‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 35 sur 488 · ARNE — ARNIM · texte numérisé non relu

ARNE — ARNIM

lien , et prit pour sujet VArtaserse de Métastase; et cette tentative fut bien vue par le public. Cependant, la nature de son talent était moins propre aux sujets nobles et élevés qu’aux sujets simples, tendres, gracieux et tenant de la nature de Vidylle. On a en outre de lui des intermédes pour certains drames de Shakespeare et quelques autres morceaux de musique instrumentale.

ARNHEIM, Vl’Arenacum des Romains, lArnoldivilla du moyen 4ge, chef-lieu de la province de Gueldre (royaume des Pays-Bas), avec 18,000 habitants, siége dun gouverneur, d’une chambre d’états provinciaux et d’un tribunal de commerce, est situé a 80 kilométres sudest d’Amsterdam, sur la rive droite du Rhin, qu’on y traverse sur un pont de bateaux. On y voit un gymnase, une école des beaux-arts et plusieurs institutions scientifiques. Les environs de cette ville, qui est couverte de fortifications , sont délicieux. Parmi les édifices qu’elle renferme, on remarque l’hdétel de ville, Vancien palais des ducs de Gueldre et l’église Saint-Eustbe, qui contient leurs tombeaux. Dans un rayon de quarante kilométres autour de la place sont situées trente-deux manufactures de papier. Il s’y fait, du reste, par eau avec |’Allemagne, Amsterdam et Rotterdam, un commerce important en bié, seigle, avoine, colza, ainsi qu’un transit considérable.

Arnheim était jadis une ville hanséatique. Louis XIV s’en rendit maitre en 1672. Prise d’assaut en 1813 par les Prussiens , elle devint pour les coalisés la clef de la Hollande.

ARNI. Voyez Burrte.

ARNICA ou ARNIQUE (par corruption de pfarmica , dérivé de mtapytxds, sternutatoire). Ce genre de plantes est ainsi nommé a cause de la propriété sternutdtoire que posséde a un haut degré la pondre des fleurs d’une de ses -espéces, Varnica montana, qui a cause de cela a recu les noms impropres de fabac des Vosges et de bétoine des montagnes. L’arnica montana, \a seule dont nous ayons a nous occuper, appartient a la famille des synanthérées ; elle est vivace, et croit dans les lieux incultes ef montagneux, en Suisse, en Bohéme, dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, etc. ; ses fleurs présentent a leur circonférence des demi-fleurons d’un jaune d’or, et au centre des graines noires surmontées d’une aigrette grise; elles ont une saveur amére, Acre, nauséabonde , et une odeur forte et aromatique qui provoque l’éternuement. Ces fleurs contiennent une résine odorante, une matiére amére analogue a la cytisine , une matiére colorante , jaune , de l’albumine, de la gomme et quelques sels. Elles cédent facilement leurs principes actifs 4 eau bouillante et 4 alcool. Aussi l’arnica est-il un des principaux ingrédients du v uln érair e suisse.

Ingéré dans Pestomac, Varnica donne lieu A de la pesanteur, 4 une anxiété dans la région précordiale , a de la cardialgie, 4 des nausées, a des yomissements pénibles, a Ges évacuations alvipes, 4 une supersécrétion salivaire et a des sueurs froides. A mesure que l’absorption du médicament s’opére, des phénoménes se manifestent du cété des centres neryeux : céphalalgie, vertiges, mouvements spasmodiques convulsifs dans les membres , avec difficulté de les faire agir, sentiment de constriction au diaphragme , dyspnée. Les médecins allemands prescrivent larnica contre les accidents qui peuvent résulter des chutes. Comme médicament fébrifuge, l’'arnica a été vanté par Stahl, qui Pappelait le quinguina des pauvres. Stahl \’administrait dans les fiévres quartes sous forme d’électuaire, dont on prenait gros comme une muscade quatre fois par jour. Il lui attribuait aussi beaucoup d’efficacité dans le traitement des fiévres putrides et malignes. Corvisart, 4 exemple de Stall, Vermployait également en infusion dans ces maladies. L’arnica a été en usage dans la dyssenterie , dont il est le spécifique, au dire de Stahl, dans certaines névroses, dans la pwvalysie, le rhumatisme , la goutte, l’asthme et le

catarrhe pulmonaire. Les médecins italiens s’en servent de méme contre cerlaines diarrhées rebelles, quelques amauroses; et ils l’emploient toutes les fois qu’ils reconnaissent la nécessité d’abaisser la vitalité des centres nerveux.

ARNIM (Louis-Acuim p’), conteur allemand, plein d’originalité et d’imagination, né a Berlin, le 26 janvier 1781, se consacra @'abord a |’étude des sciences naturelles, dans le domaine desquelles ila fait une foule d’observations neuves , ainsi qu’on peut s’en convaincre par la lecture de son premier ouvrage intitulé: Théorie des effets électriques (Halle ,1799). Le premier roman qu’il écrivit donna tout de suite 4 comprendre que, bien que se rattachant en général aux principes proclamés par la nouvelle école poétique, il entendait cependant conserver la pleine liberté de sa fantaisie. Ses yoyages a travers l’Allemagne lui donnérent occasion de se familiariser profondément avec tous les détails intimes de la vie allemande, avec les nuances diverses qui modifient le caractére du peuple ailemand selon les localités. Mais ce qui surtout frappa son attention et excita ses plus ardentes sympathies, ce fut la vieille poésie populaire nationale. La publication qu’il fit en compagnie avec Brentano du recueil intitulé Des Knaben Wunderhorn (3 vol., Heidelberg, 1806, in-8°) eut pour résultat WVexciter en Allemagne un vif intérét pour Pantique poésie populaire. I] fit ensuite paraitre son Winlergarten, recueil de nouvelles (Berlin, {809); le roman Pauvrele, richesse, faute et repentir dela comtesse Dolores (2 vol., Berlin, 1810): l’une des plus intéressantes créalions qu’on puisse citer dans ce genre; Halle et Jérusalem, jeux @étudiants et aventures de pélerins ( Heidelberg, 1811), livre ou sa gaieféa pris des licences bien hardies ; enfin, son Spectacle ( Berlin, 1813), qui contient des choses excellentes.

Les années de 1806 a 1813 pesérent aussi sur lui, et pendant longtemps les soins de sa famille et les malheurs de son pays absorbérent foute son attention. !!ne donna de nouveau signe de vie postique que lorsque fa nationalité allemande se crut sauvée. Le roman nouveau qu’! publia alors sous le titre de Kronenwechter , ou premiére et seconde vie de Berthold (Berlin, 1817), abonde en peintures originales et vivantes. Dans les derniers temps, il habitait alternativement Berlin et sa terre de Wiepersdorf, prés Dahime, ou il mourut, frappé d’apoplexie, le 21 janvier 1831.

Tous ses écrits révélent un fonds peu ordinaire de fantaisie, de sentiment et d’humour, des connaissances aussi diverses qu’étendues, une observation fine, et un rare talent d’expression ; mais le sans-géne avec lequel , surtout dans ses premiers ouvrages, il se laisse trop volontiers aller a de bizarres caprices, le réle trop important que jouent Vimprévu et le bizarre dans ses écrits, et l'absence de formes dans l’exposition de ses pensées, nuisent aux brillants effets de sa riche imagination. En 1856 M. Th. Gautier fils a fait parattre une traduction des Contes bizarres de Louis Arnim.

ARNIM ( ELisaBeTH op’), plus connue sous le nom de Beltina, épouse du précédent et sceur du poéte Clément Brentano, née le 4avril 1785, & Francfort-sur-le-Mein, passa une partie de sa jeunesse dans un couvent, et lautre, tantot chez des parents , & Offenbach et 8 Marbourg , tantot a Francfort, oi elle est plusieurs fois revenue. Dés son enfance, elle se fit remarquer par une tendance aux excentricités, aux bizarreries poétiques de tons genres ; un petit chat faisait sa société babituelle, et quand il mourul, vous dire combien elle le pleura serait chose impossible. Il lui restait pourtant une amie, une compagne de couvent, la chanoinesse de Giinderode; dés qu’elles eurent renouvelé connaissance, son admiration pour la nature dégénéra chez elle presque en adoration fanatique et méme en véritable folie, L’impression que lui fit éprouver le suicide de cette joune personne, qui avail cougu la passion la plus violente pour le philelogue Creutzer, fut profonde et décisive.

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