BASCULE
placera a l’extrémité de l'un des bras; Vautre , étant monté sur le second , avancera ou reculera jusqu’a ce que la bascule se mette en équilibre. — Pourquoi deux joueurs en équilibre sur cette machine se soulévent-ils alternativement ? C’est parce que celui qui est descendu jusqu’a terre s’élance en appuyant ses pieds contre le sol. Dans ce moment , son adversaire, se renversant en arriére , porte son centre de gravité plus en dehors, et allonge ainsi le bras de la bascule ou du levier qui le porte; dailleurs, il suffirait que Pun Weux se penchat en avant pendant que lautre se renverserait en arriére, pour rompre léquilibre.
Il y a plusieurs sortes de bascules hydrauliques ; elles ne différent pas de beaucoup entre elles, voici la plus simple : pour rendre sa description plus intelligible , nous supposerons qu’on a a sa disposition un courant d’eau tombant dun métre de hauteur perpendiculaire , et que lon veut élever une partie de cetfe eau prise au-dessous de la chute, & 10 métres de haut. Pour atteindre ce but, on prendrait un chevron, wimporte de quel bois , de 11 métres de long et d’une force proportionnée a la quantité d’eau qu’on pourrait élever a la fois. On fixerait transversalement une cheville de fer a un métre de Pune des extrémités du chevron; c’est sur cette cheyille , tournant entre deux pieux, que basculerait la machine; un seau d’une certaine capacité, 10 litres, par exemple, serait suspendu au bras le plus court de la bascule, au moyen de deux régles de bois ou de fer. L’autre bras de la bascule porterait un autre seau, suspendu de la méme maniére que le précédent, et dont la capacité serait @un litre (le dixiéme de la sienne ). Le courant d’eau tombant dans le grand seau le remplira, et la bascule s’inclinant de ce cété élévera le petit seau a 10 métres de hauteur, en supposant gue ce dernier plongeait d’abord dans le courant. Le grand seau est suspendu un peu au-dessus de son centre de gravité (un peu au-dessus de son milieu). En arrivant a Yextrémité de sa descente il rencontre une cheville fixe qui, détournant une sorte de palette que le seau porte sur son coté, fait chavirer celui-ci, et toute Peau dont il est chargé se répand 4 Vinstant. Le petit seau, reprenant ses avantages, fait pencher la bascule de son cdté et va se remplir dans le ruisseau, autre seau se remplit de nouveau; Ja bascule se reléve du cété du petit seau, et ce dernier va se vider dans un canal qui conduit eau au lieu de sa destination. Ce jeu se continue sans interruption avec une vitesse proportionnée a la quantité d’eau fournie par la chute. Le courant ne serait-il qu’un trés-petit filet d’eau, la bascule jouerait encore, mais avec lenteur. Une bascule de ce genre peut faire mouvoir le levier d'une pompe, d’une scie, etc,
La bascule de d’Artigues , dont on voit un modéle au Conservatoire des Arts et Métiers a Paris, n’a pas encore recu beaucoup d’applications ; elle est compliquée, et ne vaut pas la bascule de Claude Perrault. Celui-ci fit construire , dans le dix-septiéme siécle , une horloge 4 roues , sans poids, dont le mouvement était entretenu par un petit courant d’eau qui, tembant dans une petite bascule , faisait osciller le pendule. La basculede Perrault se compose d'une petite caisse en bois tournant sur un axe et partagée en deux parties égales par une cloison. Deux appuis fixes empéchent alternativement la machine de se renverser. L’eau motrice, qui coule par un tuyau , tembe dans la partie élevée de la caisse ; et quand cette partie est pleine , la caisse tourne sur son axe et vient s’appuyer sur obstacle correspondant, en versant Yeau dont le poids a déterminé son mouvement. L’autre partie se remplit a son tour, fait de nouveau pencher la caisse, et ainsi de suite. L’axe de la bascule est ainsi animé d’un mouvement de va-et-vient qui peut ensuite se modifier de mille maniéres. Cette machine est originale; il ne serait pas absurde d’en faire une appHeation dans une horloge de campagne, mue par un courant d’eau; elle indiquerait les heures et les ferait sonner assez régulitrement, pourvu que le pendule edt de sept A huit métres de long.
DICT. DE LA CONVERS. — T. Hl.
Aujourd’hui encore on emploie la bascule dans presque toutes les horloges pour determiner le mouvement de la sonnerie et méme pour mettre en mouvement les aiguilles des cadrans. TEYSSEDRE.
BASCULE (Systéme de). On a donné ce nom en politique, par inétaphore et par analogie avec le jeu de la bascule (voyes Varticle ci-dessus), & action gouvernementale qui consiste & se placer entre deux partis, et 4 peser suc cessivement du coté de Pun et du cété de l’autre, de maniére a les affaiblir et a les renforcer alternativement. [1 n’entre pas dans le plan de cet article d’explorer toutes les circonstances historiques dans lesquelles ce moyen a été employé par les gouvernements. Le plus remarquable usage qui enait été fail s'est produit sous le ministére de M. D ecazes, durant le régne de Louis XVIII. A cette époque le parti libéral, composé de toutes les opinions hostiles aux Bourbons, a quelque titre que ce fat, se pondérait avec le parti quon appelait de l’émigration , et qu’on aurait plus convenablement appelé le parti du passé. Le ministére crut pouvoir les dominer tous deux en se mettant de temps a autre dans leur balance respective. L’événement ne justifia pas la sagesse de cet essai, car M. Decazes finit par étre renversé, et se retira avec l’animadversion de toutes les fac tions.
La yérité est que ce systéme est un systéme faux, d’oui il ne peut sortir que de tristes conséquences. Le gouvernement qui le met en ceuvre démontre d’abord par son adoption qu’il est un gouvernement faible et saus vigueur. Sous un gouvernement fort et décidément établi, il n’y a pas de partis, il va un gouvernement et une nation gouvernée. Or, le gouvernement qui non-seulement reconnait l’existence d’un parti assez fort pour étre ménagé, mais !’exisfence de deux partis assez bien existants pour qu’il soit obligé d’employer contre eux une sorte de machiavélisme et de médiation, est un gouvernement malade ef qu’on duit craindre de voir mourir a la peine. A supposer au reste qwil n’y courdt aucun danger lui-méme, toujours est-il certain qu’il ne parviendra jamais au but qu’il s’est proposé. On n’opere point sur les partis , qui sont des étres actifs et vivants , comme on opére sur la matiére, qui est passive et inerte. Quand vous communiquez a un objet inanimé une force, il ne la conserve qu’a de ceriaines conditions doui yous étes maitre, que vous pouvez calculer, et vous la lui retirez tout d’un coup, selon des lois rigoureuses , quand vous le voulez. Quand au contraire vous avez mis le pouvoir aux mains d’un parti, vous n’étes pas maitre de le lui mesurer, car de ce que vous lui donnez yolontairement, il se sert ensuite pour prendre; puis , quand vous yous apercevez qu'il est temps de mettre ordre a ses empiétements , si vous étes assez fort pour lui reprendre des mains le pouvoir que vous lui avez confié, toujours au moins ne pouvez-vous pas faire qu'il ne conserve par devers lui quelque chose : vous lui Otez le fait, il conserve le droit; vous lui dtez le maniement des choses, il conserve la considération, la popularité, action morale, mille éléments capricieux , inappréciables selon des calculs rigoureux : avec ces réserves, il vous mine peu a peu; et remarquez bien que durant ce temps je ne vous parle pas du contre-parti , qui néanmoins vous travaille de son mieux, et ne laisse pas de vous créer des embarras. Il peut sans doute étre aisé de s’allier a un parti pour écraser autre, mais c’estJa un marché; une fois fait, vous avez choisi votre ennemi, choisi votre ami; avec l'ami vous étouffez Pennemi; puis, parfois, ’ennemi mort, vous vous prenez a l’ami, dont vous vous débarrassez aussi, afin de rester seul. Cette politique , dont je ne juge pas la moralité, est logique, possible, et peut donner des résultats. Le systéme de bascule arrive en définitive 4 un résultat pareil : il met en definitive la force aux mains d’un seul, mais la duperie est que ce n'est pas ordinairement aux mains de Celui qui avait primitivement le pouvoir et qui l'a partagé
avec tout le monde. Un de ceux auxquels on lavait prété répond un beau matin qu’il ne veut pas le rendre, se fait le maitre, et jette dechors les autres tout ébahis.
Hi ne faut pas confondre la bascule avec l’équilibre : un gouvernement, a la suite d’une révolution, par exemple, quand tous Jes éléments sociaux ont été mis en fermentation, peut avoir plusieurs partis 4 combattre. Dans ce cas, qu’a-t-il & faire? Jl doit d’abord étre un gouvernement, c’est-’-dire quelque chose de plus fort qu’eux tous. Il doit ensuite maintenir dans ses relations avec eux un équilibre exact, peser beaucoup sur celui qui est fort ou entreprenant, étre plus doux 4 celui qui est plus résigné ou plus faible, mais en ramenant toujours a lui cette distribution des forces gouvernementales de maniére a ce que les partis soient forts ou faibles vis-a-vis de lui, mais non pas de maniére a les faire forts ou faibles vis-a-vis les uns des autres, et lui se trouvant entre deux; puis , en définitive, le fond de sa pensée doit ¢tre de les user petit a petit par des manceuvres habiles, de maniére a ce que t6t ou tard ils viennent se coniforidre en lui seul, et qu’aprés y avoir eu des partis et un pouvoir, il n’y ait plus qu’un gouvernement et des gouvernés. Ch. Rasov.
BASE (de 8dors, fondement , appui). Ce mot sert en général & désigner la partie inférieure d’un objet, ou celle qui en fait le principe, ou bien encore celle sur laquelle il repose. Ainsi, en architecture, la base d'une colonne est la partie opposée au chapiteau, et qui varie de forme et d’ornement suivant que l’on emploie Vordre toscan, Yordre dorique, Vordre ionique ou Vordre corinthien. Dans les temples de ’Egypte, dans ceux de Peestum et dans quelques anciennes constructions de Inde, il se trouve des colonnes qui n’ont pas de base, et dont le fat pose simplement sur une plinthe, qui est un socle carré, tandis que la base est ronde comme la colonne. Sa ressemblance avec les replis @’un serpent lui a fait quelquefois donner le nom de spire, du latin spira, On dit aussi la base d'un piédestal, la base d’une pyramide, celle d’un monument en général, la base d’un bastion.
En conchyliologie, la base dune coquille est la partie opposée a sa pointe et celle sur laquelle il parait plus facile de la poser.
La base du cavur en est la partie la plus élevée, mais qui se trouve en effet la plus large, et qui est également opposée a sa pointe.
En médecine on emploie le mot base pour désigner Yobjet principal d’une mixtion quelconque.
BASE ( Mathématiques). Ce mot s’emploie en arithmétique dans la numération et dans la théorie des logarithmes; il désigne aussi, dans un systtme régulier de mesures, l’unité principale de laquelle toutes les autres dérivent. Voyes Mérnigue (Systéme ).
En géométrie la base d’un triangle est l'un quelconque de ses cdtés; mais, quand le triangle est rectangle, on prend le plus souvent pour base l'hypoténuse; et si le triangle est isocéle, le cété inégal aux deux autres; on appelle indifféremment bases d’un parallélogramme deux de ses cdtés opposés; dans un trapéze, les bases sont les deux cétés paralléles. De méme, la base d’un tétraédre est l'une quelconque de ses faces; celle d’une pyramide polygonale est son unique face non triangulaire; on prend pour bases d’un parallélipipéde deux faces opposées , et les bases d'un prisme sont ses deux faces paralléles qui ne sont pas des parallélogrammes, Enfin la base d’un eéne est la portion plane de sa surface, et les bases d’un cylindre sont les deux cercles qui le terminent.
En géodésie une base est une ligne droite mesurée sur le terrain avec Ja plus grande exactitude possible , et sur laquelle on construit une série de triangles pour déterminer la situation des points remarquables. La mesure de cette hase Jemande une telle exactitude qu’elle exige une foule de