‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 5)Chapitre 39 sur 488 · ARNOLD — ARNOUL · texte numérisé non relu

ARNOLD — ARNOUL

coupable intervention. Quant & Arnold, ayant eu le temps des’enfuir jusqueauprés de Clinton, il publia deux manifestes, Jans Jesquelsil attribuait sa défection a la déclaration de Viniépendance des Etats-Unis et a leur alliance avec la France, quoiqu’il edt continué a servir sous les drapeaux du congrés longteinps aprés ces deux événements. 1] fut nommé major général dans l’armée anglaise ; mais il ne fit plus la guerre qu’en brigand, brdlant et dévastant un pays qu'il avait si bien défendu. A la suite du trailé de paix qui reconnut l’indépendance de l’Amérique du Nord, il vintse fixera Londres, ou il mournut, universellement méprisé, en 1801.

ARNOLD (Sanvet), Allemand de naissance, musicien célébre, naquit en 1739 ou 1740, et fit son éducation musicale & Londres. Une composition dramatique qu’il produisit a vingt-trois ans lui valut d’étre attaché en qualité de compositeur au théatre de Covent-Garden. 1! écrivit pour la scene la musique de La Servante du Moulin et de plusieurs autres opéras, et se distingua surtout par les oratorios de La Guérison de Saiil, d’ Abimélech, de L’ Enfant prodigue, de La Résurrection et d’ Elisée. Apres avoir regu le titre de docteur en musique 4)’université d’Oxford, il devint, en 1783, organiste de la chapelle du roi, et fit une édition de luxe de tous les ouvrages de son maitre Haendel, en 36 vol. Il mourut a Londres, le 22 octobre 1802.

ARNOLD ( Georces-DanieL), né a Strasbourg, le 18 février 1780, mourut dans cette ville, en 1829. Aprés avoir passé deux ans & Goettingue sous les Meister, les Hugo, les Martens, ilse fit recevoir docteur en droit; et lorsque les écoles de droit furent rouvertes, en 1806, il fut nommé professeur de droit civil a la faculté de Coblentz. Mais il désirait étre placé dans sa ville natale. Son voeu fut exaucé, D’abord attaché a la faculté des lettres comme professeur (histoire, il passa bient6t a la faculté de droit, dont il devint doyen en 1820, aprés la mort de Hermann.

Arnold était aimé et vénéré de ses éléves, pour lesquels il publia ses Eléments de Droit romain (Elementa Juris civilis Justiniani cum codice Napoleono et reliquis legum codicibus collati, 1812). Il s’est fait aussi un nom dans la littérature par un excellent travail ins¢éré dans le Magasin encyclopédique de Millin: c’est une Notice sur les Poétes alsaciens ; et parses Poésies allemandes, entre lesquelles on remarque Les Roses et lEléyie sur la mort de Blessig. Mais lechef-d’ceuvred’Arnold est son inimitable comédie populaire Le Lundi de la Pentecéte ( Der Pfingst- Montag ), dans laquelle il fait parlera ses personnages tous les dialectes de Vallemand d’Alsace. C’est un tableau de meeurs plein doriginalité, empreint d’une gaieté qui va parfois jusqu’a l’exubérance ; ce sont les Strasbourgeois de la vieille roche, c'est la vie de cité et de famille des Alsaciens peinte d’aprés nature.

ARNOUL ov ARNOLPHE (Saint), dont est descendue la seconde race des rois de France, était issu, suivant Jacques de Guyse, de la premiére race des rois de France, ayant pour pére Arnoul, et pour aieul Ausbert, celui-ci fils de Waubert, et petit-fils d’Albéric, dont le pére, Clodebaud, était frére ainé de Mérovée. Arnoul joignit 4 V’éclat de la naissance les lumiéres et la valeur qui distinguent Vhomme d’Etat et le guerrier. Théodebert Il, en montant sur le tréne dAustrasie (596), lui conféra la dignité de domestique( ministre des affaires intérieures et privées), et loi donna le gouvernement des six maisons royales qui existaient dans les six provinces austrasiennes. Bientdt apres, cédant a Vinclination d’embrasser la vie religieuse, Arnoul, du consentement de Doda de Saxe, sa femme, recut les ordres sacrés, et fut élu évéque de Metz ala mort de saint Papoul, en 611. Clotaire 11, roi de Soissons, aupres duquel Arnoul s’était retiré en 612, aprés la chute et Ja mort de Théodebert, le donna pour ministre & son fils Dagobert, roi d’Austrasie, én.622. 1] fut Pon des médiateurs dn différend qui s’éleva en 625 entre ce roi et son pére,

au sujet des provinces qui avaient été démembrées de PAustrasie. Les conseils d'Arnoul déterminérent Dagobert arendre a son fils quelques-unes de ces provinces. L’année suivante Arnoul, accompagné de saint Romaric, se retira dans le désert des Vosges, résolu de terminer ses jours dans une profonde solitude. Cependant, a l’avénement de Dagobert (628) il consentit a faire au bonheur de sa patrie le sacrifice de son repos, et reprit la direction des affaires avec Pepin le Vieux, maire du palais d’Austrasie, et saint Cunibert, évéque de Cologne. Mais dés que cette sage et habile administration eut affermi etrendu florissante la prospérité du royaume, Arnoul, jugeant sa mission remplie et sa coopération désormais moins nécessaire, se retira dans sa solitude (630). Il y vécut dix ans dans les pratiques les plus austéres dela piété, et mourut le 16 aot 640. Le 16 juillet 648 son corps fut transféré a Metz, et inhun ec pompe dans V’église des Saints-Apdtres, qui prit depuis le nom d’église de Saint-Arnoul. Doda de Saxe lui survécut, et prit le voile dans un monastére de Tréves. Arnoul en avait eu deux fils, Clodulfe, évéque de Metz, et Anschise ou Ansegise, domestique de Sigebert II, roi d’Austrasie. Godrin le tua a la chasse, en 678. Il laissa de son mariage avec Begga, fille de Pepin le Vieux, dit de Landen, maire du palais d’Austrasie, inhumée dans le monastére d’Andére, qui lui dut sa fondation, Pepin surnommé le Gros, de Héristal, maire du palais d’Autrasie, et pere de Charles Martel, chef de la seconde race des rois de France. Laing, ARNOUL ou ARNOULF, empereur d’Allemagne, fils naturel du roi Carloman et de la belle Luitswinda, recut en partage, 4 la mort de son pére, arrivée en 880, le duché de Carinthie. Les grands de l’empire, réunis en 887 a la diéte de Tribur, ayant déposé l’empereur Charles le Gros, proclamérent roi Alnoulf, qui, excité par Luitwand, ancien archi-chancelier de Charles et devenu son ennemi |) ersonnel, marcha sur Tribur a la téte d’une armée, a Veffet de faire personnellement valoir ses prétentions au tréne impérial. L’Empire d’Allemagne, déchiré a Vintérieur par la faiblesse de ses prédécesseurs et menacé de tous cétés a Vextérieur, trouya dans Arnoulf le souverain énergique dont il avait besoin. Des le début de son régne orageux, le roi de France Eudes préta volontairement en 888 le serment de fidélité; et en 889 le roi Rodulphe de Bourgogne y fut contraint par la force des armes. L’année suivante, les Normands, toujours vainqueurs jusque alors, qui avaient envahi la Lorraine et avaient hatin une armée allemande le 26 juin, sur le Geul, non loin de Maestricht, furent exterminés par Arnoulf sut les bords de la Dyle prés de Louvain. Cependant Zwentibold, prince de la Grande-Moravie, paraissait étre l’ennemi.que Allemagne edt alors le plus & redouter; il obtint méme d’Arnoulf, dont il se disait Pami, l’investiture du duché de Bohéme. Mais il chercha ensuite & se rendre indépendant, se révolta ouvertement et n’obéit point a la citation d’avoir a comparaitre qui lui fut adressée en 892 au nom d’Arnoulf. En conséquence, celui-ci, aprés avoir conclu alliance avec le prince hongrois Brazlaff et avee Landomir, chef de hordes bulgares, envabit la Grande-Moravie et contraignit Zwentibold & se soumettre. Pendant ce temps-la les querelles dynastiques du comte Bérenger de Frioul et de Gui de Spoleto avaient pris en Italie une telle gravité, qu’Arnoulf dut passer les monts en 893 a l’effet de contraindre les contendants a reconnaitre lasuzeraineté de? Empire. Bérenger avait déja été secouru et reconnu par Arnoulf, tandis que Gui avait trouvé un appui dans le pape Etienne VI, qui avait méme couronné sous le titre @empereur, en 891. Arnoulf, dont Bérenger épousa alors les intéréts, avait déjd soumis toute | la haute Italie jusqu’d Plaisance, lorsqu'il fit tout & coup volte face a Veffet de s’en aller chatier Rodolphe de Bourgogne, qui avait abandonné sa cause. Tandis que Arnoulf combattait inutilement en Bourgogne, pays alors presque

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