‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 357 sur 488 · BASEDOW — BAS-EMPIRE · texte numérisé non relu

BASEDOW — BAS-EMPIRE

La souseription ne produisit pas moins de 15,000 thalers (prés de 75,000 francs), somme plus que suffisante assurément pour couvrir tous les frais de fabrication d’un livre (3 vol., Altona, 1774; souvent réimprimé depuis), qui fut tout aussitét traduit en francais par Huber, et méme en latin par Mongeildorff. En Vécrivant Basedow se proposait de mettre sous les yeux de la jeunesse une grande quantité de notions et @idées sur le monde réel , et de développer en elle Pesprit de cosmopolitisme qui était le but final de son systéme. Une école-modéle pour la mise en pratique et lapplication de la nouvelle méthode d’éducation fut fondée en 1774 & Dessau, sous la dénomination de Philanthropin, Wot les Allemands, toujours hardis dans leur terminologie, ont créé le mot philanthropinisme pour désigner le systéme d’éducation préconisé par Basedow et ses adeptes. Dés 1771 le prince d’Anhalt-Dessau avait attiré notre philosophe dans sa capitale; mais le succés de l’institut régénérateur fondé par Basedow fut loin de répondre a l’attente générale et surtout 4 ses propres promesses. Le caractére inconstant du novateur, son esprit de domination, ses habitudes brusques et méme grossiéres, ne tardérent point en effet & provoquer de pénibles et fréquents conflits entre lui et les hommes qui s’étaient associés 4 son ceuvre, Wolke et Campe entre autres. I] abandonna donc dés 1778 la direction de son établissement; mais il n’en continua pas moins jusqu’a sa mort, arrivée le 25 juillet 1790, 8 Magdebourg, a la suite de nombreux changements de résidence, a s’efforcer de populariser ses idées sur l'éducation a Paide de nombreux ouvyrages, dans lesquels il avait bien moins en vue de convaincre que de séduire par l’attrait de la nouveauté,

L’influence exercée par Basedow sur la direction des idées de son temps est incontestable. Une violente réaction s’opérait alors dans les esprits contre les traditions religieuses et sociales du moyen dge. Des enseignemenrts d’une foi aveugle, on en appelait a l'étude de la réalité et de la nature, &la contemplation de la vie; et la méthode de Basedow s’accordait merveilleusement bien avec les aspirations de sa génération. En cherchant a affranchir ’éducation de la routine, de la tradition, il eut toutefois le tort de trop déprécier les anciens, et s’attira ainsi le reproche d’étre personnellement intéressé, en raison méme de l'étude extrémement superficielle qu'il avait faite de leurs ceuvres, a en rayaler le mérite. Quelque grands et incontestables qu’aient été les services rendus a |’éducation par Basedow, on ne saurait nier d’ailleurs que ses doctrines ne portent a un haut degré le caractére du systeme sensualiste qui dominait alors, encore bien que esprit du peuple au milieu duquel il vivait l’ait préservé de beaucoup d’écarts dans lesquels eussent pu |’entrainer les doctrines ouvertement matérialistes de son époque. Les vices de sa méthode furent bientét reconnus; on en signala le cété faux, ridicule et exagéré, les tendances basses et égoistes. Aussi Basedow nest-il plus considéré aujourd’hui en Allemagne que comme représentant dans la pédagogie les tendances sensualistes et matérialistes du dix-huitiéme siécle.

BASELLE, genre de la famille des chénopodées, qui comprend huit 4 dix espéces de plantes, dont deux, la baselle rouge, basella rubra, et la baselle blanche, basella alba, Yune et lautre originaires de l’Inde, sont cultivées en Europe depuis une quarantaine d’années, et se mangent comme nos épinards. Ces deux baselles n’étaient d’abord en France que des plantes de collection botanique, qu’on cultivait en orangerie, ou elles vivaient deux a trois ans; mais de jeunes plants, nés de la semaison faite des semences de baselle au printemps, ayant été placés ea pleine terre, accomplirent avant I’hiver de la méme amée toutes les périodes de leur existence, comme si elles eussent été cultivées dans Verangerie; elles fournirent avec abondance leurs feuilles charnues et alimentaires et des graines aussi parfaites que celles qu’on obtenait dans la serre tempérée; dés lors

on se borna & semer les graines de ces plantes sur couche en février et mars, et 4 repiquer le plant en avril en pleine terre, ot elles donnent leurs produits en quatre, cing et six mois, et oti elles se sont modifiées en plantes annuelles de bisannuelles qu’elles étaient.

Les baselles blanches et rouges étant des plantes grimpantes, qui s’élévent de six a huit pieds, il faut les placer auprés d’un treillage. En Chine il se fait une grande consommation de baselle comme aliment, mais parmi nous ce n’est encore qu’un mets de fantaisie. Les fruits de Ja baselle contiennent une couleur pourpre abondante et trés-belle.

Page 1