BASTONNADE — BATAILLE
BATAILLE er BATAILLE NAVALE. Voy. Cou- BAT et ComBaT NAVAL.
BATAILLE ( Ordre de). On appelle, en général , ordre de bataille, la disposition selon laquelle sont rangées les armées au moment du combat, et qui résulte de la direction que le général en chef veut donner a son attaque. Il se prend souvent alors comme synonyme de ligne de bataille et comme l’opposé d’ordre de colonne et d’ordre par le flanc. Dans lun et autre cas, on a appelé ordre naturel, ou ayant la droite en téte, Vordre suivant lequel une troupe se présente sur le terrain par son premier rang ou par sa premiére subdivision; cet ordre naturel est Popposé, si la troupe se trouve en bataille, de l’ordre par le dernier rang ou ordre renversé ; il est opposé, si la troupe se trouve en colonnes, de Vordre par inversion. Liordre de revue est quelquefois en bataille, quelquefois en haie ; Vordre de parade est toujours en bataille, soit sur une, soit sur plusieurs lignes.
En définitive, ’ordre de bataille se réduit 4 deux divisions, Vordre paralléle et Yordre oblique. Les bataillons rond, plein, en croix, en carré, octogone, 4 dents de scie, en hérisson, ont été les ordres de bataille des Suisses, ordres plutét de parade que de guerre; on n’a conservé avec raison que le bataillon carré a centre vide. Des majors d’mfanterie, dans le commencement du siécle dernier, étaient parvenus a dessiner sur le terrain une fleur de lis, ou a y écrire vive le roi, suivant la forme qu’ils donnaient a leur ordre de bataille. Le grand Chevert y excellait. Grace au ciel, notre époque a mis en oubli ces merveilles , difficiles nugzx. Les agglomérations incohérentes de piétons, de chevaux, d’artilleurs, pratiquées de Henri IV 4 Louis XIV, ont été préconisées par de célébres généraux, par d’illustres écri vains ; on a renoncé également a cette méthode, quoiqu’elle fat consacrée par les grands noms de Condé et de Turenne. L’ordre en cinquain , en trois batailles, en quinconce, a fait place Alordre sur deux lignes, appuyé d’une réserve et entrecoupé d’intervalles 4 canons. On a tout essayé, tout usé en vaines complications, en préceptes 4 perte de vue, pour en revenir au simple. On doit ce sage retour & Gustaye- Adolphe, 4 Guillaume de Nassau, a Frédéric, 4 Napoléon surtout. Aujourd’hui on forme en onze minutes 40,000 hommes en bataille. Cette opération demandait autrefois vingt-quatre heures. G"' Barpin.
Une armée étant et ayant toujours été composée de la réunion de troupes de différentes armes, il en résulte que son ordonnance de combat ou ordre de bataille comprend trois éléments, qu’il convient d’examiner séparément : 1° Vordre dans lequel sont rangées les troupes de chaque arme, en raison du service auquel elles sont destinées ; 2° l’ordre relatif dans lequel les différentes armes doivent étre placées, ou la place que chacune doit occuper dans l’ordre général de bataille ; 3° la figure et la direction du front de bataille. Le premier de ces éléments appartient a la tactique ; les deux autres sont tout a la fois du domaine de la tactique et de la stratégie. L’ordre dans lequel ont été rangées les troupes légéres , l’infanterie et la cavalerie, a varié selon les progrés ou la décadence de Vart militaire; mais le méme principe proportionnel a toujours existé entre elles, c’est-d-dire que la cavalerie a toujours été rangée dans un ordre moins profond que l’infanterie , et les troupes légéres dans Vordre le moins profond.
Dans l’enfance des nations les troupes étaient formées en grandes masses, placées les unes & cdté des autres, et destinees & se heurter de front. Les évolutions étaient impos~ siblus. C’est ainsi que Vhistoire nous représente les armées des Assyriens, des Egyptiens et des Perses. Les premiers peuples qui eurent un systéme de tactique, c'est-d-dire un ordre de formation fixe pour les troupes de chaque arme, furent les Grecs et Jes Romains. Les uns et les autres avaient besoin d’économiser sur les pertes d’hommes; or
BATAILLE
cette économie ne peut résulter que du bon emploi qu’on en fait, et des combinaisons qui permettent datteindre les mémes effets par des masses moindres, en augmentant leur impulsion par Paccroissement de la mobilité, et conséquemment par l’augmentation de la vitesse, Mais ces deux peuples, étant dans une situation différente, durent adopter des systomes différents. Les Grecs ayant & combattre dans les vastes plaines de Asie, et contre les grandes masses qui composaient les armées des peuples de lOrient, furent obligés de conserver al’ordonnance de leur infanterie un certain degré de solidité qui leur permit de résister au premier choc des assaillants. Ils formérent leur phalange, ¢’est-a-dire leur infanterie pesante, sur seize rangs. Les Romains au contraire eurent pendant longtemps a agir dans un pays abrupt et coupé, contre des montagnards agiles et intelligents. Les masses profondes n’auraient pu sur ce terrain conserver leur ordonnance. Un fond trop prolongé pour chaque corps destiné A rester réuni aurait présenté les mémes inconvénients. Ils formérent donc leur infanterie |égionnaire sur dix rangs, et ne donnérent que douze files 4 chacun de leurs pelotons ou manipules, qui était élément de formation de leurs armées.
Chez les Grecs Vinfanterie pesante était, ainsi que nous Vavons vu, formée sur seize rangs, Ja cavalerie sur huit, Pinfanterie a moitié légére ou les peltastes également sur huit. Quant a Pinfanterie qu’on peut proprement appeler légére , elle ne trouvait pas de place dans l’organisation de la phalange; son nombre, comparé au front qwelle devait couvrir, semblerait indiquer que sa formation avant le combat devait étre sur quatre, six ou huit rangs. Chez les Romains Vinfanterie de ligne était sur dix rangs, l'infanterie de réserve ou les triaires sur cinq, la cavalerie sur quatre. Quant a Vinfanterie Iégére Iégionnaire ou vélites, sa force étant un quart de linfanterie de ligne, sa formation avant le combat devait étre sur cing rangs. Mais cette formation primilive, qui ne varia pas chez les Grecs jusqu’a la conquéte des Romains, changea chez ces derniers. D’abord leurs guerres dans les plaines de la Gaule cisalpine leur firent voir la nécessité de se servir, au moins dans certains cas, Wun élément plus fort que le peloton ov manipule de 120 a 180 hommes, On réunit donc un manipule de chacune des deux lignes d’infanterie de bataille et un de la réserve, pour en former un corps dé 300 a 450 hommes, gu’on appela cohorte, et dont dix formérent une légion. C’est Pélément qu’aujourd@’hui nous appelons bataillon. Plus tard, sous jes empereurs, l’ordre de bataille fut exclusivement par cohortes; les vélites étant remplacés par Vinfanterie légére auxiliaire, la cohorte fut un dixiéme de la légion.
Mais V'introduction de usage des machines de guerre dans les armées amena d’autres changements dans la profondeur de Vordre de bataille. Dés qu’il y eut des balistes et des catapultes légeres, destinées au méme usage que Vartillerie actuelle de campagne, on sentit la nécessité de diminuer la profondeur des légicns, afin de diminuer les pertes résultant de leffet des machines sur les masses. Dans la guerre contre les Juifs, et probablement dans les guerres. civiles d’Othon, Vitellius et Vespasien , les légions ne combattirent plus que sur six rangs. Arrien croyant devoir, dans son expédition contre les Alains , augmenter la force de résistance des Iégions , ne la porta cependant qu’a huit rangs. La formation sur six et huit rangs dura jusqu’a la fin de Vordonnance des légions, dont on n’entendit plus parler aprés la bataille des Champs Catalauniens ( 14 Juin 456 ),
L’invasion de l'empire romain par les barbares rejeta Vart militaire dans son enfance. Les Francs, les Goths, les Vandales, combattaient en grandes masses, comme les Assyriens et les Perses. L’organisation féodale fit presque disparaitre Pinfanterie, qui tomba dans le mépris. Les batailles se livraient par des masses de chevaux de roulier, portant des hommes couverts de fer, auxquels des fantassins presque
DICT, DE LA CONVERS. — T. Il.
nus ne pouvaient ni opposer de resistance ni servir d’auxiliaires.
L’invention de la poudre vint changer cet ordre de choses.
es cavaliers bardés n’étant plus invulnérables, on commenca a faire quelque attention aux hommes qui pouvaient , tant & pied, vaincre et tuer un cavalier, et dont Pentretien codtait bien moins, Dans le seiziéme siécle, )infanterie commenga a reparaitre. Son organisation fut longtemps trés-informe, et les manceuvres presque nulles, L’usage des armes 4 feu de main étant encore trés-restreint et mélé 4 celui des armes de longueur, Vordonnance de l’'infanterie resta sur dix et huit rangs. La cavalerie se partagea en cuirassiers ou gendarmes et chevau-légers de différentes dénominations. Les premiers conservérent Varmure ancienne et-Vordre profond; ils combattirent par rangs. Les seconds adoptérent les armes a feu, et leur ordonnance fut moins profonde. Le perfectionnement des mousquets et leur usage, attribué a la fin du dix-septiéme siécle aux deux tiers de V’infanterie , et le perfectionnement de Vartillerie, qui augmenta son emploi et son usage, firent réduire la profondeur de Vinfanterie a six, puis 4 quatre rangs. La cavalerie ayant renoncé a la lance et a Varbaléte, pour prendre le mousqueton et les pistolets, fut rangée sur quatre et sur trois rangs. Enfin, au commencement du dix-huitiéme siecle (1703 ), adoption du fusil 4 baionnette et Pabolition des piques firent réduire la profondeur de V’infanterie a trois rangs, et celle dela cavalerie 4 deux. De la date la véritable science des manceuvres, que Gustave-Adolphe avait commencé a firer du néant. Cette formation est celle qui est aujourd’hui généralement adoptée en Europe, mais elle tend a se modifier pour l’infanterie. La formation sur trois rangs est incommode pour les feux ; elle est surtout défavorable au troisiéme rang, 4 moins qu’on n’en vienne a allonger les fusils ; mais ce serait les rendre peu maniables et difficileg surtout 4 charger. La longueur actuelle est déja peu commode pour les hommes de petite taille. D’un autre cdété, la profondeur de trois rangs n’est pas toujours sufftsante pour résister a la cavalerie. Il faut doubler ; ce qui rend le cétéd’un carré de buit cents hommes presque nul. En adoptant la formation sur deux rangs, il y aurait plus de facilité pour les feux ; le doublement sur quatre rangs donnerait un plus grand cété aux carrés d’un bataillon, et une profondeur suffisante pour résister 4 la cavalerie. L’auteur l’a employé pour un corps de troupes légéres qu’il commandait en 1792 et 1793; il a eu plus dune charge a essuyer, et n’a jamais été rompu.
Le second élément de l’ordre de hataille, quiest le placement relatif des différents corps dans la ligne de bataille, a subi, commelordonnance de chaque arme, et pour les mémes causes, différentes modifications. Aussi longtemps que dura Yusage exclusif des armes 4 main, épées, lances ou pilwm, les batailles ayant lieu par le choc direct des corps et la lutte individuelle des hommes qui les composaient, il est évident que Ja cavalerie ne pouyait pas trouver de place entre les masses, les légions ou les phalanges. Aussi la voyons-nous toujours sur les ailes, ot elle combattait la cavalerie ennemie, et d’oi, victorieuse , elle se rabattait souvent sur les derriéres de Vinfanterie opposée. La nécessité de lui assigner la seule place ow elle ptt étre utile fit que son établissement sur les ailes devint un précepte. L’infanterie combattante formait un tout contigu dune aile a lautre, et la cavalerie, qui devait la proteger , ne pouvait étre que prés et en dehors de ces ailes. Cependant dans les mains des grands maitres de l'art de la guerre cette ordonnance théorique recut souvent des modifications essentielles. Ainsi, sans chercher un plus grand nombre d’exemples, nous yoyons Alexandre a Arbeles, et Cesard Pharsale, combiner l’action de Pinfanterie avec celle de la eavalerie, le premier au point oi il veut percer ’ennemi, et le dernier 1a ow il craint d’étre débordé et tourné,
A mesure que les principes de la guerre se perfectionnérent, que la science des combinaisons, la stratégie devint Ja directrice principale des opérations , dont la tactique ne fut plus que l’exécutrice , les préceptes généraux ne purent plus recevoir une application invariable, qui souvent aurait été 4 contre-sens de leur objet. Les batailles n’étant plus le choc continu de deux masses, l'une et l'autre presque indivisibles, mais Pagrégation d’un certain nombre de combats partiels entre des fractions non contigués de deux armées opposées, la victoire n’étant plus uniquement le résultat dun carnage de pied ferme , mais bien souvent celui de Voccupation de certains points , dont Ja perte renversait les combinaisons ou désorganisait les moyens de défense dume des deux armées, le mélange des armes devint une disposition nécessaire. 11 n’y a plus aujourd’hui dans une bataille deux seuls flanes 4 couvrir, mais quatre, six , huit. Tantot, sur un point, linfanterie doit préparer des avanfages qu’il appartient 4 la cavalerie de compléter ou de recueillir; tantot, sur un autre point, c’est le contraire qui a lieu. Ce que nous disons de la cavalerie et de Vinfanterie s’applique également a Vartillerie. Ainsi, l’emplacement de la cavalerie et de l’artillerie dans l’ordre de bataille ne saurait ¢tre fixe; ces deux armes peuvent et doivent étre, selon les circonstances , entremélées avec Vinfanterie sur la ligne de bataille, ou en avant, ou en arriére. Ces circonstances dépendent d’éléments nombreux , dont les combinaisons sont infinies. Jl est donc évident qu’il ne saurait y avoir de régles fixes 4 cet égard. Tout dépend du génie et de V’expérience du g néral.
Sous le rapport d la figure de l’ordre de bataille et de Ja direction relative ue la ligne de bataille , il n’y a pas eu moins de modifications. Les peuples les moins avancés dans Part de la guerre ont tovjours combattu sur une seule ligne trés-profonde, les Grees sur deux, les Romains sur trois, et dans les derniers temps sur deux. Lorsque l’usage des armes a feu eut fait diminuer la profondsur de l’ordonnance des troupes, on en revint 4 combattre sur trois lignes, dont une composait la réserve. Dans toutes ces dispositions, Vinfanterie formait toujours le centre des armées dans des lignes contigués. Lorsque la tactique commenga a Naitre dans les institutions des Grecs et des Roma‘ns, les hbatailles ne furent pas toujours des chocs de front entre deux armées. Les grands maitres apercurent la véritable application du précepte de réunir sur un point important une masse de forces supérieures a celles de ’ennemi. De la naquirent les classifications de Vordre de bataille, en ordre paralléle et en ordre oblique simple et double, qu’on trouve décrites au nombre de sept dans Végéce. Les exemples pratiqués chez les anciens se trouvent dans les batailles de Marathon , Arbéles, Leuctres , Mantinée, etc. Cette classification subsista tant que les armées en ligne formant un seul corps , agissant ensemble, exécutérent des batailles a peu prés comme de grandes mancenvres. La, il pouvait y avoir des fronts relativement paralléles ou obliques. Mais depuis que la guerre est devenue une lutte de combinaisons stratégiques , de manceuvres, de postes et de positions, bien plus qu’un jeu de batailles, depuis surtout que les armées se composent de fractions (comme les divisions , Jes corps d’armée ) organisées de maniére a pouvoir agir indépendamment les unes des autres, et méme isolément, ces classifications ont nécessairement disparu. Un jour de bataille , le nombre des lignes, non-seulement de Pordre de bataille général, mais celui de chaque division ou corps Warmée, la disposition relative des différentes armes, 1a formation des troupes en bataille ou en colonne, tout cela dépend de la nature des opérations qu’elles doivent exécuter, de la configuration du terrain , et de la force ainsi que de la disposition de ennemi. Quant & la direction relative de Ja ligne de bataille, son parallélisme ou son obliquité ne peuvent étre qu’accidentels ou momentanés, Si une armée
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se renforce sur un point de la ligne, et que cette portion se porte en avant pour forcer la ligne opposée, tandis que les autres refusent le combat ou Yentretiennent de loin sil y 4 momentanément obliquité simple ou double, jusqu’a ce que le combat s’allume sur tout le front, soit par un contremouvement de l’ennemi, soit pour toute autre cause. Alors Yordre redevient paralléle, en ce que les deux armées se choquent sur tout leur front ; mais ce parallélisme, en raison de Ja configuration du terrain et de la relation de placement des points principaux d’attaque et de défense, est le plus souvent celui de deux lignes 4 courbures composées.
Il est un autre genre de bataille qu’on peut appeler stratégiquement oblique. La disposition stratégique naturelle des deux armées est que leur ligne de bataille soit paralléle a lear base d’opérations, et perpendiculaire aux lignes de communication avec cette base , afin de couyrir leurs magasins et leurs ressources. Le talent du général est de se trouver toujours directement entre sa base et l’ennemi. Si donc un des deux généraux , aprés s’étre assuré d’une nouvelle base, parvient, par un mouvement bien combiné, a se présenter de flanc aux lignes de communication de son adversaire, et ale forcer & recevoir ure bataille dans cette position, cette bataille sera oblique stratégiquement, puisqu’elle lest au systéme de guerre de l’ennemi ; c’est un coup de maitre : témoin Napoléon a Iéna. G*' G. pE Vauponcourr.
BATAILLE (Musique). On donne ce nom a une sorte de composition instrumentale dans laquelle le musicien croit imiter avec des sons le bruit de guerre et Jes divers résultats d’une bataille. L’expression musicale, riche en images et en effets , a ses bornes , qu’il faut bien se garder de passer. Toute tentative en ce genre ne sert qu’a montrer l’impuissance de l’art et la sottise de artiste. L’un imagine de peindre un orage, l’autre le lever de l’aurore, l’autre une noce villageoise ; enfin, il y en a qui poussent leur ridicule présomption jusqu’a tenter imitation d’une bataille. Que produisent-ils? du bruit, ou des mélodies agréables, mais insignifiantes. L’expression instrumentale est trop vague. Il n’y a que les paroles ou la représentation muette des objets qui puissent donner a la musique cette clarté qui lui manque , et rectifier les fausses interprétations de Vesprit sur les sensations qu’on veut faire éprouver a l’éme.
On nous a donné successivement les batailles de Prague, de Jemmapes, de Marengo, d’Austerlitz, d’Iéna, lesquelles ont été réduites ensuite pour le piano, pour deux clarinettes, et méme pour deux flageolets. Toutes ces ceuvres singuliéres ont été achetées par la foule ignorante. Ne doit-on pas compter sur le succés d’une spéculation fondée sur la sotlise ? CastiL-BLAzE.
BATAILLE (Peinture). Les peintres de batailles sont, 4 proprement parler, des peintres d'histoire, et cependant on les a souvent classés parini les peintres de genre; cela vient sans doute de ce qu’il y a deux maniéres bien distinctes de peindre les batailles ; Pune est de chercher dans une mélée un épisode présentant un véritable intérét 4 Pimagination, a lesprit, au cceur; de sorte que, tout en laissant voir que dans le lointain il y a une masse immense de combattants, on n’est véritablement ému que par une scéne qui se passe sur une superficie de quelques métres, et A laquelle une vingtaine de personnes au plus prennent réellement part; l'autre maniére est d’offrir a Peeil la vue exacte d’un terrain de plusieurs lieues , sur laquelle on place de grandes lignes rouges ou vertes, avec des masses de fumée 4 travers lesquelles on reconnait Vartillerie, tandis
-qu’on a souvent de la peine & distinguer l'infanterie de la
cavalerie. Cette dernidre maniére a été fort usitée depuis quelques années ; mais ces tableaux sont-ils véritablement de la peinture? ne doit-on pas plutot les considérer comme le travail @un ingenteur, fait pour linstruction des personnes obligées d’étudier la stratégie?
Les peintres anciens avaient une autre méthode, et nous