BASILIC — BASILIDE
de son agréable odeur. Sa tige est haute d’environ quinze ou vingt centimetres, et garnie de rameaux tellement touffus que toate la plante ressemble 4 un petit buisson épais, ou plutdt & une boule de verdure; les feuilles sont petites, nombreuses , opposées, ovales, un peu charnues, vertes ou rougeatres , presque semblables a celles du serpolet ; ses fleurs sont blanches, petites et disposées par anneaux. DEMEZIL.
BASILIC ( Zoologie ). Ce mot a été longtemps employé pour désigner un animal imaginaire; c’était une sorte de dragon en miniature, dont la morsure était mortelle, et dont les yeux, phus terribles encore, donnaientla mort dun seul regard. A la vérité, ce dernier effet n’avait lieu qu’autant que le basilic avait vu homme avant d’en étre apercu lui-méme; car si celui-ci avait été le premier 4 découvrir Vanimal, il était 4 Pabri de ses atteintes. Ce regard terrible, Sil venait a se réfléchir sur une glace, qui le renyoyait au basilic, suffisait pour le tuer lui-méme : aussi pour le faire mourir et s’en emparer lui présentait-on un miroir. Quelques-uns prétendaient qu’une femme pouvait le saisir tout vivant sans peine et sans danger; tout le monde convenait @ailleurs que c’était un rare animal, et lon attachait beaucoup de prix a sa possession, car il servait & préparer des médicaments propres 4 guérir beaucoup de maux. Qui ne sait que le basilic a fourni 4 Vauteur de Zadig un de ses plus agréables chapitres? Mais on n’apprendra pas sans quelque surprise que des naturalistes laient figuré dans leurs ouvrages, et que des médecins Vaient autrefois vanté dans leurs pharmacopées. On voyait méme dans beaucoup de cabinets @histoire naturelle de petites raies fagonnées en forme de dragons par des charlatans qui les vendaient aux gens crédules sous le nom de basilics.
Aujourd’hui lon ne désigne plus sous ce nom qu’un genre de reptiles appartenant a lordre des sauriens, et caractérisés par un corps allongé, couvert de petites écailles ; leurs quatre pieds a cing doigts onguiculés, séparés, inégaux ; leur langue charnue, épaisse, légérement échanerée au bout ; leur palais garni de dents, aussi bien que les machoires ; Jeur dos et leur queue surmontés d’une créte élevée et continue, soutenue par les apophyses épineuses des vertébres. Le genre basilic comprend deux espéces.
Le basilic & capuchon est wa animal qui se rencontre au Mexique, 4 la Martinique et a la Guyane; sa longueur totale peut aller jusqu’a un métre. Il est d’un brun fauve en dessus et blanchatre en dessous; sa gorge porte des bandes @un brun plombé, et de chaque cété del’eil régne une raie blanchatre, liserée de noir, qui va se perdre sur le dos. Ce reptile est fort innocent, du moins pour ’homme; il se nourrit de graines, et peut-étre aussi de petits animaux, vit dans les lieux humides, nage fort bien a Vaide de sa queue, et n’a de royal qu’une proéminence membraneuse, en maniére de capuchon, qui recouvre son occiput, et qui occupe la place d’une couronne sans en avoir tout afaitla rme.
Le basilic & bandes, originaire du Mexique, ne différe du précédent que par le moindre développement de sa créte rachidienne, par ses écailles ventrales, qui sont carénées au
en d’étre lisses, et par six ou sept bandes noires régnant en travers de son dos. DE weztt.
BASILICATE, partie de l’ancienne Lucanie, )’une des quinze intendances de !’ancien royaume de Naples, devenue depuis 1860 province de Potenza, est baignée par le golfe de Tarente , et sur une superficie de 10,676 kilom. carrés, contient 520,789 habitants. A Pouest cette contrée est tantot limitée et tantot parcourue par Ja chaine principale des Apennins; au sud-est elle est plate et bien arrosée. Le Bradano, le Bassente ou Bassiento et |’Agri traversent la province dans toute sa longueur , du nord-ouest au sud-est, mais aucun de ces cours d’eau n’est navigable, Le climat de la Basilicate est sain et tempéré, le sol fertile, mais Ja culture extrémement défectueuse. La population
est demeurée en proie a 1 iguurance et a la superstition; aussi le commerce et |’industrie n’ont-ils pris aucun développement dans cette province, qui a pourchef-lieu Potenza Elle a été aprés 1860 sillonnée de bandes royalistes qui ont commis beaucoup d’exactions et y ont eu de nombreuses rencontres avec les troupes italiennes.
BASILIDE, philosophe , naquit en Perse, au second siécle de Pére chrétienne. Mais c’esten Egypte, 4 Alexandrie, quil exposa son systéme et que son école prit les plus grands développements. Sa doctrine se distingue de tous leg autres systémes gnostiques par la richesse de ses idées, de ses symboles, de ses monuments, Cet enfant de la Perse, initié aux théories chrétiennes dans Alexandrie, prétend qu'il n’innove en rien. Ila regu la doctrine primitive des chrétiens par un certain Glaucias, interpréte de saint Pierre. Il avoue cependant que son enseignement ne s’accorde pas avec les écrits apostoliques ; mais il affirme que ces écrits sont les uns supposés par la mauvaise foi, les autres altérés par l’ignorance. 1] met, comme Bardesane, a la téte de tout, un Dieu sans nom, qu’aucune parole ne saurait faire connaitre, éternel, caché en lui-méme, mais qui a manifesté ses perfections, et s’est déployé en une série d’émanations qui toutes sont encore lui. Les cing premiéres de ces émanations sont des personnifications , des attributs de l’Intelligence ; deux autres personnifient des qualités morales. Ces sept émanations réunies 4 Dieu forment une ogdoade, qui a des rapports avec ’ogdoade du Zend-Avesta ( Zeruané Akéréné et les sept amshaspands), avec le monde Aziluth ou la premiére série des intelligences de la kabbale, et plus particuli¢rement avec la premiére ogdoade de l’ancienne théogonie égyptienne:
De sa premiere série d’éons Basilide en fait émaner une seconde , également composée de sept étres , qui réfléchissent image de la série créatrice, et qui donnent naissance a une nouvelle série. Le nombre de ces déploiements successifs s’éléve a trois cent soixante et cing intelligences, qui forment autant de mondes intellectuels, Owranoi. Elles sont toutes d’une pureté divine, et réfléchissent les images les unes des autres, tout en devenant de plus en plus imparfaites 4 mesure qu’elles s’éloignent de l’intelligence parfaite. Elles se partagent le gouvernement des divers mondes, et président , selon leurs rangs, aux destinées des astres et a celles de leurs habitants.
Pour expliquer la grande question de l’origine du mal, Basilide adopte un mythe du Zend-Avesta. Il admet une invasion violente du principe mal dans le domaine du bien. L’harmonie du monde étant troublée par cette attaque, Ja sagesse divine dut prendre des mesures pour rétablir’ordre et faire servir le mélange a un but digne de Etre Supréme. En effet , ce qui est divin a pu s’altérer, se confondre avec la matiére, mais doit revenir t6f ou tard a la pureté céleste. Dieu a done créé ce monde pour servir de théatre au grand drame de ]’épuration. L’4me humainese trouve depuis le commencement du monde dans une migration perpétuelle, dont le but est de la séparer du mélange matériel. Elle parcourt non-seulement les divers degrés de existence animale, mais encore Jes différentes échelles de la civilisation dee peuples. Des anges spéciaux , préposés aux nations et au) individus, dirigent ces périodes de perfectionnement. Toutefois , cette surveillance ne suffisant pas 4 VEtre supréme, i] résolut de se manifester aux hommes et de leur tracer leur destinée véritable. Pour cela, il envoya sa premiere intelligence, Nows, se réunir a Jésus, homme le plus moral de son époque. Dans l’apparition et dans la mort de ce personnage, moitié homme, moitié divinité, ’Aomme seul souffrit ; esprit remplit sa mission, en indiquant 4 l’Ame le chemin de Ja foi. La foi est non pas une suite de convictions, mais un état moral et intellectuel, une sorte de vie divine en communication avec le monde supérieur. La foi se transforme done a mesure que l’&me s’éléve. Pour s’élever ainsi, elle doit
lutter contre certains es~p {3 du mal, originairement étrangers a l'Ame, mais qui, par suite de la grande confusion, se sont associés a elle au point de former dans homme une seconde Ame, l’Ame animale. En somme, la morale de Basilide se résume en cet axiome: « Le sage ne doit rien hair ni rien désirer. »
Cet ensemble de doctrines, Basilide ne le communiquait que par degrés, en établissant des classes d’initiés plus nombreuses que les autres écoles gnostiques. Le plus illustre de ses éléves fut son fils Isidore, qui imprima A |’école une direction plus opposée a l’Eglise chrétienne, et adopta le docétisme, systeme d’apréslequel la premiere intelligence, le Notis, ne revétit qu’une apparence de corps, et ne souffrit qu’une mort apparente. Les basilidiens se sont plus tard autorisés de cette maxime pour renier leurs croyances et se soustraire au martyre , comme, suivant eux, le Sauveur s’était dérobé ala croix.
Bient6t ils allérent plus loin : ils prétendirent que les parfaits n’étaient tenus 4 aucune loi, que leur ame était trop élevée au-dessus du monde matériel pour pouvoir étre affectée par la volupté. C’est par sa morale licencieuse qu’acheva de se perdre une école a laquelle ses adversaires les plus ardents, saint Clément d’Alexandrie, saint Irénée, saint Epiphane, Théodoret, Agrippa Castor, avaient d’abord reconnu de belles qualités morales. Aprés s’étre répandue un instant dans toute l’Egypte, elle s’éteignit partout obscurément, vers le milieu du cinquiéme siécle. Albert Marrer.
BASILIDIENS. Voyez Basiuipe.
BASILIO DA GAMA (José), poéte épique brésilien , naquit en 1740, 4 San-José, dans la province de Minas- Géraés. Amené a Rio-de-Janeiro par un franciscain, il entra au collége des Jésuites ; mais la suppression de Vordre fut pour lui la cause d’une foule de pérégrinations malheureuses. Enfin il trouve asile et protection auprés de Pombal, qui Pattache 4 son cabinet. C’est 1a que Basilio écrit Quitubia, en faveur d’un chef africain dévoué aux Portugais, et son poéme épique Il Uraguay. Mais 4 Vavénement de dona Maria I** Pombal est exilé dans ses terres; Basilio lui reste fidéle, et écrit des vers 4 sa louange. Les Jésuites reldvent la téte, attaquent l Uraguay, traitent Vauteur d’ingrat et de parjure. Pour se soustraire 4 leur vengeance, Basilio repart pour Rio-de-Janeiro, ott Je vice-roi et ’évéque l’accueillent avec distinction. Il se lie avec tous les liltérateurs de ’époque, et ils fondent ensemble la premiére académie brésilienne. En 1790 arrive un nouveau vice-roi , qui ferme Yacadémie, arréte, juge , condamne, déporte les littérateurs sur les cétes d’Afrique. Basilio da Gama lui échappe en refraversant |’Atlantique pour la cinquiéme fois. I] débarque a Lisbonne. Nul ne sait ce qu’il y devint. On croit seulement qu’il y mourut en 1795.
Basilio da Gama est auteur d’un grand nombre de gracieuses productions lyriques et élégiaques, de belles cantates , de tendres sonnets , d’ingénieuses épttres ; et dans tous les genres il excelle. Mais son plus beau titre de gloire, c’est Y Uraguay, en cing chants, écrits en vers héroiques libres, poéme ou plutét roman en vers, palpitant de verve, de génie, dinspiration. C’est Phistoire des guerres sanglantes que les Portugais soutinrent en 1756 contre les indigines du Paraguay, soulevés par les Jésuites. Il y a dans cette épopée transatlantique, qui jouit d’une grande réputation en Portugal et au Brésil, des peintures délicates , d’intéressants épisodes , un vif attrait de curiosité constamment soutenn, des beautés inappréciables.
BASILIQUE. Ce mot désignait originairement un édifice ou l’on rend la justice, un tribunal. Nous ne savons si chez les Grecs, dans le temps de leur autonomie, le mot de basilique était employé dans le sens d’édifice propre A un trihunal; mais nous trouvons & Athénes dés le temps de Platon, qui en parle dans le début de son Hutyphron, un portique appelé le portique du roi, ou du basileus, ou le