ARNOLD
de plume tous les priviléges de la bourgeoisie, il convertisgait la ville en une vaste solitude. Trente-six ans elle sommeilla dans cet état. Un des successeurs d’Arnold a écrit sa vie.
ARNOLD (Cnristopne), paysan du village de Sommerfeldt, prés de Leipzig, né le 17 décembre 1630, mort le 15 avril 1693, dut ses connaissances astronomiques a ses propres observations et aux études théoriques qu'il put faire plus tard & Leipzig. Ses observations astronomiques lui firent une telle réputation , qu’il finit par se trouver en correspondance avec tous les savants les plus illustres de son époque. Dans la maison qu’il habitait il avait construit un observatoire, que le respect porté a sa mémoire fit religieusement conserver jusqu’en 1794, ou il fallut Pabattre, parce qu’il menagait de s’écrouler de vétusté.
Infatigable a observer le ciel, Arnold y découvrit plusieurs phénoménes avant d’autres astronomes : ce fut lui, par exemple, qui le premier appela lattention des savar ur fes cométes de 1683 et 1686. Il acquit encore plus el brité par son observation du passage de Mercure, le 30 octobre 1690. A cetle occasion, les magistrats de Leipzig non-seulement lui firent un présent en argent , mais ’exemptérent d’impéts pour toute sa vie. Les observations d’Arnold étaient si exactes , que pour la plupart elles ont été insérées dans les Acta Eruditorwm.
Il fit aussi imprimer un ouvrage intitulé : Signes de la grdce de Dieu manifestés dans un prodige solaire (1692), ou il donne lexplication du phénoméne de lapparition simultanée de deux soleils. L’astronome Schroeder a donné le nom d’Arnold a trois vallées de la June. Les manuscrits inédits qu’il a laissés en mourant, et qui se composent de cing dissertations astronomiques, sont déposés dans la bibliothéque de Leipzig, ot se trouve aussi son portrait.
ARNOLD (Jean), meunier, dont le moulin était situé dans la partie de la Prusse dite la Nouvelle-Marche, et qu’un procés plaidé et jugé sous le régne de Frédéric I a rendu célébre. Personnellement connu du roi, Arnold vint un jour se plaindre 4 lui de ce que le seigneur propriétaire féodal de son moulin, M. de Gersdorf, lui enlevait par I’établissement d’un nouvel étang Peau nécessaire & sa machine, et de ce que néanmoins, sur un rapport rendu a l’'unanimité par les autorités de Custrin, et homologué par le tribunal de Berlin, il était condamné & payer son prix de fermage ordinaire. Or, payer lui ayant été impossible, puisque le moulin ne fonctionnait plus, on l’en avait dépossédé, acte de rigueur qui le réduisait lui et sa famille a la mendicité.
Le roi crut voir dans l’espéce une injustice, et, ne voutant pas s’en fier au rapport précédemment fait sur ce procés par l’autorité administrative, il chargea le colonel Heuking d’examiner de nouveau l’affaire. Le rapport du colonel ayant été favorable aux réclamations d’Arnold, Je roi non-seulement destitua son grand chancelier Furst, en lui reprochant de la maniére la plus vive la négligence qu’il apportait a surveiller la marche générale de |’administration de la justice, mais encore il fit arréter et jeter en prison les deux conseillers qui avaient instruit le procés, dont il ordonna que tous les documents fussent rendus publics.
Bien que le rapport demandé au sénat criminel du tribunal de Berlin, présidé par le ministre Zedlitz en personne, efit absous les deux magistrats de tout soupgon de partialité dans cette affaire , et que le ministre se vefusat courageusement 4 rendre une autre sentence, Frédéric II enleva arbitrairement leurs places a quatre des magistrats composant le tribunal , les condamna a une année de prison dans une forteresse , et ordonna , en outre, que conjointement avec M. de Gersdorf, linstigateur de toute cette affaire, ils eussent 4 payer de leurs propres deniers une indemnilé importante au meunier Arnold. M. de Furkenstein, président de la régence de la Nouvelle-Marche, perdit aussi sa place a la suite de ce proces , qui fait pendant a la célébre histoire du Meunier de Sans-Souci.
Lorsque Frédéric II eut fermé les yeux, son successeur permit qu’on revint sur toute la procédure, qui fut alors casse. Le nouvel arrét mit hors de cause tous les accusés, et indemnisa Arnold aux frais du trésor public.
ARNOLD ( Benoir) , célébre général de Varmée américaine pendant la guerre de |l’indépendance, faisait avant cette époque le commerce de chevaux. Il embrassa avec ardeur le parti deela révolution. Né en 1745, dans le Connecticut, d'une famille obscure, d’abord chef d’une compagnie de volontaires de New-Haven, il se fit en peu de temps, comme colonel, une telle réputation d’habileté et de bravoure, surtout a la prise du fort de Ticondéroga, qu’il mérita d’étre choisi par Washington pour l’un des chefs de l’expédition dirigée contre Québec , dans le but d’arracher le Canada 4 la domination anglaise.
Le célébre Montgommery avait le commandement en chef de cette entreprise aventureuse. Le petit corps aux ordres du colonel Arnold s’enfonca le premier dans la contrée encore sauvage ou il devail étre rejoint par l'armée. On était au mois de septembre, au cour de l’hiver dans ce pays, les neiges et les frimas couvraient la terre. Toujours & Pavant-garde, avec sa troupe de pionniers, Arnold frayait le passage, et, malgré les obstacles, arrivait sonvent au terme de chaque étape sans que Yennemi edt pv soupconner son approche.
Aprés trois mois de rudes fatigues et de travaux inouis, i] dut suspendre sa marche et prendre position pour altendre Montgommery. Enfin Passaut est donné a Québec dans les derniers jours de 1775; mais griévement blessé 4 la jambe dans l’attaque ov périt ce brave général, et devenu seul chef de l'expédition , Arnold se trouva tellement affaibli par les pertes qu’avait éprouvées sa troupe, qu'il fut obligé de battre en retraite.
Plus heureux dans la campagne suivante, il prit une part importante a l’action dans laquelle Je général anglais Burgoyne fut fait prisonnier avec tout son corps d’armée ; et quoique blessé encore devant Québec, ou le premier il s’était jeté dans les retranchements ennemis, il n’en continua pas moins de sa tente, ou on lavait transporté, de diriger l’assaut, que le succés couronna cette fois pleinement. Dans un combat naval qu'il livra aux Anglais sur le lac Champlain, il soutint encore sa réputation militaire, et fut nommé au commandement de Philadelphie lorsque Yennemi eut évacué cette place, en 1778.
Ce fut alors qu’il commenga a se faire remarquer par une conduite qui contrastait ¢trangement avec les mceurs de son pays et les circonstances ot se trouvaient ses concitoyens. Il faisait chaque jour d’énormes dépenses en diners, bals, concerts, et montrait une insolence a laquelle on n’était pas accoutumé, témoignant le plus grand mépris pour Vautorité civile. Ses dettes s’accumulérent bientdi, et il fut accusé de péculat par l’assemblée de Pensilvanie. Une cour martiale le condamna, le 20 janvier 1779, a éire réprimandé par lecommandant en chef, sentence que ratifia le congrés, et qui conciliait les droits de la justice avec les égards dus au mérite personnel du condamné.
L’ame alti¢re d’Arnold ne put supporter un pareil affront ; dés lors il forma le projet de trahir sa patrie et de se vendre aux Anglais. 11 demanda et obtint le commandement du poste important de West-Point, dans le voisinage de New- York, quartier général des forces britanniques. Une correspondance s’établit entre lui et le général ennemi Clinton par Vintermédiaire du major André, aide de camp de ce dernier. André vint trouver Arnold & West-Point ; le projet était de livrer cette place aux Anglais et de faire prendre au corps d’armée commandé par Arnold une position telle que Varmée britannique pat le surprendre, le faire prisonnier, et s’emparer de ses armes et de ses munitions; mais le major André fut arrété en retournant 4 New-York, la trame fut découverte, et le malheurewx paya de sa vie sa