BARTOLINI — BARTOLOMEO DI SAN-MARCO
dant il excelle plutot encore dans les nus. On regrette souvent dans ses ouvrages l’absence de chaleur intime, de sentiment et d’expression animée, et ses formes les plus nobles laissent souvent le spectateur froid. I] nuisit souvent aussi 4 ses créations en confondant la vérité avec la réalité et en reproduisant trop fidélement ce que la nature peut avoir de laid et de repoussant. C’est, aprés Canova et Thorwaldsen, un des premiers sculpteurs de l’époque moderne.
Cet artiste rendit d’importants services a l’Académie des Beaux-Arts de Florence , et ce ne fut pas sans peine qu'il parvint A y faire rétablir usage des modéles vivants, Comme homme privé, il était franc, généreux et enthousiaste de Part, mais en méme temps entété, violent et une légéreté extréme. En dépit des sommes immenses qu’il gagnait, il était toujours besogneux. Jusque dans sa vieillesse , il s’efforga d’acquérir de V’instruction et de suppléer a ce que son éducation avait eu de défectueux sous ce ravport.
Bartolini ne fut pas seulement un sculpteur de premier or dre, c’était aussi un musicien distingué. Sa vocation musicale se manifesta méme la premieére et lorsqu’il était tout enfant. Ainsi l’on raconte que, Vusage étant alors dans certaines localités de donner une crazia (sept centimes) aux petits garcons qui servaient la messe, le jeune Bartolini, appelé a remplir les fonctions d’enfant de chceur, pria le prétre qui l’avait choisi de remplacer la crazia par une lecon de musique ; celui-ci, excellent musicien , ne se fit pas prier, et donna généreusement de nombreuses lecons. C’est ainsi que Bartolini parvint 4 connaftre les régles de Pharmonie. }] continua assiddment ses études, et, lors de son séjour i Paris , nous le yoyons admis a faire une partie dans les quatuors de Rode. Plus tard il organisa et dirigea un orchestre qui initia les habitants de Carrare a la musique allemande, en leur faisant connaftre les chefs-d’ceuvre de Mozart, Beethoven , Haydn, etc.
Les nombreux ouyrages de Bartolini sont dispersés dans toute l’Europe ; mais les plus importants se trouvent a Paris, 4 Londres, a Saint-Pétersbourg et 4 Florence; nous citerons plus particulitrement de lui : une Vénus d’aprés le Titien, que Florence conserve dans la galerie degl’ Uffizi ; une Bacchante, élégante production, que Bartolini appelait sa Dircé , et qui appartient aujourd’hui au duc de Devonshire; un Jeune Bacchus ; une Charité, groupe de trois figures qui se trouve au palais Pitti, 4 Florence; une figure agenouillée, la Fiducia in Dio, statue qn’on voit 4 Milan chez la marquise Poldi; le cénotaphe de la cathédrale de Lausanne; et ia statue colossale de Napoléon, ceuvre favorite du maitre, qui, commencée en 1813 pour la ville de Livourne, se trouve encore dans latelier du statuaire. Il faut ajouter A cette liste les bustes de Denon, Crescentini, Byron, Mme de Staél, Napoléon , Casimir Delavigne, Pie IX, Rossini, MM. de Metternich, Thiers, Listz, etc.,Romanelli, son éléve, est maintenant a la téte de l’atelier de Bartolini, qui laissa en mourant une veuve et trois filles sans fortune.
BARTOLOMEO DI SAN-MARCO (Fra), qu’on nomme aussi Baccio della Porta, \’une des gloires de la peinture 4 l’époque la plus glorieuse de l'art, naquit & Savignano, pres de Prato , en Toscane, en 1469. Venu fort jeune a Florence chez des parents qui habitaient & la Porta Sar. Pietro-Gattolino, il regut de ses camarades d’atelier le surnom de Della Porta, qu'il deyait échanger plus tard, par suite de son entrée en religion, contre celui de Frate etde Fra Bartolomeo. Son premier maitre fut Cosimo Rosselli, peintre encore gothique, sous la direction duquel il fit néanmoins de rapides progrés; mais c’est & Léonard qu’il élait réservé de faire de Bartolomeo un grand artiste; l'ardeur avec laquelle Baccio étudia les ouvrages du Vinci décida de son avenir ; c'est A Léonard qu’il doit I’éclat de son coloris , ’élégance et la grandeur de sa maniére,
Un éyénement faillit couper dans sa racine le talent du