‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 353 sur 488 · BARYTON — BASALTE · texte numérisé non relu

BARYTON — BASALTE

la seconde ngne, la clef étant celle de fa quatriéme ligne, et s’éldve jusqu’au fa et au sol hors des lignes. On devrait noter Ja partie du baryton sur la clef de fa troisiéme ligne, ainsi que cela se pratiquait autrefois pour le concordant ; mais on lui donne maintenant la clef de basse, et cet usage est trop général pour qu’on ose tenter de le détruire.

On donne encore le nom de baryton & une espece de basse de viole, montée de sept cordes & boyau, ayant sous le manche des cordes de laiton que lon faisait résonner en les pincant avec le pouce, tandis que l’on touchait les autres avec un archet. Haydn a composé beaucoup de musique pour le baryton. L’usage de cet instrument s’est perdu depuis cinquante ou soixante ans. Casti-Biaze.

BARYUM ou BARIUM (de Bapdc, pesant)., Ce métal de la premiére section, découverten 1807 par Davy, est blanc comme largent; sa pesanteur spécifique est de 4,97. Solide a la température ordinaire, il passe immédiatement a état W@oxyde par son contact avec Peau. On le trouve dans la nature en combinaison avec l’oxygéne (voyes Baryte), les acides sulfurique et carbonique. On extrait de la baryte par action de la pile.

Dans les laboratoires, on prépare le bromure, Viodure et le chlorure de baryum. Le premier de ces composés binaires cristallise tantét en prismes rhomboidaux, tantdt en petits amas cristallins qui ont la forme de choux-fleurs ; il est d’un blanc de lait, d’une saveur amére et nauséabonde, trés-soluble dans l'eau et dans alcool concentré. L’iodure de baryum cristallise en aiguilles soyeuses et en petits prismes; il est blanc, inodore, @’une saveur nauséabonde, trésdéliquescent. Enfin, le chlorure de baryum est incolore, diaphane, inodore, d’une saveur légérement piquante, acre et trés-désagréable.

Tous ces composés du baryum jouissent de propriétés thérapeutiques a peu prés analogues; leur maniére d’agir est en général la méme que celle du chlorure, dont Pusage est le plus fréquent. Le chlorure de baryum est un des poi- Sons minéraux les plus énergiques : injecté dans les veines ou appliqué sur la peau des animaux, il détermine d’abord une irritation locale, et ensuite la coagulation du sang et des convulsions mortelles. Chez Vhomme, il a suffi de l’ingestion de trente grammes de ce sel pour déterminer un empoisonnement dans lequel on a observé un sentiment de bralure, des vomissements, des convulsions, de la céphalalgie, de la surdité, et la mort au bout d’une heure.

Parmi les effets les plus constamment produits par ’usage, 4 doses médicinales , de ce sel, on doit noter la diminution marquée de Virritabilité et de la sensibilité, et le plus fréquemment un ralentissement de la circulation. Ce ralentissement est si considérable que Lisfranc a vu plusieurs malades, offrant dans l’état ordinaire soixante 4 quatre-yingts pulsations par minute, n’en présenter que quarante a cinquante et méme yingt-cing sous V’influence de ce médicament.

Malgré leurs propriétés toxiques, les composés de baryum, #t le chlorure en particulier, ne sont pas moins conseillés et employés dans un grand nombre de maladies, notamment dans les engorgements glanduleux, le rachitis, la phthisie, le cancer, les obstructions du foie, la syphilis, les ulcéres et Jes ophthalmies de nature scrofuleuse, etc. On considére aujourd’hui le chlorure de baryum comme le moyen le plus actif que Yon puisse employer contre les maladies scrofuleuses, et en particulier contre Ja tumeur blanche du genou.

Le traitement de ’empoisonnement par les composés du baryum consiste surtout dans l’administration rapide d’un sulfate alcalin ou terreux, tel que le sulfate de soude ou de magnésie. On pourrait méme au besoin recourir a |’eau de puits, qui se trouve souvent contenir une assez grande quantité de sulfate de chaux. D* Alex. DuckeTT.

BAS. Les peuples de l’antiquité, habitant des pays chauds, ne couvraient ordinairement le bas de leurs jambes d’aucun

vélement, ce qai est constaté par les peintures , les statues, les bas-reliefs qui nous restent des Grecs et des Romains ; les Gaulois, les Germains et autres Barbares étaient si pauvres et si endurcis contre Jes rigueurs du ciel qui les couvrait, qu’une peau de béte jetée sur les épaules et un simple calegon composaient tout leur vétement. Ce fut dans le moyen Age que, |’industrie ayant fait quelques progres , les gens un peu aisés enveloppérent leurs jambes de bas , Wétoffe de toile, de peau , que l’on fixa avec des courroies , des cordons; mais ces bas n’avaient pas de pied; ce perfectionnement fut trouvé plus tard; alors on fit des bas cousus, qui collaient sur la jambe et en prenaient exactement la forme.

On croit avec beaucoup de vraisemblance que l’art de former des étoffes d’un seul fil, composées de mailles groupées au moyen de simples baguettes de bois, de métal, etc., ne fut trouvé que vers la fin du quinziéme siécle. Voyez TRICOT.

Le roi de France Henri II fut, dit-on, le premier qui porta des bas de soie tricotés, le jour du mariage de sa sceur avec le duc de Savoie. Le peuple et méme les gens des classes aisées continuérent longtemps encore a porter des bas cousus , comme les manches des habits; le jeune Laforce portait des bas de toile le jour de la Saint-Barthélemy.

Lauteur du métier a basest anglais; les Francais prétendent qu’il était de leur nation, qu’il vivait sous Louis XIV, 4 qui furent présentés les premiers bas qu’il fabriqua; on ajoute que les bonnetiers de Paris, redoutant les effets de son invention pour leurs bénéfices, corrompirent un yalet de chambre qui, ayant de présenter les bas au roi, en coupa plusieurs mailles avec des ciseaux : les bas se déchirérent la premiére fois que le monarque Jes mit, et ’inyenteur n’obtint pas la récompense qu'il avait si bien méritée ; il passa donc en Angleterre, y fut trés-bien accueilli, et c’est dans ce pays qu'il organisa la premiére fabrique de bas au métier. On dit encore que ce grand mécanicien mourut & ?Hotel-Dieu de Paris, sur la fin du dix-septiéme siécle. Ce fut en 1656 qu’un autre Francais, Jean Hindres, importa d’Angleterre en France un métier 4 bas qui servit de modéle pour la construction de ceux dont se composa la manufacture de bas au métier établie pour la premiére fois en France, a Madrid prés Paris. Les Anglais tiraient de si grands profits du métier a bas, quwils avaient défendu, sous peine de la vie, d’en exporter hors de leur ile.

Les bas faits au métier ne sont point fermés comme ceux qui sont tricotés; on est obligé d’y faire une couture par derriére , car lorsqwils sortent du métier ils présentent une piéce de tricot plane, large dans certains endroits et plus étroite dans d’autres.

Outre le métier simple, il y ena qui sont propres a faire des tricots & mailles fixes, a cétes, a jours, sans enyers, sans coutures, etc.; il y a méme de ces métiers sur lesquels on fait de la dentelle. TEYSSEDRE.

BASALTE. Cette roche, noire ou d’un gris bleuatre, se présente souvent en masses ou pitons non stratifiés; le basalte s’étend aussi en nappes, qui quelquefois recouvrent des dépéts de nature différente, avec lesquels elles alternent. On le rencontre également en filons; dans ses divers gisements , il se divise en plaques, en sphéroides aplatis 4 couches concentriques , ou en prismes droits ayant de trois a huif pans.

Suivant les analyses les plus récentes, les divers éléments des basaltes sont en moyenne dans les proportions suivantes : silice, 44 a 50; fer oxydulé, 23 & 24; alumine, 15 4 16; chaux, 8 89; magnésie, 2; soude, 2 a 3; eau, 2. Le basalte offre une cassure demi-cristalline et méme terreuse ; il agit sur le barreau aimanté; en fondant, il donne un émail noir. Sa pesanteur spécifique lorsqu’il est compacte est a peu prés égale a 3.

Aprés avoir donné lieu & de vives discussions entre les

vu.canistes et les nepfunistes , aujourd’hui le basalte est pour tous les géologues un produit de formation ignée. La division des masses basaltiques en prismes est évidetnment Yeffet du retrait par suite du refroidissement. Ce n’est pas une eristallisation véritable, mais un fendillement analogue a celui qui s’observe quelquefois dans les murailles des fourneaux.

Les prismes basaltiques diff4rent beaucoup entre eux par leur grosseur et leur longueur ; leur direction n’est pas toujours la méme ; elle est généraiement perpendiculaire au plan des nappes; cependant ils sont quelquefois placés dans tous les sens et semblent converger vers un ou plusieurs points, comme onlobserve dans les rochers de Murat, en Auvergne. Les prismes d’une grande longueur sont souvent formés de troncons qui s’emboitent mutuellement, ta face inférieure de chacun d’eux offrant une convexité qui s’articule dans une concavité correspondante de Vextrémité supérieure du trongon contigu. Dans un faisceau de prismes ainsi articulés, les articulations sont au méme niveau ; aussi, lorsque par une dénudation on peut voir en place une surface basaltique ainsi divisée , elle ressemble 4 une grande mosaique : telle est la fameuse Chaussée des Géants, qu’on voit auprés du cap de Fairhead.

La grotte de Fingal, dans Vile de Staffa, 4 l’ouest de V’Ecosse, n’est pas moins célébre par la dimension de ses ‘tojonnades naturelles. Un autre monument basaltique remarquable par sa hauteur, qui excéde vingt métres, c’est cette aiguille de l’ile Sainte-Héléne, que le peuple a surnommée Ja Cheminée : elle est formée de prismes horizontaux, hexagones, aux angles légérement arrondis; leur grosseur est celle d'une forte biche.

BASANE. Sous ce nom, on désigne les peaux de mouton auxquelles le corroyeur a fait subir certaines préparations. Les peaux de mouton sont travaillées différemment, suivant les usages auxquels on les destine. Celles qui sont employées a faire des doublures et des bordures n’ont besoin que de peu de force; le contraire a lieu lorsqu’on s’en sert, par exemple, pour garnir Viniérieur des voitures. La basane est employée par les relieurs, par les bourreliers, les selliers , etc.

Il y a donc plusieurs sortes de basanes. — Les basanes tannées ou de couche, qui seryent a faire des tapisseries de cuir doré, sont celles qui ont été étendues 4 plat dans la fosse pour y ¢tre tannées & la fagon des peaux de veaux, mais qu’on n’y a pas laissées aussi longtemps. Les basanes coudrées, qu’on e:mploie aux mémes usages que les précédentes , sont celles qui, aprés avoir été dépouillées de leur laine dans le plein au moyen de la chaux, ont été rougies dans Yeau chaude avec le tan. Les basanes sont dites chipées quand elles ont recu lapprét particulier nommé chipage. Les basanes passées au mesquis sont celles qui, au lieu d’étre passées au tan, l’ont été au redon. Enfin les basanes aludes, q2’on n’emploie ordinairement que dans la reliure, sont celles qu’on teint en jaune, en vert, en violet, etc., et qui sont trés-velues d’un seul cété; elles sont nommées aludes parce qu’on se sert d’alun dans les aifférents appréts auxquels elles sont soumises.

BAS-BLEU, en anglais blue-stocking. Dans la soaiété anglaise, et aujourd’hui dans quelques salons frangais, on appelle ironiquement bas-blew une femme auteur, une femme pédante, une femme bel-esprit, qui a la prétention de tout savoir. A !'époque ob lady Montague réunissait dans son cercle les hommes de lettres les plus renommés de la Grande-Bretagne, un étranger tout récemment arrivé 4 Londres refusa de lui étre présenté immédiatement, en s’excusant sur ce qu’il était encore en habit de voyage. La belle lady, instruite de ce refus, aurait, dit-on, répondu qu'il faisait beaucoup trop de cérémonies, et que chez elle on pouvait se présenter méme en bas ble s. Telle est l'une des origines attribuées & l’expres-

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