BASSANO — BASSE
dtablic dans Bassano; elle avait pris 6,000 hommes, 32 pidces de canon, 200 voitures de bagages, 2 équipages de pont et 8 drapeaux.
Le maréchal Wurmser se retira en désordre sur Vicence, ou la division Masséna eut ordre de le suivre.
Battu sans relache & Roveredo, devant Vérone, & Primofano, & Bassano, il ne restait plus avec lui que 16,000 hommes des 60,000 avec lesquels il était entré en campagne dans les premiers jours d’aodt. Ses manceuvres venaient d’étre une série de fautes : il le reconnut, et désespéra de son salut.
Il aurait dd surtout défendre au général Davidowich d’accepter le combat A Roveredo, et lui prescrire, ainsi qu’au général Mezarros, de se replier sur Bassano. Le secours de ces deux divisions lui edt donné des chances pour s’assurer de cette position si importante , en ce qu'elle était la clef de la seule ligne sur laquelle il pdt espérer de baser ses opérations de la fin de la campagne. G™ Monrnoton. |
La ville de Bassano fut encore le théatre de nouveaux combats entre les Frangais et les Autrichiens le 6 novembre 1796, le 11 novembre 1801, le 5 novembre 1805 et le 31 octobre 18t3.
En 1809 Napoléon conféra au ministre secrétaire d’Etat Maret le titre de duc de BAssano avec une dotation de 50,000 francs de rente.
On récolte aux environs de Bassano un vin fort estimé.
BASSANO (duc be ). VYoyes Maret,
BASSARIDES, un des noms que portaient les Bacchantes, et qui leur venait, d’aprés ancien scoliaste, d’une robe ou d’un vétement qui tombait jusqu’aux talons, et que les Africains et les Thraces appelaient bassyris et bassara, D’autres le dérivent de Bassarenes, surnom donné a Bacchus, soit du grec BavZew, crier, parce que dans ses mysteres les Bacchantes jetaient de grands cris; soit d’une espéce de chaussure lydienne , nommée bassarewm. Bochard, enfin, tire ce mot de l’hébreu bassar, signifiant la méme chose que le tovyay des Grecs, c’est-a-dire vendanger, étymologie qui vaut bien les deux précédentes.
BASSE. Lors des premiers essais de |"harmonie, que on appela longtemps organe ou diaphonie, sa partie prinitive, sur laquelle reposaient les quintes, quartes et octaves qui composaient cette harmonie, aujourd’hui si étrange pour nos oreilles, s’appelait ¢enewr; et lorsqu’il s’agissait d’une partie accompagnant en dessous, celle-ci prenait le nom de contreteneur ou basse. Cette derniére dénomination resta seule en usage, lorsque le caractére de cette pirtie fut mieux décidé et que ce fut une faute de la faire trop souyent empiéter sur le domaine de la teneur. Aujourd’hui la dénomination de basse, de quelque maniére qu’elle soit appliquée, désigne toujours la partie inférieure de Vharmonie.
La basse peut étre considérée sous deux points de vue principaux , selon qu’elle a été congue isolément, et la premiére, ou quelle a été tirée de la partie supérieure. On pourrait aussi a toute force la tirer dune partie intermédiaire; mais un tel procédé n’aurait aucun avantage et enirainerait, au contraire, avec lui plusieurs embarras. Les basses préconcues, et sur lesquelles on traite des parties mélodiques en tel nombre que \’on veut, ne s’emploient que pour V’étude, sauf les cas ot le compositeur, trouvant un chant de forme élégante qui s’adapte mieux par sa tournure et son caractére a la partie grave de ’harmonie qu’a toute autre, se sert alors de celle-ci comme de partie principale, et traite les autres en remplissage. L’art d’écrire et @exécuter convenablement deux ou trois parties au-dessus @une basse s’appelait autrefoisaccompagnement, mot qui a presque enti¢rement perdu ce sens, qui est passé au mot harmonie. ;
Lorsque le sujet (on appelle ainsi la mélodie qu’il s’agit d’accompagner Lest a Ja partie supérieure, il faut, avant de
lui donner un accompagnement complet, lui chercher d’abord une basse qui porte les accords voulus et dont la partie primitive continue & étre aussi la partie essentielle. Les procédés 4 suivre sont basés sur les convenances harmoniques des intervalles. L’opération elle-méme se fait par une espéce de tatonnement , c’est-d-dire que l’on essaye laquelle des consonnances convient le mieux pour que le sujet forme avec la basse que !’on cherche un bon duo, en ayant soin que la partie inférieure conserve toujours la marche qui lui est propre, et qui consiste surtout dans une allure posée, dans l’emploi des chutes de quarte et de quinte pour les cadences et demi-cadences, dans des progressions diatoniques et un choix de degrés qui caractérise le plus possible la modulation. Les traités d’harmonie fournissent a cet égard les renseignements nécessaires, et en font l’application d’abord a la succession diatonique, si connue sous le nom de gamme, puis a chacun des intervalles pratiqués par saut. Quand la basse a été bien arrétée, on la chiffre en ayant toujours l’eeil sur la partie supérieure ; puis on traite les parties intermédiaires en remplissant les accords selon Jes régles suivies par les bons harmonistes. Celui qui a mérité ce nom arrive par l’habitude a ne plus concevoir une mélodie sans que sa pensée et son oreille ne ’accompagnent en méme temps d’une basse réguliére; et si cette opération exige de lui quelque travail et quelque réflexion, c’est qu'il tient 4 donner a sa basse plus de correction, d’élégance ou de nouveauté.
Les différentes maniéres de traiterla basse dans la pratique musicale, ou bien la nécessité de se rendre compte des opérations de ce genre, ont donné lieu aux dénominations de basse continue ou générale, basse figurée, contrainte , chiffrée , fondamentale.
Au seiziéme siécle, lorsque Pharmonie avait déja fait de trés-grands progrés, on n’écrivait & peu prés aucune musique instrumentale; les instruments exécutaient de la musique vocale, en se partageant le rdéle de chaque voix en raison de leur étendue. Les instruments qui avaient en euxmémes assez de ressources pour représenter avec plus ou moins d’exactitude toutes les parties d’un morceau, tels que l’orgue ou le luth, s’efforgaient de le faire ; mais dans l’usage ordinaire on leur donnait simplement pour accompagner la partie vocale de basse, de laquelle ils tireient pour I’harmonie tout l’effet quils pouvaient. Or, comme la basse vocale avait souvent des moments de repos, il en résultait pour l’accompagnement une interruption générale, quoique les parties vocales autres que la basse continuassent de chanter. Afin de remédéer a cet inconvénient, on imagina de copier pour l’accompagnateur une partie reproduisant la basse vocale, mais dans laquelle les pauses a compter étaient remplacées par les notes de la partie vocale, qui en pareil cas faisait les fonctions de la basse, de telle sorte que I’accompagnement n’éprouvait plus aucune interruption. C’est ce que l’on nomma basse continue. Beaucoup d’auteurs attribuent cette invention & Ludovico Viadana de Lodi, maitre de chapelle de Fano et de Mantoue, et la placent de 1609 41620; mais le fait parait fort contestable.
Quel qu’ait été Pinventeur de la basse continue, celle+i prit bientot un développement qui donna lieu a une variété nouvelle, Au lieu de fiire exécuter simplement a l’accompagnateur celle des parties vocales qui occupait le rang inférieur, on en établit une nouvelle, basée a la vérité sur la basse continue ordinaire, mais dans laquelle on multiplia les figures de notes, écrivant, par exemple, a la place d’une ronde quatre noires, soit sur le méme degré, soit sur des degrés différents, mais de telle sorte que Vharmonie n’en fat pas contrariée. Cette nouvelle partie, tout a fait spéciale, qu’exécutait ’'accompagnateur, se nomma basse jfigurée.
Certains compositeurs, amateurs de ces jeux d’esprit en musique que lon: prisait fort au dix-septiéme sidcle, figurérent des basses de telle sorte que pendant toute une piéce
de musique, ou pendant une partie de cette piéce, elles offraient toujours le méme dessin, c’est-a-dire la méme série de valeurs de durée, soit pour une , soit pour plusieurs mesures : par exemple, une blanche suivie de six noires; ou bien encore ils traitérent tout un morceau sur une basse unique sans en varier ni les durées ni Vintonation. Ces obligations que s'imposaient les compositeurs donnérent lieu Ala dénomination de basse contrainte.
Dans les premiers temps ou l’on fit usage de la basse continue, la succession des accords était subordonnée a des régles & peu prés invariables , et la plus grande partie du temps une pidce entiére reposait sur l'accord parfait, auquel s’associait rarement l'accord de sixte. L’accompagnateur pouvait, guidé par Phabitude et par l’oreille, exécuter de la main droite un accompagnement qui représentait l'ensemble de ’harmonie, dont il jouait la basse de la main gauche; mais lorsque la succession des accords se montra plus variée et que les modulations d’un mode a un autre s’offrirent plus fréquemment, les erreurs dans un accompagnement improvisé devinrent plus difficiles 4 éviter, et il fallut donner 4 Paccompagnateur quelque moyen de ne pas s’égarer : c’est a cet effet que l’on imagina d’écrire au-dessus des notes de la basse certains chiffres qui indiquaient de quels accords elle devait étre accompagnée. C’est ce que Yon nomma basse chiffrée. Cette maniére d’indiquer les accords convenait 4 une époque ov la musique, et surtout la musique d’église, était peu compliquée ; elle ne sert plus guére que pour les morceaux écrits dans cette ancienne maniére, et les compositeurs de nos jours disposent l’accompagnement tout au long sur deux portées, ’'une pour la main droite, l’autre pour la main gauche, comme toute autre musique d’orgue ou de piano. L’usage de la basse chiffrée ne s’est conservé que pour l'étude, et l'on a nommé partiments les piéces spécialement composées a cet effet.
Outre les différents caractéres que prend la basse dans la pratique, il est une autre espéce de basse que l’on pourrait nommer ¢/iéorique, parce que l’on ne s’en sert que comme moyen de yérification pour se rendre compte de la succession des accords qui entrent dans la composition de Vharmonie, C’est celle quel’on a nommée basse fondamentale, et dont il est indispensable de dire un mot, non-seulement parce qu’elle a excité au siécle dernier de longues discussions, souvent fort embrouillées , mais encore parce que son idée premiére a été réellement trés-utile, bien que Pensemble de doctrines que Yon youlait en déduire soit & peu prés abandonné. Ce que l’on peut dire de plus clair et de plus précis & ce sujet, c’est que tout accord ayant un son générateur, ce son premier, quelle que soit la place qu’il oceupe dans Vharmonie, en est la basse fondamentale : ainsi dans Paccord mi sol ut, Put est la note génératrice , de méme que dans Vaccord ué mi sol; dans Vaccord fa sol si re, est le sol qui est générateur, ete. Pour trouver la basse fondamentale d’un accord, il n’y a autre chose a faire que d’eu disposer les termes par tierces ascendantes; la note la plus grave est la basse fondamentale : on écrit alors audessous de la basse ordinaire, qu’en ce cas on nomme basse sensible ou chantante. Par ce moyen on examine si les accords se succédent réguliérement et si les modulations se lient bien entre elles ; ainsi la basse fondamentale est a Vharmonie ce que la construction est au discours. Malheureusement il s’en faut que ce moyen de vérification puisse s’appliquer a tous les cas, et Rameau, A qui l’on doit cette helle et profonde idée, eut le tort si commun des inyenteurs de systémes, qui veulent toujours faire de leurs découyertes une application trop générale et les étendre a des objets auxquels on ne peut raisonnablement les associer. De toute Ja doctrine de Rameau, et de tous les livres qu’il composa 4 ce sujet, il n’est guére resté que la théorie du renversement des accords, quia été universellement adoptée; mais cette idée est si féconde, et les avantages qui en résultent