BASILIDE — BASILIQUE
portique basilien ; et nous apprenons , tant par le témoignage du philosophe que par celui des orateurs attiques et des autres écrivains grecs, que cette dénomination éfait due a l’archonte-roi, ou basileus, qui avait en cet endroit son siége de justice. Ainsi, bien que l’adjectif usité par les Grecs, basileios , différe \é¢gerement comme forme de celui qu’ont employé les Romains , basilicos, nous ne nous en croyons pas moins autoriséa penser que la basilique modéle a été le tribunal de l’archonte-roi 4 Athénes. Les Romains avaient des basiliques dés le temps de Cicéron; Vitruve , qui était un peu plus jeune que Vorateur latin, expose dans son livre les régles et les convenances qu’il faut observer pour la construction des basiliques, et en décrit une fort singuliére qu il avait élevée 4 Fano, sa patrie. La restitution de la basilique de Fano présente des difficultés qu’on n’est pas encore parvenu a vaincre. Il n’en est pas de méme du type commun des basiliques, dont la disposition dans Vitruve correspond exactement a celle des principales basiliques chrétiennes. Aprés avoir déterminé la place propre a la basilique, laquelle doit étre contigué au forum, et dans une exposition chaude, pour que les marchands qui la fréquentent pendant V’hiver souffrent moins des incommodités de la saison, Vitruve trace le plan d’un édifice en parallélogramme, divisé par deux rangs de colonnes en trois nefs, une grande et deux petites. Chaque rang de colonnes en supporte un second, et entre ces deux ordres superposés, on établit le plancher d’une galerie supérieure, correspondante a la galerie qui dans beaucoup d’églises gothiques porte le nom de travées. L’édifice, plafonné dans toute sa longueur, se termine par un hémicycle voité, ou cul-de-four, au centre duquel était placé le siége du magistrat.
Les basiliques un peu étendues servaient donc a plusieurs usages : dans la nef du milieu, les marchands se rassemblaient pendant la mauyaise saison : ¢’était leur bourse. A droite et & gauche de la grande nef, sous les colonnes, étaient des boutiques, particuli¢rement celles des changeurs. Les jurisconsultes donnaient leurs consultations dans les galeries supérieures : on y plagait souvent des bibliothéques. Enfin, ?hémicycle du fond , séparé du reste de l’édifice par une simple balustrade, et quelquefois par des colonnes, donnait asile aux juges, aux ayocats et aux plaideurs. La Bourse de Paris rappellerait complétement les basiliques antiques, si l’extérieur en était plus simplement décoré, si l’on trouvait des boutiques aux deux ailes du rez-de-chaussée , et si le tribunal de commerce, au lieu d’étre prudemment relégué dans une salle du premier étage, se déployait me jestueusement au fond de la grande salle sous la demi-votte dune tribune a Vantique.
Les Romains n’eurent pas seulement des basiliques publiques ; ils introduisirent ce genre de construction dans les demeures particulitres. Vitruve recommande aux citoyens riches de se faire construire des basiliques dont la magnificence égale celle des monuments publics, parce que, ditil, il arrive souvent qu’on tient dans leurs maisons des assemblées d’un intérét général, qu’on y juge des causes privées, et qu’on y régle des arbitrages. Sans doute, lorsque les particuliers élevaient des basiliques, au lieu d’y pénétrer par un forum, on trouvait attenant un grand afrium ou des portiques. Les basiliques chrétiennes, calquées en tout sur les basiliques dont parle Vitruve, offrent aussi les traces de cet usage.
Dans le silence des auteurs ecclésiastiques, il serait difficile de préciser le motif qui fit adopter aux chrétiens la forme des basiliques pour la construction de leurs premiéres églises. Nous croyons toutefois, avec M. Quatremére de Quincy, que le besoin de rassembler sous le méme toit la multitude des fiddles indiqua naturellement les basiliques comme celui des édifices alors en usage qui se prétait A renfermer un plus grand nombre de personnes, Pour les adapter a leur nouyelle destination , on n’eut aucun change-