BASSOMPIERRE — BASSORA
mille lettres d’amour, pour ne pas compromettre les femmes qui les lui avaient écrites.
Lorsqu’il sortit de la Bastille, le 19 janvier 1643, il avait soixante-quatre ans, La prison vieillit, il parut presque ridicule 4 une cour qui retentissait encore du bruit de ses anciens triomphes. On lui rendit la charge de colonel général des Suisses; mais il mourut quelque temps apres, @une attaque d’apoplexie, le 12 novembre 1646.
Pendant sa longue captivité il avait travaillé 4 divers écrits dont la publication a jeté un grand jour sur les événements du temps. On lui doit : 1° Mémoires du maréchal de Bassompierre, contenant U Histoire de sa vie (Cologne, 1665, 3 vol. in-12); 2° Ambassades du maréchal de Bassompierre en Espagne, en Suisse et en Angleterre (1668, Cologne, 4 vol. in-12); 3° Nowveaua Mémoires du maréchal de Bassompierre, recueillis par le président Hénault, et publiés par Serieys, a Paris, { vol. in-8°.
BASSON, instrument de musique a vent et a anche, qui dans Ja famille du hautbois tient le méme rang que le violoncelle dans la famille du violon. Le diapason du basson est de trois octaves et demie, a partir du premier si bémol graye du piano; il commence par conséquent un ton plus bas que celui du violoncelle. Le basson se joue dans tous les tons. Ses tons favoris sont: ut, fa, si bémol, mi bémol et leurs relatifs mineurs.
Les compositeurs italiens de Vancienne école, aprés avoir fait entendre le basson dans un chant suivi ou dans un solo @apparat, le renvoyaient ala partie de basse, qu’il doublait avec fidélité. On a depuis généralement adopté la maniére de l’école allemande, en considérant cet instrument comme devant figurer dans les masses intermédiaires et se joindre a la viole, plutét que de porter un secours, souvent inutile, a la partie grave, lui réservant ce renfort pour les unissons, les marches travaillées, les entrées de fugue et tous les passages ou la basse, placée en premiére ligne, doit se faire jour 4 travers les fremolo des violons et les tenues des instruments 4 vent. Les contrebasses et les violoncelles suffisent pour les grosses notes de la simple basse.
Quoique le caractére du basson soit tendre et mélancolique, ses accents , pleins de vigueur et de sentiment, servent 4 exprimer les grandes passions dans l’agitato, invitent au recueillement, inspirent une douce piété g’ils accompagnent des chants religieux. Si Je basson ne saurait étre trés-brillant, il s’unit du moins parfaitement aux instruments qui ont cette qualité; et lorsque les violons suspendent leurs discours pour laisser le champ libre aux flates, aux hautbois, aux clarinettes, aux cors, c’est lui qui sert de basse a leur harmonie éclatante. Instrument universel, il module un récit avec autant de grace que de suavité, et porte ensuite sa voix sur tous les points ot elle peut servir utilement, soit pour remplir les vides qui existent entre les parties intermédiaires, soit pour lier un trait d’accompagnement ou renfoncer un passage séaccato. Possédant Je timbre qui s’accorde le mieux avec tous Jes diapasons, il double successivement la basse, la viole, la clarinette, le hautbois, la fldte; il suit la marche rapide des violons ou la paisible lenteur des cors. Ses notes graves, ronflantes, celles du médium, fournissent 4 ’accompagnement ; sa derniére o¢taye donne une mélodie aussi pure que sonore. Gluck, Haydn, Mozart, Beethoven, ont eu pour cet instrument une telle affection qu’ils semblent ne s’étre décidés qu’avec peine a l’exclure du plus petit fragment de leurs compositions. L’école de Rossini emploie le basson dans tous les morceaux d’un opéra et dune symphonie, mais elle en use de méme a l’égard des autres instruments de Yorchestre.
Comme la voix du basson a peu d’éclat, on ne la distingue pas toujours dans les masses; mais les bienfaits qu’elle répand, Vharmonie qu’elle y introduit, n’existent pas moins, et l’on doit Jui en savoir d’autant plus de gré
qu’on les attribue quelquefois 4 d’autres instruments. Telle la violette, cachée sous ’herbe, parfume la prairie et ne se montre point parmi les fleurs qui l’embellissent.
Deux bassons figurent dans les orchestres ordinaires; cest la seule partie dinstrument a vent que l’on double pour les grands orchestres, tels que ceux de lOpéra et du Conservatoire, ou l'on admet quatre bassons, deux premiers et deux seconds. Les unissons d’archet de ces grands orchestres, dont le résullat est si puissant et si flatteur, doivent la plus grande part de leur charme aux quatre bassons, qui les attaquent aussi. On entend le frottement de lanche déborder les gammes et les arpéges de Varchet, comme on voit le duvet brillant qui lustre les ailes du papillon ou du colibri. Quatre cors figurent, il est vrai, dans les grands orchestres, mais ils sont par paires en tons différents pour exécuter quatre parties, tandis que les bassons se réunissent par deux sur la méme.
On se sert de la clef de fa quatriéme ligne et de la clef @ué quatriéme ligne, pour la musique du basson. Quelques traits de concerto ou d’air varié, s’élevant jusqu’aux derniéres limites de Vaigu, doivent étre écrits sur la clef de sol.
Le hasson, si utile dans Vorchestre , est aussi un instrument de récit dans les concerts et la musique de chambre. On compose des concertos pour basson, des concertantes ou il figure avec la fldte, le hautbois, la clarinette, le cor ; des quatuors , des trios , des sonates avec accompagnement de violoncelle, des duos pour deux bassons, des trios méme pour trois bassons, dont l’effet est trés-agréable.
Le nom de basson vient de ce que cet instrument donne des sons bas. Les Italiens Vont appelé fagotto, a cause de la ressemblance que ses trois piéces, réunies ou démontées, ont avec un fagot.
Le jeu de basson est un jeu d’anche, qui dans l’orgue complete le jeu de hautbois et lui sert de basse. Le jeu de basson a une étendue de deux octaves. CastiL-BLAze.
BASSORA, et plus correctement Basrah, mot arabe qui signifie terrain pierreux, chef-lieu de la province de son nom dans leyalet ture de Bagdad, a l’extrémité méridionate de V’Irak-Arabi, bati sur la rive occidentale du Schat-el-Arab, 4 110 kilométres de Yembouchure de ce fleuve, qui est navigable pour des batiments de cing cents tonneaux jusqu’aux murs mémes de la ville. Dans V’enceinte de ces murs, qui est de 12 kilométres , on voit beaucoup de jardins et de plantations; ce qui n’empéche pourtant pas Bassora d’étre un endroit fort malpropre. Les nombreux canaux qui la coupent, et les émanations putrides résultant des fréquents débordements du fleuvye, en rendent le séjour fort malsain et pernicieux, surtout pour les étran-ers. Les maisons, construites en briques, sont basses et ont des toits en terrasse. Les bazars renferment les produits les plus précieux de l’Orient. La factorerie anglaise, qui est un des plus beaux monuments de Bassora, est le siége de la résidence britannique et l’intermédiaire de la correspondance entre les possessions indiennes et Ja métropole. La population est de 15 a 20,000 habitants, dont la moitié Arabes, un quart Persans, le reste Turcs, Arméniens, Juifs, Kourdes et Hindous, plus les Européens des factoreries, pauvres en général et travaillant pour un salaire trés-minime. Les Tues sont la plupart dans les emplois et dans le militaire. Parmi les commer¢ants on ne compte presque que des Arméniens.
Bassora est Yentrepdt général de la Turquie et de la Perse pour tous les produits de Inde. Ses exportations consistent surtout en essence de rose et en dattes renommées, produit principal de son territoire. Les articles entreposés sont les métaux précieux, la noix de galle, le cuivre, la soie grége, les fruits secs, les produits de I’Inde et de I’Asie orientale; mousselines et cotons, poivre et épices, drogues, riz, sucre, café, indigo, soie, chales , porcelaine, papier, teintures, laque, assa fatida, chevaux de Perse et d’Arabie, gommes de ce dernier pays, perles de Bahrein , corail
de la Méditerranée , métaux travaillés, plomb, fer, acier, étain, tissus de coton et de laine de l'Europe. Les batiments arabes , principalement ceux de Maskate, et cing ou six navires anglais, venant de I’Inde, font presque exclusivement le commerce maritime. Sur terre, les transports ont lieu par caravanes d’Alep, de Damas, de Bagilad et d’autres villes de l’intérieur de l’Asie.
Cette ville fut fondée en l’an 635 de notre ére par le khalife Omar. Devenue bientét l'un des points les plus importants de Orient, les Persans et les Turcs s’en disputérent la possession pendant plusieurs siécles. En 1668 ces derniers s’en rendirent maitres; mais les premiers Ja leur enlevérent dés 1677. Retombée l'année suivante au pouvoir des Tures, elle fut prise par les Arabes en 1787. Mais a peu de temps de la le pacha de Bagdad s’en emparait de nouveau au nom du sultan, dont l’autorité s’y maintint des lors jusqu’en 1832, époque ou Bassora tomba au pouvoir de Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte. Les événements de l’année 1840 contraignirent ce prince a la restituer 4 son souverain.
BASSORINE, principe gommeux, trouvé en grande quantité dans la gomme adragante, dans le salep, dans la gomme de Bassora, etc.
BASSOUTOS, peuple de l’Afrique australe, 4 1,200 kilom. au nord-est de la colonie du Cap, et dont on évalue le nombre a une centaine de mille. En 1830 trois missionnaires protestants frangais s’établirent chez les Bassoutos ; grace a leurs persévérants eftorts le cannibalisme disparut, les naturels s’habillérent, construisirent et cultivérent; leur langue ful écrite, et leur chef envoya ses propres fils a Vécole des missionnaires. L’un d’eux, M. Cesalis, revint en France en 1855.
BASTARD-D’ESTANG ( Dominique - Francots-Ma- RIE, comte pe), né a Nogaro, en 1783, était d’une famille originaire de Toulouse, qui a donné plusieurs capitouls a cette ville et plusieurs magistrats 4 son parlement. Un arrét de la commission du sceau, en 1831, a établi sa généalogie depuis Guillaume de Bastard , capilaine de la grosse four de Bourges, et lieutenant général pour le roi en Berry, sous Charles VI et sous Charles VII; mais aprés avoir été déboutée en 1669 par jugement de l’intendant Pellot, la famille de Bastard n’avait pu prouver, en 1671, devant le conseil d’Etat, sa filiation avec qualifications nobles que depuis Pierre de Bastard, vivant en 1505. Le comte de Bastard, juge auditeur 4 la cour d’appel, puis maitre des requétes, fut nommé en 1810 conseiller 4 la cour impériale de Paris. Il continua a y siéger pendant les Cent-Jours, vota contre l’Acte addilionnel, et fut nommé a la premiere présidence de la cour de Lyon aprés la seconde restauration. II présida successivement les colléges électoraux de Lectoure et de la Haute-Garonne. Le 5 mars 1819 il fut élevé a la pairie, avec le titre de comte. Il déploya le méme zéle et le méme déyouement dans les fonctions de rapporteur des procés de Louvel, des ex-ministres de Charles X, d’Alibaud , de Quénisset, et dans celles de vice-président de la chambre haute, ete. Tant de services lui avaient mérité la présidence de la chambre criminelle de la cour de cassation et la grand’croix dela Légion d’Honneur. Il mourut le 24 janvier 1844.
BAS-TENOR. Voyes Banyron.
BASTERNE, espéce de voiture dont les dames romaines se servaient autrefois. Elle avait succédé a la litiére, dont elle différait peu; mais elle était trainée par des bétes , tandis que cette derniére était portée sur les épaules par des esclaves. Cette voiture était passée des Romains chez les Francs, et fut employée par nos rois de la premiére race.
BASTIA, ville maritime, chef-lieu d’arrondissement du département de la Corse, sur la cote orientale de Vile, avec une population de 21,535 habitants. Chef-lieu de la dixseptitme division militaire , place de guerre avec citaaelle, cette ville posstde une cour d’appel, un tribunal de com-