‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 376 sur 488 · BASSET — BASSIN · texte numérisé non relu

BASSET — BASSIN

tandis que celui du fond est encore humide. Quand le béton est sec, on le couvre d’une couche de ciment fait de gros sable, que l’on étend avec la truelle; on lui donne un centimétre et demi d’épaisseur, et l’on a soin d’arrondir tous les angles ; sur cette couche, on en jette une autre, composée de tuiles pilées, passées au tamis et pétries avec de la chaux éteinte. Quelquefols on fait le fond et les murs en moellons et mortier de chaux et sable, que l’on reyét ensuite d’un enduit de 20 A 25 centimétres d’épaisseur.

Quand on veut éviter la dépense, on fait une fouille plus grande et plus profonde; et lorsque le fond a la fermeté et la régularité convenables, on étend dessus une forte couche de terre glaise, préparée d’avance et purgée des cailloux qu'elle pouvait contenir et autres matiéres étrangéres; un mur en pierre ou en brique et mortier contient les terres, et empéche les racines des arbres du voisinage de pénétrer dans le bassin. A quelque distance de ce mur, et sur un bati de bouts de chevrons, appelés racineaux, sur lesquels on cloue des planches, on éléve un autre mur pour contenir les eaux du bassin, et l’on remplit de terre glaise l’interyalle qui régne entre les deux murs, puis on couvre le fond du bassin de sable et d’un pavé. Un bassin ainsi construit consiste en un vase de glaise d’une seule pitce, défendu par deux murs et un pavé.

On fait encore par économie des bassins en maconnerie , que l’on recouvre de dalles de pierre, et l’on garnit les joints de mastic gras; quelquefois aussi on remplace les dalles par un vase formé de tables de plomb.

Les bassins en blocage et couverts d’un bon enduit passent pour les meilleurs; ceux en plomb coutent plus cher et durent beaucoup moins; enfin les bassins en glaise sont les plus économiques, mais ils le cédent a tous Jes autres sous le rapport de la durée. TEYSSEDRE.

BASSIN (Hydrographie). Dans cette branche de la science géographique, on nomme en général bassins des portions du globe dont les eaux pluviales ou fluviales tombent dans un réservoir commun. L’Océan est un réservoir commun de toutes les eaux des continents et des iles qu’il enveloppe. Mais il pénétre dans les terres et y forme des baies, des golfes, des mers intérieures, telles que la Baltique et la Méditerranée.

On donne le nom de bassins maritimes aux portions d’un continent ou d’une ile dont les eaux pluviales ou fluviales ont pour réservoir commun une mer intérieure, un golfe , une baie, ou toute autre portion de l’Océan comprise en de certaines limites. Outre les mers intérieures , qui sont des portions de l’Océan, on trouve des mers que les terres environnent de toutes parts. Telles sont la mer Caspienne et la mer d’Aral, dont les vastes bassins regoivent les eaux pluyiales et fluviales du centre de I’Asie.

On donne le nom générique de bassins lacustres ou lacustriques aux portions d’un continent ou d’une ile dont les eaux ont pour réservoir commun un lac, un é¢tang, une mare, ou méme une dépression du sol dans laquelle les eaux s’amassent a certaines époques de l'année.

Les bassins fluviatiles sont des portions d’un continent ou d’une ile dont les eaux pluviales ou de source ont pour canal d’écoulement le lit d’un fleuve ou d’un autre cours d’eau permanent ou temporaire. On distingue ces bassins en plusieurs classes. La premiére renferme les bassins des

fleuves et des cours @eau maritimes, dont les eaux tom-

bent directement dans la mer par une ou plusieurs embouchures. On range dans la seconde classe les bassins des riviéres et autres affluents dun fleuve ou @’un cours d’eau maritime. Les bassins des affluents se subdivisent en différents ordres. Il suffit, pour en avoir une idée, de suivre sur la carte les ramifications des fleuves et des cours d’eau maritimes depuis leurs embouchures jusqu’aux chaines qui renferment les sources de leurs affiuents.

Les bassins fluviatiles forment des groupes dont chacun

BASSIN

appartient 4 un méme bassin maritime. Tel est le groupe immense des bassins de tous les fleuves et cours d’eau que recoit la Méditerranée, depuis le sommet des chaines qui circonscrivent son vaste bassin, et qui ne s’ouvrent qu’au détroit de Gibraltar. Telle est , 4 Vextrémité de l’échelle , la rade de Brest, dontle bassin est circonserit par des hauteurs qui ne laissent d’ouverture que entrée connue sous le nom du Goulet.

Dans Vancien continent, le vaste bassin de Océan est séparé des bassins de la mer Caspienne et des autres mers intérieures , ou des lacs isolés du centre de lAsie, par une chaine hydrographique dont la eréte est formée par les sommités des chaines de montagnes et des hauteurs ou plateaux qui les unissent. Il faut bien distinguer les chaines hydrographiques Vavec les chaines orologiques. Celles-ci suivent a travers les fleuves et les mers la direction des montagnes ou des grandes aspérités du globe , considérées sous les rapports géologiques. Les chaines hydrographiques sont les limites des bassins maritimes ou fluviatiles formés par la continuité des montagnes et des hauteurs secondaires dont les pentes versent leurs eaux dans le méme réservoir. D’autres chaines hydrographiques, qui partent de cette chaine centrale, séparent entre elles et d’avec |’Océan les basains des mers intérieures, telles que la Baltique ou la Méditerranée, et vont aboutir aux détroits, tels que ceux du Sund et de Gibraltar, qui seuls interrompent la continuité de la chaine-limite. De la chaine-limite d’un bassin maritime, tel que celui de Ja Méditerranée, partent des chaines hydrographiques dont les ramifications séparent les bassins fluviatiles de tous les ordres.

Les chaines-limites des bassins fluviatiles les circonscrivent ordinairement de toutes parts, et n’offrent d’cuverture qu’a leurs confluents ou a leur embouchure. C’est par une exception trés-rare dans la nature que le bras d’un cours d’eau passe d’un bassin dans un autre. La plus remarquable deces dérivations naturelles est le Cassiquiare , qui passe par un col de la chaine-limite du bassin de ’Orénoque dans celui de la rivitre des Amazones. On trouve au contraire beaucoup de dérivations artificielles : tel est le canal du Neuf-Fossé, qui dérive les eaux de la Lys dans le bassin de l’Aa ; telles sont les rigoles alimentaires des canaux a point de partage,

On donne le nom de faite a la ligne culminante @une chaine hydrographique : c’est la ligne du partage des eaux entre les versants ou les pentes des bassins adossés. C’est Ge que les anciens appelaient le divorce des eaux , aguarum divortium (Lettres de Cicéron & Atticus). Telle est, pour en donner un exemple remarquable, la ligne de partage qui, depuis le détroit de Gibraltar jusqu’a celui du Sund, sépare les versants de ’Océan des versants de la Baltique et de la Méditerranée ; telles sont , en sous-ordre , les lignes de partage qui, dans le bassin de l’Océan, divisent les bassins fluviatiles de la Garonne, de la Loire, de la Seine, de l’Escaut, et des cours d’eau maritimes que l’Océan recoit directement entre les bouches de ces grands fleuves. Depuis les chaines-limites des bassins maritimes jusqu’aux bords de la mer, les faites ou lignes de partage forment sur la carte des ramifications inverses de celles qu’y figurent les cours d’eau, et ces deux systémes de ramifications suffisent 4 la rigueur pour définir la surface du globe. Mais, comme nous le verrons bientét, des lignes hydrographiques plus multipli¢es et non moins remarquables peuvent servir a compléter cette définition.

Les fleuves a leur naissance coulent souvent en des valiées escarpées et profondes formées par les berges des hautes montagnes. Mais lorsqu’ils s’éloignent de la chaine centrale, les fleuves coulent en des vallées formées par de simples collines, au-dessus desquelles s’élévent des plaines hautes ou plateaux plus ou moins accidentés. Quelquefois les collines se resserrent et ne laissent pour le passage du fleuve

qu’un défilé. Mais le plus souvent les collines s’écartent , et le fond de la vallée offre une plaine d’alluvion, formée par des plans légérement inclinés. Le lit du fleuve, quelle que soit la nature de la vallée et du cours d’eau qui larrose, offre une ligne remarquable 4 laquelle on a donné le nom de thalweg. Cest, d’aprés!’étymologie allemande de ce mot, la ligne directrice de la route des eaux. C’est ce que La Fontaine appelait plus simplement le jil de la riviére ( dans la fable de la Femme qui se noie). Dans son aeception la plus générale, le thalweg est la ligne la plus basse de la vallée ou du vallon. C’est la projection de cette ligne qui dans les cartes 4 petit point forme le trait des cours d’eau. Dans les vallons qui ne regoivent que les eaux pluviales, le thalweg sur les cartes soignées est exprimé par une ligne ponctuée qui descend du faite jusqu’au point oi le cours d’eau devient permanent. On doit aussi ponctuer le thalweg dans les points ou le cours d’eau est artificiellement ou par un accident naturel soutenu au-dessus du fond de la vallée.

Les lignes de rive sont celles que la surface des eaux d'un fleuve ou d’un autre cours d’eau tracent sur les berges de son lit. Ce sont en général des courbes sinueuses et-plus ou moins inclinées , qui varient dans les crues et les débordements. Lorsqu’un fleuve ou tout autre cours d’eau maritime tombe dans Océan, ses lignes de rive se raccordent avec les laisses de mer. C’est ainsi qu’on appelle les lignes horizontales que Océan trace sur ses rivages, ef qui varient comme les marées. On distingue les laisses de haute et de basse mer, qui varient elles-mémes comme les marées des syzigies et des quadratures, aux solstices et dans les équinoxes. Ces lignes de niveau sont droites quand la plage maritime est un plan incliné. Dans tous les autres cas, ce sont des courbes horizontales , dont les sinuosités, formées par l’intersection des surfaces du sol et des eaux, se développent dans Vintérieur des bassins et sur la créte des chaines qui les séparent. Les principales Jaisses de haute et de basse mer sont tracées sur les cartes marines 4 grande échelle. On ne décrit sur les cartes 4 petit point qu’une seule courbe qui exprime le niveau moyen de l’Océan. Les cartes des mers intérieures et sans marées n’offrent aussi qu’une laisse de mer. On exprime au contraire des laisses de hautes et de basses eaux sur le plan des lacs et des étangs, dontle niveau varie beaucoup en été et dans la saison des pluies ou par la fonte des neiges.

Si l’on suppose que les eaux de la mer s’éléyent graduellement, elles fraceront a la surface du globe une suite de courbes horizontales. Ces courbes se développeront d’abord en sinuosités alternatives , suivant qu’elles envelopperont les hauteurs ou qu’elles pénétreront dans les vallées. A mesure que les eaux s’éléveront, elles couvriront les plateaux, et ne laisseront plus a sec que les hautes montagnes, qui formeront des tles dont chacune sera limitée par une courbe horizontale. C’est image du déluge : c’est ainsi que l’arche s’arréta, suivant la Bible, sur ile que formait le mont Ararat. Imaginons maintenant que les eaux de l’Océan s’abaissent graduellement au-dessous de leur niveau actuel. Ces nouvelles surfaces détermineront des courbes horizontales sur les pentes qui sont aujourd’hui submergées. Cet abaissement successif laissera bientét a sec les portions les plus hautes du fond de la mer. Les iles deviendront des presquiles, et se rattacheront aux continents. Ce serait ainsi, par exemple, que l’isthme sous-marin qui unit l’Angleterre 4 la France, au détroit du Pas-de-Calais , se montrerait & découvert et reproduirait, & un niveau inférieur, Visthme ancien quijoignait laGrande-Bretagnea la Morinie. Ces courbes horizontales que nous tracons par un déluge et par un asséchement imaginaire, on les détermine sur le terrain et on les projette sur la carte au moyen du nivellement ou de la sonde. Ces courbes sont des lignes caractéristiqgues propres 4 définir la surface du globe et le fond

des mers, On remarquera , comme une propriété singuliére de ces courbes horizontales, que le sommet de leurs arcs convexes coupe a angle droit les faites des bassins, et que les thalwegs sont pareillement coupés par les ares concaves de ces lignes de niveau. Si maintenant on imagine que des courbes horizontales sont 4 des niveaux divers , mais équidistants , tracées 4 la superficie du globe, considéré comme une surface géométrique , les eaux pluviales descendront du faite de chaque bassin vers son thalweg, en coupant a angle droit toutes les courbes, et la ligne de chute d'une goutte d’eau, comme d’un corps quelconque, sera une ligne de plus grande pente. Ges lignes, plus ou moins sinueuses, sont faciles 4 déterminer sur le terrain et a tracer sur la carte , quand la surface du sol est déja définie par des courbes horizontales. Les courbes de plus grande pente offrent alors un second systéme de lignes caractéristiques également propres a définir la surface du globe. La combinaison des deux systémes ne laisse rien a desirer pour cette définition. Enfin, et c’est une propriété non moins remarquable de ces lignes de chute, leurs sommets et leurs pieds se raccordent tangentiellement avec les faites et les thalwegs, qui sont eux-mémes des lignes de plus grande pente , enveloppes et limites de toutes les autres.

Ces propriétés des faites , des thalwegs , des autres lignes de pente et des courbes horizontales pour la définition géométrique de la surface du globe et pour la description ri goureuse des bassins hydrographiques démontrent suilisamment lutilité de Phydrographie, considérée dans ses généralités et comme une branche importante de la géographie naturelle ou physique. Chevalier ALLENT.

BASSIN (Anatomie). On donne ce nom a une large cavité osseuse qui loge en partie la vessie, les intestins, Yutérus chez la femme et d’autres organes essentiels , et qui sert de point d’attache aux os des membres postéricurs ; chez ’homme et la plupart des mammiféres, il se compose du sacrum, des os des iles ou os iliaques, et du coccyx. Le sacrum , placé en arriére, enchdssé entre les deux os iliaques , est recourbé et de forme pyramidale : sa base, qui est en haut, soutient la colonne vertébrale, tandis que son sommet est contigu au coccyx. Dans lenfance, chaque os iliaque est formé de trois piéces, qui se soudent chez l’adulte : Pune, située en avant et & la partie inférieure du ventre , porte le nom dle pubis; Yautre, qui forme spécialement le contour et la saillie de la hanche, est Piliwm; enfin, la troisiéme piéce, Vischion, est cette saillie osseuse qui supporte le corps de chaque cété lorsqu’on est assis. Au point de réunion de ces trois piéces se trouve une cavité dite cotyloide, de forme a peu prés hémisphérique , dans laquelle s’articule la téte du fémur.

La structure et les diamétres du bassin sont surtout essentiels 4 étudier chez la femme, relativement au mecanisme de Pac couchement: c’est en effet la filitre que doit traverser le produit de la conception; et pour peu que les dimensions respectives soient altérées , la mere et Ventant peuvent encourir des accidents plus ou moins graves.

Le bassin peut étre vicié dans la direction et dans les dimensions de ses diamétres. Les vices de direction ont en général des inconvénients moins graves que les vices de dimension. L’ampleur du bassin, qui serait au premier coup dil une condition avantageuse & Paccouchement, peut cependant entrainer des accidents par le fait de la rapiité avec laquelle le foetus est expulse; mais ces dangers sont bien moins graves que ceux qui accompagnent le retrécissement des divers diamétres du bassin. On concoit que ces rétrécissements peuvent avoir lieu dans tous les sens; leur cause la plus ordinaire est cette maladie qu’on nomme le rachitisme. Selon que le rétrévissement est plus ou moins prononcé, l’accouchement peut encore étre naturel, ou nécessiter Pemploi du forceps, ou la pratique de la vergjon, Vopération de la symphiséotomie ou celle de Vhystérotomie

Page 1