. I] avait étudié aussi l’hé- Drew pour comprendre les livres saints dans leur texte original. Il s’engagea entre lui et Baldus, son ancien disciple , une polémique qui dura plusieurs années : il s’agissait d’un mot. Cette polémique se renouvela en Franc dans le seiziéme siécle entre Ramus et l’université de Paris. Toutes ces disputes de pédants d’école n’ont jamais fait faire un pas a l’instruction. Pour que l’on comprit bien la marche d’une procédure, Barthole avait composé un livre intitulé : Procés de Satan contre la Vierge devant le tribunal de Jésus (Processus Satan contra Virginem, coram judice Jesu). Le diable réclame le genre humain comme sa propriété, et invoque sa longue possession ; mais
la Vierge lui répond qu'il a possédé de mauvaise foi, et elle gagne son proces.
Barthole employa toute sa vie 4 débrouiller le chaos des Pandectes. Il y a jeté quelque lumiére, et ses annotations ou traités, comme on voudra les appeler, forment treize énormes in-folio, Duvey (de |’ Yonne).
BARTHOLIN, nom d'une famille danoise qui s’est illustrée par les nombreux services que plusieurs de ses membres ontrendus aux sciences et aux lettres, de méme que par les fonctions publiques dont ils furent revétus, et notamment parles chaires qu’ils occupérent a l'université de Copenliague,
Gaspard Barrno.in , né le 12 février 1585, a Malmoe, ou son pére était curé, étudia d’abord la théologie et la philosophie & Rostock eta Wittenberg, puis la médecine. En 1610 il fut recu docteur en médecine par Vuniversité de Bale. et il accepta en 1613 une chaire de langue grecque et une chaire de médecine a Vuniversité de Copenhague, oi en 1624 il ful nommé professeur de théologie. Il mourut a Soroe en 1629. Ses Institutiones anatomice ( Wittenberg, 1611, souvent réimprimées depuis), qui furent traduites en allemand, en francais, en anglais et méme en indien, servirent pendant tout le dix-septiéme siécle de manuel d’anatomie pour les cours d’un grand nombre d’universités.
Parmi ses fils, qui tous se sont fait un nom dans le monde savant, il faut surteut citer Vorientaliste Jacques BARTHOLIN, né en 1623, mort 4 Heidelberg, en 1653, célébre pour avoir publié les écrits cabalistiques intitulés Bahir et Mdjan Hachochinex; puis Thomas BartHoin, également connu comme philologue, comme naturaliste et comme médecin. JI fut nommé en 1647 professeur de mathématiques, puis en 1648 professeur d’anatomie 4 Copenhague, fonction qu’il résigna en 166t, pour selivrer a l’enseignement particulier dans son domaine de Hagestad. En 1670 Je roi de Danemark le nomma son médecin particulier, charge qu’il conserva jusqu’a sa mort, arrivée le 4 novembre 1680. Il enrichit d’un grand nombre d’observations la nouvelle édition du Manuel d’Anatomie de son pére (Leyde, 1641). Indépendamment de beaucoup d’autres bons ouvrages relatifs 4 Ja médecine et a l’anatomie , on lui est redevable de divers écrits sur les antiquités de Ja Bible, V’archéologie générale et la philosophie naturelle, qui témoignent d’une érudition profonde. Il fut l'un des médecins les plus distingués de son siécle, et prit chaudement la défense du principe de la circulation du sang, découverte par Harvey. —Son fils, Gaspard BarTHo.in , néen 1654, mort en 1704, fut de méme un anatomiste distingué; et le frére puiné de celui-ci, Thomas BarTHOLiN, né en 1659, mort ~ en 1690, est le célébre auteur du grand ouvrage sur les antiquités du Nord qui a pour titre: Antiguitatum Danicarum de Causis contemptx a Danis adhuc gentilibus mortis (Copenhague , 1689 ).
BARTOLI (Pierro SANTES ), surnommé, on ne sait trop pourquoi, le Pérugin, peintre et graveur, né a Bortola, en 1635, mort a Rome, en 1700, fut l’un des éléves de Poussin, dont il s’appropria le bon godt dans le dessin de l’antique, tout en ne sachant pas éviter le maniéré. Winckelmann, qui en faisait grand cas, recommande ses ouvrages aux jeunes gens pour leur inspirer le gout de l’antique. On n’a plus guére de lui que des copies, et celles, entre antres, qu'il a faites de certains tableaux de Poussin, sont d’une exactitude qui va jusqu’a lillusion.
Bartoli a acquis d’ailleurs bien plus de réputation comme graveur. Sous ce rapport, il prend le plus généralement pour sujets les monuments plastiques de l’antiquité, mais quelquefois aussi les ouvrages de Raphael, concus en style de bas-reliefs. 11 s’effurga surtout de s’approprier les ré- ‘ulfats obtenus par V’école flamande de ce temps-la, et de
® distinguer par une énergique reproduction des formes ; lendance par laquelle il n’a pas peu mérité de l'art, et en faisant ainsi école, il n’a pas laissé que d’exercer une heureuse influence sur Ja direction de l’art.
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BARTOLINI (Lonexzo), célébre sculpteur italien , naquit en 1777, & Savinana, dans les environs de Prato, en Toscane. Son pére, qui était serrurier, le destina d’abord & exercer la méme profession. Mais dans une dispute qu’il eut avec un compagnon d’apprentissage , le jeune Bartolini ayant eu le malheur de le blesser d’un coup de lime, congot pour cet outil une telle répulsion qu’il supplia son pére dé lui permettre de quitter un métier qu’il n’avait jamais exercé qu’a contre-ceeur et d’en prendre un autre. Le vieux Bartolini y consentit, et placa alors son fils en apprentissage & Florence chez un tailleur. Mais la vocation intime de l’enfant était déja si puissante qu’il n’eut de repos que lorsqu’il eut obtenu de son pére la permission d’entrer dans |’un des nombreux ateliers de Florence ou |’on confectionne en albdtre une foule de jolis ouvrages d’art et d’ornement. Bartolini ne tarda pasa se distinguer entre tous ses compagnons par son habileté dans ce genre de travail, et il se rendit a Volterra, centre de sa nouvelle industrie artistique. Mais des discussions qu’il y eut ayec un patron le contraignirent a retourner a Florence.
Lors de la premiére occupation de cette ville par un corps darmée frangaise (1797), le général qui le commandait ayant demandé un jeune homme en état d’introduire a Paris le travail artistique de l’albatre, on lui présenta Bartolini, qui l’accompagna effectivement jusqu’a Génes. Les chances de la guerre contraignirent alors ce général 4 se séparer de son protégé, mais non toutefois sans lui remettre une somme d’argent avec laquelle Bartolini put entreprendre le voyage de Paris. Dépourvu de toute espéce de relations ef de recommandations dans la grande ville, il y mena longtemps une existence misérable , n’ayant d’autres ressources pour vivre que quelques petits bustes qu’il trouvait moyen d’exécuter de temps a autre. I serait mort de misére et de faim si un beau jour, au moment ou il s’y attendait le moins, il ne lui avait pas été fait cadeau d’une somme assez ronde. A peu de temps de la, il concourut pour !’un des prix de l’Académie des Beaux-Arts, et le remporta en dépit des difficultés sans nombre qu’il eut 4 vaincre comme étranger inconnu. La carriére des succés s’ouvrait devant lui: plusieurs personnages haut placés se firent ses protecteurs, entre autres Denon, directeur général des musées, et Regnault de Saint-Jean-d’Angely. Le premier lui fit confier l’exécution d’un des bas-reliefs de la colonne de la place Vendéme et celle du buste de Napo- Iéon qu’on voyait placé au-dessus de la porte d’entrée de Institut de France. L’empereur, qui faisait un cas tout particulier de Bartolini, ’envoya, en 1808, 4 Carrare pour y fonder une école de sculpture; et il y demeura jusqu’au moment ou la chute de Napoléon vint lui enlever son emploi. Attaqué dans sa demeure, comme partisan de Napoléon, par les habitants de Carrare révoltés , il dut alors prendre la fuite, et accompagna l’empereur a l’ile d’Elbe. Aprés la bataille de Waterloo, il revint se fixer & Florence, ou il a exécuté la plupart des ouvrages auxquels il doit sa renommée.
Lorsque l’ordre politique changea en Toscane et qu’une constitution y fut établie, Bartolini fut levé par le grandduc dla dignité de sénateur , jusqu’’ ce que les événements eurent amené la suppression du aystéme représentatif. Membre de vingt académies, correspondant de l'Institut de France, chevalier de la Légion d’Honneur et des ordres de Saint-Gréyoire et de Saint-Joseph, Bartolini avait été nommé en 1840 professeur de sculpture a l’Académie des Beaux-Arts de Florence, ot il exerga ses fonctions jusqu’a sa mort, arrivée le 20 janvier 1850.
Bartolini était un artiste extrémement fécond; mais, ayant l’babitude de ne jamais refuser les travaux qu’on venait lui offrir , il a laissé une foule d’ouvrages inachevés, et la plus grande partie de ceux qui sont sortis de ses ateliers ne recurent jamais de lui que le dernier coup de ciseau du mattre. Toutes ses figures se distinguent par la justesse des proportions, I jette les plis avec grace et facilité; cepen-