BASIRE — BASOCHE
naire 4 Lyon, et eassala municipalité de cette ville, suspecte |
@étre favorable au parti de laGironde, Au 31 mai, il proposa que la Convention allat /raterniser avec le peuple, qui attendait a la porte quelle expulsat de son sein la mauvaise queue de Brisset et de Vergniaud. Le 28 aoat il provoqua la loi qui déclarait la république en état de révolution jusqu’au rétablissement de la paix générale. C'est sur son rapport que fut rendue la loi qui ordonna le ¢utoiement. Compromis dans de sales tripotages auxquels donna lieu la liquidation de la compagnie des Indes, il fut condamné et exécuté le méme jour.
BAS-JUSTICIER. Voyez Justicier.
BASKERVILLE (Jou), imprimeur, graveur et fondeur en caractéres, célébre 4 bon droit, naquit a Wolverley, dans le Worcestershire, en i706. D’abord maitre d’écriture 4 Birmingham, il fit plus tard ayee suecés un grand com: merce de couleurs et de vernis; mais a partir de 1750 il s’appliqua a la gravure et a la fonte des caractéres, auxquels il parvint 4 donner une grande perfection, et se fit imprimeur. Il confectionnait lui-méme tous les ustensiles dont il se servait, et jusqu’d son papier. Le premier ii fabriqua du papier non filigrané, dit papier vélin. Ses principales éditions se distinguent encore aujourd’hui par leur noble simplicité, sans vignettes ni ornements superflus. Cependant, on en voit dans son Orlando furioso (1775). On recherche surtout son Virgile (1757), son Horace, son Juvénal, son Perse et sa Bible anglaise. Les services qu'il rendit a Pimprimerie doivent étre d’autant plus appréciés, qu’il rencontra peu d’encouragements parmi ses contemporains. A sa mort, arrivée en 1775, ses héritiers ne trouyérent pas d’acquéreurs pour ses poingons ; et ils ne purent s’en défaire que dix ans plus tard, lorsque Beaumarchais eut \’idée de monter a Kehl une imprimerie spéciale pour une édition des ceuvres de Voltaire.
BASNAGE, nom d’une famille protestante de Normandie, qui a fourni a l’Eglise réformée plusieurs de ses pasteurs les plus estimables : Benjamin Rasnace, né en 1580, mort en 1662; Anfoine Basnace, son fils, né en 1610, mort en 1691, en Hollande, ou il se réfugia aprés la révocation de Pédit de Nantes; Samuel Basnace, fils d’Antoine, né en 1638, réfugié en Hollande avec son pére, mort en 1721, auteur des Annales Politico-Ecclesiastici (Rotterdam, 1706),
La méme famille a donné 4 la France plusieurs savants et écrivains distingués : BASNAGE DU FrAQUENAY, deuxiéme fils de Benjamin, célébre avocat et jurisconsulte de Rouen, né en 1615, mort en (695, qui publia les Coutwmes de Normandie, 1677, et un Traitédes Hypothéques, 1687.
Jacques BASNAcE DE BEAvyAL, fils du précédent, ministre de la religion réformée, né en 1653, a Rouen, réfugié en Hollande, mort l’an 1723. Pendant son séjour en Hollande il se sut concilier la faveur du grand-pensionnaire Heinsius. il en profila pour rendre des: services son pays, auduel il était resté attaché, et contribua puissamment a faire contracter Palliance avec la Hollande, qui fut conclue par Pabbé Dubois, 4 La Haye, en 1717. Basnage était ami de Bayle, avec lequei il s’était lié 4 Genéve et a Sedan. Jacques Basnage a laissé un grand nombre d’ouvrages sur histoire de la religion, dont les plus estimés sont l Histoire de V'Eglise depuis Jésus-Christ jusqwa présent (Rotterdam, 1699 ); Histoire des Juifs depuis Jésus-Christ jusqwa présent, pour servir de supplément a V’Histoire de Joséphe (1706). plusieurs fois réimprimés; les Annales des Provinces -Unies de 1646 & 1678 (La Haye, 1719).
Henri BasxaGeE DE BEAvYAL, frére cadet du précédent, néen 1656, niort en Hollande, en 1710, fut d’abord ayocat au parlement de Rouen, puis se réfugia en Hollande, oi il se lia avec Bayle par |’entremise de son frére. II continua, sous le titre d’ Histoire des Ouvrages des Savants (depuis 1687 jusqu’d 1709, 24 vol. ), Pintéressant recueil que Bayle avait créé sous le titre de Nouvelles de la République des
Lettres ; cette continuation, écrite avec l'impartialité et les égards convenables, n’est pas indigne de l’ouvrage auquel elle fait suite. H. Basnage donna en 1701 une deuxiéme édition du Dictionnaire universel de Fureti¢re, 3 vol. Il avait publié en 1684 un petit ouvrage intitulé Tolérance des Religions. Boulter.
BASOCHE ou BAZOCHE. Les étymologistes ne sont pas daccord sur |’origine de ce mot. Ménage le fait dériver de basilica, parce qworiginairement on rendait la justice dans le palais des rois. Boiste le fait venir du grec Bate, railler; enfin, selon Gébelin, ce mot serait composé de bas, pelit, et de oche, oque, oie, la petite oie, pour dire la pe tite cour, par opposition a la cour dont elle relevait, la haute cour du parlement.
Toutes les corporations formées dans le moyen age se résumaient en confréries; celle de la basoche est la premiére neut-étre qui n’ait pas eu un caractére essentiellement religieux. Cette communauté prif dés son origine le titre de royawme, et son chef celui de roi de la Basoche. Elle date de l’époque ou le parlement de Paris devint sédentaire. Les procureurs, alors en trop petit nombre pour faire euxmémes toutes les écritures qu’exigeait leur ministére, ayaient obtenu du parlement, en 1303 , la permission de se faire aider par de jeunes clercs, car il n’y avait alors que les hommes de clergie qui sussent lire et écrire. Des contesta-
tions s’élevaient souvent entre lesclercs de procnreurs; elles
étaient portées devant les tribunaux ordinaires. Philippe le Bel, de V'avis et conseil de son parlement, établit la juridiction de la basoche, ordonna que le chef porterait le tifre de roi, connaitrait en dernier ressort de tous les différends qui naitraient entre les cleres, et réglerait la discipline de
| cette turbulente milice. Les chefs de la juridiction se quali-
fiaient princes de la Basoche. Ils devaient foi et hommage au roi de la basoche; ils étaient tenus d’obéir 4 ses mandements; et l’appel de leurs jugements était porté devant lui ou devant son chancelier. Ces nouveaux statuts furent confirmés par plusieurs arréts du parlement de Paris.
Louis XII leur permit de dresser un théafre sur la table de marbre de la grande salle du Palais.
Le roi Philippe le Bel avait fixé le régime réglementaire de la basoche. Chaque année ie roi de la basoche devait faire 4 Paris la monstre (revue) de tous les cleres du palais, de ses suppdts et sujets dans un célébre et vaste champ quils avaient acquis, et qu’on nommait pour cela le Pré aux Clercs. Ils s’y rendaient par bandes et compagnies, en uniforme. Ce nombreux carrousel attirait une affluence considérable de curieux. Francois 1°" écrivit au parlement qu'il se rendrait 4 Paris au jour désigné pour voir la cérémonie. Le roi de la basoche, informé de la résolution de Francois J*", envoya son avocat général au parlement pour prier la cour de vouloir hien vaquer les deux jours suivants. Arrét conforme le 25 Juin 1540. Huit cents cleres, en uniforme, musique en téte et bien montés, défilérent devant le monarque, qui fut émerveillé de cette belle cavalcade. C’était presque une puissance politique que le roi électif de la basoche. II faisait frapper une espéce de monnaie, qui avait cours entre les cleres.
En 1548 la Guienne s’était soulevée contre lautorité de Henri IT, quiavait envoyé dans cette province le connétable de Montmorency avec une armée considérable. Le roi de la basoche et ses officiers, ayant réuni le ban et Parrigre-ban
| des juridictions basochiales, offrirent leurs services au mo-
narque. [ls étaient six mille. Leurs offres furent bien accueillies, et le monarque en fut si content qu’a leur retour il leur demanda quelle récompense ils désiraient. « L’honneur de servir votre majesté partout ou elle youdra nous employer. » Telle fut la réponse de la milice basochienne, Le roi, par lettres patentes de 1548, leur accorda plusieurs priviléges , entre autres celui de faire couper chaque année dans les foréts des domaines royaux tels arbres qu’tls vou-
draient pour Ja plantation du mai dans la cour de la Sainte- Chapelle. Ils en faisaient ordinairement couper trois , l’un pour étre placé dans cette cour, et les deux autres pour étre Vendus a leur profit. Il leur fut alloué par le méme prince une somme déterminée, 4 prendre sur les amendes 4 la cour des aides etd celle du parlement. Il fut permis au roi de la basoche et a ses suppdts d’avoir pour armoiries un écw royal d’azur @ trois écritoires dor, et au-dessus timbre , casque et morion, avec deux anges pour supports. Le trésorier et le receveur du domaine de la basoche eurent le droit de faire sceller gratis 4 la chancellerie une lettre de tel prix quils voudraient. Les piéces qui constituaient les priviléges de Ja basoche ont été brdlées dans l’incendie du Palais. Le titre de roi était, du reste, commun aux chefs de plusieurs autres corporations : roi des ribauds , roi des ménétriers , roi des merciers, etc.
Henri II, effrayé de voir une population de dix mille clercs sous les ordres d’un seul homme dans sa capitale, supprima le titre de roi, et tous les droits attribués 4 ce chef furent déférés au chancelier de la basoche. Les monstres ou revues furenf réduites aux seuls officiers. Le cortége ne se composait plus que de vingt-cing a trente clercs, savoir : le chancelier, quelques maitres des requétes ordinaires, un grand audiencier, un référendaire , un aumdnier, quatre trésoriers, un greffier, quatre notaires et secrétaires dela cour basochiale , un premier huissier et huit huissiers ordinaires.
Aux termes d’un arrét rendu en 1656 par le parlement de Paris, tous les officiers de la basoche étaient élus dans une assemblée générale des cleres du palais. Le chancelier ne pouvait étre ni marié ni bénéficier ; il portait la robe et le bonnet earré; les autres officiers, habit noir, le rabat et le manteau. Le chancelier présidait le tribunal; il pouvait étre suppléé par le vice-chancelier ou par le plus ancien maitre des requétes. Le nombre de juges, pour la validité de l’arrét, ne pouvait étre au-dessous de sept, non compris le président. Les arréts étaient formulés ainsi : La basoche régnante en triomphe et en titre d'honneur, & tous présents et avenir, salut. — Notre bien amé.... A cescauses.... De grdce spéciale et autorité royale basochienne.... Si mandons & nos amés et féaux. —Car tel est nostre plaisir. — Donné en nostre dit royaume, Van de joie.... et de nostre régne le perpétuel. Les décisions étaient souveraines : on ne pouvait en appeler que devant la méme juridiction. La cause était alors jugée par ce qu’on appelait le grand conseil, composé des chanceliers et des procureurs de la cour basochiale. La basoche délivrait aux clercs des certificats de capacité. Dans Vorigine, le temps de cléricature était constaté par des lettres qu’on appelait lettres de béjaune ou becjaune. ;
Les clercs de procureurs de la chambre des comptes formaient une autre communauté, dont le titre était encore plus ambitieux ; elle s’intitulait : Sowverain empire de Galilée. On a souvent confondu cette institution avec celle de la basoche. A Orléans le chef de la basoche avait le titre d’empereur. Ses sujets portaient l’épée. Ils percevaient une somme de douze livres six sous sur les premiéres noces et six livres huit sous sur les secondes noceg de tous gentilshommes, officiers d’épée et de robe, bourgéois vivant noblement, employés dans les affaires du roi, praticiens et huissiers. Marseille eut aussi son royaume de la basoche. Son origine est postérieure 4 ’ordonnance de Henri III, qui avait supprimé le titre de roi de la basoche a Paris et ses plus notables prérogatives. Le roi de la basoche marseillaise était ordinairement un clerc de notaire : il prenait dans ses actes la qualité de roi de la basoche par la grdce du bonheur.
La juridiction de la basoche & Paris existait encore en 1789. Les clercs formérent alors un bataillon qui conserva le méme nom; Vuniforme était rouge. Ce bataillon, stationnant, le 6 octubre 1789, aux Champs-Elysées, fut contraint de suivre