‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 375 sur 488 · BASSE — BASSET · texte numérisé non relu

BASSE — BASSET

thestre. Le chant instrumental soutient alors le discours. Les Italiens excellent dans ces compositions, qui appartiennent toutes au genre comique, et Lablache les chante, les déclame, avec une admirable perfection. Les parties de Geronimo du Mariage secret , de Bartholo du Barbier de Séville, sont des roles de basse comique. Castit-BLAzE.

BASSE-BRETAGNE. Voyez Breracne.

BASSE CHANTANTE, BASSE COMIQUE. Voyez Basse.

BASSE CONTINUE, BASSE CHIFFREE, BASSE CONTRAINTE. Voyes Basse.

BASSE-CONTRE. Voyes Basse.

BASSE-COUR. A la ville, lorsqu’une habitation est assez spacieuse pour que les écuries et leurs dépendances , les cuisines, etc., soient reléguées dans une cour séparée, celle-ci est une basse-cour. Pour ’homme des champs, riche ou pauvre, propriétaire ou fermier, le mot basse-cour a un autre sens: il désigne, en bloc, les habitations des animaux domestiques et ces animaux eux-mémes.

La basse-cour , entourée de murs, doit étre pavée avec une pente assez douce pour l’écoulement des eaux en dehors de la cour. Toutes les lititres doivent ¢tre portées tous les matins sur les fumiers hors de ce local.

Iln’y a rien de plus barbare que de faire fermenter les matidres animales et végétales et des déjections de toute sorte au milieu de cours fermées, et sous le nez d’un millier de bétes, qui s’infectent comme nous nous infecterions nousmémes si nous vivions au milieu de nos déjections. Le trou a fumier doit done étre placé en dehors; les urines de tous les animaux doivent y étre conduites par des tuyaux en briques et en maconnerie. Il doit étre mis 4 Vabri de la pluie et du soleil.

BASSEE (la), ville de France, département du Nord, a 25 kil. de Lille, compte 3,170 ames et plusieurs fabriques. Elle a été fortifiée et a soutenu plusieurs siéges; Louis XIV la prit sur les Espagnols et la fit démanteler en 1667. Le canal de la Bassée, prés duquel la ville est située, la fait communiquer d’un cdté avec Aire, de Vautre avec Calais et Dunkerque.

BASSE-FOSSE, sorte de prison. C’est siniplement une fosse de quelques pieds de profondeur dont les parois sont reyétues en maconnerie. On y descend le prisonnier au moyen @une échelle, et on referme le trou a Vaide d’une trappe ou dune pierre. Cet usage barbare paratt venir de l’Orient, ot il sert depuis la plus haute antiquité a la garde des aniimaux pris 4 la chasse, comme on le voit par cette fosse aux lions dans laquelle Daniel fut conservé si miraculeusement. Les Romains faisaient servir la basse-fosse au supplice de la vestale qui avait manqué 4 son yoeu de chasteté. Un lit y était préparé avec une lampe allumée, et une petite ration de pain, d’eau et de lait. Ainsi enterrée vive, la malheureuse mourait de faim au bout de quelques jours. Le séducteur périssait en place publique, sous les verges. Les chatelains du moyen Age faisaient un grand usage de la basse-fosse. C’était un appendice obligé de tout manoir. Une ordonnance erdate de mai 1425, rendue par Henri VI, cet Anglais qui fut quelques mois roi de Paris, pendant que le pauyre Charles VII était réduit A n’étre que roi de Bourges, donne le tarif des droits que les prisonniers de la gedle de Paris ont 4 acquitter au gedlier, selon la prison oti ils sont places. « Si un prisonnier est mis dans la fosse, y est-il dit, j) doit, quand il a de quoi payer, un denier. » Avant Ja révolution de 1789, le lieutenant de police de Paris avait encore 4 sa disposition une basse-fosse dont il menacait les filles publiques et les vagabonds. « Je vous enverrai pourrir dans un cul de basse-fosse, » était la plirase favorite de ce redoutable fonctionnaire. Depuis que le systéme des prisons en France a commencé a subir quelques améliorations , la basse-fosse a disparu; le hideux cachot ne peut manquer de disparaitre 4 son tour, Satnt-GERMAIN,

BASSE-LICE , ou BASSE-LISSE. Voyez Lisse.

BASSELIN (O ivier), simple foulon de Vire, en Normandie, vers le milieu du quinziéme siécle, passe pour l’inventeur de la chanson, du moins de la chanson telle que nous Ventendons aujourd’hui. Il avait quelques connais~ sances des lettres grecques et latines, avec un godt naturel pour la poésie. Il parait qu’il ne pouvait voir les Anglais maitres de son pays sans exprimer son indignation. Au moins est-il certain que les ennemis de la France ¢taient les ennemis d’Olivier Basselin. Aussi un poéte contemporain s’écrie-t-il :

Rt te ae sg Olivier Basselin , Orrons-nous plus de vos nouvelles?

Vous ont les Anglois mis a fin?

On avait appelé vaux-de-Vire ou Vaudevires les chansons de Basselin, du nom de sa résidence. Pour la plupart érotiques et bachiques, elles se distinguent par une verve et une gaieté vive qui jusqu’é cette époque n’avaient pas semblé compatibles avec la poésie. Ces poésies ont été publiées longtemps aprés sa mort, en 1610, par Lehoux, son compatriote, et réimprimées d’une maniére plus compléte a Avranvhes, par J. Travers, 1 vol., 1833. On dit que ce poétechansonnier avait perfectionné le moulin a fouler. On a prétendu aussi, mais sans fondement, qu’a ses chansons remonte Vorigine du vaudeville. CHAMPAGNAGC.

BASSES-ALPES (Département des). Voyez ALpEs ( Basses- ). . we

BASSES-PYRENEES (Département des). Voyez PyrengéEs ( Basses-).

BASSESSE. Si ’élévation de ’4me, la noblesse du ¢aractére, peuvent étre le partage de toutes les classes de la société et méme des plus humbles, Vabjection des sentiments, la bassesse des idées, peuvent se rencontrer partout, méme dans les plus hauts rangs. Nous sommes loin de l’époque ou lingénieux auteur des Synonymes disait : « La bassesse se trouve dans le peu de naissance, de mérite, de fortune et de dignité. » Aujourd’hui nous disons: « La bassesse est 1a ot les actions sont méprisables et nuisibles , quels que soient la naissance , le mérite, la fortune, la dignité. » Le coup d’ceil philosophique de notre époque est incontestablement plus haut, plus large et plus profond que celui de ’abbé Girard. On disait aussi dans ce temps : La bassesse d'état ; aujourd’hui il n’y a de bassesse que dans lame de ’homme mésestimable, et Ja pureté des sentiments peut relever l’état le plus obscur.

La bassesse ainsi définie devient la plus ignoble des maladies de l’ame ; clle descend plus bas méme que la méchanceté, bien que ces deux infirmités du cceur soient trés-proches parentes. Dans la bassesse de ses sentiments, un homme, pour arriver 4 ses fins, ne craindra ni le dol ni le mensonge; il ne reculera pas devant l’adulation la plus vile; et si ceux qui sont objet de ses importunités y répondent par le plus rude sentiment, il ne sera point vaincu, il rampera toujours pour atteindre son but. Car la bassesse consiste & méconnaitre la dignité @homme et a se prostituer ainsi devant tout ce quia force. La bassesse efface de l’Ame le sentiment du beau, du vrai et du bon; elle n’y laisse plus qu’une déplorable obscurité; et les sublimes notions du bien, que Dieu a mises en nous, s’éteignent dans le coeur dont la bassesse s’empare. Les facultés mémes de lesprit s’oblitérent dans cette cruelle aberration de l’ame, et la premiére punition qu’attire la bassesse, c’est, avec le mépris de ceux quit la constatent , la douleur poignante @une infériorité manifeste. Avec la bassesse, on peut étre habile, mais jamais on n’est distingué. Adieu ces sublimes élans de Ame! adieu ces divines inspirations du cceur! par la bassesse homme s’éloigne de Dieu et se confond avec la brute, qui n’a que des instincts. Jules Pauter.

BASSET. Cette race de chiens appartient a Ia famille des épagneuls. Les bassets se caractérisent par !¢

raccourcissement extréme de leurs jambes , qui sont droites ou torses, ce qui produit les bassets & jambes droites et les bassets & jambes /orses. Ils ont la téte du braque ou du chien courant, les oreilles longues et pendantes, le poil ras et trés-variable pour la couleur. Ils sont ardents a la chasse, oi on les emploie pour attaquer les renards.

BASSE-TAILLE. Vc yes Baryton et Basse.

BASSE-TERRE. Voyez GuapeLoure.

BASSETTE ou BASSET. Ce jeu, inventé par I’'Italien Bassetti, qui lui avait donné son nom, fut peu favorable a son auteur. Les maisons privilégiées ot l’on jouail l’hombre et le Jansqueneé jetérent les hauts cris. Mis a la Bastille en vertu d’une lettre de cachet, Bassettine fut rendu a la liberté que pour étre exilé; mais le jeu qu'il avait imaginé subsista, avec quelques modifications, sous le nom de pharaon. BRETON.

BASSEVILLE (Nicotas-Jean HUGON be) se livra d’abord & Vinstruction publique. C’était avant 1789 un littérateur obscur, qui embrassa vivement les idées révolutionnaires, et devint alors un des rédacteurs du Mercure National, ou Journal del’ Etat et du Citoyen. Il avait fait paraitre des Hléments de Mythologie (1784), des Mélanges érotiques et historiques, ou les uvres posthumes dun inconnu, publides par un chapelain de Sapho (1784); un Précis dela vie de Francois Lefort, citoyen de Geneve et ministre de Pierre le Grand (1786); enfin, en 1790, des Mémoires historiques de la révolution de France (2 yol. in-8°); et malgré ces diverses productions, il serait aujourd’hui parfaitement oublié, si sa mort tragique ne lui avait ménagé une place dans Vhistoire des malheurs et des crimes qui marquérent cette époque. Nommé secrétaire de légation 4 Naples en 1792, il était resté 4 Rome en qualité de chargé d’affaires dela république. Ily fut assassiné par la populace, le 13 janvier 1793, comme il se promenait en voiture dans Jes rues de cette capitale. La yue des cocardes tricolores que portaient son cocher et son laquais avait causé cette émeute. La Convention ne manqua pas de faire grand bruit dun pareil attentat. Une pension fut accordée a la veuve de Basseville et A son enfant. Plus tard, lors de Varmistice conclu avec le pape Pie VI, Bologne, le 21 juin 1796, Bonaparte exigea des réparations pour le meurtre de cet agent.

BASSIGNY, ancien petit pays de France, dans la

Champagne, qui avait Chaumont et Langres pour princi-’

pales villes. Il a formé la Haute-Marne.

BASSIN (Architecture hydraulique), capacité fixe ou mobile, plus ou moins profonde, de figure circulaire, polygonale, de forme réguliére ou irrégulitre. Quand le bassin est d’une grandeur considérable, il prend le nom de vivier, étang, port.

Tout bassin étant ordinairement destiné 4 contenir de Yeau, son fond et ses cdtés doivent ¢tre sans trous ni fissures, comme s’il avait é{é coulé d'une seule piéce, surtout si le liquide est peu abondant; il faut aussi que Ja construction soit assise sur un terrain ferme ou sur une plate-forme de charpente; sans quoi il serait 4 craindre que, s’affaissant inégalement, il ne se produisit des fuites. 11 est vrai qu’on peut se dispenser de prendre ces précautions quand le réseryoir, tel qu’un étang, un port, est d’une vaste étendue.

Les anciens excellaient dans la construction des bassins , citernes, etc. Les Italiens ont conservé leur méthode; on V'imite aussi en France : aprés qu’on a fait la fouille et bien consolidé le fond, soit en le battaut , soit en plagant dessus un grillage de charpente, on étend dessus une couche de béton; au-dessus de cette couche, égalisée et battue, et qui doit étre faite pour ainsi dire d’un seul jet, on forme une cloison en planches , ayant la figure et la grandeur que l’on se propose de donner au bassin ; cette cloison doit étre également ¢loignée de tous cotés des bords de la fouille; le vide compris entre les planches et Ja terre se remplit de béton que l’on emploie le plus pramptement qu'il est possible,

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