BARTOLOMEO DI SAN-MARCO — BARUCH
peintre & Vinstant méme oi il venait de fleurir : c’était le temps oii Florence se passionnait aux prédications du fougueux Savonarole. L’dme sensible de Bartolomeo s’en était émue profondément, et, aprés avoir tout quitté pour le suivre, il se trouvait avec lui au couvent de Saint-Mare lorsqu’on en fit le siége. Baccio, épouvanté, fit voeu d’entrer dans les ordres s'il échappait & ce danger, et tint parole (1500). Pendant quatre ans on dut le croire perdu pour les arts , et il fallut les priéres les plus instantes des fréres dominicaius du couvent de Saint-Marc, qu'il avait choisi, pour le décider 4 reprendre ses pinceaux. Pendant les quatorze années qu’il vécut encore, le religieux artiste se perfectionna tellement par ses travaux assidus, la présence du Sanzio a Florence (1504), etle voyage qu'il fit 4 Rome, attiré par la renommeée des peintres du Jwgement dernier et des Stanze, qu’a la fin de sa carriére, arrivée en 1517, ses derniéres productions étaient quelquefois attribuées & Raphael. Il est vrai qu’une étroite amitié ne cessa d’unir les deux artistes. Ainsi en {508 Raphael, appelé en toute hate & Rome, ayant laissé quelques tableaux inachevés, Fra Bartoloméo se chargea de les terminer. Plus tard Raphael lui rendit le méme service en terminant un tableau de Saint Pierre et sainé Paul, que son ami n’avait pas achevé.
La plupart des productions de Baccio se trouvent encore aujourd’hui 4 Florence, notamment dans la galerie du palais Pitti. Notre musée du Louvre, aprés avoir possédé son fameux Saint Marc, n’a plus aujourd’hui que le petit tableau de la Salutation Angélique et celui du Mariage mystique de sainte Catherine de Sienne. B. DE Corcy.
BARTOLOZZI (Francesco), l'un des plus célébres grayeurs, naquit en 1730, a Florence, ou son pére était orfevre et ot il étudia le dessin sous Hugford, Ferretti et Wautres, A Venise, ot il était particuli¢érement bien recu dans la maison du poéte comte Gozzi, a cause de son talent sur la guitare, il grava 4 Veau-forte une multitude de sujets religieux chezson maitre Wagner ; ensuite il alla se perfectionner & Florence et & Milan. Plus tard, en 1764, il accompagna Richard Dalton, secrétaire intime de Georges III, a Londres, ou il trouva encouragement et protection auprés des personnes les plus recommandables. En Angleterre, Bartolozzi, sacrifiant au godt du moment, s’adonna avec le plus productif suceds a la gravure au pointillé,alors si fort 4 la mode, et dont il se fit ’un des plus actifs propagateurs. En récompense de ses nombreux travaux, il obtint le titre de graveur du roi et de membre de l’Académie des Beaux-Arts de Londres. Il habitait cette capitale depuis plus de quarante années lorsqu’il alla A Lisbonne graver le portrait du prince régent, lequel lui conféra, en 1807, l’ordre du Christ, et il y mourut. I] se servait fort habilement du poingon, et n’employait le burin que pour achever son travail. Il joignait a Yexactitude du dessin une grande délicatesse d’exécution. Une de ses gravures les plus estimées est celle qui représente la mort de lord Chatam, d’aprés Coypel, dont les bonnes épreuves se sont vendues jusqu’a 5 et 600 francs. Mentionnons encore:la Lady and Child, Vune des plus gracieuses gravures qu’on connaisse. Le nombre de toutes ses planches dépasse deux mille, y compris plusieurs imitations de dessins 4 la main, gravées a l’eau forte.
BARTON (Etisazeta ), désignée ordinairement sous le nom de la sainte fille de Kent, servante d’auberge a Aldington, dans le comté de Kent, acquit vers 1525, dans le bas peuple, la réputation de proplétesse inspirée, a cause des crampes nerveuses auxquelles elle était sujette. Le curé de son village et un chanoine de Canterbury reconnurent en elle les qualités propres 4 la faire servir d’instrument dans la lutte que le catholicisme s’apprétait 4 soutenir contre les projets de révolution religieuse annoncés hautement par Henri VIII. Ils lui firent accroire qu’elle était inspirée de Dieu, et appelée par lui 4 déjouer toutes les entreprises du roi. En conséquence, elle déclamait, dans ses paroxysmes,
contre le divorce projeté du roi et de Catherine d’Aragon , et surtout contre l’hérésie; et elle joua si bien son rdle, que Thomas Morus et Warham, archevéque de Canterbury, mhésitérent pas A la regarder comme inspirée de Dieu. Elisabeth Barton prit solennellement le voile ; puis quand , en 1532, Henri VIII rompit ouvertement avec lacour de Rome, elle attaqua avec force le schisme opéré par ce prince, dle méme que son convol en secondes noces avec Anne de Boulen, et alla méme jusqu’a prédire que le roi n’avait plus qu’un mois a vjvre. Henri VIII la fit arréter en méme temps que les hommes dont elle était Pinstrument. Elle ayoua !a fraude a laquelle elle s’était prétée, et réiféra ses aveux devant fa foule. En conséquence elle fut condamnée a faire amende honorable et a la prison. Mais le parti de la reine Catherine ayant cherché a lui faire rétracter ses aveux, on Vimpliqua dans une conspiration tramée contre la vie du roi, et, convaincue de haute trahison, elle fut exécutée le 30 avril 1534, avec quelques complices.
BARTON (Bernarp), poéte anglais , naquit le 31 janvier 1784, & Londres, ot son pére, qui appartenaié a la secte des quakers, était venu peu de temps auparavant fonder une usine. Destiné au commerce, il établit plus tard & Woodbridge avec son beau-frére une maison de commerce de blé et de houille ; mais il ne tarda pas a y renoncer, par suite de la mort prématurée de son associé. Aprés une année de séjour a Liverpool en qualité d’instituteur particulier dans Ja famille d’un négociant, il entra comme commis dans une maison de banque 4 Woodbridge, et consacra dés lors ses loisirs & la poésie. Un recueil de vers qu’il publia en 1812 sous le titre de Poetical Effusions |e mit en relations avec Southey. Ayant ensuite fait paraitre ses Poems by an Amateur (1818), Baldwin, libraire de Londres, se chargea désormais d’éditer ses ouvrages. Ses Poems (Londres, 1826; 4° édit., 1835 ) lui firent un renom incontesté de poéte, et lui valurent l’amitié de Lamb et ae Byron. Encouragé par le succes, il fit alors paraitre son recueil intitulé Napoleon, and others Poems (Londres, 1822), que suivirent dans un intervalle de cing années ses Verses of the Death of Shelley (1822), Minor Poems (comprenant son Napoléon, 1824), Poetic Vigils (1824), Devotional Verses (1826), A Widow's Tale, and others poems (1827), et A New-Year’s Eve, and other poems (1828). ’
Dans toutes les compositions poétiques de Barton dominent les sentiments religieux du quaker. Son vers est gracieux et facile; et il exprime ses pensées avec autant de simplicifé que de bonheur. Bien que notre poéte eit toujours voulu renoncer a ses occupations commerciales , son manque de fortune le contraigait 4 les conserver jusqu’en 1847. Dés 1824 une souscription ouverte en sa faveur & Woodbridge, dans un cercle de lecture qu’il y avait fondé , lui avait produit une somme de 1,200 livres sterl.; et plus tard Peel lui fit obtenir une pension de 100 livres sterl. Depuis 1828 Bernard Barton n’a que fort peu écrit. Tout ce qu’ii a publié depuis cette époque se borne aux trois ouvrages dont les titres suivent : Fisher’s Juvenile scrap Book (1836), the Reliquary (1836), Household Verses (1845). La mort le surprit le 19 février 1849. A quelque temps de la sa fille publiait: Selections from tke Poems and Letters of Bernard Barton (Londres, 1849).
La sur ainée de Barton, Maria, appelée depuis son mariage Maria Hack, a composé de nombreux ouvrages: & Yusage de l’enfance.
BARUCH, e’est-a-dire Je Béni, fils de Nérija, fut disciple, secrétaire du prophéte Jérémie, et prophete lviméme C’est lui qui vint lire au peuple assemblé dans le temple de Jérusalem, l’'an 606 avant Jésus-Christ, les prédictions contre Israel et Juda que Jérémie lui avait dictées. dans sa prison, et dont Baruch seul fut effrayé. L’année suivante, Baruch yvint de nouveau vers le peuple avec des prédiclions si menacantes que la cour du roi Jéchonias en.
trembla, et que Jéchonias déchira le livre avec fureur, Plus tard, accompagné de son frére Saraias, et chargé d'une lettre de Jérémie, Baruch aila consoler les Juifs dans leur captivité, leur annoncer leur délivrance future et la ruine de Babylone. Emmené captif par Nabuchodonosor, remis en liberté par Nabuzardan, et n’ayant pu détourner le reste lu peuple, égaré par de faux prophétes, de se retirer en Egypte, Baruch y suivit ses fréres, et ne rejoignit qu’aprés la mort de Jérémie ceux qui pleuraient sur ’Euphrate. La comme sur le Nil il entretint soigneusement la foi et la loi mosaique, et répandit dans le peuple cette croyance au Messie ou libérateur qui depuis s’est conservée parmi les Juifs, et ne leur a pas paru comme aux chrétiens réalisée dans Jésus-Christ. La prophétie de Baruch, n’existant plus que dans la version grecque, est rejetée par les juifs et les protestants du nombre des livres canoniques. Baruch mourut 4 Babylone, selon les rabbins, la douziéme année de la captivité. T. Toussene..
BARYE ( Antoie-Louts), sculpteur, néa Paris, en 1795. Vers 1817 il étudia a la fois, et avec un succes égal, la sculpture, la peinture et la gravure. En 1819 il obtint une médaille au concours de gravure, et remporta l’année suivante un grand prix de sculpture dont le sujet était la Malédiction de Cain. De cette époque a l'année 1829 il sculpta un grand nombre de médaillons, qui attestaient une main ferme et déja exercée. A exposition de 1829 on remarqua de lui plusieurs bustes d’un beau caractére. Jusqu’a ce moment M. Barye n’avait rien livré au public qui indiquat la spécialité vers laquelle tendait son talent, et dans laquelle il devait révéler de si éminentes qualités; mais en 1831 il exposa, avec un Saint Sébastien, le groupe, bien connu des artistes, du Tigre et du crocodile. Ce fut un début éclatant, et qui appela tout d’abord sur l’artiste l'attention générale. Ce preanier succés fut confirmé et dépassé par Je magnifique Lion des Tuileries (a Ventrée de Ja terrasse du bord de eau), qui saisit un serpent dans ses griffes. Ce groupe est plein de beautés de premier ordre; l'exactitude du dessin, l’énergie des muscles , la puissance des proportions, la beauté ardente du pelage, l’aisance de Vallure, tout indique chez auteur un vif sentiment de la nature, secondé par de fortes études. Le groupe en pierre dure d’un Tigre dévorant un cerf, que M. Barye exposa peu de temps aprés dans son atelier, est une ceuvre d’une égale importance. Nous citerons encore de lui le groupe des Petits Ours jouant ensemble, dont tout Paris a admiré les réductions chez les marchands de bronzes. C'est une étude ingénieuse et finie , qui témoigne d’une rare souplesse, d’une remarquable fécondité de talent.
Il nous serait impossible de citer les nombreux ouvrages de M. Barye qui se trouvent disséminés dans les galeries particuliéres ; nous ne saurions toutefois passer sous silence Vadmirable travail allégorique dont il a couronné un ma- ‘gnifique surtout dont les dessins furent commandés par le duc d’Orléans a Chenavard; les Trois Grdces , Angélique et Roger, Thésée et le Minotaure, un Tigre dévorant une chévre. En 1835, le jury ayant refusé quelques-uns de ses ouvrages, M. Barye cessa d’envoyer ses travaux au Salon jusqu’en 1856. A cette date il exposa un Centaure etun Lapithe, et en 1852, un Jaguar dévorant un lievre. il a décoré le nouveau Louvre (guichets du quai) de quatre groupes allégoriques et d’une statue équestre de Napoléon ITI en ronde-bosse, laquelle a été descellée aprés Ja révolution du 4 septembre. Cet artiste est membre, depuis 1868, de l’Académie des beaux-arts , et fait un cours de dessin au Muséum d’histoire naturelle.
BARYTE. Cet oxyde de baryum, que!’on rencontre combiné avec acide sulfurique, et formant le spath pesant, a été longtemps confondu avec la strontiane, qui n’en différe que par un petit nombre de propriétés, A l'état de pureté, la baryte a peu d’intérét, excepté entre les mains des chimistes, auxquels elle sert d’excellent réactif;