‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 37 sur 488 · ARNIM — ARNOLD · texte numérisé non relu

ARNIM — ARNOLD

doctrine des émanations, il donne 4 l'ame un autre pére, qui habite, il est vrai, la cour du Dieu supréme, mais qui n’en est pas moins éloigné de la magnificence du Trés-Haut. Puis il assigne & l’'dme une place intermédiaire entre le monde au dela de nos sens et le monde sensible. A cette Ame moyenne Arnobe ne dénie pas absolument l’immortalité, mais il ne la lui donne pas entiére. Se séparant ici de Platon, qu’ailleurs il éléve quelquefois jusqu’aux nues, il n’appuie pas V’éloge que le philosophe a donné a l’Ame en la démontrant simple et immortelle. L’immortalité dans le systéme d’Arnobe n’est pas lessence de l’Ame, mais un don de Dieu. C’est par Vobéissance 4 Dieu que les Ames, qui occupent le milieu entre la vie et la mort, obtiennent le privilége de limmortalité. Arnobe ne redoute pas la mort, car elle n’est que la séparation de l’4me avec le corps ; mais il craint que l’Ame oubliée de Dieu ne soit anéantie complétement dans les flammes. Par ses vertus, par son humilité, l’Ame doit donc sans cesse se rappeler 4 Dieu. Suivant lui, croire orgueilleusement que Dieu a départi au monde le germe d’une vie impérissable est un principe moins vraisemblable que de regarder cette vie immortelle comme un don futur de Dieu.

On voit que sous le rapport théologique Arnobe est loin d’étre irréprochable. Quant au plan de son livre, il n’en est pas un plus irrégulier. Les matiéres y sont mal distribuées et développées sans proportion. Arnobe n’a pas été accepté sans restriction par l’Eylise: il est exagéré et inégal, dif saint Jéréme. Il excelle 4 peindre des plus vives couleurs le mal physique de ce monde; mais , comme attaque vive et éloquente du paganisme, l’ouvrage d’Arnobe est singuli¢rement curieux : origine des superstitions anciennes, rites, sacrifices, dieux, cerémonies, mystéres jusque 14 non révélés, il met tout a nu; sa verve ne respecte rien, et on s’explique difficilement cette liberté de la pensée, méme dans l’indifférence ou Ja tolérance du paganisme au troisiéme siécle. . CHARPENTIER.

ARNOLD DE WINKELRIED, héros suisse qui assura par son dévouement la victoire a ses compatriotes dans la bataille de Sempach (6 juillet 1386). Les Suisses commengaient & faiblir lorsqu’Arnold , s’élancant sur les chevaliers autrichiens, saisit de ses deux bras une quantité de lances qui lui percérent le corps, mais qu’il entratna dans sa chute. Les confédérés pénétrérent par cette bréche, entamérent la phalange serrée des chevaliers, et remportérent sur eux une vicloire complite. Une chronique du quinziéme siécle, découverte & Zurich en 1862, a prouvé Pauthenticité de ce fait héroique, dont les historiens ayaient dots loeat lore. ;

ARNOLD, archevéque et électeur de Mayence en I’an 1153. Quelques historiens prétendent qu’il était d’abord prévot de cette ville, et qu’ayant été envoyé & Rome par Varchevéque Henri 1°" pour le défendre auprés du souyverain pontife contre des accusations dont il était Pobjet, il réussit, en corrompant deux cardinaux, a faire déposer celui qui l’avait choisi pour mandalaire et a se faire adjuger sa succession. A supposer cette trahison vraie, il en aurait été cruellement puni; car, a la suite d’une violente discussion que le nouvel archevéque eut avec les bourgeois de Mayence au sujet de certains priviléges qu’ils refusaient de lui reconnaitre, il fut massacré par le peuple dans le cloftre Saint-Jacques ; son corps, dépouillé de tout vétement, fut trainé dans les rues, jeté sur un tas de fumier, mis en lambeaux et enterré sans honneurs.

Dés que lempereur Frédéric Barberousse, auprés de qui il jouissait d'une grande faveur, eut regu la nouvelle de cette atroce boucherie, il jura d’en tirer une vengeance éclatante. Trois ans apres, en effet, il entrait dans Mayence, faisait mettre immédiatement A mort les trois principaux chefs de la sédition, et raser les fortifications de la place ainsi que le clottre Saint-Jacques; puis, apres avoir anéanti d'un trait

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