BASOCHE — BASQUES
lenombreux attroupement de femmes qui se dirigeaient sux Versailles; mais déja l’autorité municipale avait senti le danger d’armer les citoyens par corporation. D’autres compagnies s’étaient formées dans différentes villes , en dehors de la garde nationale. Elles y furent toutes réunies par la loi du 18 juin 1790. Dury (de I'Yonne ),
BAS-OFFICIER, nom gue l’on donnait autrefois dans les troupes aux sergents, maréchaux-des-logis, sergentsmajors, maréchaux-des-logis-chefs , stisqu’aux sous-lieutenants exclusivement ; il a été remplacé depuis par celui de sous-officier.
BASQUES. S’il est un spectacle digne de fixer V’attention du philosophe et de l’observateur au milieu du morcellement du globe en tant de nations d’origines et de races différentes, c’est sans contredit la présence, a l’extrémité occidentale de Europe, de ce peuple bizarre, qui, jeté, comme un monument antique, entre la France et )’Espagne, entre les Pyrénées et ’Océan, semble, par ses mceurs, sa langue et ses usages, séquestré du monde entier, étranger au bouleversement des empires et stationnaire 4 cété des progrés de la civilisation.
Ce peuple, appelé par les Romains Cantaber, par les Espagnols Bascuense, Vascongado, par les Frangais Basque, Vascon (race qu’il ne faut pas confondre avec les Gascons, dont lorigine est toute différente) , ne s’est jamais désigné lui-méme que par la dénomination d’Escualdunac; sa. langue porte le nom d’escuara.
La Cantabrie actuelle, dont la population peut s’élever a 650,000 individus, groupés sur les principales hauteurs qui avoisinent les deux versants des Pyrénées, se compose de sept provinces, dont quatre sont en Espagne et trois en France. Les quatre provinces espagnoles sont la Biscaye, le Guipuzcoa, la Haute-Navarre et l’Alcava. Les provinces francaises sont le Labourd, Zaphur-duy, solitude, terrain en friche ; la Basse-Navarre, en basque Garazi, pays de sources minérales; et la Soule, Zuberua. Ces trois provinces ne forment aujourd’hui que les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, dans le département des Basses-Pyrénées ; encore offrent-elles une dentelure accidentée et comprennentelles plus d’un village gascon ou béarnais enclavé dans leur circonscription, et réciproquement. La partie espagnole est infiniment plus étendue.
Qwiils occupent le nord ou le sud des Pyrénées , les Basques offrent encore aspect d’une colonie étrangére enclavée dans des provinces espagnoles et francaises. Leur sang, leurs moeurs, leur langue, leurs usages , élévent une barriére entre eux et tout ce qui les entoure. Ils sont aussi éloignés du maintien graye du Castillan ou du flegme de l’Andalous , que de la politesse pointilleuse du Béarnais ou de la souplesse proverbiale du Gascon. Les deux premiéres races font sonner bien haut leur qualité d’espagnoles , les deux autres se glorifient 4 tout venant d’étre frangaises; les Basques seuls , quelque versant qu’ils habitent , sont Basques avant tout, et ils comprennent mal au dix-neuviéme siécle que le sort les ait contraints a faire partie de deux nations étrangéres.
Si ce n’était pas sortir des limites que nous impose cet ouvrage , il y aurait un travail fort curieux 4 faire sur les constitutions et les fueros des Basques et des Navarrais espagnols, avec leur arbre historique de Guernica, avec leurs municipalités mi-partie populaires , mi-partie héréditaires et aristocraliques ; sur la fédération des communes du Labourd, avec leur bilcar, congrés de vieillards , chefs de familles, siégeant debout, appuyés sur leurs rudes batons de néflier, dans une enceinte d’arbres séculaires que l’invasion a foudroyée, et dont il ne reste plus qu’un plateau nu et aride, aux environs d’Ustaritz , sous les yeux de Bayonne, qui ne fut jamais, aprés tout, une cité basque, mais une forteresse étrangére, destinée A tenir en bride ce peuple belliquenx, remuant; et enfin sur les assemblées libres de la