‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 374 sur 488 · BASSE · texte numérisé non relu

BASSE

pour |’éclaircissement des difficultés et la signification de toute ’harmonie sont si grands et si incontestables, que les musiciens et surtout les professeurs en devront une éternelle reconnaissance a cel homme degénie. Adrien bE LAFAGE.

On appelle en général basses la réunion des voix d’un finale ou d’un cheeur, ou des instruments qui dans un orchestre chantent ou jouent la partie de la basse, comme les voix de basse et de baryton, la contre-basse, le violoncelle, le hasson , !e trombone, |’ophicléide , le serpent et méme les timbales. On peut se servir du méme terme quand il sagit d’un orchestre militaire, quoiqu’il n’ait pour basses que des trombones, des ophicléides et des bassons. Observons d’ailleurs que la partie de basse n’est pas toujours exécutée par des instruments graves; quelquefois c’est la clarinette ou la viole, le hautbois ou le cor, qui la remplissent dans certaines entrées d’instruments 4 vent, dans des groupes d’harmonie portés a l’aigu, comme on peut le remarquer dans le troisitéme acte de Robert le Diable, lorsque Alice parait aprés le cheeur diabolique. La clarinette tient la partie de basse au-dessous des fldtes et du hautbois. Par la méme raison , Ja voix de ténor exécute la basse dans des trios ott deux dessus figurent avec lui, comme le contr’alto dans un choeur de femmes.

La voix de basse est la voix d’homme la plus grave. Son diapason commence au second fa grave du piano, et s’éléve jusqu’au ré, au mi hors des lignes; sa partie s’écrit sur la clef de fa, que l’on appelle aussi clef de basse par cette raison. Cette voix n’a qu un seul registre , celui de poitrine. Les compositeurs francais, aprés avoir longtemps négligée, on pourrait dire méconnue , commencent a écrire pour cette voix : les parties d’Gidipe, de Duntalmo, de Walter, de Bertram, sont de beaux réles de basse. On peut en signaler dans tous les opéras italiens et allemands. Les voix de Lablache, de Levasseur, de Santini, de Galli, sont des voix de basse. On donnait autrefois en France le nom de basse-contre 4 la voix de basse, attendu qu’elle chantait contre la basse-taille ou baryton, seule voix grave admise a Popéra pour les rdles de récits. On réservait la basse-contre pour les choeurs. Ce n’est que depuis peu de temps que nos compositeurs ont écrit des rdles pour ce genre de voix, dont les Allemands et les Italiens ont toujours tiré un si grand parti. Ceux qui veulent éfablir une différence entre la voix de basse et celle de basse-contre ont tort, et sont égarés par une erreur de mots provenant de ce que l’on confond mal a propos !a voix de basse avec le bas ténor, basse-taille ou baryton. Le diapason de la voix de basse commence au fa, qui est le deuxiéme fa grave du piano; cette note, et le sod quila suit immédiatement, abondent dans la musique destinée a la basse. Dans le premier final du Mariage secret, dans Mathilde de Sabran, et dans certaines compositions allemandes, on fait descendre cette voix jusqu’au mi, au ré, et méme a luz, qui est le premier w¢ grave du violoncelle. Dans la priére de la Muetie de Portici, toutes les basses du choeur tiennent le mi bémol. Je ne pense pas qu’il soit possible d’établir un diapason vocal qui dépasse ce point.

On appelle basse chantante la partie que le compositeur a embellie de tous les agréments de la mélodie et des traits agiles qui doivent concerter avec les traits de la premiére cantatrice et du premier ténor. La basse chantante ne différe point des parties aigués pour le charme et la légérets, Tamburini l’exécute avec une pureté de style, une expression, une agilité merveilleuses. Les réles du bailli dans Za Pie voleuse, de Figaro dans le Barbier de Séville, de Mustapha dans U'/talienne & Alger, appartiennent & Vemploi de basse chantante.

On désigne par le nom de basse comigue la partic qui est écrite simplement, dont les airs et les duos ne présentent qu’une déclamation accentuée, un débit rapide qui marche en méme temps que les mélodies et les traits de l’or-

Page 1