BASILE — BASILIC
Bardas Sclérus et de Bardas Phocas, battit les Bulgares (1013-1017), et réunit la Bulgarie a l’empire d’Orient. Ayant fait quinze mille prisonniers bulgares, il eut la cruauté de leur faire crever les yeux, n’en épargnant qu’un par centaine, pour qu’ils pussent reconduire les autres dans leur pays.
BASILE. Le talent esquisse un portrait; et sa puissance est telle que, sous sa main, ce portrait devient un tableau, ef ce tableau représente si bien un des caractéres de la société au milieu de laquelle nous viyons, que nul a son aspect ne peut s’empécher de s’écrier : J est @apres nature, et le voila! C’est principalement sur la scéne que ce relief tranche vivement, saute aux yeux, et que, pour peu que illusion s’y préte, le doute n’est plus possible : aussi le spectateur se retire-t-il pleinement satisfait de sa soirée , quand, montrant du doigt Tartw/e, il luia dit : Tu Vappelles Hypocrisie; et dévisageant Basile, il Jui a craché ala face ces mots : Et toi, sournois, tu te nommes la Calomnie ! Cette fois lesprit de Beaumarchais s’éléve au niveau du génie de Moliére.
Pour se soustraire au fer rouge qui lui brale I’épiderme, Basile aura beau jeter par-dessus les moulins sa longue souquenille noire et son long sombrero de frayle espagnol; il aura beau, si est possible, relever son ceil faux et patelin , cesser de tenir ses bras en croix, redresser son front bigot longtemps incliné, son signalement a été si bien pris, que partout Figaro, le peuple, le reconnaitra et l’appréhendera au corps. Basile, c’est Tartufe moins la grandeur, c’est Tartufe plus serpent encore que Tartufe. Chez hypocrite Tartufe, la calomnie n’est qu’un des mille engins de son arsenal diabolique; chez le calomniateur Basile, c’est l’engin principal auquel tous les autres sont soumis. Tartufe découvert marche le front haut au péril; Basile le tourne en marchant & quatre pattes. Tartufe plonge un honnéte homme dans la misére, Basile l’envoie au bagne.
BASILIC ( Botanique), de Bacidsxd¢, royal, A cause de son odeur. Ce genre de plantes, qui appartient a Ja famille des labiées de Jussieu, se reconnait aux caractéres suivants : calice & deux lévres, la supérieure large et entitre, Vinférieure plus longue, a quatre dents aigués; corolle renversée, a lévre supérieure quadrilobée, a lévre inférieure plus longue, non divisée en lobes et seulement crénelée ; filets des deux étamines les plus courtes munis d’un petit appendice a leur base.
Ce genre contient une quarantaine d’espéces, remarquables par leur odeur suave et pénétrante. Elles sont toutes exotiques, et originaires, pour la plupart, des parties chaudes de Inde. Mais plusieurs ont été introduites dans nos jardins, et deux surtout, que nous allons décrire, y sont maintenant trés-mullipliées,
Le basilic commun, ou grand basilic ( ocimum basilicum, Linné), est cultivé dans tous les jardins, a cause de son odeur. Ses tiges sont légérement velues , hautes de 30 centim. environ; ses feuilles pétiolées, en forme de cceur, un peu ciliées et dentelées sur les bords ; les fleurs, blanches ou dun rouge pile, sont disposes & l’extrémité de la tige et des rameaux, en anneaux composés chacun de cing a six fleurs, et qui, par leur réunion, forment des espéces d’épis. Cette plante, qui nous est venue des Indes orientales , se retrouve aussi dans le nouveau continent; elle est presque uniquement employée maintenant a servir, comme le thym, de condiment aromatique aux préparations culinaires. L’infusion de ses feuilles et de ses sommités fleuries était en usage autrefois en médecine, mais elle est aujourdhui abandonnée; il en est de méme de Peau distillée qu’elle fournit, et qui est trés-aromatique et trés-suave.
Le basilic d petites feuilles , ou basilic nain ( ocimum minimum, Linné ), est cette jolie espece, originaire des Indes orientales, que l’on éléve communément dans des pots, et que ’on tient dans les maisons ou sur les fen¢tres pour jouir