BAS-RELIEF
connue. Dans |’ Histoire de Gargantua, liv. 1, chap. v, se trouvent les mots lagona edatera! (a boire , camarade ! ), et au liv. I, parmy les dicts héroiques du bon Pantagruel, le chap. 1x contient une allocution basque fort mal écrite et fort disloquée dans la plupart des éditions.
On posséde une traduction du Nouveau-Testament en basque, imprimée 4 La Rochelle, en 1571, dédiée a la reine Jeatne de Navarre, par un littérateur de Briscous; grand nombre de livres de priéres en vers et en prose basques ; les Proverbes basques et les Poésies basques d’Oihénart; une traduction des Catilinaires ; une Histoire des Danses, Pétes et Jeux du Guipuzcoa, avec un yolume de musique gravée; VY Alphabet primitif de Vingénieux Erro; !’Apologie de la Langue Basque d’Artarloa, et, par-dessus tout, le livre classique de ce peuple primitif , le Gwerico guero (I’Aprés pour aprés) de Pierre Achular, curé de Sare en Labourd , imprimé en 1642. Pierre d’Urtubie, l'un de ceux qui l’ont approuvé, appelle Vauteur un homme trés-célébre. Un autre dit de lui que c’est un homme de grand renom dans la Cantabrie. La postérité a confirmé ces éloges. Le laboureur basque, aprés sa rude journée de travai), lita sa famille, pour se délasser, les admirables pages d’Achular.
Mais ou se perpétue davantage le génie de la langue escuara, c’est dans ces poésies chevaleresques qui vivent depuis dessiécles dans la mémoire de ce peuple, tout empreintes des souvenirs de Rome, de la Gréce, de Carthage, des Goths, des musulmans, des paladins de Charlemagne ; c’est dans les improvisations soudaines (paroles et musique ) de ces patres, de ces laboureurs, de ces marins, qui ne savent ni lire ni écrire, et luttent de poésie au pied d’un hétre, comme les bergers de Théocrite et de Virgile; qui composent des tragédies ef des comédies semblables a celles de Sophecle et d’Aristophane, et les jouent eux-mémes, adossés aux grands monts, dans d’immenses vallées, au milieu de populations nombreuses accourues des deux versants, renouvelant ainsi les grandes solennités de la Gréce et de Rome, dont notre mesquine civilisation ne saurait donner la moindre idée.
Quelle autre réponse a faire a ces esprits prévenus, tels que M. Pierquin de Gembloux et autres, qui, ne sachant pas un mot de la langue basque et ne se donnant pas la peine de |’étudier, confondant sans pudeur le béarnais et le basque, un gracieux patois et une langue sauvage aux formes rudes et athlétiques, n’ayant ais lu ni les ouvrages originaux ni les savants commentaires des Adelung, des Vater, des Humboldt, des Lécluse , osent effrontément imprimer, 4 la face de Europe, que la langue escuara n’est qu’un informe jargon, un patois de piéces et de morceaux, qui ne remonte pas au dela de deux siécles?
Eugéne Garay DE MONGLAYE,
BAS-RELIEF. Ce nom est généralement donné a tout ouvrage de sculpture dont les objets ne sont point isolés, mais adhérents A un fond ou champ, soit qu’ils y aient été attachés ou appliqués, soit qu’ils fassent partie de la matitre dans laquelle ils ont été travaillés. Chez les aneciens, le mot anaglyphum avait la méme signification générale ; mais lorsque les sculptures étaient de métal, on leur donnait le nom de forewma. Cependant le nom spécial, et dont Pausanias se sert toujours, est t0roc, et dans les aufeurs latins ¢ypus.
On distingue trois genres de reliefs : on appelle hawérelief ou plein relief ceux dont les figures sont entidrement détachées et qui paraissent saillantes hors du fond; lorsque la figure sort & demi-corps du plan, e’est le demi-redie/; enfin le bas-relief proprement dit est celui ot les figures perdent leur saillie, et sont représentées comme aplaties sur le fond. Ce dernier genre de travail exige plus dart que celui dont la saillie est plus considérable, parce qu'il est en effet tres-difficile de donner Vair naturel A une figure qui a trds-peu d'épaisseur proportionnellement & sa hauteur et &